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Adolescents en fugue

Publié : 19 sept. 2008 18:16
par Farah
Bonjour à tous,
Je suis éduc spé en mecs depuis 10 ans et je reste préoccupée par les fugues à répetition de certains ados. Mais en ce moment ns sommes confrontés à une situation complexe, je vous explique: il s'agit de C un ado de 15 ans qui est placé depuis 6 mois et son OPP vient d'être renouvellée pout 6 mois mais par contre sa mére bénéficie d'une extension de ses droits d'hébergements à savoir l'accueil de son fils ts les w ends et la moitié des vacances sco. L'audience s'est bien passée et C etait ravi. L'objectif étant de travailler la relation mère/fils par le biais de la psy et un retour définitif a même était évoqué par la juge car C et sa mère en on fait la demande. Il devait être rescolarisé en sept. Seulement cet été il a fugué pr retouner chez sa mère mais celle-ci ne le veut pas à son domicile et C a décrété qu'il ne réintégrerait pas l'institution. La gendarmerie y est alléé plusieurs fois nous a ramené C mais à chaque fois il repart. Ns sommes nous aussi intervenus à son domicile pour essayer de comprendre voir de le ramener mais en vain. Sa mère est au bout du rouleau car son fils zone tous les jours il boit il fume il vole de l'argent à ses soeurs il a falsifié des chéques appartenant à une de ses soeurs, elle a porté plainte et elle a quitté le domicile tellement la situation était invivable. Sa mère a fait changer les serrures de la maison et en pleine nuit C casse les carreaux...
Bref, il commet des actes delictueux et sa mère ne le supporte plus. Celle-ci a interpellé partout et on lui répond que C ne peut pas quitter son domicile par la force.Voilà dans les grandes lignes;
En équipe ns abordons souvent cette situation et nous nous demandons comment aider C ainsi que sa mére avt que la situation ne s'aggrave encore plus. Si quelqu'un a vécu une expérience similaire merci de ns les faire partager.
A plus

Re: Adolescents en fugue

Publié : 21 sept. 2008 13:55
par kat
Déjà, il y a un point bizarre...

" L'objectif étant de travailler la relation mère/fils par le biais de la psy et un retour définitif a même était évoqué par la juge car C et sa mère en on fait la demande."
...
"Bref, il commet des actes delictueux et sa mère ne le supporte plus. Celle-ci a interpellé partout et on lui répond que C ne peut pas quitter son domicile par la force."

La mère est ambvalente, et ça doit forcemment jouer sur le comportement du gamin, il faudrait qu'elle soit claire avec lui.

Ensuite, dans ce genre de situation, le mieux est d'en avertir le juge, lui seul peut prendre les mesures qui s'imposent.
Soit le jeune accepte le cadre, et il pourra retourner chez lui une fois la situation apaisée, soit il est éloigné de la famille (séjour de rupture ou autre...).
Mais bon, ce n'est que mon avis... j'espère avoir pu t'aider!

Re: Adolescent présent nulle part

Publié : 21 sept. 2008 18:27
par eviltween
Avé,

Comme le(a) collègue, Kat, je m'interroge sur le processus d'accompagnement sur le lien familliale mère/fils, au regard de ce que tu rapportes ensuite (la délinquence, l'errance et le rejet maternel [qui en l'espèce trouve des justifications avec le comortement de l'ado]). Aussi du coup travailler ce lien directment me semble extrèmement difficile, cela semble complèxe voir impossible au regard des enjeux multiples et je pense qu'il devient alors sans doute nécessaire de poser la question pourquoi travailler cette relation?
Je ne dis surtout pas qu'il ne fau tpas traiter ce point mais trops imbriqué dans des situations permettant d'autres approches (judiciaire, réparation, indentité... [pour le jeune s'entend pour la famille de toute façon je pense qu'une intervention du secteur, de médiateur, de psy de famille, de visites médiatisées, rencontre à la MDA sont des pistes mais sur cette question du lien]). Travaillant moi aussi en MECS, la structure a fait le choix de d'abord s'interresser à la personne accueillie avant d'intervenir sur le milieu (voir d'en tenir immediatement compte). C'est aller à contre courant de la systémie, mais ce choix se fonde sur la difficulté pour les jeunes que nous recevons (sous l'emprise de l'abandonisme), de déjà se percevoir (chose dont ils n'ont vraiment pas l'habitude). Alors nous faisons comme si nous tenions compte "que" de la réalité que montre le jeune. On fait comme, car en réalité sa version est couplée à celle du dossier, des lectures faites par nos partenaires et nos rencontres avec son milieu et sa famille. Mais, nous tâchons de faire entendre que nous sommes d'abord là pour le jeune et son discours (fut-il faux / floue / incomplét / paré d'une certaine absurdité voir incompréhensible) son discours donc, est toujours entendu en premier, ce qui ne nous engage pas à croire mais entendre (rendre à une personne sa nature de sujet par opposition à celle d'objet).

