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Entre "voir", seulement, et puis "rien"...

Publié : 27 avr. 2005 14:08
par personne
Bonjour,

Percevoir entre, mais une part de moi est partie. Je ne comprends pas ce qui se passe, pourquoi cette compensation du vide par le vide. Il y a quelqu'un qui veut s'extraire mais je suis condamné à essuyer la crasse qu'on me dit être. Pourquoi je me conforte dans cette image ? Cette alimentation est fondée certainement, mais je ne parviens pas à isoler le mal. Si tout s'arrête d'un seul coup, si mon coeur cesse de battre, si mes pensées s'échappent à jamais... je serai enfin libre d'être qui j'aurais pu être, moi même. Pas seulement un homme à dressé. Trop de pressions. Trop d'incompréhensions. La surdité vécue m'est insupportable. Piégé, je ne suis pas seul, osé me dire pour changer. Au lieu de ça j'ai regressé, je suis à la merci du sort. Ca n'arrête pas, ces pensées, l'attente dénuée de sens, fondée sur le résultat, je n'arrête pas d'y penser depuis le début, paralysé, en me coupant, en calcinant mes membres. Il y a plusieurs envies, plusieurs personnages, celui qui me tient prisonnier, l'autre qui désir enfin se rendre maître de ses actes. Je le sens mal. Ce devoir communiquer à des professionnels, c'est la distance nécessaire que je ne supporte plus. Pourtant, la proximité je ne la supporte pas plus. Je vois le monde comme je suis, désaffecté de son humanité.

Re: Entre

Publié : 27 avr. 2005 17:40
par anonyme
TheD? Si c'est toi (même si ça ne l'est pas d'ailleurs...) cesse de te torturer, la vie est trop courte, pour se rajouter en plus des souffrances... Alors vis, respire, ralentis la pensée et sois...sens: une odeur de café, un rayon de soleil sur ta peau, la douceur d'une brise printanière, le rire d'un enfant...écoute la mélodie du vent et tout ce qu'il porte...Ta maîtrise du langage est incroyable, mais la vie, c'est l'aventure, avec non pas une maîtrise, mais du lacher prise qui amène aussi de belles choses qui ne demandent qu'à être mises sur ta route... Ose...
Plein de belles choses pour la suite...

Entre l'espoir de l'Autre...

Publié : 27 avr. 2005 20:12
par TheD
Bonjour,

Je sens que ça ne va pas. Ca m'énèrve, pourquoi ça m'arrive dans les beaux jours ?

Non, c'est vraiment une prise de tête. Je pourrais progresser beaucoup plus vite. Mais non, je perds mon temps !

J'ai du écrire en plusieurs moments à une personne, disponible, attentive. Mais non, je n'arrive pas.

Deux lettres, écrites il y a quelques mois, peut-être en février ? Je ne sais plus. Les fautes, je m'en fou, je n'ai pas corrigé.

C'est personnel mais je n'ai rien à cacher. Cependant j'ai effacé toute référence nomminative pour préserver une certaine confidentialité.

Ce n'est pas forcément en phase avec mes pensées actuelles. Là, tout de suite, ça ne va plus du tout. Ce sont des forces en moi, j'aimerais agir et quelque chose me tire vers le bas. Plus j'essaie de gommer ce malaise, plus il me presse la tempe.

J'ai de très mauvais scénarii qui se construisent dans mon esprit. Je sais que c'est du à mon cloisonnement. Une conscience me tient encore.

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Madame A,

Cette période m'est favorable. En effet, je me sens beaucoup mieux et mes écrits précédents bordées de stérilités, de grossissements fachés, de bassesses décollées ne possèdent plus aucun sens.

Mon ouverture par l'écriture fut de moi à vous ce moyen d'aborder mes douleurs, ce qui me fige, là, dans ce présent dispositif mais plus directement ce qui me rend «là». Ce n'est pas un manque particulier, nul besoin de reconnaissance, j'entends reconnaitre pour reconnaitre. Non, ce n'est pas ça. Aussi j'ai pu apprécier avec le recul ce moyen de livrer la bêtise qui m'habite. Pourquoi vous plus qu'une autre personne ? Ce n'est pas lié à une quelconque obligation. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé. Bien sûr, ce premier entretien, la démarche fut vécue en moi même comme une nécessité. Mais ensuite, tout bascula. Peut-être possédez vous le visage d'une personne que je voulais depuis longtemps rencontrer, j'entends celui du «guide». C'est un peu mon ressenti, là, qui expliquerait ce lâché prise en moi même. Ces quelques mots, ces «pensées que vous respectez». Autant vous partager cette pensée, il circula en moi cette impression que mes mots furent partagés, voilà pourquoi mon «doute» fut exprimé lorsque Mlle -- me confirma la confidentialité des informations. Ce doute n'est pas lié à la personnalité, aussi il me faut le préciser, si j'exprime un doute ce n'est pas Mlle -- ou bien vous même, ou encore d'autres personnes que je remets en question ou bien que j'affabule de mensonge. C'est plutôt une interrogation exprimée, mais depuis j'ai pris connaissance des pratiques. J'avoue que je retrouve une curiosité, on va dire «saine», d'interroger le monde pour mieux le connaître. Mais je dirais, pour moi ce n'est pas une gravité en soi parce que mon objectif est de sortir du dispositif, donc de formuler l'autonomie. Pour le moment, je suis mon propre esclave. Cela je le sais depuis longtemps mais la conscience d'un problème n'est pas suffisante pour le résoudre, je dirais même que cette conscience produit de la souffrance.

Bien sûr, je ne compte pas entretenir plus longtemps l'évidence d'un monde parfait, mais c'est un moyen comme un autre de me dévoiler. Ce fut l'occasion pour moi de me mettre à nu. J'entends, me ridiculiser. Voilà le fond de ma démarche, ne rien trahir du ridicule pour trouver et extraire une part plus adulte. Formoler le monstre dans sa pisse froide. Claquer le gamin pour qu'il grandisse un peu. C'est en moi même une quête que celle de me retrouver, de me trouver car tout est à construire. Plus précisément, je parlerais plutôt de déconstruction, ce que je ne cache pas, j'ai toujours voulu déconstruire ma personnalité. Par ce fait, j'ai «réussi» en partie même si cela m'a rendu «là». Je préfère encore vous écrire de toute ma fragilité plutôt que de nourir quelques marchands d'espérances et autres groupes sectaires. Dans les faits, on ne remarque pas de progression mais je ressens une amélioration. D'un autre côté je crains mon état, cette amélioration peut étrangement m'amener vers d'autres horizons, plus étranges.

Je tiens à m'excuser, auprès de vous et de Mlle --. J'essaie d'oublier mais je ne peux pas. Ma dernière lettre fut écrite sans penser, juste dans un profond regret.


Là, je vis une période très mauvaise, vide. Je me sens tout possibles, mais je pense vouloir faire trop à la fois. L'envie en elle même arrive mais depuis quelques temps je résiste, je lutte Je n'ai plus rien en ce moment. Plus rien me domine, plus aucune illusion de jeunesse. Comme être au bout d'une vie sans la contenir. Ca me répugne. Ca m'attriste profondément de vivre ces périodes défilées. Aussi Mlle -- me manque beaucoup, j'aimerais la revoir. Cependant me déplacer au CSD ne m'est plus supportable. J'accepte ce qu'on pense de moi, bien sûr. Je n'arrive pas, à chaque fois, et j'essaie d'utiliser les échéances qu'on m'impose. Même si je ne voulais pas en arriver là puisque mon fond est le même, vivre. «Exister», je ne sais plus, je n'ai jamais su. Mon sujet ne se trouve pas dans la plainte et mon contact ne l'a jamais été, tout est trop dur à vivre en l'heure. Laisser quelques lignes écrites librement sans retenir le malaise incarné. Parce que je n'ai pas de mauvaises intentions. Ce n'est pas pour moi, ni pour vous, c'est «comme ça». Peut-être parce que quelqu'un l'a écrit. Et puis quelques mots, juste comme ça.

