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Sexualité de la personne handicapée en SRA
Publié : 28 nov. 2014 14:57
par laffadri
Je suis travailleur en SRA, je me pose quelques questions en ce qui concerne la sexualité des personnes handicapées en hébergement.
Les rapports sexuels entre bénéficiaires peuvent ils être consenti au sein d'une institution?
Doit-on faire une distinction entre les différents types de handicaps?
Doit il y avoir un cadre? Qu'elles en sont les limites? (age, personne sous minorité prolongée, lieu, moment, contraception, prevention, intimité de la personne, ... )
Merci de l'interet porté a ce message.
J'espère avoir des réponses a ces diverses réflexions.
Re: Sexualité de la personne handicapée en SRA
Publié : 02 déc. 2014 15:27
par AC
Bonjour,
Ah ah quel bon sujet...
Bon, j'imagine bien que vous ne vous demandez pas si les adultes ayant un handicap ont une sexualité...
Rappelons que même se poser la question est un non sens: L'adulte ayant un handicap, de par sa condition d'être vivant, est de fait un être sexué.
Je dirais donc que les institutions qui en interdisent les effets ou qui les limitent sont donc en dehors du respect de la condition d'être humain.
Après je comprends que c'est compliqué à gérer mais faut savoir ce qu'on veut. Accompagner l'être humain dans ce qu'il est intrinsèquement ou pas...
"Les rapports sexuels entre bénéficiaires peuvent ils être consenti au sein d'une institution?" (j'imagine que vous voulez dire consenti par l'institution): oui, ce serait même une obligation si on suit le raisonnement
"Doit-on faire une distinction entre les différents types de handicaps?" : La distinction qui peut être faite est celle de leurs possibilités, capacités, besoins affectifs et sexuels et les différents moyens pouvant être mis en place
"Doit-il y avoir un cadre": oui. Pas dans le sens de la limite (restriction ou contrainte) mais dans la mesure où elle s'exercerait dans un établissement à vocation collective.
"les limites": celles de fait comme la minorité (accompagner la sexualité, mis à part de manière informative et préventive serait hors propos légalement. Le reste, c'est à l'équipe de travailler dessus, en fonction de ce qui est repéré et du "cadre" qu'on veut lui donner, de manière individuelle
c'est un chouette sujet, et en France y a encore beaucoup à progresser!
Re: Sexualité de la personne handicapée en SRA
Publié : 02 déc. 2014 15:57
par laffadri
Merci de votre réponse,
bien entendu, je conçois que la personne handicapée a droit a la sexualité.
La réel question est : comment instaurer ce cadre en étant juste et non intrusif...
Qu'entendez vous par "en France y a encore beaucoup à progresser!" ?
Je suis en belgique et je ne connais pas réelement le fonctionnement français.
Re: Sexualité de la personne handicapée en SRA
Publié : 07 déc. 2014 15:08
par AC
Bonjour,
Tiens, dans mon imaginaire la Belgique était en avance sur nous... Ou du moins, les pays "du nord"
Bah, en France les mentalités, le fait que les structures soient gérées par des associations de familles, le tabou du sexe... font que le "droit à la sexualité" est encore difficile a mettre en application
Je pense que c'est effectivement un long travail, ce n'est pas si facile. Peut être qu'au départ il faut travailler sur les reflexions avec les personnes concernées et les instances. Je ne sais comment cela fonctionne en Belgique... réunion d'équipe, avec la direction, avec l'asso gestionnaire, avec les familles, avec les conseils de vie sociale. Tout le monde doit être "impliqué" d'une part pour éviter les "erreurs", d'autre part pour que tout le monde soit en accord avec le cadre et que chacun puisse avoir été entendu.
Il y aura toujours des "pour", des "contre", des "oui, mais", des "non, mais" etc
Va falloir que tout le monde s'entende avec un point de mire: les droits de la personne...
Bon courage

Re: Sexualité de la personne handicapée en SRA
Publié : 09 déc. 2014 15:14
par lama
Je trouve que le sujet est intéressant. Cependant, en tant qu'éducateur dans un sra je ne me vois pas organiser la sexualité de mes résidents. Je comprends qu'ils ont des besoins mais je ne me sent pas capable de gérer. Je suis très mal à l'aise de parler de la sexualité de quelqu'un d'autre et cela est encore plus délicat lorsque c'est une personne handicapée.