tiens reprends tout, c'est ton problème
Publié : 27 mai 2010 16:28
quelques mots de mes maux…
j'ai 26 ans. je suis éducatrice spécialisée depuis 2 ans. plusieurs expériences professionelles, en maison d'acceuil spécialisée, en Foyer d'acceuil médicalisé, en Institut médico éducatif, en maison d'enfants à caractère social, en centre d'hébergement et de réinsertion sociale, en centre éducatif renforcé, en lieu de vie et en prévention spécialisée. c'est sur cette dernière expérience que je bute, me questionne.
voilà un an et demi que je partage le quotidien de cette association et de ses salariés. Nous sommes 4 éducateurs, un chef de service. nous travaillons en binome sur des territoires prioritaires via politique de la ville.
j'ai mis plusieurs mois à appréhender le fonctionnement, le cadre d'intervention, que j'ai souvent questionné sans retenue et sans langue de bois. simplement à la recherche du sens de l'action, de sa direction, du travail et des intentions à l'oeuvre. au bout d'un CDD de 10 mois, peu avant l'échéance de la fin du contrat, j'ai craqué en relevant les difficultés existantes à l'intérieur de mon binome et au delà avec le service. relevant des dysfonctionnements et des exactions importantes, présence seule sur les quartiers à raison de 70% du temps, travail seule sur les écrits professionnels, proposition d'interventions, d'accompagnements et de projets refusés, seule à soutenir des positions... a l'évidence mon chef a dit m'entendre, comprendre et etre conscient de cette situation tout en me disant dans le meme temps qu'il ne pouvait rien y faire. un autre CDD et les mois passent avec les memes difficultés à travailler. nous pouvons passer des heures en réunion à parler des problèmes institutionnels, à parler du travail des autres, de notre rapport avec le financeur, de la commande sociale et nous balayons les projets que je propose en peu de temps, invoquant des questions de calendrier, de surcharge de travail, mais jamais de pertinence, de prise de risque, de soutenir l'envie de l'éducatrice que je suis et les besoins des jeunes. je vois bien là la frustration de mes collègues de ne pouvoir impacter sur la machine institutionnelle et le pouvoir qu'ils assoient en refusant ce que je propose, en le rejetant.
au plus on avance, au plus la situation se dégrade. je travaille seule mais sur le plan formel nous travaillons à 2. cette situation je la vis comme de plus en plus injuste. mon chef m'en demande toujours plus, parfois je fais des écrits le week end car je n'ai pas le temps la semaine... je demande à m'entretenir avec lui, il y a un mois et demi. je repose ses problèmes en disant que je n'en peux plus, que je ne supporte plus que ce n'est pas normal. une fois encore, il va dans mon sens. oui je sais, tu as raison, je sais mais supporte. je préviens mon chef que je vais clashé, que je vais dire et adressé ce que depuis tout ce temps je tais.
volontairement il y a 3 semaines, je me fais arréter pour une semaine car je sens que je n'arrive plus à me distancer, je focalise et suis trop en colère.
je reviens trop tot et je clashe. 2 semaines de plus d'arret. il y a quelques je rencontre mon chef à sa demande. ce clash, voilà que cela sert et permet à mon chef de tout me renvoyer à la figure. le problème c'est moi, ma façon d'appréhender le travail, mes ambitions, ma personnalité, mon idéalisme, ma conception du travail, mon rapport à l'équipe, mon investissement. voilà que tout ce qu'il soutenait et encourageait m'est renvoyé comme inadapté, inconvenant, anormal. et puis ce n'est normal de péter comme cela. regardes tes fragilités! reprends tout ça et ne continues pas. reste en arret jusqu'à la fin de ton contrat dans 8 jours et si tu pars ce ne sera pas un échec. en gros voilà ce qui m'est dit, sous entendu.
je connais mes fragilités, mon rapport à la frustation, ma jeunesse et mon envie de toujours plus, mon affect qui souvent me fait perdre mes moyens in vivo parce que je me laisse envahir... il n'y a pas de solution à ce problème, mais je voulais juste l'exposer. je vais rencontrer le président et dire ce que j'ai vécu, ce que l'on m'a renvoyé, promis. je vais écrire aussi comme je le fais souvent parce que les écrits restent. je pense qu'ils préfèrent m'évincer parce que je les dérange dans leur fonctionnement, dans leur confort, dans leur savoir. il vaut mieux maintenir des équilibres et un consensus mou comme me la dit mon chef que risquer d'avoir du conflit dans une équipe.