«Une histoire inaccessible. Me ronger face au tableau peint de «l'oiseau des rouées*». La mauvaise personne que je suis, trouée au mauvais endroit dans ce cristallin.

Mon coeur déploie un souvenir rêvé. Mais je n'ai pas vécu les mots, ils sont seulement écrits. Lui adresser ces trois mots, une trinité si fragile qu'elle pourrait briser un être entier. J'ai peur de la revoir, j'ai peur de ne plus jamais la voir. J'ai peur de ses prochaines paroles, j'ai peur de ne plus jamais sentir sa voix. J'ai peur de la toucher, j'ai peur de ne plus jamais accueillir sa main. C'est un souffle sans saison, elle me manque, tant j'aimerais la lire encore. Encore et encore, au corps de mes pensées pour celle qui nait l'éternité. Ecris-moi, embrasses-moi. Oh je sais, le miroir magique en demande décidément trop. Je respecte tout de toi. Je ne cueillerai aucun mensonge, je te laisse vraie.

Ces derniers jours, mon coeur souffle sur le cristal, il neige pour elle et mon visage disparait.
Sa présence reste, réelle, belle, elle.»

Dans un désolement complet. Il ne m'était jamais venu à l'esprit qu'un être me donnerait ce tout instant. C'est difficile d'être orienté vers la sectorisation psychiatrique par une personne, LA personne qui vous rend tant d'émois. «Vous êtes intelligent» me dit-elle doucement, les yeux posés sur le cocon de papier noté de tendresses. J'espère qu'elle ne croit pas cela parce que j'accepterais alors tout d'elle, et puis j'accepterais de sa voix cet accompagnement proposé. Au téléphone, mon coeur sautait alors de sa proposition. Mais j'aurais eu la nette sensation de profiter de sa présence. Là, dans l'instant de sa voix, «intelligence» sonnait en moi cette fleur qui flirte avec l'insecte, ce petit enfant autiste de quatre ans qui prend la main pour parler. Pour moi, c'est ça l'intelligence. C'est se rendre à la vie. Et chaque mot prononcé de sa bouche si joliment dubitative me crie à l'oreille un désir trop fort. Chacun de ses phonèmes aimerait butiner ce qui ne fleurit pas au bout de moi, givré. J'aimerais danser avec ses yeux. Je n'ai même pas su lui donner mon regard. Les plus secrets baisers, cachés là, sous les paupières. Si je ne lui ai envoyé déjà. J'aimerais lui écrire mais aucun mot ne me retiendrait. Une inflation si soudaine, même là je ne peux pas faire comme si rien n'était. Enfin, je préfère vous écrire. Je n'ai pas envie que Mlle -- pense que je puisse me moquer d'elle parce que c'est faux. Je voulais lui dire de visu que l'on ne se reverra plus, bien que j'aborda par écrit que ce serait ma dernière signature.

Ce n'est peut-être pas indiqué alors de nous revoir, Mlle -- et moi. Humainement, je n'arrive pourtant pas à accepter ce qui m'arrive. Je respecte bien entendu tout d'elle et puis tout de vous, tout ce qu'on pourra me dire et ce qu'on voulait me décrire, pour le peu que je sois. Toutes les questions déjà posées et les réponses improvisées, j'accepte tout. C'est seulement moi qui me nie, qui m'excepte. Depuis ce dernier 21 décembre, j'ai tout balancé. Je vous écris, là, parce que je me retrouve dans la journée. Même si la vie diurne m'est assez pénible à tenir. Depuis peu, beaucoup encore me retiennent. Cette histoire familiale est lourde, pesante, non achevée, je suis encore tenu par ce qu'on attend de moi. Ne pas être «neutre» c'est définir ce qui est «juste», et dans un cadre plus familial bien que je n'apparaisse plus depuis plusieurs années, de lourdes attentes reviennent. Mais je vous soulage des détails. Ma mère m'a rendu il y a peu de jours la lettre maudite qui participa, il y a quatre années, à l'écroulement du monde. Ces mots oubliés de ma main. Cette lettre choit à tout jamais ma vie entre ses lignes. J'aimerais la détruire mais ce serait alors déposséder une vérité, désincarner l'épine perdue. Aussi, j'ai avancé encore dans certaines compréhensions.

J'aimerais beaucoup écrire à Mlle --, répondre. Je ne veux pas être un poids, m'imposer. Je ne suis pas vivant dans la dépendance. C'est un flot sentimental, un attachement à l'autre en soi, sans appartenance. Aussi, c'est pour cela que je lui ai laissé l'adresse de ma boite à mails, je ressentais ce moyen de partager peut-être au delà de certaines contraintes, mais c'était une pure folie. Je ne suis pas un profiteur, un usurpateur d'esprit ou de coeur. Non, pas comme on voudrait me définir suite à mon voeu. Je suis loin de ça, sinon je n'aurais rien écrit. Ca faisait plusieurs mois auparavant que j'écrivais partout. Mon geste était-il perçu comme une forme d'achat ? Alors non, sachez que je ne suis pas ce genre d'individu. Avec le recul, oui je me vois trop naïf. Au bout des mots, je vois des choses qui n'existent pas.

La grande bleue porte son existence. Les flocons dessinent le temps au bout d'un doigt de fée.
«Et moi...», hurla ma pauvre âme dans la neige, «Je t'aime» lui répondit la fonte d'un souvenir.

Avec tout mes respects, à vous Madame A et pour Mademoiselle -- qui restera une grande et belle question.


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Madame A,

D'abord, pardonnez-moi. Je me rends un peu plus à l'évidence que tout ceci ne sert à rien. Ces derniers temps, j'analyse mieux mon comportement. Oui je découvre l'abandonnisme, j'ai aussi parcouru quelques lignes sur la pédagogie noire, cela m'a permi de noter quelques conséquences et d'approcher certaines origines. Ca m'ouvre l'esprit sur ces illusions que je m'imposait pour me barricader. J'ai beaucoup de choses à apprendre encore. Il y a comme des connaissances plus intuitives en moi même, mais cela ne suffit plus. Il me faut désigner ces connaissances, me «tuer» d'une certaine façon, mais j'accepte ces petites morts qui annonceront autant de nouvelles vies.

J'ai tendance à bannir la relation personnelle qui décompose mon sujet en une multitude d'objets. Pour moi c'est délicat en définitif, c'est en même temps insupportable de laisser filer le temps ainsi. Je déteste ma condition de vie. La solitude, je l'apprécie. Je ne me sens pas devoir m'attacher à mon prochain, même si j'appréhende beaucoup une vie actante car elle implique une fréquentation plus régulière aux autres. Aussi, une prestation intègre la dépendance et je me pose encore quelques questions. Il y a du défrichage à faire sur ce comment mener une telle activité. Techniquement, là n'est pas le problème même si ça me demande une certaine concentration (je ne suis plus habitué à cette concentration dans la durée), c'est plutôt de l'ordre relationnel. Par exemple, me projeter à recevoir régulièrement des appels téléphoniques (je rappelle que si je peux téléphoner, je n'arrive pas encore à répondre au téléphone. Certainement tout comme je n'arrive pas à sortir, à entretenir une relation durable, tout ressort de la même fellure, probablement, que je touche à présent vraiment du doigt, je suis proche). Aussi, vous le savez, la croyance est importante. Elle permet en prime abord de croire en ce que l'on perçoit, et puis croire au delà. Je réalise tout un travail sur la croyance, la mienne. En effet dans mon plus profond mal être je bânnissais toute croyance. La moindre parcelle qui me surgissait de l'inexactitude, la parole neuro linguiste de mon prochain, c'était pour moi intolérable. Loin de mon éthique propre, mais cette intolérance pour la falsification du comportement était liée surtout à ma souffrance. Bien sûr, je ressens le monde mais ces effluves de mensonges qui me traversaient me déchiraient. Pour moi il ne s'agissait plus d'adaptation, mais de la cause du nombre de maux générés socialement. Je pense en saisir le «pourquoi», ces dernières années, cette forme de paranoïa s'est développée.

