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quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 06 nov. 2005 20:11
par kali
je suis surprisqu'il n'y ai pas encore une discussion sur l'actualité. Ce n'est pas nos usagers, nos clients, que l'on voit là bas, dans les médias?
comment va-t-on bosser avec ces jeunes une fois la crise passée (parce qu'elle passera, c'est le propre d'une crise)?
le monde du social, si prompt à analyser/évaluer/comprendre/décoder généralement les situations individuelles n'a t il rien à dire sur cette action collective?
allez, au plaisir de vous lire, cher(e)s collègues

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 06 nov. 2005 21:53
par TheD
Personnellement, je ne vois pas "une crise", mais le début de ce qui pourrait devenir une guerre civile. Sarko voulait simplement pour sa campagne prochaine taper dans le petit vendeur de @!#$, histoire de dire qu'il "nettoie" la racaille. Donc visant des jeunes "peu ou non organisés", c'est "plus facile" que de changer les mentalités vieilles France... et puis ça tape médiatiquement. Mais voilà... mais voilà... le ras le bol général, "collectif", se retourne contre lui... il faut bien dire que si brûler des voitures est anormal, suspendre les jeunes de leurs droits (accéder à une formation et bosser) n'est pas normal non plus, en retour... c'est le "retour de bâton", c'est "la réponse" et cela peu prendre de l'ampleur si des "personnes organisées" prennent le pas. Personnellement, je déplore la violence, je suis contre la violence. Je pense que ces jeunes devraient penser autrement, monter des collectifs, des assos, faire pression, faire pression sur le plan régional puisque depuis la décentralisation, il faut (quelque part) trouver le moyen de pression collectivement et cela risque de vous toucher, vous, travailleurs sociaux, mais c'est nécessaire. On ne peut pas vivre éternellement dans la haine de l'étranger. Sarko en employant le mot "racaille" note bien là sa faiblesse d'homme. Lui aussi, a besoin de désigner des ennemis dans sa politique, et cela est fortement regrettable. Je sais bien que ces jeunes ne sont pas des saints, mais entretenir une haine en réponse de la leur ne servira rien du tout, autre que d'être un loup pour nous même. Alors, je sais, c'est du mot, mais c'est du trop plein qui écrit aussi !!! Au plaisir, oui, au grand plaisir de vous lire, chers vous.

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 07 nov. 2005 00:33
par TheD
Je pense qu'il faut revoir en fond et en large les méthodes répressives (menaces, suspensions, etc...) pour lesquelles vous participez (sans choix, vous executez une politique, point à la ligne)... alors plutôt que d'obliger les "pauvres" à "lutter contre la peur de perdre leurs droits" et les enfoncer dans la dépression individuelle mais tout autant collective, il faudrait peut être nous bénéficiaires, et vous travailleurs sociaux, se souder pour enfin - dans un premier temps enrayer toutes formes de répression afin de "libérer les tensions" - et dans un second temps faire place au travail dans sa forme et dans la durée, pour une relation de confiance partagée et des "insertions plus rapides", car sans répression, pas de peur, et sans peur, pas résistance... si pas de résistance alors renforcement... je crois que "les profiteurs" seraient dans ce cas "une très petite minorité", comme cela l'a toujours été, mais que cela "propulserait" une majorité à nouveau "dans la vie". Oh bien évidemment, cela n'est pas la seule voie, mais à lire Nietzsche on comprend que pour nourrir "la puissance" il faut ajouter de la force à la force, et non établir des possibilités négatives, comme des suspensions de droits, car cela n'arrange rien, et cela inondera les CMP plus qu'autre chose massivement. Je pense qu'il faudrait modifier nos états de conscience et la notion de responsabilité, plutôt que de formuler une société à venir qui sera articulée par des "corps chimiques"... pensez à vos enfants dont on veut détecter "les troubles à venir" dés le 36 ème mois, pensez à vos arrières petits enfants pour qui tout ceci paraitra "normal"...

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 07 nov. 2005 10:49
par laet
bonjour,
heureuse de voir que l'actualité fait réagir. j'ai laissé un post sur le forum des CESF.
je ne suis pas non plus pour la répression qui ne "sert" qu'à justifier ces flambées de violence.
j'aimerais croire encore à l'utilité de la médiation dans les quartiers, à l'utilité du concierge, aux échanges entre générations...
je suis aussi partisante de celles et ceux qui ne veulent effectivement pas voir ces choses comme normales dans le monde que l'on va laisser à nos chérubins.
de même que certains TS s'accoutument à la misère et finissent par faire avec, je m'y résouds et je continue à y croire.

