Violence help
Publié : 18 nov. 2012 17:15
Bonjour,
Je viens de prendre un poste d'éducatrice dans un accueil de jour pour personnes sdf. Seulement ce que je découvre est sidérant. L'association est tenue par des chrétiens très propres sur eux qui se sont donné pour mission d'aider les plus démunis, de leur offrir chaleur, amitié et nourriture. Tout cela part d'un très bon sentiment et jusque là tout va bien. Sauf que la DRIHL oblige l'assoc à se professionnaliser et à embaucher des éducs. C'est là où moi et deux autres éducatrices entrons en jeu. Nous découvrons que l'assoc contourne un peu les lois par exemple en servant de la nourriture chaude au lieu de collations froides, nous avons fait du tri dans une réserve de nourriture infestée de souris, crottes et asticots et les bénévoles sont très mécontents... Ils préfèrent servir de la nourriture entamée, périmée plutôt que de jeter, mais comme ce sont des personnes âgées qui ont connu la guerre ou presque je peux encore comprendre ce débat.
Mais le pire dans cette assoc c'est qu'il n'y a aucun cadre, les personnes accueillies font la loi, deal du @!#$ à longueur de journée et surtout il y a une violence extrême...
Vendredi, nous, 3 éducatrices, étions occupées sur nos bureaux et nous n'avons pas vu l'heure et ne sommes pas allées aider la maîtresse de maison à l'heure... Quand je suis arrivée pour l'aider avec 5 min de retard, un des accueillis, un jeune très dealer, s'en est pris violemment à moi, comme quoi nous avions un chez nous, que c'était pas à lui de couper les patates etc.. J'ai essayer de le tempérer en lui disant que je m'excusais mais qu'on avait du travail et que c'était bon, maintenant j'étais là... Je parlais doucement et gentiment pour ne pas le faire monter encore plus... Et là il est partit dans un délire ultra violent en me hurlant dessus : "l'autre, elle se croit chez Total avec plein de dossiers, dans une gde entreprise, sur la mecque, sur le coran, vos bureaux ils sont vides arrête de te la raconter..." et là c'est partit en cacahuète, sans que je puisse dire un mot, j'ai eu le droit à je vais te crever salope, je vais te tuer, ferme ta gueule etc pendant 15 min.
Les autres accueillies et la maîtresse de maison (algérienne comme lui donc respectée) ont réussit à le faire sortir, puis il est rerentré et s'en est pris violemment au directeur puis à moi à nouveau.
Avec les collègues nous étions à deux doigts d'appeler la police mais nous avons vu le directeur prendre son téléphone et nous pensions que c'était ce qu'il était en train de faire, en fait il appelait la marraine bénévole du gars... Qui a soi-disant réussit à le calmer... Ensuite il est resté longtemps devant puis est partit un peu après la fermeture.
L'après -midi, une autre personne très violente est rentrée car le directeur n'avait pas fermé la porte à clef. Un gars de deux mètres de haut très costaud et visiblement malade mentalement, il a menacé ma collègue et nous avions très peur à nouveau. Mais lui est malade et du coup je ne lui en veut pas et arrive à passer outre.
Pour le premier c'est un jeune de 25 ans qui ne supporte pas que l'on essaye de mettre du cadre dans la structure, il a bien hurlé "l'autre elle est là depuis deux jours et elle veut faire sa loi..."
Ensuite on a débriefé tout ça en réunion, et le directeur est contre appeler la police, il dit que c'est ce que faisait l'ancienne équipe et que du coup cela exacerbait la violence et que cela était un cercle vicieux... Nous avons aussi appris que l'ancienne équipe est partie à cause de la violence récurrente dans la structure alors qu'on pensait que c'était uniquement à cause des bénévoles qui mettaient des bâtons dans les roues et qui eux passent pour des anges car ils acceptent tout... (le deal; le @!#$, les insultes...).