Ce qui m'effraie vraiment, ce qui me donne tant de mal se trouve dans tout ces possibles en mon esprit qui ne trouvent pas le bon choix, c'est un peu mon interprétation. Aussi, c'est cette vie que je n'accepte pas. Non pas la solitude, mais au bout je ne fais rien activement, je ne prends pas d'acte tranché et les décisions restent obsolètes tant mon esprit se trouve être dans un corps léthargique. Je suis en désaccord avec mon corps. Je me pose encore la question de savoir si c'est le corps qui se défend ou bien l'esprit qui en émerge. J'ai cherché le bénéfice, et je dois dire que le seul bénéfice trouvé, c'est ce que internet m'apporte comme «nourriture». Je ne parle en aucun cas des forums, plutôt de la documentation disponible et cette grande opportunité d'embrasser de nombreux domaines. Internet est mon bénéfice lié à une connaissance.

Mlle --, c'est une belle question comme je lui ai écris. C'est quelqu'un que je regrette et là, je n'oserais pas m'avancer à répondre du «pourquoi». Mais il me faut préciser ceci, en cette fin d'année je réalise que mon geste pouvait être mal interprété, de l'ordre d'une attache. Aussi, sans voiler ce qui me parle au fond, oui je suis attaché à cette personne mais ne souhaite pas en dépendre. C'est une attache affective, déjà profondément sentimentale. Pas aliéné non plus, enfin quoi que je ne saurais décrire ce phénomène. Sa pensée me donne une autre forme d'énergie, elle ne fait rien et je ne voudrais certainement pas trouver une «aide» ainsi, une «compensation», ce serait irrespectueux. Mais comment vous expliquer autrement, jusqu'alors elle m'a aidé d'une certaine façon bien indirectement à trouver une ondulation nouvelle. Ce mouvement qui se mélait à mon expression eronnée déborda aux mauvais endroits. Jusqu'à présent, je n'ai jamais connu ce comportement. Avant notre premier entretien. C'est, je le crois, significatif de changement. Non elle, mais ce qui provoqua et provoque encore cet élan. C'est un signe qui me rend vivant.

Aussi je tiens vraiment à dissocier le contrat de ce que je ressens, ça n'a rien en commun, je ne suis pas un profiteur et il m'est venu à l'esprit que je puisse être ainsi perçu. C'est un risque, peut-être un risque révélateur de mon caractère à retouver une volonté. Ce 09 décembre dernier, c'était pour moi indescriptible. Elle m'est «apparue» vraiment là, ça me lançait «c'est elle» et je vous l'écris au plus juste de mon battement présent. Il m'importe peu de laisser certains regards à me croire trop superficiel pour ainsi m'éprendre. Ce serait très éloigné d'une autre justesse. Aussi ces regards ne sont pas essentiels. Pour moi, partager un tel ressenti c'est déjà une fin en soi. Aussi ce n'est pas une dépendance, c'est plutôt un attachement, ça ne s'est en fait jamais produit. Autrefois lorsque j'étais encore capable d'assumer beaucoup plus de charge. Aujourd'hui il y a ceci, «la charge» que je ne peux plus porter. Pourtant je comprends, je peux gérer un bugdet, etc... mais il y a comme une lutte contre la dépendance, «devoir revoir», dans un cadre autant professionnel que privé. Je m'en suis aperçu car en l'heure, ces personnes que j'ai rencontré il y a environ quatre mois et avec qui je m'entendais bien, je ne les vois plus et ne peux poursuivre une relation stable, ni même les recontacter par messagerie. Je ne supporte plus rien du tout, d'ordre relationnel, depuis environ ce janvier 2004, j'entends la régularité, même si je ne sorts plus depuis plusieurs années. Tout ceci se passe sans se rendre compte des événements. Il y a comme une répétition de la coupure sociale, mais à chaque fois plus grande et prolongée...

J'aimerai beaucoup revoir Mlle --, il me faut savoir si l'opportunité nous présentera ou non, lorsque le contrat s'achèvera, ce que j'envisage au plus tôt ! Aussi ça m'envoie dans une gène de vous en parler ainsi, mais comment peut-il en être autrement ? Je veux être le plus transparent possible, tout comme je l'étais avec Mlle --, je n'ai pas besoin de poser un prénom pour l'être. C'était tellement évident, avec le recul je me serais désigné. Aussi nulle envie de vous prendre à parti. Je suis beaucoup plus proche de mes émotions, elles furent si violentes au retour, surtout ces huits derniers mois. Aujourd'hui je me retrouve mieux, même si les habitudes sont fortes et omniprésentes. Je dois changer beaucoup de choses, tout un comportement. J'admets qu'il me faut changer pour épouser au mieux mes pensées, mes projections. Je pense disposer des ressources nécessaires pour éviter le secteur psychiatrique. Aussi, la mort s'éloigne, si le suicide était écarté la mort ne l'était pas. Mais elle s'éloigne vraiment. Pour moi, «la mort» n'est pas, au même titre que «la liberté» si vous voulez. Tout cela reste encore à formuler, à créer, mais je ne veux pas m'en aller de suite. Et puis j'ai un regard à embrasser, d'autres jours à inventer. Des projets à réaliser, et ce dans différents domaines. Ce sont ces tendances hétéroclites en moi qui me font lutter encore, c'est un combat pour me «forcer» à choisir. Plutôt que de donner un ordre prioritaire qui serait la succession de mes projets. La progression est difficile, en ce sens que j'amène trop d'éléments qui encombrent mon esprit. Je commence et puis s'en suit une saturation. C'est encore non évident à définir. J'aimerais vraiment trouver des contours plus justes, plus accessibles. Il y a encore une dualité importante en moi. Je pense concilier une activité narrative «libre» avec une autre activité plus technique et «dépendante», mais les deux me demandent autant une énergie de perfection.

Pensez-vous que d'écrire à Mlle --, ce serait une bonne chose ? Me le permettrait-elle ? Je comprends la nécessaire distance et l'interdiction de sa part d'utiliser les moyens professionnels à sa disposition pour me contacter. Mais il s'agit de moi vers elle dans une démarche personnelle, non professionnel. Si je pouvais lui écrire, j'aimerais beaucoup. Aussi, j'admets que je ressens cette approche comme une réponse à découvrir. Je ne veux pas entrainer quelqu'un dans une déception, comprenez-vous, ni dans mon propre échec. Je ressens ce désir d'extraire et de partager, de vivre des moments communs et tant d'autres opportunités de vie. C'est la petite voix qui me parle à nouveau, voyez vous. Cette petite voix qui me dit ceci, si je réponds de mon autonomie prochainement, alors «tout est possible». Sans vous le cacher il s'agit de quelqu'un qui me semble connaître, sous le pseudo «Salomé», elle m'a écrit ce «tout possible». Cet écrit par ailleurs m'a renvoyé à vous même.

Je pense à Karen trop quotidiennement. Au début, ça m'avait plongé dans une autre souffrance. Aujourd'hui ça va mieux, j'apprends à gérer ce qui me tient à être si attiré vers elle. Je me suis aperçu aussi de mon réel problème. En effet, avant noel, en octobre novembre j'ai rencontré des gens, j'ai du sortir à la mesure d'une fois toutes les deux semaines. Mais chaque sortie me lance ensuite dans une décompensation. Nous nous sommes connus d'abord sur internet, puis nous avons entretenu une correspondance durant environ quatre mois. Je n'ai absolument rien voulu dénaturer de ma personne dans mes échanges. Chacun campa sa personnalité au plus proche du vécu. J'ai subi aussi un nombre important de crises alternatives. Comme de grands moments mélancoliques. Je saisis mieux ma personnalité déviante aussi. Comme indiqué dans ma lettre précédente, c'est lié à ma petite enfance puis entretenu par ce décalage entre ce que je suis et celui qui est perçu par les autres. Il y avait un décalage entre l'objet de mon comportement et ce qui était perçu en réponse à ces comportements.