Mais pour en revenir à ton sujet, la fugue et la mise en danger qui en découle, je persiste à te proposer mon opinion, fondée sur ma pratique (inscrite dans une élaboration d'équipe): avant le problème de la détérioration d'un lien, celui avec la mère (l'essence de la vie) qui de fait est difficilement (impossible sans doute) reconstructible, il y a celui de l'identité de la personne de l'expression de ses désirs (désir de normalité, d'amour, de reconnaissance...).
Et de ma courte expérience je conçois que parfois ces désir peuvent même avoir valeur de besoins primaires. Ce jeune fugue et commet des délits.
Pourquoi ne pas s'attacher à travailler sur la partie visible plutôt que sur celle induite, c'est à dire penses-tu avoir accés avec tes collègues à l'origine du mal-être? (qui serait à l'origine de son comportement).

Pour ma part, je crois que l'achopper sur son attitude (manque de respect, ses repproches, ses passages à l'acte, sa mise en danger, son errance, son imaturité, son projet de vie, son projet professionnel...), peut permettre d'envisager des éléments constructifs (en valorisant les qualités de cette personne) par des accompagnements matérialisés (sport, écoles, stage....) tout en mettant en avant la question de la justice et du médical (délinquence réprimée et soins/contres-mesures face aux produits [les dispensaires, SOS Drogue Internationnal...]).
A partir des quelques éléments que tu présentes, il me semble inéluctable à terme que la justice soit saisie (avec dépot de plainte pour le vol, si la mère veut l'aider elle doit le protéger de lui-même, l'empécher d'être en contact avec d'autres jeunes en érance). En outre sa conduite risque de l'ammener devant le bras de la justice autant que cela arrive aujourd'hui avant que les réponses ne soient que trops lourde (peine plancher, casier judicier non éffacé, sanctions tardives... merci le petit nicolas).
Le risque dirait certain c'est à terme la rencontre des milieux fermés et de plus en plus enfermant. Ce à quoi je rétorque comment va-t-il se construire dans la rue?
Je crois que tu as là un modèle de survivant....
Peut-être que l'accompagnement classique que vous proposez n'est plus adapté à l'enfoncement dans les sables mouvants de la marginalisation pour ce môme. Et peut-être y-a-t-il urgence. Une logique d'éloignement est-elle à envisager? Comme ma collègue j'entrevois les séjours de rupture...
Il s'agit je pense de provoquer un éléctrochoc, avec rupture dans les "mauvaises" habitudes, tout en favorisant une reconstruction à partir d'autres valeurs humaines/collectives/familiales(l'humanitaire, le dépassement de soi, des micro-sociétés, l'aventure, l'abandon d'une identité essentiellement discriminante, une "renaissance"...).
Tant que les attaches, fussent-elle rassu-rances, perdurent je ne vois pas comment ce jeune va pouvoir explorer d'autres modes de vies et faire l'apprentissage de soi (épitre grec "connais-toi toi-même").
Ce qui m'interrogerais se serait le risque de prolonger la violence de la situation actuelle en pensant pouvoir intervenir avec les même outils ; car malgrés toute la bonne volonté: comment lutter contre le dernier espoir de vie qu'exprime la fugue? cette fuite en avant, avant que la mort ne nous rattrappe. S'il ne fuguait, ne fumait, ne buvait, ne réussirait-il pas à se tuer définitivement (plutôt que de choisir ce lent suicide théatralisé ? ).
Sans doute pouvez-vous envisagez au regard d'une urgence ou pas une audience devant le juge afin de revenir sur les conditions du placement, sur lesquelles il pourrait s'exprimer avant que des adultes ne finissent par décider à sa place. D'une part c'est le mettre devant ses responsabilités et maintenir un positionnement en vertu d'un mandat où vous êtes censsé le protéger, y compris contre lui-même.
A ce titre la sanction (pour les actes posés) peut devenir un levier pour renforcer l'accompagnement éducatif en cas de non adhésion du jeune au système en vigueur actuellement. Il s'agit de ne pas uniquement punir, mais surtout de protéger.

eviltween "Si accompagner à la vie un être ne se résume pas à l'empécher de mourir alors il faut détourner le regard, car le malheur, s'il se veut public, exprime le besoin de secours" K. Welliberg

