Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

question delicate

La communauté des travailleurs sociaux se retrouvent sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
ANNESO

question delicate

Message non lu par ANNESO » 14 avr. 2005 07:56

désolée j'ai écris sur un autre de vos thèmes de forum. ALors je recommence ici.
bonjour à tous j'ai une amie psy clinicienne qui travaille dans un MAS auprès d'un public IMOC. Certains educ accompagnent les résident sur leur demande, pendant leur relations sexuelles de couples, qu'en pensez vous en tant qu'éduc et avait des réponses concrètes (expériences perso, texte de loi...)? Merci d'avance de votre aide

fanny

Re: question delicate

Message non lu par fanny » 14 avr. 2005 13:57

Bonjour, je suis monitrice éducatrice, je travaille avec des personnes déficientes intellectuelles. A la 1er lecture de ton msg, j'ai été vraiment choquée. Où est placé la vie privée ainsi que l'intimité des personnes accueillies dans l'exemple que tu donnes? Dans l'établissement où je travaille, la question de la sexualité est abordée par les résidents eux mêmes, nous faisont de la prévention, de l'information mais le reste est personnelet ça les regarde.
Maintenant, dans quelles mesures cet accompagnement est discuté entre résident et éduc et fait peut-être parti du projet individuel?, mais j'ai vraiment du mal à comprendre.
Question très interessante, à + pour en discuter + précisément.

le roseau

Re: question delicate

Message non lu par le roseau » 14 avr. 2005 16:19

Bonjour Anneso et Fanny,

Je crois qu'Anneso parle de personnes en situation de handicap moteur d'origine cérébrale. Et l'accompagnement des éducs est il me semble pratico pratique il s'agit de faire en sorte que c'est personnes puissent faire l'amour. Seuls ils n'y arriveraient pas physiquement.

Je crois que si j'étais une personne dans cette situation de handicap, j'aprécierais le coup de main.

Je dois admettre qu'en tant qu'éduc la chose ne doit être facile. Un jour une personne ne pouvant se servir de ses mains a demandé à un collègue si il voulait bien le masturber. Mon collegue n'a pu s'executer. il a préféré faire appelle à une "professionnelle". Tout ceci soulève des questions d'ethique, de pudeur et de limites du cadre professionnel. Je crois pour ma part, qu'il s'agit de respect de la dignité humaine. Que la personne en situation de handicap à le droit de jouir du maximum de ses fonctions et que l'éducateur à le droit de mettre des limites à son travail.

Je sais que tout cela ne fait pas avancer le débat.

vanessa

Re: question delicate

Message non lu par vanessa » 15 avr. 2005 14:44

Bonjour,
Pour ma part, j'ai travaillé avec des adultes atteints de l'autisme de Kanner ou de psychose infantile déficitaire. Il est très dur d'appréhender la façon dont ils voient leur vie. On a vu qu'un homme et une femme avait développé une certaine affection, des gestes de tendresse. On leur a expliqué chacun leur tour, les gestes qu'ils peuvent avoir en public et ceux qui relèvent de l'intimité. On leur a expliqué que se prouver son affection était possible dans la mesure où chacune des deux personnes était consentante. Puis avec la famille, il a été décidé que cette femme prenne la pilule. Et maintenant, ils vont quelques fois dans une des deux chambres et personnes ne va leur demander des comptes.

J'entends bien que les personnes atteintes d'un handicap sévère puissent apprécier de l'aide. Mais où sont les limites de l'intimité? Est-ce un droit ou un privilège de pouvoir avoir des relations sexuelles?
Pour moi, la limite n'est pas le toucher du corps nécessaire pour toutes les toilettes, c'est le niveau psychologique. L'extase, pour moi n'est pas un but en soi, c'est le fait de partager une émotion si forte avec quelqu'un qu'on aime. On peut avoir un orgasme juste en sentant ou en touchant l'autre, comme on peut jouir légèrement lors d'un exercice très technique avec une personne que l'on n'aime pas. Alors comment l'éducateur peut-il s'immicer dans cet instant? Une telle pratique ne remet-elle pas en cause l'omniprésence de l'éducateur et le pouvoir qu'il détient? D'ailleurs, lorsque l'on observe les mots employés par "le Roseau", on peut se demander. Linguistiquement, "se masturber" veut dire se procurer du plaisir seul. Un éducateur ne peut donc pas masturber un résident, donc...
En présence de deux personnes, vous ne pouvez pas avoir un éducateur qui fait abstraction de son affect pour effectuer comme un robot une tâche et avoir un résident qui est lui à l'inverse totalement dans l'affect et qui arriverait à imaginer qu'il se masturbe seul.
Je pense qu'il existe un vide juridique pour ces situations si particulières car le sexe est tabou dans notre société et que la sexualité des personnes handicapées est un sur-tabou. Par contre, si le tuteur du résident refuse cette situation, je pense qu'il pourrait porter plainte contre l'éducateur (et la structure) pour "attentat à la pudeur", "attouchement sexuel", "incitation au viol" (dans le cas où le tuteur de la fille porte plainte contre l'autre résident), ou pourquoi pas "harcèlement sexuel" (un avocat plaide toujours selon une stratégie).
Enfin, cette situation est tellement complexe...