Ces mois durant, j'ai réalisé un travail sur moi même. Je n'entreprends pas un chemin plus encadré, plus officiel comme on voudrait me faire suivre. En toute «intelligence» il serait plus adéquat que j'accepte un suivi au CMP pour ne pas être méprisé par la CLI, ce que je comprends. Mais ce que je veux démontrer se trouve ailleurs. C'est un objectif, celui de ne pas donner raisons à ceux qui m'on fait tort, ce «tort» qui finit par ne plus montrer son visage. Un parcours atténué par une maniaco dépression probablement, je commence à percevoir le regard engendré qui vous façonne. En ce moment je réalise ce travail pour étouffer à petit feu mes fantômes qui s'incarnaient en quiconque, quelque soit le temps, le lieu, les gens. Un peu comme la metempsychose d'une histoire qui imposerait ses réponses en l'autre avant même de connaître les questions. Cet autre qui sentait «devoir» se décharger de diverses natures, souvent au dépend de moi, je ne comprenais pas cet antipathie ou bien la violence exercée. J'étais à l'écart de tous et la vie «dedans» ou «dehors» provoquait à peu près la même dynamique de groupe. On voyait juste mon détachement, mon malaise et ça suscitait une forme de rancoeur dont je devais subir quelques harcellements routiniers. Il y avait donc, par un nombre toujours limité d'individus autour de moi une «attention» sur ma personne, cette attention que je ne demandais pas. Ce qui inconsciemment m'entretenait et alimentait cette phénoménologie collective. Ces individus très minoritaires me «veillaient» - je l'interpréte ainsi aujourd'hui - et tenaient pour rôle celui de l'aimant repoussoire envers d'autres personnes plus ouvertes à mon encontre. Il y a eu ce conditionnement mais inconscient entre moi et «les autres». Aujourd'hui, je saisis mieux ce qui se passe et surtout j'accepte ce phénomène qui se trouve d'abord en moi même. Longtemps, je pensais avoir subi toute l'incompréhension de l'autre et ça continuait en moi même. Ces tranches de vie ressurgissent en l'adulte, d'autant plus lorsque ce vécu se répète sous une forme plus pernicieuse, à défaut d'être permissive. Comprenez, je ne passerai plus dans aucun système sélectif. Il y a comme ça une expression individuelle, mais je recherche idéalement une émulation collective. Rien en commun avec la tendance idéologique en nos jours. J'en ai la possibilité par le biais des connaissances à mon frère si je parviends à ne plus quotidiennement «déboussoler».

En l'heure, m'occuper de moi directement pour assurer une autonomie, mais j'espère porter autre chose. Ce serait lié directement à l'exploitation de la pauvreté par des groupuscules qui agissent de manière pyramidales. Souvent il s'agit simplement «d'acheter une méthode» qui ne sert à rien mais dont on doit trouver de nouveaux acheteurs. Je m'inclu par le «on» mais sachez que je n'ai jamais répondu à ce genre d'annonce, moi même n'en suis pas à ce genre de démarche, mais je suis particulièrement dépité de constater ces groupes profiter de la crédulité de masse. Je dois dire que ma propre mère reçoit ce genre de courrier et que personnellement j'ai dû lui «ouvrir les yeux» sur le discours générique applicable à toutes les personnalités. Je ne tiens pas en rester là ! Si on ne peut intervenir directement parce que ces groupes contournent légalement la législation française, alors d'autres actions auprès du public sont possibles.

J'ai appris que le docteur T, psychiatre, m'a écrit. Aussi je tiens à confirmer que je réponds toujours lorsque je reçois une lettre. Je n'ai reçu aucune lettre, je vous le confirme, sachez que je ne suis pas un menteur, que je ne joue pas et que tout cela ne m'amuse pas du tout. Je sais que mon état est préoccupant mais je ne peux encore rencontrer un psychiatre. Je ne suis pas une cause à réparer. Je préfère encore être méprisé par la CLI, ce n'est pas si grave. Comprenez que pour moi c'est délicat. Être orienté en ce lieu par la femme perçue sous un autre regard ! Ce n'est pas supportable. Oui, ce sont des défauts en moi même.

Aussi je ne condamne pas les gens, il faut bien soigner et je comprends tout l'enjeu que porte la sectorisation psychiatrique. Suivre les gens dans une vie sociale. Je perçois le grand intérêt à terme de ne plus répéter une certaine facilité parce que moins onéreuse (en apparence). Cependant je crains que la psychiatrie ne s'infiltre jusque dans l'intervention sociale. A quoi servirait la «psychologie» ? Orienter ? Epouser d'autres intérêts ? Aller voir ailleurs si j'y suis ? Ne prenez pas mon écrit à mal pour vous. J'apprécie ce domaine et je prône l'interdisciplinarité, l'ouverture, mais je ne suis pas pour la médication de masse. Je trouve que cette réponse présente un problème majeur. En effet, la société si imparfaite soit-elle génère de la souffrance, mais ne peut-on pas en amont à proposer des systèmes «autres» ? Des alternatives en société ? La masse est-elle si conne ? Moi, individuellement suis-je vraiment con ? Je ne me prétends pas (contrairement à ce qu'on veut bien me faire croire) intelligent, mais je trouve étrange d'entretenir un «intérêt de soins massifs» face à une société qui génère un malaisse individuel en telle masse. Je ne veux pas pousser ma paranoïa et y décrire un relatif «plan économique et pharmaceutique», mais nous n'en sommes plus vraiment loin. Oui nous nous trouvons dedans. Je ne sais pas si vous rangez mon courrier dans le dossier «rmi», faites comme vous voulez bien entendu, mais sachez que je vous donne ma confiance entière et cela m'affecterait de savoir ce courrier accessible à d'autres personnes. Personnellement, il est vrai que j'accorde une importance à la correspondance et je trouve regrettable de ne plus protéger cet espace.

De mon premier courier puis le suivant, j'ai laissé le monstre s'exprimer, avec le recul je perçois qu'il s'est échappé. Plutôt manifesté hors de moi, venu s'étaler par la suite dans ce forum social, un peu brûtalement d'abord et puis plus maladroitement ensuite. Il me semblait parfois vous lire (Salomé) ou à d'autres moments lire Karen (luc). Je préfère partager ces impressions. J'ai lutté pour ne pas manifester ainsi ma personne. Je me suis emporté dans mes délires solitaires, très pesants autant pour moi que pour l'autre. Je me rends compte des troubles engendrés. Aussi , je ne tiens pas à perdurer dans cette voie sans issue. Cette régression est probablement une nécessité. Depuis notamment ces quatre dernières années, je repense souvent à mon enfance. Mentalement ça épouse une approche immatûre. Certainement, en ai-je besoin vraiment. En effet, autrefois j'étais «tenu» dans une certaine personnalité, réservée, détachée. Je sais que cette personnalité plus âgée est là, présente, mais je ne peux pas encore me la rendre. Autant assumer ce retour dans un désordre, un chaos de l'esprit, détruire le monde pour le rebâtir sous un oeil nouveau.

Ma mère m'a transmi ma lettre. Je la redécouvre, ces mots je les avais oublié. Je vous adresse une copie parce que cette lettre avec le recul de ces quatres dernières années représente une cristalisation du malaise nouveau. Non pas «les amis» qui ressortent en plusieurs endroits. Je n'aime pas certains passages dans cette lettre retrouvée «je n'ai pas d'amis à moi», c'est tellement distant, à me croire si possédant. Si «attaché» aux amis que je n'ai pas, mais ce n'est pas la réalité. Le sentiment que je partage à ma mère, le lisait-elle dans cette lettre, était l'expression de ma plus grande solitude. Très motivé, je sortais tous les jours, je me rendais aux nombreux «salons» de recherches de formations organisés sur Paris, j'étais inscris dans une agence et en parallèle dans un centre de formation. En moi j'étais déjà dans un autre monde. Pour moi, trouver un emploi n'était qu'un intermédiaire. C'était une étape que je m'imposais. Aujourd'hui le saurez-vous, je n'en suis plus là. Seulement quelqu'un qui puisse me guider. Je n'ai jamais été si naïf, mais j'aime bien ma naïveté. Pour moi, l'Ami c'est l'autre, cet "espoir de l'Autre" en moi.

