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L'Afrique
Publié : 28 avr. 2005 17:45
par Régis
Je suis éducateur et j'interviens dans les familles. Je me heurte au manque de connaissances sur la culture africaine. En fait, je ne connais pas leurs repères au quotidien. Comment les adultes africains réagissent devant un acte de jeune?
Comment aider ces jeunes qui se heurtent à la dualité culturelle?
Avez vous des expériences et pourrions nous réfléchir ensemble et pourquoi pas se réunir autour d'un colloque sur ce sujet?
Re: L'Afrique
Publié : 29 avr. 2005 12:41
par ron
Salut régis,
je trouve ta réflection interessante et je pense que je pourrai te donner des éléments si tu précisais un peu plus. je rentre d'Afrique ou j'ai passé plusieurs mois et donc j'ai vécu le quotidien là bas dans une cours avec les familles.
Cependant cela me gene un peu de considérer l'Afrique dans sa globalité quand on considere l'immensité du territoire et la diversité des pays...mais bon
en tout cas ça serais avec plaisir de discuter avec toi et de te faire partager mon experience .
a bientot, manon.
Re: L'Afrique
Publié : 01 mai 2005 00:17
par Aicha
Salut,
Je travail dans chrs qui accueille des familles demandeur d'asile, il a entre autre des familles Africaine ! Je travail depuis deux sur un projet sur la parentalité et je me suis très vite rendu compte que ce que en occident veut dire être parent, ne veut rien dire aux familles Africaine. Que bien souvent on reste coincé sur l'étrangeté de l'étranger ! Après avoir observé ces constats, j'aborde la question sous un angle différents en prenant en compte l'interculturalité. Par ce bié là je valorise les parents et leur permet de reprendre leur place, quand bien souvent il "démissionne" car la violence de l'acculturation que la société d'accuiel leur renvois, ajouter aussi à l'exil, car être parent apparaît, comme une notion variable dans le temps et dans l'espace, la géographie, les cultures d'appartenance ; les habitudes de la cellule familiale elles-mêmes y jouent le rôle le plus important.
Je pourrais en parler pendant des heures, je me sert beaucoup des familles pour leurs permettre de dire comment en Afrique cela se passe mais aussi de certains bouquin comme les yeux de ma chèvre, l'enfant ancètre... Tout ce qui touche l'ethnologie et l'anthropologie...
Re: L'Afrique
Publié : 02 mai 2005 12:42
par Régis
Tout d'abord merci, actuellement, j'accompagne des sénégalais pour préciser le lieu. J'ai l'impression d'être à côté de la plaque lorsque j'aborde l'éducation!
Je suis accueilli comme un "roi" , mais je crois qu'il faudrait que je vive six mois avec eux pour comprendre ce que l'on entend derrière chaque mot!
C'est difficile de décrire nos fonctions (prof, éduc, psy, anims...)avec le saucissaunage que nous faisons.
J'ai l'impression que la famille est tellement grande et importante pour eux, que finalement tout les adultes interviennent.
Comment aborder notre culture face à la leur???A+.
Re: L'Afrique
Publié : 02 mai 2005 18:54
par valou
bonjour ron!!!
je viens de lire ton message et je voudrais savoir comment tu as fais pour partir en afrique est-ce avec une association ou pas???
Re: L'Afrique
Publié : 02 mai 2005 21:38
par vall
Je bosse avec des mineurs isolés d'origine africaine, notamment de guinée, d'angola...
Je trouve ce boulot super intéressant de part effectivement cette différence de culture. ça me fait entre autre remettre en cause nos pratiques d'éducation! je serais aussi super intéressée pour en parler.
Aicha, est-ce que tu peux donner les réf des bouquins que tu cites???? car moi aussi du coup j'essaye de bouquiner sur le sujet!
Re: L'Afrique
Publié : 03 mai 2005 08:55
par ron
Bonjour!
