Bonjour,
malgré tout les forums je ne trouve pas de réponses claires à mes questions qui sont :
Quel est le quotidien d'un éducateur spécialisé au sein de l'ASE?
Quels sont ses fonctions principales ?
Comment s'opère le travaille au quotidien avec les familles ?
Je vous remercie d'avance pour vos réponses .
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referent ASE
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Zebulon
Re: referent ASE
Bonjour,
J'ai travaillé comme assistante socio-éducative au sein d'un bureau de l'ASE. ES de formation, l'équipe était constituée d'assistant(e) sociale et d'éducateur (trice) spécialisé(e) et nous faisions le même travail, à savoir accompagner des mineurs et leurs familles, des jeunes majeurs, de jeunes mères enceintes, des mineurs étrangers isolés lorsqu'ils sont confrontés à des difficultés compromettant leur équilibre. Dans ce cadre, nous avons plusieurs missions à remplir.
Lors d'un placement ordonné par le Juge des Enfants, on participe à sa mise en œuvre en évaluant la situation et en choisissant un accueil judicieux en fonction de la situation : famille d'accueil, foyer, structure expérimental, foyer d'observation, lieu de vie en province ou non ou service d'accueil d'urgence. Tout ça nécessite du temps car il faut contacter les structures par téléphone ou en se déplaçant, se mettre en contact avec les travailleurs sociaux qui connaissent la famille, envoyer des documents qui résument tant bien que mal la situation du jeune concerné et souvent avant d'avoir pu rencontrer le jeune et sa famille. Un bon carnet d'adresse et une connaissance des institutions est indispensable. Il faut savoir aussi travailler en équipe pour avoir des information sur les types d'institutions car cela peut vite devenir compliqué lorsqu'on travaille dans un département ou dans une ville que l’on ne connaît pas.
Il n'y a pas de prise en charge type. Elle s'adapte en fonction de tous tas de paramètres comme les besoin de l'enfant, la notion de danger évaluée, si c'est une fratrie ou non, les relations entre les membres de la famille, la situation des parents, la présence de la famille élargie, l'éloignement géographique du lieu de placement etc.
Une procédure d’admission est mis en place avec le Responsable de Secteur qui rencontre les parents et l’enfant afin de reprendre les raisons du placement et ce qui a été posé par le Juge lors de l’audience. Autant, lorsque j’étais ES dans un foyer des Yvelines, cela était respecté, autant à Paris, en tant qu’assistante socio-éducative, je n’y jamais participé. Tout cela dépend du Responsable de Secteur, de la charge de travail et de l’organisation de chaque secteur.
Ensuite, on assure le suivi de la prise en charge en rencontrant et en contactant les différents partenaires afin de l'ajuster au mieux au besoin du jeune. Ce sont des contacts réguliers avec la famille, le jeune, l'équipe qui accueille le jeune au quotidien, les assistantes sociales de secteur, l'école etc.
C'est aussi la mise en place de prise en charges spécifiques en fonction de la situation: service psychiatrique, thérapie familiale, orientation vers d'autres structures médico-sociales comme des lieu de rencontre parents enfants, création d'un dossier MDPH, mettre en place les services d'un traducteur etc.
On est garant de l'accompagnement global du jeune et on assure le fil conducteur de la prise en charge. On est aussi le porte parole du jeune mais là, c’est l‘éducatrice qui parle. On écrit pas mal de notes sur les rencontres et les contacts. Certaines sont envoyées au Juge des Enfants et d'autre sont internes. Elles sont des traces du travail effectué et serviront de supports pour les réunions ou pour l'écriture des rapports demandés avant chaque audience. Pour moi, c’est indispensable pour penser et structurer son action.
Enfin, voici le travail avec les familles car on favorise le maintien des liens familiaux. Alors, on rencontre les familles à l'ASE et à leur domicile (les fameuses VAD: Visite à Domicile) le plus régulièrement possible. On peut mettre en place des visites médiatisées par exemple. Selon ce que le Juge a décidé et statué par rapport aux droits des parents, on doit établir et organiser un calendrier des sorties et des hébergements le cas échéant. Il faut parfois mettre en place des aides financières pour certaines familles ou certains jeunes, ce qui demande de faire une note adressée au Responsable de Secteur. Cette partie du travail est très administrative. Il faut savoir qu’il y' à des gestionnaires nommés sur chaque dossier qui s'occupent de la partie financière de la situation et on travaille avec eux.
La répartition du travail varie suivant les situations. Dans certains cas, on délègue beaucoup et dans d'autres, ont est présent tous les jours et sur tous les fronts. Certaines situations me prenaient tout mon temps tandis que d'autres n'existaient pas ou trop peu…
Lorsque les jeunes sont confiés à une structure ou à une famille d’accueil, il faut à la fois faire confiance et en même temps, être présent pour accompagner le jeune dans son placement. Pour ma part, j’essayais d’être plus présente auprès des familles d’accueil qui peuvent parfois se sentir isolées. Parfois, je travaillais avec des collègues sur des situations lourdes en étant référente de l'un des enfants de la fratrie par exemple.