Je me contiens beaucoup, parce que j'ai peur toujours d'être entendu pour trouver une justification qui arrange les uns et les autres. C'est en rapport avec vous, Mlle --, et puis tout le dispositif, la CLI bien sûr. Mes fantômes s'incarnent bien vite en mon prochain et ces fantômes me condamnent incessament. Je sais bien que je ne suis pas dans le meilleur des mondes, mais peu à peu je construis quelque chose, une confiance. Bien sûr, nulle envie de passer systématiquement à l'écoute d'un psychiatre, si seulement tous les problèmes se trouvent en chacun. Vous savez bien que ça ne se passe pas comme ça. Que le dysfonctionnement dépasse la souffrance de chacun.

Cette lettre est maudite. Et depuis je suis devenu si infâme, calomnieux, stérile. Lisez à quel point je suis à vomir. Et tapez-moi, butez-moi ! A cette époque, ce 22 octobre 2000, toutes les précautions étaient prises, je n'avais nommé personne, je pressentais mais sans penser alors que cette lettre serait l'objet d'une déchéance. Il existe de nombreux démons dans cet écrit, bien plus que je ne pourrais les traduire dans ma crevure juvénile. Cette lettre n'est pas la source qui abreuve les mauvaises herbes, mais elle y participe. Bien entendu, de retour sur Reims j'ai entrepris de nouvelles démarches, des recherches d'emploi dans des enseignes pour faire étalagiste (des activités au plus me permettant de soutenir quelques difficultés) ou bien encore «reprographiste» avec l'intention de basculer en PAO, puis de m'installer plus tard en exercice libéral << (à vrai dire ceci n'est pas lié à la grande mode sociétale actuelle), mais de tout cela, aujourd'hui c'est pesant. L'économie est devenue pesante, lourde. Le dégoût, mais pourtant quelque chose existe encore, une lueur n'est pas éteinte, elle est là. Et puis je veux vivre, aboutir à mes passions, les exister, les vivre pour mieux me connaître. Je ne prétends pas me définir, je pense que certaines valeurs tendent vers un bien. Que je suis beaucoup de maladresses, pensant le contraire quelque fois de mes pulsions écrites.

Mon attitude, ces derniers temps, pourrait me rendre si profiteur. Aussi je vous le précise, je préférerais m'abstenir dans ce cas plutôt que de donner cette impression. Je ne suis pas un profiteur et de quoi, je ne vis pas, je n'existe pas, mes journées sont mornes et seules, sans issues, plates. J'ai voulu me donner les moyens de mon côté, investi dans du matériel, mis de côté environ 1600 euros depuis que je perçois le RMI, attendu de nombreux mois pour acquérir ainsi du matériel numérique et nécessaire si seulement je souffrais moins, participe aussi aux factures. En somme je me contente de très peu, mon existence n'est pas le produit d'une éducation marchande et puis nul besoin d'insister là dessus. Je ne vomis pas la dessus, sur la liberté de chacun, comprenez que c'était surtout l'expression du «monstre» ignorant, c'est tout. Comme déjà exprimé à Karen, il faudrait juste «changer le bonhomme», tout serait parfait. De toute façon elle ne comprendra pas, sinon elle ne penserait pas le fait que je ne sois pas à la hauteur...

Lorsque je passe dans le croisement des autres, c'est dans la destruction. Et même aux yeux de la CLI c'est une observation arrêtée, distanciée dans l'habitude de dénir le tout autre. Là, dans cette histoire encombrée de divorces, il est question de bataille. Des intérêts des uns et des autres. Je vais encore être plombé, manoeuvré. On me dit déjà que ce serait «une boucle qui bouclerait ma souffrance» que de produire la lettre qui détruirait la précédente. On me dit des horreurs. Mon implication serait encore un fardeau à porter. L'impossibilité de renouer avec ce père, un jour. Je ne suis pas prês pour cela, et voyez je veux vivre pour montrer à ce père combien il avait tort sur mon compte, depuis l'enfance. Non, je ne veux pas vivre une revanche à ses yeux, mais il m'attachait à sa façon. Il assimilait la famille à son mal être, à ses mensonges, ses peurs. C'est trop réduit dans mon écrit et ce n'est pas si important. Même si je me déteste, même si je l'entends dans ma voix, même si je ne veux pas lui ressembler, vivre une histoire différente, la mienne. Par delà la déjection maternelle entretenue, et probablement de ses yeux une déjection justifiée, c'est mon père. Ecrire ce témoignage, cette constatation serait source d'angoisses. Mais ne pas l'écrire l'est tout autant. Trop de pression autour de moi, de gens si «attentionnés» à m'extraire du cercle.

Je ne sais que faire, c'est trop grave. J'aimerais m'arracher de ces circonstances, ne plus graviter autour de ces devoirs. Une vie menée ainsi, c'est trop loin de mon état. Je n'en suis plus là, je me trouve ailleurs. De nombreuses scènes quotidiennes ne vivent plus en moi. Il y a des nécessités que je ne ressens plus, comprenez-vous. Un décalage s'est imposé. Et puis cet enfermement, ce bannissement. Je n'en suis pas non plus à entretenir une quelconque estime. L'écriture elle même représente une peau tendue, ce corps accroché ne tombe plus, c'est tout. C'est déjà plus que tout pour moi, un tout encore permit.

L'air que l'amour s'écrit aux cimes du monde. Aux proches je n'ai rien dis bien sûr. Sur le net, auriez-vous lu mes débordements ? Et je vous le partage, une part de moi croit et s'accroît vers autre chose, quelques natures encore plus grandes, plus belles. Tant écris, tant souffert aussi ces derniers mois. Sa différence brûle ma grande douleur, ma silencieuse.

Oui, jusqu'à présent encore je faisais «semblant de croire» en un prochain. Semblant de croire que je pouvais aller mieux. Je ne distingue aussi dans l'aide proposée aucune issue, seulement un regard toujours tronqué sur ma personne. Un rapport à l'apparence probablement fatal dans ces blessures, induit par des paroles affrontées sur l'instant sans attention, mais au bout très salissant. Ce n'est pas facile, et ce n'est pas un regard qui change sur le monde, ce sont des regards qui nous changent peu à peu. Il me faut revenir en moi même. Ce n'est pas la reconnaissance, oserais-je dire, le travail pour moi n'est plus si essentiel, il est vivant. Il y a cela, une part pour vivre, et cette part n'a jamais pû fleurir comme l'enfant imaginait son monde adulte. L'enfant avec les plus grands. Je ne peux dire avoir «travaillé» bien à mon grand regret comme un fardeau à perpétuité, j'entends socialement, avec un salaire. Je me suis formé, intêressé à différents domaines et c'est là, ça coule en moi mais maintenir un rythme de vie sonne comme un affront.

N'y a t-il qu'une solution médicamenteuse ? N'y a t-il vraiment que la solution médicale ? Je vais finir par rompre. Ce serait pour moi un sentiment d'échec. Un grand sentiment que ces quelques personnes, ces passants en plusieurs étapes de ma vie, eurent bien raison de maintenir cette pédagogie noire.

J'aimerais revoir Karen, vous revoir aussi, puis je un jour vous voir toutes les deux ? Oui, j'aimerais beaucoup, vous êtes les deux seules personnes qui ne m'ont pas blaissé. Enfin, vous voir en même temps, je crois que ça fera beaucoup pour moi. Au CSD toutes ces pensées pour moi, je ne peux plus y aller. Bien sûr je n'ai pas envie de rester dans ma chambre, tout le temps. Mais j'ai brisé plus de choses précieuses. Plus que mes mots en transmettant mon voeu pour la personne que vous connaissez. Pour moi, un grand moment d'intensité. J'ignorais être ainsi traduit au cours de mon âme partagée. Au delà de l'incompréhension, je préfère penser qu'il s'agisse d'une malencontreuse interception avant sa destination. Rien de grave n'était écrit ou tracé, comprenez-le. C'était un véritable geste.

