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dur ! la réputation d'as
Publié : 03 févr. 2006 20:50
par aude
Bonjour,
J'ai une petite fille de 7 ans qui a une copine qui est dans un foyer depuis septembre , elle le vit très très mal et pleure souvent.Ma fille lui a dit que je veux etre as et sa copine s'est mit dans tout ses etats et a dit qu'une as est une dame qui enleve les enfants aux parents, qu'elles sont méchantes.
Bref autour de moi, bcp de personnes ne comprennent pas que je souhaite me réorienter vers ce metier.
C'est dommage que ce metier soit dévalorisé de la sorte mais bon, ca me donne , je crois , encore plus envie d'etre Ass.
Courage à tous pour le concours.
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 04 févr. 2006 09:23
par Déborah
Oui c'est vrai que ce metier a mauvaise reputation (kidnapeuses...). Ou au contraire l'image de la bonne sainte...Je crois que cela est du à l'histoire du metier et aussi à une non connnaissance de cette profession! :mdr!: Mais je crois que en majorité, les personnes ouverte, voient le metier tel qu'il est (ou presque)!
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 04 févr. 2006 14:48
par gandwa
Je suis actuellement en stage et c'est vrai que l'AS est vue comme celle qui enlève les enfants. Mais comme je dis souvent, l'AS fait le signalement, et ce n'est jamais sans raison qu'un signalement est fait. Le placement de l'enfant est décidé par le juge et non par l'AS. ça permet d'appaiser ces critiques envers l'AS. Mais comme toi Aude c'est le fait que beaucoup ne m'encouragent pas vers ce métier qui m'a donné encore plus envie de le faire. Et si toi même tu sais pourquoi tu veux le faire, c'est le plus important. Parce que je ne crois pas que nous voulons faire ce métier parce que l'on y place des enfants. Ce serait un peu masochiste. Bye! :bye:
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 04 févr. 2006 20:19
par claire
Et oui, nous sommes mal vécus!!!!
La vision qu'à cette petite fille placée est une des réalités.
Il faut être un peu givré pour faire ce métier.
les gens qui reconnaissent le positif de notre profession sont peu nombreux..... mais ils existent!!!
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 04 févr. 2006 21:57
par aude
Bonjour,
Merci d'avoir répondu à mon message , je suis tout a fait d'accord avec vous, je pense qu'il y a peu de personnes qui connaissent le metier.Moi en tout cas j'espere réellement réussir mon concours et pouvoir faire un métier qui me tient à coeur .
Heureusement , je suis soutenue par mes proches, donc , en effet , les personnes positive existent.
A bientot
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 06 févr. 2006 19:06
par JPP
Bonjour,
Je suis AS et j'ai travaillé en placement et sur les nouvelles formes d'intervention...
Je suis d'accord avec cette petite fille, nous sommes parfois des voleurs d'enfants. (si ça c'est pas une entrée en matière polémique!!). Si cette enfant à le sentiment d'avoir été volée, alors c'est une réalité.
Oui, nous avons la charge d'évaluer les situations d'enfants en danger. Pour ce faire nous travaillons dans l'urgence (48 heures pour évaluer et transmettre à l'autorité judiciaire) et nous sommes une équipe pluridisciplinaire. Je pense que nous avons (en tant que profession) fait évoluer nos pratiques pour avoir une approche plus "responsable" en matière de placements. Les évaluations sont posées par des professionnels éclairés et compétents. Nous n'évaluons jamais les situations à la légère. Et lorsque nous orientons l'autorité judiciaire vers une proctection du mineur en danger, nous passons à côté d'un élément déterminant.
La loi ne nous demande pas de placer l'enfant. Il est demandé à ce que la victime soit protégée de l'agresseur.
Dans ce sens, un enfant victime, par exemple d'un père, peut rester au domicile familiale si l'agresseur est éloigné et que la mère est en mesure de protéger son enfant. Ou alors, la famille élargie (et proche) peut aussi remplir cette fonction d'aacueil. Or, nous confions trop facilement les enfants à des professionnelles (Ass Mat) alors que les liens familiaux et amicaux sont en dehors du champs professionnel. Aussi, nous devons PROTEGER les enfants, et non les PLACER.
On ne peut se résoudre à faire en sorte que l'enfant soit éloigner du domicile alors que l'agresseur y demeure. Car dans ce cas là, qui est la victime? Qui est isolé? Qui est puni? Quelle logique (je suis agressé, placé, éloigné; contrôlé et désigné comme celui qui met au jour les disfonctionnements familiaux).
