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un adulte schizophrène devient dément

Publié : 03 août 2008 18:11
par aurore
je travaille en MAS et un des adultes dont je m'occupe diagnostiqué comme schizophrène depuis des années vient d'etre diagnostiqué dément. il va assez mal et les troubles du comportement augmentent: clivage de plus plus important de son identité, attitudes stéréotypées, incohérences ++ dans le discours. il semble de plus en plus perdu et hors réalité. comment alors prendre en charge à la fois la schizophrènie et la démence. comment lui répondre sachant que les prises en charge de la schizophrénie et de la démence s'opposent? merci si vous avez des infos.

Re: un adulte schizophrène devient dément

Publié : 03 août 2008 20:15
par Lola
Que c'est intéressant, je travaille en foyer d'hébergement et l'un des résidents présente exactement la même situation... Je serais preneuse de réponses aussi! Cela nous laisse tellement perplexes!

Re: un adulte schizophrène devient dément

Publié : 03 août 2008 22:32
par jessika
Salut,

J'aimerai avoir un peu plus d'informations, la personne dont tu parles à quel âge, qui a diagnostiqué la démence, la personne a t elle vu plusieurs spécialistes?
La démence est un effet de vieillissement chez les schizophrène comme chez des personnes dites normales.

Re: un adulte schizophrène devient dément

Publié : 04 août 2008 19:51
par aurore
salut jessika ici aurore. la personne dont je parle a 65 ans. un seul diagnostic a été posé par un psychiatre qui a rencontré la personne deux fois. une fois lors d'un séjour en HP de 3 jours, et une fois pour dire qu'il devenait dément. je m'interroge également sur le diagnostic aussi vite posé. n'étant que remplaçante, et malgré avoir dit à l'équipe qu'il serait bien d'avoir un autre diagnostic...
cette personne présente des troubles inhérents à sa pathologie: clivage du moi, dissociation, incohérence dans le discours: réponse à cotés, agitations psychomotrices... enfin le tableau clinique de la schizophrénie. je ne vois pas en quoi ces symptomes s'apparentent à de la démence car pour l'instant ce que j'ai vu dans les tableaux de la démence et de la scizophrénie est identique aux niveaux des symptomes.

dans la prise en charge il faut cadrer ++, ra

Re: un adulte schizophrène devient dément

Publié : 04 août 2008 19:52
par aurore
salut jessika ici aurore. la personne dont je parle a 65 ans. un seul diagnostic a été posé par un psychiatre qui a rencontré la personne deux fois. une fois lors d'un séjour en HP de 3 jours, et une fois pour dire qu'il devenait dément. je m'interroge également sur le diagnostic aussi vite posé. n'étant que remplaçante, et malgré avoir dit à l'équipe qu'il serait bien d'avoir un autre diagnostic...
cette personne présente des troubles inhérents à sa pathologie: clivage du moi, dissociation, incohérence dans le discours: réponse à cotés, agitations psychomotrices... enfin le tableau clinique de la schizophrénie. je ne vois pas en quoi ces symptomes s'apparentent à de la démence car pour l'instant ce que j'ai vu dans les tableaux de la démence et de la scizophrénie est identique aux niveaux des symptomes.

dans la prise en charge il faut cadrer ++, ramener à la réalité, soliciter au niveau de l'autonomie, de la mémoire. voilà.

