salut, Estelle.
J'ai été embauchée en 1988 comme éducatrice scolaire, puis comme monitrice-éducatrice (où j'ai stagné environ 7ans), ensuite comme éducatrice spécialisée(et ce, même si je n'avais pas alors le DEES). Depuis, l'ancienneté continue à jouer son cours : je suis arrivée au maximum, du moins tel que cela est défini par la CC de 66.
La CC 66 est un accord salarial concernant les établissemnts médico-sociaux et sociaux. Comme toute CC, elle met autour d'une table (permanente): employeurs, autorités de tutelle et salariés. L'autre CC en vigueur dans le milieu est la CC 51 qui concerne par exemple les CHRS, mais cette dernière est réputée sur bon nombre de points moins avantageuse que la 66.66, car elle a été créée en 1966 (juin, je crois. Pour la voir, tu la consulter, l'acheter au siège du J.O., rue Dessaix, dans Paris 15°, à moins qu'une relation, salariéee par 1 établissemnt régi par cette CC, peut te la fournir.
L'employeur est une assoc' de 1901, ici en l'occurence agréée pour recevoir des dons privés et liée par conséquent à la charte de transparence (cf. les anciens problèmes de l'ARC). Cette assoc', en ce qui concerne le service appart', a obtenu habilitation de la part du Conseil Général pour gérer un service de suite.
De par-là, selon un calendrier précis (voir la loi 2002, partie "habilitation et convention"), elle dépose un dossier comprenant entre autres documents un projet d'établissement avec le budget prévisionnel correspondant (donc, entre autres le coût, TTC, des divers postes salariés) auprès du Conseil Général. But du jeu : obtenir la reconnaissance en tant qu'établissement répondant aux objectifs du schéma départemental de l'aide sociale.
Lequel schéma est décidé par les élus du Conseil Général sur les conseils et directives des diverses circonscriptions ASE entre autres.
Si la demande de convention est acceptée, cela se traduit par la signification par l'ASE, au niveau directionnel (en ce qui nous concerne le directeur dont le siège est sis à l'immeuble Picasso à Bobigny, préfecture du 93) des missions attribuées à l'assoc' et des moyens que donne alors l'ASE.
C'est-à-dire le fameux prix/journée/jeune (qui varie donc selon les assoc'). Cette subvention comprend le coût de tous les moyens mis en oeuvre par l'assoc' pour réaliser la mission sociale qui lui a été attribuée :
-salaires (du chef de service, en passant par les autres membres de l'équipe éducative, donc par exemple : le psy) pour arriver à d'autres postes techniques (ex: agent d'entretien) et admnistratifs (ex : sécretaire), + les cotisations aux fonsds logement + formation
-appart's: location, assurance, entretien, réparation,
-achat et entretien de la bagnole de service,
-subvention allouée mensuellement à chaque jeune (alimentation+vêture+argent de poche+ matériel de scolarité+hygiène perso+ produits d'entretien de l'appart).Le taux varie selon les ressources du jeune.
- formation professionnelle du personnel : dont les fameuses formations DEES " en cours d'emploi", colloques, modules de formation, documentation ...
L'assoc' reçoit ainsi la subvention pour fontionner des fonds publics, avec obligation, normale, de rendre des comptes selon les critères et la terminologie de l'autorité de tutelle.
Donc, en dépassant les apparences de la fiche de paie, notre véritable employeur est le Conseil général.
Les tâches attribuées en tant qu'ES ? C'est là que les athéniens s'atteignirent. C'est moins facile à expliquer, parce que dans la réalité, c'est fluctuant. tout dépend du vent. En théorie, c'est pour accompagner et suivre des jeunes dont le Chef de service a distrivbué la référence éducatice entre les divers membres de l'équipe éducative. Jusque-là, tout est clair.Après, c'est "tu navigues selon tes appareils d'orientation".
Plein de choses entrent en jeu :
-le jeune est-il emmerdeur, incontrôlable pour l'institution avec sa crise d'ado, avec ses "passages à l'acte" ?
-Le référent "extérieur"(ASE, PJJ) ne voit-il que midi à son horloge (ex : restaurer la relation parents-famille ? réhabilité l'autorité parentale ?), nonobstant le "quotidien"du jeune dans l'institution ?
-l'institution a-t-elle les pressions budgétaires sur le dos ? "super(c'est pro, c'est humain etc...) ton projet, mais ça coûte cher, et il n' y a pas de ligne budgétaire pour...".
Bref, tout cela compose la mission de l'ES. Il se démerde. soit il se plie, soit il cherche à entrer par la petite fenêtre, en acceptant de se retrouver seul lors des réunions de synthése, de bilan.Bref, il n'y a pas de mission claire, nette (si, toujours au moment de l'accueuil, du séjour, du jeune tant que tout roule sur les rails pré-définis par les cadres de l'établissement).
Chaque membre de l'éduc réagit alors selon son éthique.
Je te souhaite bien du courage pour faire ton devoir de méthodologie en travail social...