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information sur la situation d'une personne déficiente intellectuelle

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Libbrecht Delphine

information sur la situation d'une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par Libbrecht Delphine » 01 déc. 2005 10:05

Madame, Monsieur,

Dans le cadre d’un dossier de droit nous devons étudier la situation ci-dessous qu’une de nos collègues de promotion a rencontrée sur son lieu de stage.
Elle est en stage dans un foyer accueillant des personnes handicapées déficients mentaux légers et moyens.
Une résidente âgée d’une trentaine d’année sous tutelle est placée dans le foyer et n’a aucune famille connue.
Suite à un comportement inadapté au sein du foyer avec conduites à risque, elle a été orientée vers un hôpital psychiatrique.
Elle y a séjournée 3 mois. A l’issus de ce temps, Melle X va mieux. La prise en charge psychiatrique n’est plus justifiés.
L’hôpital psychiatrique prévient le foyer que la prise en charge se termine.
La réponses du foyer est que : « Le foyer ne peut pas répondre aux besoins important d’accompagnements de cette personnes et demande qu’elle soit orienter vers un autre établissement. »
Melle X se trouve sans solution, elle se trouve sans lieux de vie.
A-t-on le droit de la mettre à la rue ?
Qui est en devoir de lui trouver un lieu d’hébergement ?
En cas de dysfonctionnement, qui est responsable ? Et quelles sont les peine encourus ?
Dans quelles mesure le statut d’handicapée (Reconnaissance COTOREP) ouvre des droit voir un surplus de protection ?
Quel est le rôle du tuteur ?
La non-assistance en personne en danger peut-elle être invoqué ?
Nous vous remercions de l’aide que vous pourrez nous apporter.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes sincères salutations.

Delphine LIBBRECHT

TheD

Re: information sur la situation d'une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par TheD » 01 déc. 2005 11:13

Ca me fait très mal de lire cela. Put... on peut vraiment crever en France, personne n'en a rien à fiche. Je ne supporte plus que des gens soient dehors dans ma ville, et je me sens complètement impuissant. J'aimerais apporter mon grain... mais pour l'heure j'ignore si d'autres comme moi ne supportent plus de voir des "personnes" réduites à l'état d'être humain, à la rue. Beaucoup de choses que je ne supporte plus, notamment certaines méthodes répressives "parce qu'il faut rendre des comptes". Alors tous les écrits que je lis "on ne doit pas s'établir sur la seule rentabilité au détriment des êtres" ne sont que du blabla, c'est du vent !

D'accord, une personne peut poser problème malgré elle, être "un cas difficile, extrême"...

Mais bon sang !!! En arriver à la mettre à la rue froidement ! Que va-t-elle penser après ça de la société ? Voudra-t-elle seulement accorder une confiance à venir ?

Mais QUE SE PASSE T IL POUR QUE NOUS AGISSIONS AINSI ???

Un psychiatre m'a dit :

"Vous avez des difficultés à vous mettre à la place des autres"...

En réalité, non... je ne veux pas parler à la place des autres ! Nuance !

Par contre, je peux vous affirmer que pour en arriver institutionnellement à mettre des êtres humains sans attaches à la rue ! Alors ma responsable de circonscription Mme H à bien raison :

"La société est une machine"...

Je rappelle qu'une machine est sensé faire du bien à l'être humain ! Mais nous constatons que le bien lui même est "fonction"...

N'y lisez pas de la morale chez moi s'il vous plait. Je dis simplement ceci, et je vous partage ma philosophie, avec grand espoir et ma souffrance de vie, mon expérience.

"Ce qui est mal, c'est pour moi ce qui fait mal aux corps, donc à l'esprit et/ou au physique. C'est un point de vue non moraliste. La société doit éviter la douleur psychique, mais certainement pas par la chimio forcément ! Ce n'est pas ça éviter la douleur ! On n'endort pas un être humain qu'on balance à la rue, ça n'est pas cela être humain..."


Les gens qui font ça aujourd'hui répondront je le souhaite demain de leurs actes.

Car pour moi il est question de crimes contre l'humanité !

C'est facile d'user du psychiatre... hein ??? !!!!

Dites moi où l'on va ???? DITES !