Lorsque c'est une Action Educative à Domicile, c'est pareil sauf qu'il n'y pas de Juge des Enfants puisque c'est la famille qui en a fait la demande, souvent mobilisée par les services sociaux ou en cas d'urgence. Par exemple, une mère célibataire, sans possibilité de relais et hospitalisée à qui il faut trouver une solution de garde pour son enfant.
Quelques fois, il faut assurer les permanence quand on reçoit des personnes extérieures qui viennent à l'ASE soit spontanément, soit orientée par un professionnel. Là, il faut écouter, prendre en compte et analyser la demande et orienter la personne vers le bon interlocuteur c'est à dire le service ou le bureau adéquat qui pourra s'occuper d'elle. Et du coup, ça demande souvent d'aller glaner des informations auprès des collègues ou des autres services.
Au final, c'est un travail de coordinateur visant un accompagnement global de la situation dont on est référent. Il faut savoir que lorsque tu arrives sur un secteur, tu récupères souvent des situations ou d'autres travailleurs sociaux ont œuvrées et là, c'est quitte ou double. C'était plus simple pour moi d'intervenir sur des situations où j'étais nommé référente au moment où l’ASE était saisie.
Avec les enfants, on est censé rencontrer plus les familles...Avec les plus grands, je trouve qu'on bosse moins avec les familles mais ça n'engage que moi et tout dépend tellement de la problématique familiale. Tu travailles plus sur l'insertion professionnelle et sociale avec les mineurs étrangers isolés et les jeunes majeurs en visant une certaine autonomie, même si c'est parfois utopique…
Il n'y a pas deux journées pareil même si de nombreuses tâches se répètent souvent: contact téléphonique avec les différents partenaires, envoi de fax, rédaction de notes, de formulaires internes ou de rapports, rendez-vous au bureau ou à l'extérieur, visite des institutions, synthèse, audiences et déplacement en province (logés au passage dans des charmants hôtels). Il y' à des jours tu cours de foyers en foyer avec une audience à 9h et une autre à 18h. D'autres jours, tu es à l'ASE et tu travailles sur tes situations. Ton temps se partage entre travail au bureau et déplacements en voiture ou en transports en communs
.
Contrairement à certaines institutions, les réunions prenaient peu de temps dans mon service. Deux heures par semaine avec une trentaine de situation à gérer par travailleur sociaux... Pas de commentaires.
Après, il y’à d’autres services où l’ES peut intervenir. Si tu saisis « rapport d’activité 2009 de l’ASE Paris » dans ton moteur de recherche, tu peux le télécharger et tu auras plein d’infos.
Je ne sais pas si j'ai répondu à tes questions, c’est un condensé de mon expérience et une vision personnelle du travail que j’y ai fait. J’ai quitté l’ASE fin 2009 et les choses ont surement changés depuis…
J'ai travaillé comme assistante socio-éducative au sein d'un bureau de l'ASE. ES de formation, l'équipe était constituée d'assistant(e) sociale et d'éducateur (trice) spécialisé(e) et nous faisions le même travail, à savoir accompagner des mineurs et leurs familles, des jeunes majeurs, de jeunes mères enceintes, des mineurs étrangers isolés lorsqu'ils sont confrontés à des difficultés compromettant leur équilibre. Dans ce cadre, nous avons plusieurs missions à remplir.
Lors d'un placement ordonné par le Juge des Enfants, on participe à sa mise en œuvre en évaluant la situation et en choisissant un accueil judicieux en fonction de la situation : famille d'accueil, foyer, structure expérimental, foyer d'observation, lieu de vie en province ou non ou service d'accueil d'urgence. Tout ça nécessite du temps car il faut contacter les structures par téléphone ou en se déplaçant, se mettre en contact avec les travailleurs sociaux qui connaissent la famille, envoyer des documents qui résument tant bien que mal la situation du jeune concerné et souvent avant d'avoir pu rencontrer le jeune et sa famille. Un bon carnet d'adresse et une connaissance des institutions est indispensable. Il faut savoir aussi travailler en équipe pour avoir des information sur les types d'institutions car cela peut vite devenir compliqué lorsqu'on travaille dans un département ou dans une ville que l’on ne connaît pas.
Il n'y a pas de prise en charge type. Elle s'adapte en fonction de tous tas de paramètres comme les besoin de l'enfant, la notion de danger évaluée, si c'est une fratrie ou non, les relations entre les membres de la famille, la situation des parents, la présence de la famille élargie, l'éloignement géographique du lieu de placement etc.
Une procédure d’admission est mis en place avec le Responsable de Secteur qui rencontre les parents et l’enfant afin de reprendre les raisons du placement et ce qui a été posé par le Juge lors de l’audience. Autant, lorsque j’étais ES dans un foyer des Yvelines, cela était respecté, autant à Paris, en tant qu’assistante socio-éducative, je n’y jamais participé. Tout cela dépend du Responsable de Secteur, de la charge de travail et de l’organisation de chaque secteur.
Ensuite, on assure le suivi de la prise en charge en rencontrant et en contactant les différents partenaires afin de l'ajuster au mieux au besoin du jeune. Ce sont des contacts réguliers avec la famille, le jeune, l'équipe qui accueille le jeune au quotidien, les assistantes sociales de secteur, l'école etc.