qu'en pensez vous? merci de l'attention que vous porterez à mon témoignage.
j'ai 26 ans. je suis éducatrice spécialisée depuis 2 ans. plusieurs expériences professionelles, en maison d'acceuil spécialisée, en Foyer d'acceuil médicalisé, en Institut médico éducatif, en maison d'enfants à caractère social, en centre d'hébergement et de réinsertion sociale, en centre éducatif renforcé, en lieu de vie et en prévention spécialisée. c'est sur cette dernière expérience que je bute, me questionne.
voilà un an et demi que je partage le quotidien de cette association et de ses salariés. Nous sommes 4 éducateurs, un chef de service. nous travaillons en binome sur des territoires prioritaires via politique de la ville.
j'ai mis plusieurs mois à appréhender le fonctionnement, le cadre d'intervention, que j'ai souvent questionné sans retenue et sans langue de bois. simplement à la recherche du sens de l'action, de sa direction, du travail et des intentions à l'oeuvre. au bout d'un CDD de 10 mois, peu avant l'échéance de la fin du contrat, j'ai craqué en relevant les difficultés existantes à l'intérieur de mon binome et au delà avec le service. relevant des dysfonctionnements et des exactions importantes, présence seule sur les quartiers à raison de 70% du temps, travail seule sur les écrits professionnels, proposition d'interventions, d'accompagnements et de projets refusés, seule à soutenir des positions... a l'évidence mon chef a dit m'entendre, comprendre et etre conscient de cette situation tout en me disant dans le meme temps qu'il ne pouvait rien y faire. un autre CDD et les mois passent avec les memes difficultés à travailler. nous pouvons passer des heures en réunion à parler des problèmes institutionnels, à parler du travail des autres, de notre rapport avec le financeur, de la commande sociale et nous balayons les projets que je propose en peu de temps, invoquant des questions de calendrier, de surcharge de travail, mais jamais de pertinence, de prise de risque, de soutenir l'envie de l'éducatrice que je suis et les besoins des jeunes. je vois bien là la frustration de mes collègues de ne pouvoir impacter sur la machine institutionnelle et le pouvoir qu'ils assoient en refusant ce que je propose, en le rejetant.
au plus on avance, au plus la situation se dégrade. je travaille seule mais sur le plan formel nous travaillons à 2. cette situation je la vis comme de plus en plus injuste. mon chef m'en demande toujours plus, parfois je fais des écrits le week end car je n'ai pas le temps la semaine... je demande à m'entretenir avec lui, il y a un mois et demi. je repose ses problèmes en disant que je n'en peux plus, que je ne supporte plus que ce n'est pas normal. une fois encore, il va dans mon sens. oui je sais, tu as raison, je sais mais supporte. je préviens mon chef que je vais clashé, que je vais dire et adressé ce que depuis tout ce temps je tais.
volontairement il y a 3 semaines, je me fais arréter pour une semaine car je sens que je n'arrive plus à me distancer, je focalise et suis trop en colère.
je reviens trop tot et je clashe. 2 semaines de plus d'arret. il y a quelques je rencontre mon chef à sa demande. ce clash, voilà que cela sert et permet à mon chef de tout me renvoyer à la figure. le problème c'est moi, ma façon d'appréhender le travail, mes ambitions, ma personnalité, mon idéalisme, ma conception du travail, mon rapport à l'équipe, mon investissement. voilà que tout ce qu'il soutenait et encourageait m'est renvoyé comme inadapté, inconvenant, anormal. et puis ce n'est normal de péter comme cela. regardes tes fragilités! reprends tout ça et ne continues pas. reste en arret jusqu'à la fin de ton contrat dans 8 jours et si tu pars ce ne sera pas un échec. en gros voilà ce qui m'est dit, sous entendu.
je connais mes fragilités, mon rapport à la frustation, ma jeunesse et mon envie de toujours plus, mon affect qui souvent me fait perdre mes moyens in vivo parce que je me laisse envahir... il n'y a pas de solution à ce problème, mais je voulais juste l'exposer. je vais rencontrer le président et dire ce que j'ai vécu, ce que l'on m'a renvoyé, promis. je vais écrire aussi comme je le fais souvent parce que les écrits restent. je pense qu'ils préfèrent m'évincer parce que je les dérange dans leur fonctionnement, dans leur confort, dans leur savoir. il vaut mieux maintenir des équilibres et un consensus mou comme me la dit mon chef que risquer d'avoir du conflit dans une équipe.
qu'en pensez vous? merci de l'attention que vous porterez à mon témoignage.