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J'ai 3 ans et maman va mourir?

Publié : 16 déc. 2010 21:59
par lilou
Je travaille au sein d'une structure d'hébergement où nous prenons en charge des adultes atteint de pathologies invalidantes et évolutives (VIH, cancer..).En ce moment tous nos efforts se tourne vers une mere en fin de vie qui veut croire que ce n'est qu'une mauvaise passe. Elle a une petite fille de 3 ans a qui elle dit tous les jours qu'elle ne l'abandonnera jamais et qu'elle sera toujours la pour elle. Elle a deja vécu un placement de sa fille lors d'une de ses hospi et ca c très mal passé. elle ne veut plus abandonner sa fille et la relation mere fille est tres fusionnelle. Lors de séparations la petite fille cesse de s'alimenter et se renferme ne communiquant qu'avec sa mère.
Nous avons abordé le sujet avec l' ASE pour que le placement ou l'adoption soient abordés mais la maman ne veut rien savoir. Nous la comprenons et nous nous efforçons de respecter ses souhaits, de rendre ses derniers jours moins douloureux mais nous sommes aujourd'hui dans une impasse, réfléchissant a la meilleure façon d’accompagner cette famille qui va connaitre une rupture brutale alors qu'aucune famille n'est là.

certains d'entre vous avez vous déjà dû faire face a ce type de situations? le temps joue contre nous et nous ne disposons pas de réunion quelconque nous permettant d'aborder cette situation délicate qui nous affecte d'autant plus que la maman vient d'être hospitalisée et peut mourir demain.

Re: J'ai 3 ans et maman va mourir?

Publié : 18 déc. 2010 01:22
par Stéphanie
Il faut dans un premier temps s'entretenir avec la mère. Le déni de sa maladie a des conséquences pour sa famille et sa mort ne fera qu'aggraver les choses.

Je pense qu'il faudrait aborder la relation qu'elle entretient avec sa maladie : comment se sent-elle ? qu'est-ce que les médecins disent à ce sujet ? qu'est-ce le psychologue de l'établissement en pense ?

ressent-elle de la colère qu'elle n'ose pas exprimer ? un second temps : la libérer de sa colère, de sa souffrance, l'écouter. peut-être qu'à ce moment-là, elle prendra du leste avec sa fille. Rien n'est sûr.

Sur ton récit, elle semble s'accrocher à sa fille, de peur de mourir, mais ce n'est l'amour qu'elle a pour sa fille qui va l'en empêcher. Une fois morte, la petite fille culpabilisera et c'est pour cela, qu'elle s'abandonne car elle "abandonne" sa mère. Qui peut accepter cela ?

Il y a un vrai travail de psychothérapie à établir à ce sujet. L'avenir de la mère et de la fille en dépendent. Il n'y a pas de père dans l'histoire ?

Courage, il faut prendre du temps, même s'il en manque, il faut essayer si c'est encore possible.

+ parler à sa fille : tu as vu maman ? comment tu vas ? qu'est-ce que tu ressens ? tu sais ce qu'elle a ? elle t'en a déjà parlé ? lui expliquer que c'est un moment difficile, prendre des pauses séparations de plus en plus longues avec sa mère, sous forme de jeu, de récréations, pour peut-être que ce soit moins douloureux.
Tout est possible.

Re: J'ai 3 ans et maman va mourir?

Publié : 18 déc. 2010 09:28
par lilou
Nombre des pistes que tu abordes ont été tentées mais Mme pense qu'elle va guérir et a toujours perci chaque hospitalisation comme un simple passage a vide et non comme une aggravation de son état. Elle n'a rien révélé de son état a ses amies ou "famille" selon elle et ce n'est pas a nous de le faire. Il en est de même pour ce qui est de le dire a sa fille. Cette petite fille sait que sa maman est malade mais sa mere n'a de cesse de lui répéter que tout va s'arranger et qu'elle reviendra vite.

Les ACT disposent d'un psy et d'un médecin mais aucun professionnels de santé (y compris sur le service d'oncologie) n'a le courage de lui dire qu'elle va mourrir sans doute avant la fin de l'année. je trouve d'ailleurs ca absolument deplorable car en lui mentant, en entrant de son déni ils ne l'aide pas et ils n'aident pas l'équipe qui l'accomapgne. des recherches ont été faites pour le pere mais ce dernier est en situation irrégulière, na jamais su qu'il avait une fille et donc absent de tous le fichiers de préfécture.