C'est aussi la mise en place de prise en charges spécifiques en fonction de la situation: service psychiatrique, thérapie familiale, orientation vers d'autres structures médico-sociales comme des lieu de rencontre parents enfants, création d'un dossier MDPH, mettre en place les services d'un traducteur etc.
On est garant de l'accompagnement global du jeune et on assure le fil conducteur de la prise en charge. On est aussi le porte parole du jeune mais là, c’est l‘éducatrice qui parle. On écrit pas mal de notes sur les rencontres et les contacts. Certaines sont envoyées au Juge des Enfants et d'autre sont internes. Elles sont des traces du travail effectué et serviront de supports pour les réunions ou pour l'écriture des rapports demandés avant chaque audience. Pour moi, c’est indispensable pour penser et structurer son action.
Enfin, voici le travail avec les familles car on favorise le maintien des liens familiaux. Alors, on rencontre les familles à l'ASE et à leur domicile (les fameuses VAD: Visite à Domicile) le plus régulièrement possible. On peut mettre en place des visites médiatisées par exemple. Selon ce que le Juge a décidé et statué par rapport aux droits des parents, on doit établir et organiser un calendrier des sorties et des hébergements le cas échéant. Il faut parfois mettre en place des aides financières pour certaines familles ou certains jeunes, ce qui demande de faire une note adressée au Responsable de Secteur. Cette partie du travail est très administrative. Il faut savoir qu’il y' à des gestionnaires nommés sur chaque dossier qui s'occupent de la partie financière de la situation et on travaille avec eux.
La répartition du travail varie suivant les situations. Dans certains cas, on délègue beaucoup et dans d'autres, ont est présent tous les jours et sur tous les fronts. Certaines situations me prenaient tout mon temps tandis que d'autres n'existaient pas ou trop peu…
Lorsque les jeunes sont confiés à une structure ou à une famille d’accueil, il faut à la fois faire confiance et en même temps, être présent pour accompagner le jeune dans son placement. Pour ma part, j’essayais d’être plus présente auprès des familles d’accueil qui peuvent parfois se sentir isolées. Parfois, je travaillais avec des collègues sur des situations lourdes en étant référente de l'un des enfants de la fratrie par exemple.
Lorsque c'est une Action Educative à Domicile, c'est pareil sauf qu'il n'y pas de Juge des Enfants puisque c'est la famille qui en a fait la demande, souvent mobilisée par les services sociaux ou en cas d'urgence. Par exemple, une mère célibataire, sans possibilité de relais et hospitalisée à qui il faut trouver une solution de garde pour son enfant.
Quelques fois, il faut assurer les permanence quand on reçoit des personnes extérieures qui viennent à l'ASE soit spontanément, soit orientée par un professionnel. Là, il faut écouter, prendre en compte et analyser la demande et orienter la personne vers le bon interlocuteur c'est à dire le service ou le bureau adéquat qui pourra s'occuper d'elle. Et du coup, ça demande souvent d'aller glaner des informations auprès des collègues ou des autres services.
Au final, c'est un travail de coordinateur visant un accompagnement global de la situation dont on est référent. Il faut savoir que lorsque tu arrives sur un secteur, tu récupères souvent des situations ou d'autres travailleurs sociaux ont œuvrées et là, c'est quitte ou double. C'était plus simple pour moi d'intervenir sur des situations où j'étais nommé référente au moment où l’ASE était saisie.
Avec les enfants, on est censé rencontrer plus les familles...Avec les plus grands, je trouve qu'on bosse moins avec les familles mais ça n'engage que moi et tout dépend tellement de la problématique familiale. Tu travailles plus sur l'insertion professionnelle et sociale avec les mineurs étrangers isolés et les jeunes majeurs en visant une certaine autonomie, même si c'est parfois utopique…
Il n'y a pas deux journées pareil même si de nombreuses tâches se répètent souvent: contact téléphonique avec les différents partenaires, envoi de fax, rédaction de notes, de formulaires internes ou de rapports, rendez-vous au bureau ou à l'extérieur, visite des institutions, synthèse, audiences et déplacement en province (logés au passage dans des charmants hôtels). Il y' à des jours tu cours de foyers en foyer avec une audience à 9h et une autre à 18h. D'autres jours, tu es à l'ASE et tu travailles sur tes situations. Ton temps se partage entre travail au bureau et déplacements en voiture ou en transports en communs
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Contrairement à certaines institutions, les réunions prenaient peu de temps dans mon service. Deux heures par semaine avec une trentaine de situation à gérer par travailleur sociaux... Pas de commentaires.
Après, il y’à d’autres services où l’ES peut intervenir. Si tu saisis « rapport d’activité 2009 de l’ASE Paris » dans ton moteur de recherche, tu peux le télécharger et tu auras plein d’infos.
Je ne sais pas si j'ai répondu à tes questions, c’est un condensé de mon expérience et une vision personnelle du travail que j’y ai fait. J’ai quitté l’ASE fin 2009 et les choses ont surement changés depuis…