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le polyhandicap

Publié : 24 nov. 2009 21:33
par dissez
bonjour

je suis actuellement en stage auprès d'adolescents et de jeunes adultes polyhandicapés. auriez vous des informations sur l'entrée en relation avec ce public
merci

Re: le polyhandicap

Publié : 25 nov. 2009 01:30
par Samuel
Salut à toi. J'ai bossé pendant deux ans en foyer accueillant des enfants, ados et jeunes adultes polyhandicapés. Je dois dire que le premier mode de communication est la connaissance mutuelle. En effet, apprendre à se connaitre permet de comprendre comment on fonctionne l'un et l'autre. Ensuite, pour les enfants ayant appris, on peut utiliser des langages simples signés à base de petits dessins, moi ce n'était pas mon cas car la plupart n'avaient jamais appris.

Ensuite, il s'agit surtout de relation et d'observation fine. Essaye de remarquer les plus petits détails, même ceux qui semblent imperceptibles car pour beaucoup d'enfant et d'ados polyhandicapés, il y a beaucoup de douleurs, de détresse et d'angoisse. Lors des repas notamment, lorsque tu donnes à manger à une personne, bourrer dans la bouche peut entrainer des fausses routes à répétition rendant la tâche encore plus difficile à supporter pour celui que tu aides. Là, tu peux tenter de percevoir les mouvement de déglutition pour voir si la nourriture est avalée. Tu peux aussi aider à déglutir en agitant très délicatement la pomme d'Adam chez les garçons et la gorge pour les filles. Le plus important est de verbaliser ce que tu fais, de dire à celui que tu touches, que tu manipules physiquement ce que tu vas lui faire faire car rien n'est plus anxiogène que de ne pas savoir.

Donc, éviter la routine et le faire rapidement, il ne devrait pas y avoir de temps chronométré pour un change, une toilette ou tout autre acte quotidien. De même, pour les jeux et autres activités.

Pour tout ce qui est transfert, utilise les machines mises à dispositions plutôt que de porter, même si tu le fais à deux car c'est extrêmement inconfortable et provoque des douleurs. Enfin, nous, on utilisait une grille de douleurs dont j'ai perdu le nom qui permettait de quantifier précisément la douleur, mais cela exigeait une bonne connaissance de l'autre, en revanche, c'était très efficace.

Voilà, si j'ai un conseil à te donner, c'est que, au final, il n'y a pas de méthode, le tout c'est de vraiment rentrer en communication, de laisser à l'autre le temps de dire par le corps, les yeux ou la parole s'il peut, ce qu'il a à dire.

Amicalement,

Samuel.

PS : n'hésite pas si tu as d'autres questions.

Re: le polyhandicap

Publié : 25 nov. 2009 09:05
par JIJI
Bonjour samuel

je suis aussi actuellement en stage avec des adolescents polyhandicapés, je reconnais ce que je fais au travers de ton message adressé à dissez, je voulai savoir quelle genre d'activité l'on peu envisager en tant que stagiaire auprès de ces jeunes, sachant qu'ils font déjà tout avec les collègues...se grever sur une activité existant? merci pour tes conseils.je suis en 1année es.

Re: le polyhandicap

Publié : 25 nov. 2009 19:06
par Samuel
je vais donner mon point de vue par rapport à la question des activités. A mon sens, avec ce public là, on est souvent dans l'exagération, pourquoi ? Parce que l'inactivité renvoie une image difficile : un enfant ou ado, sur un fauteuil, avec parfois un corset, des malformations physiques et l'impression de les laisser dans leu coin.

Je pense, pour avoir travaillé avec ce public, qu'il y a une surenchère qui nuit au développement. On veut meubler le temps parce qu'il faut donner un rythme, donner du sens à ces heures qui passent, mais ou est l'ennui qui caractérise la vie de chaque enfant par moment ? Quid de la fatigue physique et intellectuelle ? Quid du réel effet bénéfique de ces activités ? Qui a décidé de pratiquer l'activité ?

Je pense, surtout que tu es en stage de 1° année, que tu devrais simplement te greffer aux activités pour ne pas en rajouter, ou alors en trouver une qui correspond à des besoins que tu auras repérés et qui n'auront pas été vu par les éducateurs déjà en place. Sinon, il y a la solution de créer une activité ponctuelle avec des intervenants extérieurs (pour nous, nous avions des musiciens bénévoles dans le quartier qui venaient jouer de la musique au foyer par exemple).

Tu peux aussi apporter tes propres compétences personnelles, par exemple, je joue de la gratte et il y avait une activité musicale, comme personne ne jouait d'un instrument, je me suis ramené avec ma guitare.

Après, au niveau des activités, il y a tout plein de choses qui peuvent s'envisager mais tout dépend des moyens : Piscine avec fauteuils adaptés, musique, atelier sur les sens (toucher, ouïe, odorat), détente, motricité (encadrée par psychomotricien(ne, lecture aux enfants, piscines à balles ou piscines remplies avec de la semoule, peinture à la main (peintures adaptées par contre), jeux simples à bases de couleurs et de formes...etc. Vraiment, la liste est longue mais il faut toujours adapter au public, en terme de complexité et surtout de temps. L'activité doit rester bénéfique et l'enfant ou l'ado doit y prendre du plaisir sinon, c'est pas la peine.

Amicalement,

Samuel.

Re: l'inactivité

Publié : 12 juin 2010 17:53
par Stéphanie
Bonjour,
tout d'avbord Samuel, j'ai trouvé ta réponse sur le thème des activités particulièrement interessante.
Je suis actuellement en train de rédiger un devoir sur l'inactivité, en opposition avec l'activité et je me demandais si on pouvait aller jusqu'à mettre en place une activité d'inactivité, ou un temps personnel?
En ce qui me concerne, j'ai fait un stage en accueil de jour pour femmes en grande précarité, donc c'est un peu différent au niveau des aptitudes mais le probleme se pose aussi.
Cela fait il écho au vécu de certains d'entre vous?