Voilà donc depuis vendredi je suis perdue, mes amis me disent de porter plainte, ou au moins de faire une main courante car des menaces de mort c'est grave, on me dit d'y retourner pour montrer qu'il n'a pas gagné, on me dit de ne pas y retourner car de tout façon je veux arrêter... Je ne sais pas quoi faire, je n'ai aucune envie d'y retourner et de revivre un tel climat d'angoisse comme la journée de vendredi. La président de l'assoc et le directeur me disent que ce gars a un bon fond, qu'ils essayent de l'amadouer, sauf que le mec appelle le directeur "wesh cousin", lui parle super mal, et le directeur pense qu'en le laissant faire il devient son pote et qu'il arrivera à en tirer quelque chose... Sauf qu'on voit bien que le mec se joue de lui, il est là uniquement pour dealer son @!#$ et foutre le bazard... Il ment à sa bénévole marraine, il m'a dit vouloir bosser six mois déclaré puis non déclaré et bosser au noir pour taper les 3000 avec les assedics et retourner au bled monter un buisness, avoir un vrai taf et un logement ça ne l'intéresse pas... Bref je n'arrive pas à avoir de l'espoir pour un tel personnage, je n'ai même pas envie de l'aider et du coup je culpabilise en me disant que je suis une mauvaise éduc... Pareil pour les autres, dans une moindre mesure ils sont tous violents, mais venant de la rue ça se comprend, mais tous sont défoncés en permanence et la grosse majorité sans papiers. Comment aider ces gens là ? Je me sens démunie car pour les sans-papiers , à part leur dire de trouver une promesse d'embauche pour essayer d'obtenir un titre de séjour je ne vois pas ce que je peux faire, aucune structure ne veut d'eux... A part peut-être le chapsa de Nanterre...
Il y a aussi le fait que plusieurs personnes bénévoles et haut placées dans l'assoc nous ont dit que les lois se contournaient, qu'il ne fallait pas en être esclave. Cela quand on a tenté de leur expliqué ce qu'était 2002-2 et que cette loi était incontournable pour nous, par rapport par exemple au livret d'accueil et au règlement de fonctionnement qui pourraient nous aider à poser le cadre...
Bref merci de m'avoir lu, et merci de votre aide...
Je viens de prendre un poste d'éducatrice dans un accueil de jour pour personnes sdf. Seulement ce que je découvre est sidérant. L'association est tenue par des chrétiens très propres sur eux qui se sont donné pour mission d'aider les plus démunis, de leur offrir chaleur, amitié et nourriture. Tout cela part d'un très bon sentiment et jusque là tout va bien. Sauf que la DRIHL oblige l'assoc à se professionnaliser et à embaucher des éducs. C'est là où moi et deux autres éducatrices entrons en jeu. Nous découvrons que l'assoc contourne un peu les lois par exemple en servant de la nourriture chaude au lieu de collations froides, nous avons fait du tri dans une réserve de nourriture infestée de souris, crottes et asticots et les bénévoles sont très mécontents... Ils préfèrent servir de la nourriture entamée, périmée plutôt que de jeter, mais comme ce sont des personnes âgées qui ont connu la guerre ou presque je peux encore comprendre ce débat.
Mais le pire dans cette assoc c'est qu'il n'y a aucun cadre, les personnes accueillies font la loi, deal du @!#$ à longueur de journée et surtout il y a une violence extrême...
Vendredi, nous, 3 éducatrices, étions occupées sur nos bureaux et nous n'avons pas vu l'heure et ne sommes pas allées aider la maîtresse de maison à l'heure... Quand je suis arrivée pour l'aider avec 5 min de retard, un des accueillis, un jeune très dealer, s'en est pris violemment à moi, comme quoi nous avions un chez nous, que c'était pas à lui de couper les patates etc.. J'ai essayer de le tempérer en lui disant que je m'excusais mais qu'on avait du travail et que c'était bon, maintenant j'étais là... Je parlais doucement et gentiment pour ne pas le faire monter encore plus... Et là il est partit dans un délire ultra violent en me hurlant dessus : "l'autre, elle se croit chez Total avec plein de dossiers, dans une gde entreprise, sur la mecque, sur le coran, vos bureaux ils sont vides arrête de te la raconter..." et là c'est partit en cacahuète, sans que je puisse dire un mot, j'ai eu le droit à je vais te crever salope, je vais te tuer, ferme ta gueule etc pendant 15 min.