Le roseau

Re: question delicate

Message non lu par Le roseau » 15 avr. 2005 16:03

Juste une rectification Vanessa, La "masturbation" d'un point de vue lexicologique n'a rien a voir avec un aspect lié à la solitude de l'action, puisqu'il s'agit d'une exitation des parties génitales avec les mains. Le collègue en question a bien deux mains (j'ai vérifié).

Je n'ai pas compris ta dernière partie. Je crois qu'il ne s'agit pas d'attouchement. Je crois qu'il s'agit, dans la question de base, de trouver le moyen pour que deux personnes consentantes en situation de handicap physique puisse faire l'amour.

Si l'extase n'est pas un but en soi pour toi, ça l'est peut être pour d'autre.

Et si deux personnes physiquement handicapées veulent avoir des enfants, alors qu'ils ont besoin d'une aide extérieure pour passer à l'acte. tu leur dis quoi? "essayez de vous toucher un peu vous verrez ça procure un orgasme"!!!

Il ne s'agit pas de faire abstraction de son affect, mais plutot d'en tenir compte.

Salut

eugenie

Re: question delicate

Message non lu par eugenie » 17 avr. 2005 14:26

Bonjour,
Je suis actuellemnt en 1ere année de formation d'éduc, et je réalise un exposé sur la sexualité des personnes handicapées motrices.
Nous avons énormément de difficultées à trouver des personnes professionnels et directeurs d'établissements qui veulent bien répondre à nos questions.
Nous évoquons aussi la place de l'éducateur dans cette sexualité . Chacun a son propre rapport au corsp, chacun à une sexualité. IOl faut respecter le fait que des peronnes handicapées demandent à avoir une sexualité dite normale... est tout à fait entadable et doit être respecté. Entendre la demande de plaisir, de désir et de sexe est déjà une première considération de la personne handicapée.
Ensuite chacun fait ce qu'il veut et se qu'il peut de cette demande (peu habituelle). Cela nous renvoie à notre propre sexualité, à notre désir.... c'est pas facile... c'est une question que l'on doit se poser, car je pense qu'on sera tous amené en tant que futur professionnel à faire face à ces demandes.
Dans d'autres pays comme les pays bas, l'allemagne, la norvège, des personnes sont formées pour répondre aux besoins sexuels des personnes handicapées motrices. Ce ne sont pas des prostituées, mais des hotesses. Elles ne vont pas jusqu'à l'acte sexuel, mais exercent des caresses, les baisers sur le corps de la personnes "malade".
Les établissemenst francais sont encore arrièrés sur ce sujet. La sexualité est taboo et encore plus pour des personnes handicapées.
Hors, moi ca me parait supide. Tout adulte consentant à le droit d'avoir les rapports qu'il souhaite et de la façon dont il le désir, non?
enfin, .... c'est à nous les futurs éducs et professionnels du social de réfléchir et de faire évoluer tout ca... dans l'avenir...
(ca parait utopique, mais je pense que c'est vrai ..)
J'arrete là, car je pourrai encore en écrire des pages !
A+ si vopus avez des reflexions, ou des témoignages à apporter qui pourrai aider mon exposé...
Merci

TheD

Re: question delicate

Message non lu par TheD » 17 avr. 2005 20:43

Bonjour,

Un lien qui me semble intéressant :

http://membres.lycos.fr/pch/portalier41297.htm

Quelques extraits :

"Notre postulat est que l’approche de cette sexualité va fonctionner comme l’analyseur de notre propre sexualité, c’est-à-dire que, quand je parlerai de la sexualité de la personne handicapée, en fait, il sera question de la sexualité des valides dans ce qu’elle comporte d’interrogations. Le handicap fonctionne alors comme le symptôme du valide."