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 07 nov. 2005 11:35
par Moi
Moi je pense que le gouvernement laisse pourrir la situation volontairement, histoire de pouvoir ensuite mieux utiliser la répression... les braves gens coincés dans ces quartiers n'en pouvant plus seront bientôt les premiers à crier "au loup" contre ces bandes de jeunes... tout ça fait le terreau de Jean Marie.

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 08 nov. 2005 10:53
par melie54
le Gouvernement actuel n'est pas le seul fautif... très franchement, gauche, droite, vert, rouge, jaune, ça devait péter. le problème des banlieues est bien plus profond que cela. c'est un système à revoir en long en large et en travers.
tous les enfermer ne servira rien, dialoguer semble impossible, du moins sous l'effet de la passion actuelle.
malheureusement dans ce genre de situation, la sanction (pas nécessairement l'enfermement, je précise) est le seul lieu où une relation pourra s'instaurer avec le jeune; elle doit être le cadre d'un dialogue et d'une rééducation, comme le souhaite l'ordonnance de 1945. mais pour cela, il faut du personnel. et ce n'est pas le rôle des policiciers, mais des travailleurs sociaux, qu'il faudrait embaucher...

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 08 nov. 2005 11:33
par MINA
JE SUIS TOUT A D ACCORD AVEC TOI

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 11 nov. 2005 02:25
par TheD
J'ai zieuté l'émission...

beaucoup à dire, j'admets qu'il y a du boulot côté politique'n co... que Sarko est un orateur hors pair, que tout n'est pas pourri dans son fond mais que la voie empruntée n'est pas la bonne... j'admets aussi, que tout ne repose pas sur les épaules d'un seul homme mais néanmoins, je ne peux l'approuver, je ne peux le créditer de mes valeurs, je ne peux lui faire confiance.

Je ne suis pas fils d'immigré, je ne suis pas un étranger, je pourrais utiliser 6 années de "luttes" pour me positionner comme une victime. Aujourd'hui, on pourrait facilement dire que mon problème est psychiatrique, s'il l'est, il l'est "devenu" ainsi par la force des choses, par la "grande histoire" qui m'a pénétré et balancé. Je pense que l'origine de mes troubles devenus est extrinsèque à mon caractère "aliéné" et ma personnalité anéantie (même si, je l'admets, elle est recomposable et je le crois de plus en plus)...

Bien, je l'écris, je ne veux pas me positionner actuellement comme une victime.

Je pourrais me plaindre, aujourd'hui, je ne sors plus, je n'arrive plus à sortir une parole spontanée (parler m'est plutôt pénible en situation extérieure au jour d'aujourd'hui) je suis atteint d'un comportement obsessionnel compulsif (qui me touche quand je suis seul principalement, ou "chez moi", dirons-nous) etc... bref, des "problèmes personnels" diraient un travailleur social mais d'origine pourtant social, devenus internes maintenant, dont la source est bien intérieure puisque je suis le produit même de mes maux, aujourd'hui.

Bon, petite réaction spontanée pour noter que ma colère existe depuis longtemps, que moi aussi, j'ai "écris", j'ai "laissé mot", depuis mon prime âge, et notamment depuis mes 19 ans. Aujourd'hui, à 29, tout ceci ne m'étonne guère, mais qui cela peut-il bien étonner ?!

Je dis simplement que les travailleurs de la collectivité ne peuvent plus représenter quoi que ce soit d'autre que ce pourquoi ils sont là... (l'Etat ?) que la vérité se trouve dans une acceptation du tout autre et d'un effort commun sans réprimende, qu'il y aura toujours des profiteurs mais dont ceux-ci (je le crois vraiment) sont minoritaires, comme cela l'a toujours été. Alors évidemment, évitons le piège de la "division", cela ne servira à rien. Des hommes et des femmes, partout, aussi bien dans la représentation de l'Etat que l'Etat lui-même, dans la police, etc... des individus exercent justement leurs responsabilités, si beaucoup démissionnent psychologiquement (et cela commence par moi, car je suis le premier COUPABLE de MA situation, de MA démission psychique) dans le cadre de leur travail, d'autres exercent leur profession, d'une façon professionnelle et humaine, avec ce qu'ils sont, et ce quelque soit le domaine pour lequel la société doit retrouver (trouver) la voix.

