Bonjour,
Je suis assez d'accord avec Père Castor, psychanalyse et comportementalisme sont à l'opposé concernant l'autisme, ils partent pour une partie du même constat mais n'en voient pas les mêmes causes et donc les mêmes réponses à apporter. L'incompatibilité semble donc être un fait établi.
En revanche, apporter une aide psychologique à une personne atteinte d'autisme pour exprimer sa souffrance et ses angoisses est tout à fait possible et même recommandable!
Educ spé depuis 2011 j'ai moi même effectué un remplacement en structure ABA. C'est une expérience très enrichissante et pour laquelle je peux peut-être vous "éclairer" un peu par quelques points:
- 1) D'abord il faut savoir qu'il y a en gros deux courants de pensée dans l'ABA. Le premier que je citerai c'est le courant Lovaas qui est plutôt axé sur une approche assez "ferme" de l'ABA c'est à dire en partant beaucoup du travail "à table". Le deuxième est le courant VB (prononcé "vibi" en anglais Verbal Behaviour) qui est beaucoup plus axé sur une approche ludique de la méthode et donc de l'enfant. On part de ses intérêts pour lui apprendre à développer les compétences qu'il n'a pas encore. C'est dans ce deuxième courant que j'ai travaillé.
2) Conditions de travail: dans cette "méthode" on est dans du 1 pour 1, on suit trois enfants par an et on les voit chacun trois demies-journées par semaine.
3) Plus concrètement comment travaille t'on? Et bien il y a d'abord une première phase que l'on appelle de "pairing": c'est une phase très importante car c'est là où va se construire le lien, la relation qui va nous permettre de travailler ensuite avec l'enfant. Pratiquement, et bien on passe tout son temps à jouer et s'associer un maximum à ce que l'on repère comme intéressant, attractif et plaisant pour l'enfant. C'est à partir de là qu'on va créer une relation de confiance et de complicité avec l'enfant qui doit être entretenue chaque jour afin de pouvoir bien travailler avec lui. C'est aussi comme cela que l'on pourra identifier les renforçateurs dont Père Castor a parlé.
4) Tout ce qui vient après cette phase de pairing ce sont: des évaluations par les psys ABA (et les éducs aussi!), des données, compétences acquises ou non mises à jour et donc ensuite des objectifs et programmes d'établis en fonction des priorités définies avec les parents. Cela signifie que l'ABA ce n'est pas du flou ou du subjectif comme le disent ses détracteurs mais une méthode basée sur des données objectivées et précises que nous éducateurs, devons relever chaque heure, jour, semaine ou mois en fonction des programmes, des enfants, de plein de choses qu'il n'est pas possible ici de décrire. Et tout cela est sans cesse réévalué et remis en cause. Car une fois les objectifs définis, les psys établissent des programmes précis que nous devons mettre en place. A partir de là on va se fixer un temps de mise en oeuvre, des critères d'évaluation et si au bout de cette période, ce que l'on a mis en place ne fonctionne pas on essaye de déterminer pourquoi et on teste autre chose. Cette façon de noter, évaluer, observer... rentre beaucoup en compte pour le "traitement" des troubles du comportement. A un trouble va être associée une hypothèse d'origine/de cause. A partir de là, va donc être associée une possible réponse. Si ça marche c'est "bon" sinon c'est soit que la réponse apportée n'est pas la bonne, soit que l'hypothèse d'origine n'est pas bonne. Donc réévaluation et réadaptation de l'accompagnement éducatif. etc... Tout cela surtout à travers le jeu et le plaisir et avec quelques moments de travail "à table" qui peuvent varier de 15 sec à plusieurs minutes à la suite. Là encore ça dépend de l'enfant, des programmes, de sa forme du jour etc etc...
5) Et enfin dernier point, ABA ne veut pas forcément dire "contre tout"! Dans la structure où je bossais on employait aussi le PECS (outil de com dont Père castor a parlé), TEACCH, l'approche Montessori aussi et les psys étaient a priori ouvertes à d'autres solutions possibles notamment quand on n'en trouvait pas dans l'ABA. Parce que bien que j'ai constaté moi même à quel point cette méthode et surtout je dirais cette approche éducative, puisse fonctionner (changement impressionnant au niveau des troubles et évolutions énormes et relativement rapides), ce n'est pas une méthode miracle! Appliquée tôt et bien, je suis convaincue que c'est un bienfait énorme pour ces enfants mais chacun est différent, l'autisme est un monde complexe et d'ailleurs je dis l'autisme mais ce sont les autismes et chacun a ses particularités! Et je dirais heureusement, parce qu'il y a des choses qui nous échappent et c'est bien comme ça même si ça nous met en colère quand on n'arrive pas à trouver "le truc" comme on dit, le déclic se fait souvent quand on ne l'attend pas!
Donc voilà en gros ce que je pouvais en dire. J'espère que ça vous donne une idée de ce qu'est le travail en ABA...
Pour compléter vous pouvez voir ce lien
http://www.autismeensemble95.com/pages/ ... ba-vb.html et fouiller sur internat, il y a déjà beaucoup de choses qui commencent à se apparaitre.
Quant à votre fils Vincent, je ne suis pas psy ni médecin mais tout ce que je peux dire c'est que cette méthode n'est pas applicable qu'aux personnes avec autisme. 12 ans est un âge déjà avancé pour tout changer maintenant mais il peut encore y avoir des progrès concernant les "ted". Maintenant concernant les "dys" je ne peux pas me prononcer.