"Dans le champ de la psychologie, depuis toujours et plus particulièrement à partir des travaux de Freud, on s’est intéressé à la sexualité. Pour ce qui concerne le handicap, c’est à travers le corps altéré que se pose la question du sexe. Jean Paul Sartre disait lui même dans « l’être et le néant » (1979 p. 457, 2ème édition Gallimard, Paris) :

« Dès qu’il y a le corps et qu’il y a l’autre, nous réagissons par le désir, par l’amour … ainsi pourrons-nous dire que le Pour-soi est sexuel dans son surgissement même en face d’autrui et que, par lui, la sexualité vient au monde »."

"la sexualité n’est plus une fonction de luxure, ni une nécessité à laquelle il faut se plier pour la procréation, ni un plaisir à prendre en compensation des charges et des difficultés de la vie, mais elle devient une tendance fondamentale de l’être humain qu’il soit handicapé ou non."


"Le regard de l’autre est attiré, non par la personne, mais par le handicap qui fait, en quelque sorte, écran à l’identification sexuée. Cette position a entraîné, pendant de nombreuses années, une sorte de tabou à traiter de la sexualité des personnes handicapées. La seule question qui retenait l’attention était de savoir comment éviter qu’ils ne se reproduisent, c’est-à-dire, qu’ici, sexualité rimait avec reproduction."

"Lors de nos études sur la sexualité des sujets privés de vue, nous avons été amené à étudier l’importance de paramètres comme l’olfaction, le toucher, le goût, comme des aliments majeurs de notre sexualité."





---
TheD >> Note personnelle : Ce qui m'amène à ressentir que la sexualité serait une nécessité autant que la nutrition pour perdurer dans le monde. Comme la nourriture nous permet d'une part de vivre, mais d'autre part de l'apprécier... ici il me semble qu'il s'agit d'abord de vivre.

Pour noter un raccourci brutal, j'emploie un extrait de réflexion de Flaubert à Colet, à propos de la femme :

" « La femme ne sait pas séparer l’âme du corps. Elle est simpliste comme les animaux. -
Un satirique dirait que c’est parce qu’elle n’a que le corps » "

Ceci pour mettre le doigt sur ce parallèle évident entre la représentation encore émergente et erronée des sexes, à propos notamment de la "légalisation du sexe" versus sa "socialisation". Nous retrouvons aujourd'hui cette question (qui était autant écrite il y a quelques 150 années) en nos jours à propos des personnes handicapées.

Le fait notamment que le handicap physique et le handicap mental réduit dans les représentations la personne "au corps" plus qu'à l'esprit que ce corps produit.

Je saisis la complexité du problème dans le fait que la sexualité possède ce visage que nous abordons en relation avec l'autre d'une part, mais surtout grâce auquel notre propre visage existe. J'entends qu'il est possible d'assexuer autrui quelque soit son sexe, ne pas éprouver d'attirance particulière pour jouir avec un partenaire, mais est-il réellement possible de ne pas tendre soi même vers son propre plaisir ? Sans parler même de désir, ni de rapport à la séduction puisqu'il s'agit là du fond de la question qui aborde ce petit tabou de la masturbation. Tabou à mes sens inutile car il est question d'avantage de "vie sexuelle" enclaver par notre condition et participe activement à l'emergence de notre existence singulière. Il est question alors de la personnification individuelle nécessaire à la bonne marche collective. En effet, la psychologie admet qu'une personne "souffrante" (pour toutes raisons possibles, incluant le renoncement de soi) va transmettre inconsciemment son état aux personnes qui l'entourent. Cela fait parti de la dynamique de groupe. Une structure s'en trouvera "chargée émotionnellement" à défaut de pouvoir répondre à une demande, au fait même simplement de penser à la question...

Ne faut-il pas s'attacher à parler du sexe présent, donc parler d'une vie sexuelle présente (au delà du droit, car "nous sommes" avant d'avoir le "droit d'être" (dont l'absence d'une sexualité de la personne handicapée serait un voile projectif venant de la validité, de la "normalité, de la "personnification", je dirais de la socialisation légale) et de l'éventuelle souffrance qui en découle ?

Pas simple car les personnes dites "valides" souffrent elle mêmes à diverses degrés. Mais est-ce une "raison" ?

La société, le comportement d'un structure tient la personne handicaptée dans sa normalité sencée pour autrui. Donc agit comme il faut le penser plutôt que d'exprimer sa souffrance. Combien de personnes handicapées n'osent exprimer cette "demande" particulière car se sentent éventuellement honteuses ?

