Les nouveaux modèles des épiceries solidaires (23/10/2009)
Comme l'an dernier, les épiceries sociales ont symboliquement organisé leurs Rencontres nationales au coeur du marché d'intérêt national de Rungis (Val-de-Marne). Une épicerie sociale a d'ailleurs été implantée récemment dans ce grand centre d'approvisionnement. Le Potager de Marianne est un chantier d'insertion, qui compte une quinzaine de salariés pour récupérer et recycler les fruits et légumes invendus ; ils les transforment en jus de fruits, qui sont ensuite distribués dans d'autres épiceries sociales ou bien ils les expédient vers différents sites des Restos du Coeur ou des Banques alimentaires. Guillaume Bapst, directeur du réseau Andes (association nationale des épiceries sociales et solidaires) s'est positionné comme un entrepreneur social, s'éloignant un peu des autres acteurs historiques, dont la démarche est plus caritative. Les épiceries sociales, associant leurs bénéficiaires dans leur organisation, avec l'appui des CCAS, présentent ainsi des visages assez différents, dans leur statut et dans leur gouvernance. La diversité des 400 épiceries sociales et solidaires s'expriment aussi dans leur recherche d'innovation et d'expérimentation. C'est d'ailleurs ainsi qu'elles ont obtenu le soutien des pouvoirs publics : le Haut-Commissariat aux Solidarités actives a soutenu une étude du sociologue Eric Birlouez sur l'impact de la mise à disposition de fruits et légumes dans les épiceries solidaires, favorisant la santé et l'équilibre alimentaire. De son côté, Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au logement, estime que le modèle des épiceries sociales est pertinent dans la mesure où les bénéficiaires payent un prix modeste pour les produits qu'ils achètent. A côté de l'expérimentation sociale, un autre aspect a été mis en avant lors de ces Rencontres : la synergie entre acteurs. En premier chef, les acteurs de l'ESS qui sont impliqués dans le développement des épiceries. Brigitte Bourguignon, présidente de la Fédération des paniers de la mer, a souligné que l'aide alimentaire était en pleine évolution et qu'elle touchait de plus en plus de personnes, travailleurs pauvres ou personnes âgées ; elles ont besoin des produits distribués à tout citoyen, comme le poisson, qu'on trouvera désormais dans les épiceries, avec le soutien de sa Fédération. Pascale Reverdy, du Conseil général du Val de Marne, a pour sa part remarqué que les coopérations entre les Jardins de Cocagne et les épiceries devaient être encouragées, comme cela commence à exister à certains endroits. Enfin, réseaux de la finance solidaire et de l'économie sociale (de nombreuses fondations apportent leur soutien) sont aussi engagés dans l'installation d'épiceries sociales et solidaires. Certaines enseignes de la grande distribution participent aussi à des créations d'épiceries sociales. Un brin de mauvaise conscience ?
http://www.epiceries-solidaires.org/