Il y a toujours cette douce chaleur en moi, pour elle. Aussi je ne veux rien vivre de personnel dans ma condition présente, mais comment ignorer en bloc ce que je ressens ? Elle m'a parlé évidemment, depuis toujours. La première rencontre était déjà un défi contre mes propres valeurs. Quelques principes instaurés de fouler quelques centaines d'heures de conversations pour me dire «être amoureux», oui, comme vouloir entendre «en son entièreté» une personne, la voir tel qu'elle est. Et puis non, la vie m'apprend que cette entièreté est déjà présente, elle n'a pas besoin de nous. La plus grande merveille se trouve en chaque part découverte de l'autre. Il aurait fallu me prévenir. Me dire combien c'est évident d'aimer, mais difficile à accepter. C'est représentatif de mes quelques mots. Cette épine du bien, la douce violence qu'il faut apprendre à ne pas arracher. La laisser là où le bien lui permet d'être, c'est une douleur toujours, mais quelque chose de bien. Je préfère souffrir d'aimer que de souffrir du mal. J'essaie de l'oublier, impossible, le fait même d'essayer me relance dans ce regard. Non, elle n'est pas la cause, elle me parle.

Aussi, cette fin d'année passée, je réalise à quel point mon geste fut interprété, mais je n'attendais rien, c'est l'expression d'un voeu de rencontre et nullement un «cadeau», comme on pourrait le penser. Mon comportement en vérité est peut-être déviant dans le quotidien mais je ne crois pas être une personnalité perverse, au contraire, le fait d'exprimer ces ressentis me donne à penser que j'ai choisi de ne pas (plus) refouler. Je comprenais que cela ne ménerait nullepart mais je ne me doutais pas être ainsi perçu, peut être même donner un malaise aussi important. C'est vrai que ce malaise ressenti chez l'autre à mon égard m'a suivi depuis toujours. Et non dans de telles circonstances puisque je n'ai jamais été aussi loin jusqu'alors. Le premier acte de cette envergure envers une personne. Je suis profondément désolé de susciter ces réactions qui forcément me font retour encore même si, je vous le dis, je ne compte pas m'en plaindre. Ca fait mal mais peut-être avais-je besoin de ce mal. Je crois (je n'en suis pas certain) que je n'avais pas besoin que ça finisse aussi loin dans la hiérarchie. Je ne comprends pas, Mlle -- aurait parlé de ce courier à vous même, aussi je comprends la nécessité d'une équipe et je sais que c'est nécessaire pour affronter certaines situations, mais l'impression d'être passé sous un train avec le recul. Aussi mes morceaux n'ont pu se déplacer pour venir m'expliquer, je préfère encore vous expliquer, oui parce que vous avez partager une perception de moi qui m'a touché. Avec Mlle --, bien sûr nous n'avons pas vraiment discuté, mais il y a ce regard qui me rend commun. Dans la vie, sans haussement d'injustesse, ce passage alors fut pour moi cette vision ordinaire, presque partagée d'être commun. Aujourd'hui, l'égalité bien entendu se veut être inadaptée à l'anticipation. Les nouveaux textes éclatent l'universalité des valeurs, et oui, demain «être commun» sera bien «exceptionnel».

Je ne suis plus sorti depuis ce dernier 21 décembre. Je ne sais pas du tout dans quel endroit, je ne peux plus aller au CSD. J'avais téléphoné à Mlle -- après de multiples hésitations et compositions du numéro ce dernier novembre, mais je ne peux toujours ni répondre au téléphone, ni ouvrir à l'entrée. Je pense qu'il y a eu une rupture lorsque vraiment je n'existais plus, surtout depuis mon retour sur Reims, il y a toujours cette emprise. Je comprends que je suis sous l'emprise de mon père, en recoupant avec les récents événements. Mais je sature de ne pas être celui qui pourrait vivre à peu prêt ses projets, dans une meilleure linéarité, moins discontinue. Je commets trop d'erreurs, humainement surtout. Et je suis dans une trop grande hésitation permanente, entres plusieurs possibles.

En cet instant passe la pensée que d'irradier chimiquement la souffrance ouvre des voies profondément irréversibles. Il y a une frontière que je n'ai jamais approché encore. Le jour qui s'annoncera, je la passerai pour trouver la paix, pour une vie entière.

Je veux être aussi clair que possible, ne rien voiler en moi. Il m'est arrivé de me penser «pervers», quelque part, je ne sais pas. Comment expliquer autrement ce présent balayé. Auparavant, dans certains écrits, je notais ce château de sable si fragile qui se bâtit entre les êtres. Il peut être consolidé, habité si les âmes s'accordent. Et je fus surpris de retrouver ce «château» dans l'écriture de Rainer Maria Rilke. Beaucoup de choses, d'expression presque communes m'ont frappé, tout autant que d'autres choses encore, l'inaccessible absolument autant que l'amour, autant que laisser le temps irriguer la douleur, juste ressentir ce que le danseur exprime dans le geste. Ne rien toucher, fermer les yeux et l'embrasser, vivre tout de ce qu'elle m'a donné sans aucune explication. Vivre un temps si dense qu'il écrit en moi toute la beauté de ce silence, une rencontre, bien sûr je ne peux me vivre à travers quelqu'un mais c'est un tout océan. Je ne sais pas ce que j'inspire, je m'en moque. Cueillir l'Amour serait ne pas le comprendre, et le laisser là pousserait un regret.

Pour moi, c'est un flot de ressentis indescriptibles qui jaillit pour rendre la couleur au monde. J'espère seulement que Mlle -- ne croit pas une moquerie de ma part pour sa personne. Non plus à une forme précipitée, ce n'est pas du tout le reflet de mon geste. Peut-être, par mes vingt-huits années que ces mots donnent peur, j'en conçois. Aussi je ne suis pas sur ce registre, très loin d'entamer quoi que ce soit avec qui que ce soit en l'état présent. C'est exceptionnel, absolument phénoménal envers elle au point d'en écrire partout. Je ne réalise pas vraiment, je ne possède aucun recul par rapport à ce qui se passe. Aussi, c'est la première fois que j'agis ainsi. Je suis encore sous le joug du «grand amour», je n'y pensais plus mais ce fut vrai dès le premier entretien, je n'étais plus tout à fait au même endroit, je ne réalisais pas encore. Cette personne m'oublie tout, presque trop rapidement lorsque je suis avec elle, je suis troublé, condamné aussi. Elle me rappelle que j'existe, et j'aimerais exister. Pour moi, peut-être, pour elle un jour, il y a ce sentiment très fort. Autant vous le dire, je n'ai pas vraiment de honte, même si ça m'emporte un peu dans la bêtise. Jusqu'à présent. Mais je suis décidé à changer. Je disais jusqu'alors vouloir ne pas devenir un autre, mais là aujourd'hui, je veux changer ! Vivre la transformation perpétuelle de soi.

Dernièrement j'oscille entre le mieux être et un terrible manque de sa présence. Je réalise que la revoir pourrait m'apporter un apaisement mais je comprends que ce n'est pas la solution. Mais j'aimerais tellement, pourtant, correspondre. Je sais aujourd'hui que vivre mes émotions c'est de l'ordre de l'inaccessible, et je ne pensais pas revenir ainsi, me mettre à nu. Ca m'affecte de ne pas vraiment accepter ce qui se passe, et avec qui ça se passe.

Dans cette lettre je vous donne part de mon travail intérieur. Je veux donner plus d'espace à ce «bien». Pour moi le mal n'est pas en dualité, il est contraire mais non opposé, c'est complémentaire. Ce bien - cet équilbre, non pas le neutre en référence à ce trop bref échange avec Mlle --, cette neutralité qui n'existe pas mais le «juste» à atteindre -, et «l'épine» du bien. Trop souvent arrachée pour embrocher la différence. Si ceci serait la seule réponse aux malheurs, ça serait si simple. Ecouter cette épine «parler» en notre coeur. Ne pas l'extraire de ce qui nous rendrait à l'humanité. Il nous appartient de formuler de prochaines illusions collectives, «croire» c'est naître ce qui n'est pas, c'est permettre. C'est ce sens que je donne à la croyance, c'est une imagination qui nous fait acte. Une imagination qui épouse la forme réelle pour nous la rendre exister. En cela il n'est pas un étonnement que l'on s'approprie «tout» naturellement.