Maintenant, stoppons net cette escalade contre la haine de l'étranger, et cessons de dire que les étrangers ne parviennent pas à s'insérer (certes, ils sont atteints de ségrégations raciales, c'est une réalité) mais objectons autant que ce problème ne touche pas uniquement les banlieues, que c'est le résultat de problèmes MAJEURS plus profonds qui sont pourtant traités minoritairement car simplement cela touche une "large population" plutôt "tranquille"... car combien de jeunes "français" ne trouvent pas de formation, n'accèdent pas à l'emploi, et au bout du compte finissent (pour les uns) à être déconsidéré tout ceci parce qu'il atterrissent dans un système "bâtard" (le RMI) qui leur permettent alors de devenir VISIBLES, ACCESSIBLES, qu'ils EXISTENT (pourquoi ?) parce que L'ECONOMIE PASSE PAR EUX, et de malgré eux mais dont le fond et un pot pourri, de ce pourquoi ils sont là, et vraiment pourri. Alors d'autres forces doivent émerger et s'accroître car s'il faut attendre d'exister ainsi pour être rayé des listes, je dis que c'est "la cerise" de la déconsidération et c'est nier l'entièreté même d'un individu, c'est le dépersonnaliser. Il est trop facile de dire "on sait dans quel panier vous êtes" "on connaît les gens comme vous" (paroles vécues à l'ANPE à mon encontre, dernier entretien, je n'y suis plus jamais allé ensuite, on m'a donc rayé des stats, et c'était le but car je ne percevais aucune allocation, outre le rmi lui même mais dont l'anpe n'en dépend pas... non, mais je ne veux plus "subir" la pression, je ne peux plus...) etc...

Bref, de quoi dire et écrire, et je suis ok, je suis responsable, conscient...

Je dis simplement que j'aurais de quoi porter plainte, j'aurais de quoi dénoncer, etc...

Le fait que nombre de jeunes utilisent la violence "gratuitement" est déplorable. Tout comme il ne faut pas utiliser ces situations pour "tout foutre en l'air"... c'est pourtant le cas, les intérêts des uns n'hésitent pas à utiliser ces drames, pourtant fruits d'une "quotidienneté banalisée", pour aboyer comme des toutous...

Je vais choquer, mais ces problèmes de banlieues sont le "reflet" d'un problème massif et qui touche la France dans son entièreté, dans sa globalité... les jeunes et les étrangers, je le pense, c'est uniquement un produit, une "conséquence" d'un système très mal architecturé dans son ensemble, trop répressif... je me dis que le "jeune" qui voit son grand frère "à la ramasse", déconsidéré, suspendu, etc... que ce jeune ne souhaite pas emprunter cette voie, et qu'il sera de par la nature même de certains dispositifs, amené plus "facilement" à "choisir la délinquance"... etc... etc... (je suis ok pour dire que la délinquance est un pb lié à l'environnement lui même, aux conditions de vie... c'est un tout et dirais-je que ce n'est pas résoluble uniquement dans les personnes elles même, c'est comme dit, une gestion à revoir, on "entasse" trop aux mêmes endroits, etc... nul étonnement, donc...)

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 16 nov. 2005 15:07
par moda
je m'attendais à plus de réactions de la part des travailleurs sociaux sur un sujet aussi "chaud" que les banlieues brulantes...

tant que notre voiture n'es pas crammée et que nous touchons notre paye à la fin du mois, pourquoi nous sentirions nous concernés par le couvre feu, les expulsions qui vont s'en suivre,la stigmatisation de ces jeunes, la réduction, voire la disparition de mesures sociales (emplois jeunes,police de proximité, réduction des crédits aux assoc de terrain)????
moi je me sens concernée professionnellement ( je travaille dans un quartier dit sensible ou 1 incendie de commerce a eu lieu (toute petite ville de province, loin ,très loin des la banlieue parisienne) et surtout personnellement.
c'est quoi cette société qui prend des décisions contraires à la paix sociale?

nous avons voté massivement en mai 2002 pour dire non à LE PEN et nous laissserions faire SARKOZI??
si nous ne faisons pas gaffe, en 2007 le second tour de l'élection présidentielle risque d'être entre le gros borgne et le nain qui veut devenir calife à la plce du calife? entre la peste et le choléra le choix est bien difficile!
c'est pour cela que je me sens concernée par ce qui se passe dans nos quartiers, en tant que professionnelle et tant que citoyenne.
nous devons tous réagir, et ne pas laisser faire

Re: quand l'actualité nous saute à la gueule!

Publié : 18 nov. 2005 03:02
par TheD
Nulle part,
Je suis nul de part et d'autre,
jamais plus tard, je serai trop,
une part et l'autre dans le quartier.

Nulle part,
Je suis en retard et de ma faute,
jamais plus un soir me lancera un sort,
un art saute une part de mon quartier.

Un fruit, le soir,
un quartier juteux crie des parts jouteuses,
du métal orangé, de la pelure enflammée,
la joie et les enfants dans le jeu,
dangereux, pleure dans le jus, heureux.

- à suivre peut être au grès d'une suite -

Mais j'espère que non...
s'il vous plait,
merci.