bonjour à tous,
si vous avez quelques minutes à m'accorder je souhaiterai savoir ce qui vous à pousser à vous lancer dans le secteur social,
quelles étaient/sont vos motivations ?
qu'est-ce qui au quotidien vous motive ?
pensez-vous que certaines qualités ou critères sont indispensables pour travailler dans ce secteur ?
qu'est-ce qui vous plaît et vous déplaît ?
merci d'avance pour vos réponses,
b.
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motivation
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Sloon
Re: motivation
Bonjour,
Je veux bien tenter de te faire une réponse personnelle.
je suis assistant social depuis 5 ans. la question des motivations se pose avant le concours d'entrée en centre de formation, tout au long de la formation et ensuite très régulièrement pendant l'exercice du métier !
Bien souvent au départ c'est une forme de générosité, de se sentir suffisamment fort pour se dire que l'on va aider des gens. C'est pas rien penser pouvoir aider des gens ! Ca sous-entend qu'on se sent soi-même assez stable, pas trop confus dans ses idées et sa propre vie. Parce que donner de soi (contre rémunération, c'est un métier! Mais un métier qui nous implique forcément sur le plan personnel) nécessite déjà d'avoir des ressources.
En ce qui me concerne j'ai appris en formation initiale la nécessité de se dégager de la projection dans ce que vivent les gens. Pour autant, j'ai construit mon identité autour de la perception qu'il existe dans notre société des castes qui, selon moi, ne devraient plus exister (inégalité de traitement en fonction de sa position sociale, inégalité dans l'accès à la culture etc). J'ai des idéaux et j'ai compris des choses aussi. Aujourd'hui, je ne remets pas tout le système en question mais je sais en revanche que je peux être utile à des concitoyens qui traversent des moments de vie pénibles.
Aider c'est savoir entendre l'autre de là où il est, c'est un exercice très difficile au début : l'empathie. Puis au fil du temps, cet exercice est devenu moins contrôlé, plus humain et cela me permet aujourd'hui de partager de vrais moments de vie avec des personnes passagèrement, ou durablement dans le besoin. Se centrer sur elles, avec leurs seules préoccupations, être disponible et disposé à entendre des tas de choses, pas toujours agréables, mais qui doivent permettre de poursuivre son chemin, tout ceci est intense. Pourquoi ? Parce que selon moi nous sommes au coeur de l'essentiel : la relation humaine. La communication, le partage, être le guide, soutenir, être l'assistant en somme en sont les outils dans ce métier.
Ceci me parait possible qu'à la condition d'être prêt soi-même à entendre tout ce qui peut se dire, c'est à dire TOUT ! Ce qui implique de travailler sur ses propres résonnances, peurs, angoisses etc.
Connaître les autres aide à se connaître soi. N'est-ce pas là l'épreuve de la vie ?
Ceci n'a aucun caractère religieux. C'est simplement ce que je perçois subjectivement.
Les motivations au quotidien sont là, parce que tout ceci paraît "noble". En même temps, n'étant pas infaillible, il y a bien des jours où cette disponibilité fuit, où l'acceptation d'être face, avec les personnes, à leurs propres difficultés n'est pas aisé.
Cette direction vers le secteur social est l'aboutissement de la recherche d'authenticité, bsoin de comprendre mes semblables et par là même de mieux comprendre le monde dans lequel je vis aussi. C'est un enrichissement permanent !
Je veux bien tenter de te faire une réponse personnelle.
je suis assistant social depuis 5 ans. la question des motivations se pose avant le concours d'entrée en centre de formation, tout au long de la formation et ensuite très régulièrement pendant l'exercice du métier !
Bien souvent au départ c'est une forme de générosité, de se sentir suffisamment fort pour se dire que l'on va aider des gens. C'est pas rien penser pouvoir aider des gens ! Ca sous-entend qu'on se sent soi-même assez stable, pas trop confus dans ses idées et sa propre vie. Parce que donner de soi (contre rémunération, c'est un métier! Mais un métier qui nous implique forcément sur le plan personnel) nécessite déjà d'avoir des ressources.
En ce qui me concerne j'ai appris en formation initiale la nécessité de se dégager de la projection dans ce que vivent les gens. Pour autant, j'ai construit mon identité autour de la perception qu'il existe dans notre société des castes qui, selon moi, ne devraient plus exister (inégalité de traitement en fonction de sa position sociale, inégalité dans l'accès à la culture etc). J'ai des idéaux et j'ai compris des choses aussi. Aujourd'hui, je ne remets pas tout le système en question mais je sais en revanche que je peux être utile à des concitoyens qui traversent des moments de vie pénibles.
Aider c'est savoir entendre l'autre de là où il est, c'est un exercice très difficile au début : l'empathie. Puis au fil du temps, cet exercice est devenu moins contrôlé, plus humain et cela me permet aujourd'hui de partager de vrais moments de vie avec des personnes passagèrement, ou durablement dans le besoin. Se centrer sur elles, avec leurs seules préoccupations, être disponible et disposé à entendre des tas de choses, pas toujours agréables, mais qui doivent permettre de poursuivre son chemin, tout ceci est intense. Pourquoi ? Parce que selon moi nous sommes au coeur de l'essentiel : la relation humaine. La communication, le partage, être le guide, soutenir, être l'assistant en somme en sont les outils dans ce métier.
Ceci me parait possible qu'à la condition d'être prêt soi-même à entendre tout ce qui peut se dire, c'est à dire TOUT ! Ce qui implique de travailler sur ses propres résonnances, peurs, angoisses etc.
Connaître les autres aide à se connaître soi. N'est-ce pas là l'épreuve de la vie ?
Ceci n'a aucun caractère religieux. C'est simplement ce que je perçois subjectivement.
Les motivations au quotidien sont là, parce que tout ceci paraît "noble". En même temps, n'étant pas infaillible, il y a bien des jours où cette disponibilité fuit, où l'acceptation d'être face, avec les personnes, à leurs propres difficultés n'est pas aisé.
Cette direction vers le secteur social est l'aboutissement de la recherche d'authenticité, bsoin de comprendre mes semblables et par là même de mieux comprendre le monde dans lequel je vis aussi. C'est un enrichissement permanent !