Les autres accueillies et la maîtresse de maison (algérienne comme lui donc respectée) ont réussit à le faire sortir, puis il est rerentré et s'en est pris violemment au directeur puis à moi à nouveau.
Avec les collègues nous étions à deux doigts d'appeler la police mais nous avons vu le directeur prendre son téléphone et nous pensions que c'était ce qu'il était en train de faire, en fait il appelait la marraine bénévole du gars... Qui a soi-disant réussit à le calmer... Ensuite il est resté longtemps devant puis est partit un peu après la fermeture.
L'après -midi, une autre personne très violente est rentrée car le directeur n'avait pas fermé la porte à clef. Un gars de deux mètres de haut très costaud et visiblement malade mentalement, il a menacé ma collègue et nous avions très peur à nouveau. Mais lui est malade et du coup je ne lui en veut pas et arrive à passer outre.
Pour le premier c'est un jeune de 25 ans qui ne supporte pas que l'on essaye de mettre du cadre dans la structure, il a bien hurlé "l'autre elle est là depuis deux jours et elle veut faire sa loi..."
Ensuite on a débriefé tout ça en réunion, et le directeur est contre appeler la police, il dit que c'est ce que faisait l'ancienne équipe et que du coup cela exacerbait la violence et que cela était un cercle vicieux... Nous avons aussi appris que l'ancienne équipe est partie à cause de la violence récurrente dans la structure alors qu'on pensait que c'était uniquement à cause des bénévoles qui mettaient des bâtons dans les roues et qui eux passent pour des anges car ils acceptent tout... (le deal; le @!#$, les insultes...).
Voilà donc depuis vendredi je suis perdue, mes amis me disent de porter plainte, ou au moins de faire une main courante car des menaces de mort c'est grave, on me dit d'y retourner pour montrer qu'il n'a pas gagné, on me dit de ne pas y retourner car de tout façon je veux arrêter... Je ne sais pas quoi faire, je n'ai aucune envie d'y retourner et de revivre un tel climat d'angoisse comme la journée de vendredi. La président de l'assoc et le directeur me disent que ce gars a un bon fond, qu'ils essayent de l'amadouer, sauf que le mec appelle le directeur "wesh cousin", lui parle super mal, et le directeur pense qu'en le laissant faire il devient son pote et qu'il arrivera à en tirer quelque chose... Sauf qu'on voit bien que le mec se joue de lui, il est là uniquement pour dealer son @!#$ et foutre le bazard... Il ment à sa bénévole marraine, il m'a dit vouloir bosser six mois déclaré puis non déclaré et bosser au noir pour taper les 3000 avec les assedics et retourner au bled monter un buisness, avoir un vrai taf et un logement ça ne l'intéresse pas... Bref je n'arrive pas à avoir de l'espoir pour un tel personnage, je n'ai même pas envie de l'aider et du coup je culpabilise en me disant que je suis une mauvaise éduc... Pareil pour les autres, dans une moindre mesure ils sont tous violents, mais venant de la rue ça se comprend, mais tous sont défoncés en permanence et la grosse majorité sans papiers. Comment aider ces gens là ? Je me sens démunie car pour les sans-papiers , à part leur dire de trouver une promesse d'embauche pour essayer d'obtenir un titre de séjour je ne vois pas ce que je peux faire, aucune structure ne veut d'eux... A part peut-être le chapsa de Nanterre...
Il y a aussi le fait que plusieurs personnes bénévoles et haut placées dans l'assoc nous ont dit que les lois se contournaient, qu'il ne fallait pas en être esclave. Cela quand on a tenté de leur expliqué ce qu'était 2002-2 et que cette loi était incontournable pour nous, par rapport par exemple au livret d'accueil et au règlement de fonctionnement qui pourraient nous aider à poser le cadre...
Bref merci de m'avoir lu, et merci de votre aide...