Je ne veux pas abuser de votre temps, ni gâcher le mien encore plus longtemps. Comment vous expliquer. C'est difficile pour moi de devoir revoir dans une vie formalisée, et c'était d'ailleurs un peu ce que je soulignais à Mlle --, ça outrepasse ce que je ressens pour elle, ce n'est pas lié à cela. Comment vous écrire à quel point je veux croire en la vie. A quel point j'oserais imaginer en retour qu'elle puisse croire en moi.

Laisser simplement quelques mots, ils représentent tant de questions. Si ses yeux les découvrent... Comme écrit par ailleurs certaines suspensions sont autant de petits trous qui ne cicatrisent jamais. Ca m'ouvre pourtant... croyez moi, je n'aime pas par hasard et, là, cette planète porte un être avec qui j'aimerais partager une compréhension, des milliers d'heures et plus de conversation libre de vol dans l'immensité au clair. Je ne mentirai pas, sa présence est plus que je ne pourrais en écrire. L'écriture est une suite de petites morts qui reprennent vie à la lecture, mais elle est plus qu'une suite incarnée, elle est vivante. C'est ma fuite. Je pensais, là, au fil des mois que son être s'évaporerait doucement, mais il n'en est rien, au contraire. Je me demande pourquoi on peut me laisser un éventuel message sur un forum, je ne comprends pas cette attention. Ca doit bien signifier quelque chose...

Tout délivrer ne servirait à rien. L'avenir ne s'écrit pas, oui, aucun livre n'écrit qui nous sommes. Ils sont au mieux l'oeil de Dieu gravé sur l'aile du papillon, des illusions, ces graines d'espérances qui nous permettent de vivre dans le lointain. Toujours ces parts absentes, ces petits galets perdus sous les feuilles blanches que je n'oserais pas salir d'un fil. La douceur dans sa voix, j'entaille le cocon de papier, la déchirure luit la peau.
Au ciel un papillon sans elle, un battement d'ailes au jour naissant.

Bien à vous madame A, merci pour cet échange.

Thierry.


«Quel bienfait ce serait de trouver un médecin qui ne me classe pas dès mes premières paroles dans telle catégorie, qui ait assez de patience, de temps et d'amitié pour reconnaître dans mes indications les symptômes de ma vie, si profondément en accord, lorsqu'elle souffre, avec le vœu de toute vie : surmonter ce qu'elle a de maladif, le dépasser et apprendre ainsi, lentement, le choix inconscient qui permet d'éliminer...»

Il s'agit d'un extrait de Rainer Maria Rilke, une correspondance à Lou Andréa Salomé. Cet extrait exprime une justesse. Il est vrai, troublant pour moi, de lire, d'entendre en divers endroits mes propres craintes, la réticence psychiatrique, l'hésitation incessante. Je ne connaissais pas cette personne et sa lecture m'ouvre à lire d'autres connaissances plus intensément, tant sa vie traçait une constellation d'âmes souvent écrites. Je ne suis pas un «lecteur», mon quotidien paralyse tout à un point non partageable. Il serait très évident de me définir non volontaire ou encore endormit, dans l'objet, c'est évident.

« Il ne faut pas se leurrer : à la fin, cela devient
un peu à la tête du client. Il y a des gens avec
qui on ne peut rien en tirer et d'autres non.
Il y en a qu'on "sent" et d'autres non pour
la mise en place de projets. Moi, les vieux
dossiers, j'ai laissé tomber. Je suis prise par
les nouvelles situations où on peut espérer
encore faire quelque chose ».
« C'est la même chose pour le RMI : il faut
maintenir le volet insertion pour les volontaires
ou les gens qui ont besoin d'un coup de pouce
mais qui ont déjà un peu les moyens sur lesquels
on pourra s'appuyer pour mener une action.
Pour les autres, c'est pas la peine : ils sont inin-
sérables et ont fait tous les circuits existants ».


J'ai lu ces mots avant de percevoir le rmi, dans un dossier d'attribution d'aide. Ca m'était difficile d'aborder ce parcourt, d'autant plus que durant ma prime jeunesse j'ai toujours cette sensation d'être jugé «à la tête». Et justement, je n'ai jamais inspiré confiance, il y a cette chose, je suscite toujours l'antipathie alors bien, dans un dispositif tel que celui ci, je ne vois pas comment ça changerait.

Ne prennez pas cet écrit comme une défense, comprenez que je n'en suis pas là. Puisque le fond est le même, vivre, exister, enfin même si ce mot «existence» pour moi prend un tout autre sens. Ce n'est pas si important.



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Re: Entre

Publié : 27 avr. 2005 23:48
par anonyME
Ce n'est pas la première fois que je te lis TheD... Dans mon travail, j'ai souvent été amené à REGARDER les gens, c'est à dire , poser un regard attentif, être là , avec eux, présente... Karen a fait son travail TheD... Sans reproche aucun, regarde..., une porte t'es entrouverte et tu "t'engouffres" dedans, dans un flot de paroles... Une fois de plus, ta maîtrise des mots est impressionnante... mais ce domaine, tu le connais, alors tente d'apprivoiser autre chose... Tu n'as rien à y perdre... Je me demande si à la place de Karen, je ne serais pas inquiète de te voir réagir comme ça après quelques heures passées en ton contact... Mais ce n'est qu'une interrogation très subjective... Je n'ai pas lu tout ce que tu as écrit, estimant cela trop personnel, désolé...Juste l'intro et la conclusion. Mais peut-être devrais-tu accepter de tenter l'aide qui t'a été proposé et que j'ai pu lire dans d'autres posts... Apparemment, tu as plein de choses à dire, et besoin d'être entendu... Il existe forcément quelqu'un de compétent et qui te correspond, pour réceptionner tes mots...
Ne vois ni bien ni mal à mon message TheD... Bon courage...

Re: Entre

Publié : 28 avr. 2005 12:30
par TheD
Bonjour anonyME, merci. Regarder les gens. Karen a fait son travail, je ne lui reproche rien. Mon attitude m'a aussi un peu inquiété, j'ai donc entrepris quelques recherches pour prendre du recul par rapport à ces ressentis. Aussi, nulle envie de victimiser, ni moi, ni quiconque. Elle n'a pas à s'inquiéter. Je ne suis pas dangereux pour les autres. Et ce n'est pas la morale qui me conduit ainsi, tu peux me croire. Ca fait parti de moi. Elle serait sans doute étonnée de mieux me connaître ; elle saurait vite que le seul personnage qui incarne mon visage, c'est moi. Je n'ai pas su faire autrement que de lui dire un peu mes ressentis pour elle dans le mot, justement. Ces mots "maîtrisés" comme tu le notes, je n'en suis pas convaincu. Et le langage, c'est aussi le corps. Je ne maîtrise pas le langage. Beaucoup de mal avec ce corps défensif. Je ne vois aucune morale, ni bien ni mal, je n'en suis plus là. Je suis, et je ressens juste quelque chose de profondément bon en moi. Cependant, ça me fait encore trop mal de ne pouvoir "être" simplement. Et de me comporter pour répondre à mes propres attentes. Je pense à Karen, au fait qu'elle fait son travail, c'est normal. Je me demande si toujours un jour sera possible. Mon attitude n'est pas en lien avec les sentiments pour elle. Mais, malgré ces quelques "heures" passées, je l'aime vraiment. Mon malaise existait avant de la connaître, je ne mélange pas tout. Et je ne me fais aucune illusions, je sais bien, au delà du tunnel ce ne sont pas ses bras grands ouverts qui seront là. J'en souris presque rien que d'y penser. J'espère qu'elle voudra bien m'attendre, peut-être qu'elle n'a aucune raison de m'attendre. Ca aussi, je le comprends. En vue de mon comportement, je suis certain qui lui est indiqué de m'éviter. Hier, c'était terrible, c'est si soudain, et aujourd'hui ça va mieux...

Entre moi, toi...