C'est intolérable ! Je ne supporte pas cela, ça ne doit plus exister... si vous mettez cette personne à la rue, si des gens sont balancés ainsi dehors à cause de la DEMISSION DU PSYCHISME pour ne dire de LA CONSCIENCE PROFESSIONNELLE, alors on a tout perdu !

julie

Re: information sur la situation d'une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par julie » 02 déc. 2005 18:14

Delphine,
Cette situation vous a été proposée dans le cadre d'un travail de droit, et c'est bel et bien le domaine à creuser :

la situation évoquée concerne une majeure sous mesure de protection : cette protection est du ressort du Juge des Tutelles, qui a confié une mesure judiciaire sous mandat à un tuteur (voir les articles du code civil s'y référant).
Par conséquent, il est de son devoir d'assurer la sécurité des biens ET de la personne, l'hébergement étant la première sécurité à couvrir.

En outre, l'intéréssée est actuellement en hôpital psychiatrique, qui est doté d'un service social et d'un service de suite (CMP) pour préparer la sortie de l'institution, tant sur le plan thérapeutique que sur le plan social, qui comprend bien entendu le volet logement.
Par conséquent, dans une situation de cet ordre, tout laisse à penser qu'une coordination entre le tuteur et le service social de l'hôpital permettra d'envisager une solution intermédiaire, par la mobilisatrion de dispositifs tels que les appartements thérapeutiques, les familles gouvernantes (= pension de famille animées par un travailleur social), ou la recherche d'une place dans un autre foyer d'accueil.
Vos pistes de travail se situent donc du côté des attributions du juge des tutelles, de la définition code civil d'une mesure de protection, du rôle du service social en hôpital psychiatrique et des moyens de recherche d'hébergement mobilisables par un tuteur et un service social spécialisés dans la maladie mentale.
Ceci est une réponse d'une AS professionnelle, et non une considération personnelle sur le devenir de notre société, qui est heureusement un peu mieux organisée que certains semblent le croire, même si beaucoup de problèmes n'ont pas de solutions immédiates et idéales, n'est-ce pas?...

TheD

Re: information sur la situation d'une personne déficiente intellectuelle

Message non lu par TheD » 02 déc. 2005 22:10

C'est vrai. Le BIEN (fonction) organise le MAL (douleur). C'est un concept amoral qui colle à notre modernité. Je suis d'accord, "ça fait du monde à éduquer", à commencer par reconnaitre que la faille n'est pas uniquement dûe aux personnes qui se sont prit des éclats quelques peu destructeurs. Alors continuons à pendre les innocents, puisque c'est écrit dans le texte. Maintenant, je suis d'accord, la résistance existe, je m'en rends compte de plus en plus. Je manque personnellement de communication pour clarifier ce que je suis. Pas facile quand on ne voit dans un dispositif que le possible échec, générateur de non. C'est trop facile de désigner coupable et incapable des gens victimes de la peur de revivre ce qu'il ont vécu. Mieux organisée ? Je ne crois pas à lire certains témoignages. Je crois que "la peur" l'emporte aussi bien du côté du professionnel. Ce n'est pas en nous bourrant de neuroleptiques que ça va changer la mentalité technocratique et enrayer les dysfonctionnements pourtant quotidiens, dont je suis moi même victime mais c'était à l'afpa. Perso, je n'ai absolument rien que le travail social, outre le fait qu'une philosophie systémique est à revoir. Quelques détails qui pourront changer toute une histoire. Si l'on tient compte que l'origine de la douleur est systémique, il faut cesser de soigner uniquement la source et effacer la répression parce que c'est insoutenable. C'est paralysant et personnellement je pense que c'est du temps à lutter contre le sentiment que ceux qui excluent ont raison de le faire. "Vous n'avez pas confiance en vous"... facile de dire cela. Je répondrais juste "Vous n'avez pas confiance en moi". J'ai l'impression d'incarner le paradoxe lui même, parce que certains dispositifs sont un paradoxe de part leur nature même, et ajoute "la cerise" pour finir par couter plus cher, finalement. Je ne peux être d'accord. Je veux passer outre. D'ailleurs m'en défendre est épuisant. J'ai démissionné psychiquement par trop de problèmes réels, endurés au fil de l'histoire. Je ne pensais pas que de vouloir accéder plus jeune à mon autonomie nuirait à ma personne. Mon projet était très clair et accessible. Je ne suis pas idéaliste. Je suis amoureux.

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