Si cette question n'est pas abordée par la personne, faut-il en parler ? Comment en parler ? etc...
---

Pierre de Lune

Re: question delicate

Message non lu par Pierre de Lune » 17 avr. 2005 22:10

Bonsoir
beaucoup de choses intéressantes émergent ici... Je n'ai rien à ajouter, mais je peux peut-être proposer mon "regard" en tant que professionnelle et surtout personne...
Nous avons tous nos limites dans le travail que nous effectuons avec l'Autre...
Pour ma part, je dois admettre que face à une telle situation, je serais alors confrontée aux miennes... Tout d'abord parce que l'acte sexuel est de l'ordre de l'intimité de l'individu qui est en face de moi... Parler, discuter, voir même conseiller pour trouver des solutions ou pour aller voir des personnes plus aptes à répondre à certaines questions (de l'ordre du psycho ou du corporel, voir médical...), restent dans mes moyens d'action... Mais de là à franchir le cap pour aider la personne à se satisfaire avec mon aide "mécanique", cela irait au-delà de mes limites...
Pour y avoir réfléchie, car ce questionnement m'a déjà été proposé, la seule idée qui m'est alors apparue évidente est que j'aurais fait "appel" à une "professionnelle"... Je sais que c'est une pratique déjà en place dans certains établissements... mais nous sommes d'accord sur le fait que cette solution est proposée à des personnes souhaitant satisfaire une envie sexuelle, n'ayant pas la possibilité d'y parvenir seule...j'entends par là, que je différencie cela d'une demande affective, ou sentimentale...
Cependant, cela reste une opinion, et donc, très subjectif...
Comme le dit le roseau: "Tout ceci soulève des questions d'ethique, de pudeur et de limites du cadre professionnel."...
Ce que je trouve important de souligner est que notre rôle en tant que professionnel est d'entendre la demande de l'usager et de voir comment nous pouvons y répondre...
Nous ne sommes pas que des professionnels, nous sommes aussi des personnes, avec nos limites qui nous sont propres... Nous devons composer avec... et pour autant, garder l'"usager" au centre de nos "pré-occupations"...
Nous pouvons toujours nous tourner vers les professionnels avec qui nous travaillons, pour échanger et essayer de trouver une solution...
Et puis, si je regarde bien cette situation, je fais déjà le constat que ces personnes ont des handicaps lourds, qui les privent de beaucoup de choses... Alors, si "mécaniquement" tout fonctionne, qu'ils ont une demande d'être "satisfait sexuellement", pourquoi les priver de cela en plus... Nous sommes qui pour décider de cela? Après tout, nombreux sont ceux qui sont allés à la rencontre de femmes exerçant le "plus vieux métier du monde"!!!! Pourquoi une personne handicapée ne pourrait être satisfaite comme cela si elle en fait la demande et l'accepte?

... Et bien je vous le dit, on fait pas un métier facile tous les jours...!!!

PS: "masturber": "procurer le plaisir sexuel par l'exitation manuelle des parties génitales"... Le Petit Larousse... A ne pas confondre avec "se masturber"!!! ;)

Bonne route à tous...

TheD

Re: question delicate

Message non lu par TheD » 18 avr. 2005 07:31

Je ne peux me prononcer autrement qu'en tant que personne. Je pense également qu'un travailleur social ne doit pas réaliser l'acte "mécanique". C'est un acte à deux, je ne peux qu'imaginer le fait que cela dépasse la seule atteinte de l'orgasme. Je ne peux personnellement m'imaginer apporter cet acte pour quelqu'un d'autre dans un cadre purement masturbatoire, sans sentiments. De ce fait je ne peux me prononcer dans la mesure où ma projection personnelle ne peut être que limitée dans l'imagination. Je ne peux que percevoir la souffrance exprimée par le fait de ne pouvoir se contenter de son eau par certains gestes, dans le cadre d'un handicap (ou non d'ailleurs).

vanessa

Re: question delicate

Message non lu par vanessa » 19 avr. 2005 12:20

Oui c'est vrai, je prenais ce terme "masturber" dans son sens familier. Excusez-moi. Pour répondre au Roseau, je ne sais pas s'il s'agit d'attouchement ou pas mais vu notre législation actuelle, je pense qu'un avocat utilisera la meilleure stratégie pour défendre son client. Et après réflexion, je pense comme Pierre de Lune que la solution intermédiaire passe par la venue d'une "professionnelle".

Répondre