Mme a toujours refusé de voir le psy et aucune aide n'existe sur l'hôpital.L'heure n'est plus a la psychothérapie.

Pour ce qui est du véritable état de Mme seul notre medcin pourrait le savoir mais les educs ne peuvent que se relayer poour lui rendre visite.

La petite fille n'a pas revu sa mere depuis cette hospitalisation. un psy, a mon avis pas tres inspiré, a proposé que l'enfant vienne regarder sa mere mourrir..mais elle n'a que trois ans et la vision de sa mere ne survivant que grace a des machines risque de la boulverser et ce d'autant plus que sa maman lui a jamais dit que sa maladie était très grave et qu'il ne lui restait que quelques mois a vivre.

Il est certain que cette maman est dans le déni mais elle souffre beuacoup et les medecins justifient leurs mensonges par "si on lui dit la vérité en face elle mourra dans les heures qui vont suivre". mais la se pose alors la question comment faire lorsque la personne ne veut ou ne peut admettre son état et a besoin de se raccrocher au peu de ve qui lui reste? n'aurions nous pas tendance a vouloir apaiser sa souffrance (on gère d'ailleurs les tres grosses factures qu'elle laisse derrière elle refusant de rajouter a ses soucis.

l'enfant est gardée par des amies , "cousines" selon Mme. Ces adultes sont des repères pour la petite qui a toujours vécu entre sa maman et cette famille qui prenait le relais lorsque Mme allait trop mal. mais officiellement Mme n'a pas de famille ce qui veut dire que ces personnes ressources pour l'enfant et surtout repères risquent fort de ne pas même être entendus par l ASE lorsque se posera la question d'une adoption ou d'une tutelle.

Le dernier bilan avec l' ASE nous offrait deux possibilités: soit Mme accepte que l'équipe vienne la voir (avec notamment des personnes du bureau adoption) soit l'enfant sera placée au deces de sa mere et personne ne pourra rien y faire. Nus aimerions que Mme comprenne que l'abandon qu'elle redoute sera d'autant plus grave pour sa fille si elle est mise devant la réalité de la mort alors que sa maman lui avait promit de toujours être là. Biens sure que d'un point de vu éducatif il nous semblerait plus pertinent que Mme joue un rôle actif dans la pris en charge de sa fille (rencontrer les équipes, rencontrer une famille d’accueil..) mais elle refuse obstinément d'en parler et contre ca on se sent impuissants car nous avons le devoir de respecter ses dernières volontés.

Re: J'ai 3 ans et maman va mourir?

Publié : 18 déc. 2010 19:22
par Baleste
Bonsoir,

je me suis trouvé (un peu, ce n'était pas aussi dur) dans ce genre de situations il y a trois ans, lorsque j'ai été hospitalisé pour un AVC (assez sérieux puisque j'ai perdu une parti de l'usage de mon bras gauche). Impossible de se dire que l'on va mourir. Je n'y croyais pas (j'ai bien fait de ne pas trop y croire). P

mais la question se pose lorsqu'on est plus au calme.
Pour ma part, j'ai fait un testament avec mes dernières volontés. Et ce sera aussi valable si je perds la raison (Alzheimer, quand tu nous tient...)

Donc, je vous propose qu'avant de parler de sa mort à cette dame vous lui suggériez de prendre des précautions comme si elle risquait d'aller dans une maison de santé longuement, ou suivre une rééducation... Les médecins seraient sûrement d'accord pour étayer, avec des arguments médicaux vraisemblables, de telles éventualités.

Accessoirement, je vous remercie pour ce témoignage qui me rassure un peu : il y a des gens qui ont de l'empathie pour ceux qui en bavent et qui ne les laissent pas au bord du bout du chemin.

Re: J'ai 3 ans et maman va mourir?

Publié : 19 déc. 2010 23:44
par Stéphanie
C'est vrai que la pensée positive a un rôle sur notre stress et notre état de santé générale.
Cela peut être une motivation suffisamment forte.

Mais dans ce que je lis, les hospitalisations sont répétitives et plus graves. et face à cela, le déni d'une dame qui pense tenir le coup car c'est une mère et elle doit défier la vie pour rester auprès de son enfant.

Ton argument Balèste est très pertinent au sujet du testament. Si cette dame peut, dans le cas où, "léguer" sa fille à sa famille de coeur, ce serait peut-être mieux pour elle que d'être placée chez des gens qu'elle ne connait pas.

Lui expliquer qu'il faut toujours prévoir le pire des cas, même si cela n'arrive pas, ce sera une assurance pour tout le monde. :)