Re: un adulte schizophrène devient dément

Publié : 05 août 2008 00:31
par eviltween
Avé,
Afin de facliter la compréhension des anormalités psychiques (d'abord fondées sur une descriptons de déviances, au sens moralo-religio-sociétal et ensuite pseudo-scientifiques) deux catégories ont été posées les patologies, dites psychoses et celles dites névroses... En substance vala ce que les cours nous entrainent à répéter sentencieusement... Evidement ce que j'énonce n'est en rien veritablement utile à la question du primo post dirait Levy, mais sur le fond il vous enjoint, lecteur, à vous demander si la réponse tient plus dans une recete psychomachinchose plutôt que dans un acte éducatif? Evidement, bis, que c'est la deuxième mon bon (ne même pas imaginer le ton condéscendant).
Donc nous avons un malade (sans jouer sur les maux, je supose avec perspicacité qu'on parle d'une personne traitée, voir soignée) qui suivant un diagnostique, proposé par un spécialiste, soumet à ton accompagnement une lecture oscillant de la schizophrénie d'à la démence; en somme un homme qui doit serieusement déguster. Et là je crois qu'on parle de soufrance: ce que l'on peut difficilement analyser suivant un seul traitement objectif (quantité, degré, périodicité...).
Non, il me semble qu'au-delà de cette part congrue, il s'agit plutôt de ta relation empathique dont il est question. Comment faire pour l'accompagner alors qu'il t'emmène dans un univers où tu peus dificilement conserver ta solidité, ta cohérence, en somme ton imunité professionnelle?
J'ais d'abord d'instinct l'envie de te dire quelle chance tu as, de rencontrer une telle mise en abime de ta fonction. Et ensuite de te rappeller que "le dire c'est déjà le déjouer". Souvent au contact des fous (dont en fait nous faisons partie, tous, un peu ,beaucoup, à la ..)je me rappelle deux choses dites par des formateurs valides(ex-éducs eux-même):
D'une part la folie est une forme de "libération défensive" elle permet de cultiver une bizzareurie qui nous protège d'un mal pis, la réalité-la vérité; on peut vivre parfaitement avec la phobie des trousses suffit de tourner la tête (alors que faire disparaitre cette phobie savatement constituée pourait faire remonter à la surface des traumatismes certainement plus insuportables).
D'autre, la folie est une souffrance car au regard du monde que nous nous partageons la majorité des "normaux" sur des valeurs essentielles, le fou ne s'y retrouve pas, il s'y perd. Et si par malheur il tente de s'y accrocher il vit dans le mensonge d'une normalité surjouée, ce qui a le don de rendre schyzo, non?
Cependant je crois que tout individu, ordinairement constitué, est soumis à ce type de maltraitance sociale dès sa naissance dans la civilisation occidentale (pour ce que j'en vois chaque jour).
Alors que faire pour les malheureux qui ne disposent pas des défenses necessaire et qu'on enferme pour les protéger (ce qui est un paradoxe vis-àvis des délinquants qu'on enferme pour proteger les autres, mais peut-être n'y-a-t-il pas de paradoxe juste l'implicite que le fou est toujours bon à enfermer? ["Un bon fou c'est un fou enfourmé" D. Mengele]).
Désolaid si je m'égare, donc je reverge:
Si l'on pouvait faciliter le contact de ton dément avec l'exterieur peut-être que la richesse du monde (par le voyage à l'étrange-r, la nature, le monde des animaux, les musée d'art modernes, des concerts de musique baroque...) des stimulations rendraient plosible l'emergence de passerelles entre son univers et celui des autres. ¨Par ailleurs considérant que ces personnes passent la majeur partie de leur temps à souffrir, quel perverse action devrais-je établir pour rationnaliser ce qui pour lui ne serait qu'une énième torture. Je crois que nous somme par notre mission d'abord chargé d'appaiser ces personnes ; comme des ingénieurs en amélioration du confort (qu'on appelle béatement ergonomie) on doit pouvoir renforcer les liens qui soutiennent la personne dans un bien-être et nier celles qui la meurtrissent, quitte à valider sa folie (cf "vol au-dessus d'un nid de coucou", le bouquin!).
Si le bonheur est dans le pré pourquoi doit on construire des hainneuses frontières, des épineuses règles, de toute façon innaplicables à certaines personnes, celles-ci en particulier (cf Deligny "ils sont comme des extraterrestres").
Donc j'en reviens à mon introduction des anormalités psychiques, qu'est-ce qu'on s'en fout (au fond). Puisque pour l'aider ce n'est pas de savoir qu'il est dément, mais comment accompagner ses phases de démences pour que d'une part il ne se mette pas en danger et puisse les vivre enfin (afin de d'améliorer son environnement).
Si ses moments sont des soupapes peut-être vaut-il mieux les autoriser et les "améliorer, en revanche si elles sont attentatoires vaut-il mieux sans doute trouver un paliatif et là encore c'est en dehors du schéma traditionnel. Pour ma part je travaille dans la socialisation de mineurs qualifiés de délinquants donc par principe ce n'est pas à moi à m'adapter mais d'abord à mes jeunes, à eux de rencontrer le modèle que je leur propose (et je dispose d'assez de roublardise et d'humanité pour favoriser l'emergence du sentiment d'en-vie).
Dans ton récit chère collègue, je pense qu'il s'agit d'autre chose: on parle d'inadaptation parce que le système est ainsi conçus (et qu'il faudrait transformer ce dernier, mais en l'occurence ton client s'en balence). Aussi est-ce à toi de t'adapter avec ce qu'il en coûte d'humanité, de sensation, de souffrance (parce qu'on partage toujours la croix) pour obtenir ne serait-se qu'un court instant de répis pour lui. Or si ce n'est pas toi et avec une methode fondée sur une éducation clinique ce n'est pas le discours médical qui le fera (qu'on se le dise). La relation fonde cet espoir et ensuite une foule d'outils divers et multiples fait de rencontres, de sorties, de ta propre bizzarerie cultivée, de médias, de silences, de colères... Pour remettre de la vie où elle s'enfuie dans un univers sécurisant et terrorisant à la fois.

Vala en substance, mon opinion qui heureusement parfois n'engage que moha.
J'éssaie de rendre court et simple et pourtant je suppose que ce n'est pas toujours le cas aussi sorry again/

eviltween cf "Les grottes je veux bien mais avec la clim'." (Neant Der Thal)

Re: un adulte schizophrène devient dément

Publié : 05 août 2008 11:00
par aurore
merci madame pour ce long discours. meme si effectivement je ne saisis pas tout. il reste difficile d'accompagner cet homme... quand aux délinquants dont tu parles j'ai une bonne expérience auprès de ces jeunes et je te rejoins quand au fait que c'est à eux de s'adapter, et que nos mondes se rencontrent peu voir pas du tout. la rencontre et notre capacité à etre en lien restent pour moi les priorités à mettre dans notre boite à outils