Re: Adolescents en fugue

Publié : 22 sept. 2008 18:43
par Farah
Bonjour à tous,
Merci d'avoir pris la peine de me répondre et d'éclairer ma lanterne!
En effet, dans cette situation l'intêret du jeune prime avt tout.
Ns avons évoqué l'idée d'un séjour humanitaire mais hélas C refuse catégoriquement. Le juge a été interpellé et ns attendons une date d'audience qui tarde à arriver d'ailleurs!! Ce w-end je suis allée lui rendre visite chez sa mère (elle était absente car elle le fui)je lui avais donné rdv et il m'attendais. L'objectif étant de garder le lien et de recueillir ses impressions sur la situation. Il semble trés déprimé, envie de rien, et surtout pas envie de monter dans le master avec moi!!Il s'est mis toute sa famille à dos. Chez lui il est un étranger il erre comme une âme en peine. Je lui ai proposé une rencontre avec nous et sa mère afin de comprendre un peu mieux l'histoire familiale (nous avons peu d'éléments: il semblerait que son mal être soit lié au décés de son père alors qu'il n'avait que dix ans, et un "secret" de famille planerait autour de ce décés car monsieur serait décédé car il était toxico et atteind de l'hépatite C)A l'époque le motif du décés de son pére lui a été caché, sans doute pr le protéger, n'empêche qu'aujourd'hui il cherche à savoir la vérité sur la vie que son père menait. Sa mère ne répond pas clairement à ses interrogations alors il fantasme et s'imagine des choses pouvant être fausse.Une thérapie mére/fils relayée par le psy permettrait d'aborder cette question et de les aider tous les deux à mieux se comprendre, seulement C n'adhére pas à cette proposition.Dur dur!!Peut être cherche t-il à faire payer quelque chose à sa mère?? J espère que cette rencontre va éclairer nos lanternes et qu'elle sera une amorce de travail avec cette famille. Par ailleurs, faut-il maintenir les liens à tout prix? La littérature regorge de livres à ce sujet je vais aller y jetter un oeil. Merci encore

Re: Adolescents en fugue

Publié : 24 sept. 2008 00:01
par bernard
bravo eviltwen
Personnellement, j'aurai commencé par la fin, il faut le protéger car ce jeune est en danger.
Ton analyse est juste, un électrochoc n'est pas un remède miracle, mais il peut ramener le jeune a sa réalité, car sa violence n'est que l'expression de sa souffrance et de sa rage qu'il dirige vers la société avant de la retourner contre lui même.

Re: Adolescents en fugue

Publié : 25 sept. 2008 14:47
par cirielle
Ouah evitween, tu écris très bien, mais dis moi ta réflexion ci dessus vaut elle selon toi pour C uniquement ou aussi pour pas mal de jeunes placés en institution et qui fuguent car là où je travaille quelques filles figuent régulièrement et je ne sais plus comment avancer avec elles. J'aimerais bien échanger avec toi autour de ces jeunes que je suis car je n'ai pas envie de raconter leur histoire sur un site....même si je suis sure qu'ainsi j'aurais d'autres grilles de lecture de leur comportement.merci

Re: Adolescent présent nulle part

Publié : 14 oct. 2008 18:27
par ELEO
pourquoi faut il tjs que vous ecriviez que ces jeunes qui fuguent ont de réels soucis voire probleme alcool coups violence mort abandon..etc ma fille n a rien de tout ça et elle est a sa 4eme fgue la justice M IMPOSE de prendre le relais je ne peux plus la garder j ai tout fait TOUT ce qui etait en mon pouvoir...mon autre enfant de 17ans va parfaitement bien et elle le detruit aussi!!!

Re: Adolescents en fugue

Publié : 19 oct. 2008 22:05
par eviltween@orange.fr
Avé,
Désolaid pour la réponse tardive cirielle.
Je ne pense pas que ce que je décris soit un dispositif dans lequel tout jeune fugueur se retrouve coinçé, la maman Eleo évoque d'autre raisons. Ce que j'ai dévellopé s'attache surtout à transcrire de ce que j'ai pu observer analyser et me faire une opinion au vu de ma pratique et de ma rencontre des jeunes du foyer où je bosse.
Pour le reste je pense qu'il y a un une question nécessaire que pose la fugue "c'est comment en tant qu'éduc on cherche à intervenir?".
Cette question est aussi importante, voir vitale, pour les parents mais les conditions sont sans doute différentes ainsi que les enjeux.

Quand à mon mail, je ne vois pas de difficulté à communiquer différement; la seule reserve est que je suis plutôt ours des bois sans internet à moi; aussi ma correspondance est-elle moins fournie.

eviltween "fugue, fugue tant que tu peux mais n'oublie jamais d'où tu viens..." (un éduc annonyme).