Publié : 28 avr. 2005 19:45
par TheD
Karen, fleur de mes pensées. En mon coeur, goutte de rosée. Une douceur glisse sur ma vallée. Ô n'ai peur, soleil de mon quartier, ta chaleur m'embaume de paix.
Karen, seule dans mes désirs. En mon regard, une douleur choit sur le plaisir. Ô ne pleure, empreinte d'un soupir, nul malaise nous force à choisir.
Karen, rêve de mes nuits. En mon âme, coule la folie. Une voie charme mon tout infini. Ô ne blâme, mirage de la vie, le bonheur pleure une poésie.

J'aimerais partager cette adresse.
Je ne veux pas m'enfoncer dans une traduction intime de mon existence. La romance se trouve ailleurs, et ne crois pas que d'écrire des bouts de moi me donne du plaisir. Non, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ce personnage plié sur lui même qui aimerait éclore. Mais je te partagerai prochainement une autre adresse, si j'arrive au bout...

http://img33.echo.cx/img33/3365/passage2yb.gif

Entre deux...

Publié : 30 avr. 2005 18:40
par TheD
"Il existe forcément quelqu'un de compétent et qui te correspond, pour réceptionner tes mots..."

Bonjour, ce n'est pas l'autre l'incompétent, c'est moi. Par exemple, Karen est très disponible, compétente je ne sais pas, je ne me permettrais pas de la juger en ignorant son travail.

Le CI fut néanmoins positif, il m'a amené à sortir et à apprécier une vraie rencontre. Je n'en demandais pas tant.

De plus, signer un document, même si c'est un contact minimaliste avec la société, ça m'a renvoyé à une existence, mais à la prochaine possibilité d'être en échec. Je trouve étonnant de devoir signer une demande d'insertion alors qu'on a passé son temps à vouloir "signer". Cette possibilité en vue de mes échecs passés est devenue trop présente. Me disant que l'histoire se répète sous des formes bien entendu différentes.

Le bout de mes idées s'éloigne. La dernière fois, je voulais signer dehors, un peu symboliquement, plein de signification pour moi, et je n'ai pas osé aller au bout de cette démarche... même si ce dernier entretien fut pour moi très fort.

J'étais au bord de craquer à chaque seconde, tout lui dire d'un seul coup, et puis je me suis contenu d'un seul bloc. Jusqu'à ne pas la regarder dans les yeux en lui serrant la main. On s'est serré la main mutuellement un peu fort, comme pour un adieu. Elle m'a dit innocemment "au revoir", et puis toujours ce deuxième "au revoir" en nous retournant. Tout s'est passé seulement dans ma tête, certainement. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça se passe ainsi.

Re: Entre

Publié : 01 mai 2005 02:57
par DDR
Bonjour,
Je voulais simplement te dire que la vie est belle,si on prend le temps de regarder (c'est de Jacques Tati).
Je te conseille d'arrêter de te torturer,tu ne peux pas continuer dans ce sens.
Ta difficulté à aller vers les autres est réelle et je la prends en compte.
Cependant,je ne comprends pas pourquoi tu ne peux sortir...
De même,la psychanalyse et une aide médicamenteuse ne doivent pas te faire peur,bien au contraire...
C'est toujours l'inconnu qui nous angoisse mais si on connaissait ce qui vient dans notre vie future,il n'y aurait pas trop d'intérêt!
La vie est belle Man et tu dois en profiter!!!
Comme tu as l'air de manier les mots avec beaucoup de dextérité,je te conseille de prendre des cours de théâtre...
Tu te rendras alors compte de leurs sens vrais!!!
Je te souhaite plein de belles choses et à très bientôt!
DDR.
PS:Ecoute des chansons de Jacques Higelin.

Entre ton éclat...

Publié : 01 mai 2005 21:32
par TheD
Bonjour,

Sans savoir qui tu es.
Tes mots sonnent la vie avec un zest d'inavoué. Comment réaliser un regard, un rêve pour la personne toute désirée ?

En fait, tu ne comprendras pas ma honte présente, et tout ce qui la dépasse. Mais ce n'est plus aussi grave. J'aime la gravitation des âmes, c'est cette légèreté à découvrir.

C'est vrai, j'aimerais m'accrocher. Peut-être trop fort à cette corde et seul. Et me sentir bien lorsque je la retrouverai. C'est mon voeu. Me déclarer à nouveau, mais pas dans le malaise. Pas comme la première fois. Après tout, ça prend de l'espace dans mon coeur, mais mon esprit est disponible largement pour autre chose. Pour ce dont j'aimerais vivre et cela concerne la prochaine adresse à transmettre.

Oui, un suivi médicamenteux, je ne sais pas. Sans doute en ai-je besoin, mais si c'est toi, voudrais-tu toutefois un jour me connaître ? Et oublier mes quelques dérives.

Autre chose.
'je la prends en compte.'
Comme tu veux, mais ça ne servira pas à grand chose. Si c'est toi, oui bien entendu j'aimerais un jour te revoir. Mais plus dans les mêmes conditions et au même endroit. A vrai dire, j'aimerais ne plus être perçu sous une image falsifiée de ma personne, déformée par mon instabilité. J'ai simplement voulu être le plus authentique, honnête, sincère. Je ne pouvais plus "faire semblant" de ne rien ressentir. Et la prochaine fois, je redoute certains mots. Des mots que je ne veux pas entendre...

J'ignore tout bonnement le temps qu'il me faudra, à partir de maintenant, pour retrouver un rythme et le moyen de vivre de mes propres ailes. Au mieux, cette année, vraiment j'aimerais trouver un revenu et de mes propres moyens. Je suis conscient qu'il ne s'est peut-être pas passé la même chose et comment cela serait possible puisque je n'ai rien pour moi, en cette heure, pour cela. C'est vrai, je prends idéalement mon prochain en équité, mais dans la pratique j'ai du mal à me sentir à la portée de l'autre.

Si tu crains une correspondance, je le respecte. Seulement te noter que si tel serait le cas, ça ne serait pas pour laminer les émotions, ça ne serait pas destructeur. Non envahissant, puisque la régularité, j'ai un peu de mal. Je ne sors pas mais tu n'as rien à craindre de moi. Je m'excuse alors si tu n'es pas la personne à qui je pense. La vie est belle... regarder... ressentir. C'est tout un regard que je dois retrouver, changer. Mais cette volonté existe et j'espère ouvrir les yeux, bientôt.
A bientôt.
Thierry.

Re: Entre

Publié : 02 mai 2005 00:12
par DDR
Salut!
Je ne suis pas la personne dont tu es amoureux,j'ai juste lu tes messages et j'ai voulu y répondre...
Quand tu parles de corde etc,j'ai connu cet épisode là,à la sortie de l'adolescence...
Une semaine et demie de réanimation et 8 mois d'hospitalisation...
Après être passé par le stade de non retour (j'aurais pu vraiment y passer),je me suis décidé de revenir vers la vie...
Quelques années après,je peux dire que maintenant je vis...
Toujours avec un malaise mais plus le même...
J'ai depuis rencontré des gens formidables qui me font aimer la vie!Moi qui ne croyais plus en l'amour,par exemple,je l'ai trouvé...
Hé oui je respire la vie et j'aime la poésie!
D'ailleurs,tu n'en as qu'une de vie,et c'est dommage de ne pas en profiter,non?
Je comprends ton mal être,ta sensation de vide etc...
Tu as certes besoin d'aide et d'être écouté et tu ne peux évoluer à travers ce malaise qui finit par être ta vie!!!
Non,non,et non!!!
Tu n'as pas à avoir honte de qui tu es,tu es toi et c'est pour ça que tu dois être!!!
Excuse moi par avance pour ma franchise mais tu dois aller de l'avant même si ça ne te semble pas,pour l'instant,possible!!!
Même si je ne te connais pas,je te comprends et c'est pourquoi je prends un peu de mon temps pour te répondre.
Si tu ne peux affronter tout seul ta vie,fais un pas de côté...
Juste un pas de côté et tu verras que tu fais aussi partie de la gravitation des âmes dont tu me parles!!!
Je te dis à bientôt,j'espère.
DDR.
PS:Ecoute vraiment l'album d'Higelin 'live 2000'et tu découvriras quelque chose...
PPS:j'aime la note positive de la fin de ton message.C'est cool!