Mais dans certains cas, le placement est obligatoire. Comment le présentons nous? Dans ce sens, ne décide t'on pas pour l'enfant? Comment l'aider à participer à ce projet de placement( s'il en as les capacités)? Sinon, comment cela lui est-il présenté?
Que de question pour se dire, OUI nous sommes des kidnappeurs!!! Mais cela doit s'inscrire dans une déontologie, respect de l'autre et réflexion sur les portées de nos actions?
Il faut savoir entendre les critiques et se remettre en cause, c'est une dses clés de notre métiers. Mais nous pouvons aussi l'expliquer, car ce métier est fantastique!!!!!!!!!!!!!!!!!
JPP
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 06 févr. 2006 20:31
par aude
Merci JPP pour cette formidable vision et pour ton explication.J'espere un jour pouvoir en faire autant.
Lire tes propos me persuade encore plus que ce metier est fantastique ....
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 08 févr. 2006 15:14
par lili
enfin un travailleur social qui se pose des questions, qui semble n'être pas dans la toute puisance et dans le renvoi systématique de leur incapacityé aux familles puisque c'est toujours vous qui avez raison et qui savez ce qu'il faut faire.
Une mère pas si défaillante, n'en déplaise aux services sociaux et qui en ras le bol de votre fonctionnement !!!
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 08 févr. 2006 16:32
par aude
Bonjour Lili,
Je ne connais pas ton histoire Lili, mais si tu as envie de parler, ce forum est fait pour ca aussi.Je (et les autres aussi)suis à ton écoute.
a bientot
Re: dur ! la réputation d'as
Publié : 08 févr. 2006 18:40
par lili
Au début, j'ai cru, en effet, que l'on pourrait s'expliquer et que nous pourrions faire comprendre aux services sociaux la réalité de la problématique familiale qui n'a rien de tragique ("ce n'est pas trop grave", de l'avis de tout le monde, y compris de l'ES, y compris du juge). Mais depuis, j'ai compris que s'expliquer ne sert à rien. Je suis entrée dans un monde clos où Ubu est roi, dans une machine à broyer. Il y a un signalement de précaution par une AS qui s'est bien gardée de prononcer le mot, et qui d'ailleurs n'a pas respecté la procédure. Mais qu'importe, n'est-ce pas, vious avez tout les droits et nous aucun ? Après, il y a eu un juge puis une ES et, donc, l'affaire continue sur un mode mineur, une aide éducative. Donc rien de tragqiue, sinon que la question est : avons-nous besoin d'une aide éducative ? Vous rendez-vous compte du côté stigmatisant, humiliant ?
Certes, il y a un conflit dans la famille et c'est bien pour cela que nous nous étions engagés dans une thérapie familiale, nous l'avions décidé tous seuls, comme des grands, de notre plein grè, parce que nous sommes des parents responsables soucieux de l'éducation de nos enfants.
Manifestement, bien qu'il y ait thérapie familiale et qu'on nous dise que la situation "n'est pas trop grave", on ne nous lâche pas les baskets parce que, sait-on jamais, avec un ado rebelle ! On voudrait nous discréditer à ses yeux, on ne s'y prendrait pas autrement. Et si nous le disons, on me répond soit que je suis dans le déni, soit que c'est moi qui, en protestant, alimente la toute puissance de cet ado.
Conclusion : parler ne sert à rien sinon ... à aggraver notre cas, aux yeux de vos collègues. Coupable, forcément coupable, comme aurait écrit Margueritte Duras.
Franchement, la seule issue c'est 1) de supporter l'intrusion et l'humiliation 2) de faire le gros dos pour que les services sociaux ne se fâchent pas 3) d'attendre la majorité de mon enfant qui est dans six mois 4) de vous maudir en silence...
Le plus embêtant, c'est que mon enfant ne fait toujours pas la thérapie individuelle qu'il devrait, selon moi, faire. Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas très demandeur et que l'ES n'a pas l'air de le juger nécessaire. Nous avons, sur ce point, une divergence importante mais mon avis ne compte pas. Super ! Désolée, moi j'appelle cela une intervention contrepoductive. Mais les service sociaux ont raison, la famille tort, n'est-ce pas ? Après, on nous abreuve de blablabla sur l'usager et ses droits. La bonne blague ! Mon avocat n'a pas réellement le droit de se faire entendre !
Et tout cela pour un conflit adolescent/parents jugé, ce ne sont mes mots mais ceux du juge, "pas très grave". Vous ne lâchez pas le morceau ? Avez-vous besoin de justifier votre utilité sociale ? Ou etes-vous une mafia ? Qui osera me répondre ?