Pour répondre a Valou,je ne suis pas partie avec une association au Burkina. En fait j'ai un ami qui connaissait des gens là bas et qui m'a donné un contact d'une personne qui pouvait venir me chercher a l'aéroport.A partir de là je me suis installée dans une petite ville et puis j'ai trouvé des associations sur place ou je pouvais m'investir( principalement avec les enfants).Mais des mon arrivé j'ai rencontré beaucoup de monde et l'intégration fut en fait tres facile.
Pour parler de l'éducation des enfants là bas , j'ai trouvé beaucoup de points positifs. Par exemple,les enfants ne sont pas éduqué seulement par les parents mais par tous leur entourage(frere et soeur,oncle ,tante,voisins,...).En fait ils doivent le respect a tous les personnes plus agés qu'eux. Il n'y a ainsi pas de débordement,puisque chacun peut reprendre un enfant ou un jeune,meme si il ne le connait pas.Dans les cours les enfants peuvent allé par exemple chez un voisin pour manger ou regarder la télé, mais le voisin peut demander un service a l'enfant ou le disputer s'il y a besoin.
Par contre au niveau de l'éducation purement scolaire,j'ai été choqué par le comportement des instituteurs dans les écoles.Les conditions sont difficiles(manque de matériels, tres gros effectifs)et on peut dire qu'il n'y a pas de pédagogie.Les methodes sont tres dures.Au moindre écart l'enfant peut se faire frapper violement par l'instituteur.
Les mentalité comment a changer un petit peu,mais cela prendra beaucoup de temps.La priorité des association pour le moment est de développer l'éducation des filles,qui n'ont pas encore souvent acces a l'école.
Voila quelque mots sur l'éducation...
a bientot
manon.
Re: L'Afrique
Publié : 03 mai 2005 13:13
par cecile
salutà tous,
pour ceux que la culture africaine interesse, il y a ne assiciation sur paris qui s'appelle afrique conseil .ils ont également un site internet pour ceux qui ne peuvent pas se déplaceR
Re: L'Afrique
Publié : 03 mai 2005 17:15
par valou
merci beaucoup manon de m'avoir repondue
Re: L'Afrique
Publié : 07 mai 2005 08:05
par Aïcha
Bonjour,
Dans ma pratique professionnelle, je me suis trouvée confrontée à « l’étrangeté de l’étranger », dans sa façon d’être parent. J’ai été heurtée dans ma conception personnelle de la pratique de la fonction parentale.
J’interviens auprès des familles lors d’entretiens informels, au cours de visites que j’effectue dans les étages à l’occasion : de la pose d’affiches annonçant tel ou tel évènement de la vie du foyer, de la diffusion d’informations, etc…. Ce sont de bons prétextes permettant aux familles de se saisir de ce moment pour, autour d’un café, discuter sur différents points de leurs difficultés quotidiennes (l’attente tout au long de la procédure, les difficultés de la vie en collectivité ainsi que les questions concernant la santé et l’éducation des enfants). En fait, ces familles sont rarement nécessiteuses d’un accompagnement particulier dans leurs façons d’être parents, néanmoins, elles sont en décalage avec ce que nous nous attendons à observer, dans notre culture, dans une cellule familiale. J’ai cherché à comprendre comment je pouvais aider les familles, dans la fonction parentale, sans les démunir de leurs richesses ? Quelles interventions seraient pertinentes et judicieuses pour valoriser les savoirs faire particuliers de chaque parent ? recul, m’a permis de réaliser que mon accompagnement auprès de cette famille a été soumis à ma vision occidentale et à mon système de valeur concernant les notions de parenté et de parentalité. Toutes les questions que je me suis posée étaient orientées par une recherche d’un mieux être pour la famille, d’après mes critères culturels. Cependant, ces critères ne peuvent certainement pas s’appliquer à la lettre, à une population, de culture étrangère. Avec une telle posture professionnelle, je risque de provoquer une perte de repères de ces familles en leur imposant un mode de fonctionnement qui se réfère aux théories occidentales.
Les parents en situation de demandes d’asile constituent un public fragilisé par les persécutions subies, l’exil et le choc culturel. Cependant, ils ne représentent pas de danger particulier pour leurs enfants au sens de l’article 375 du code civil. Le travailleur social ne doit pas profiter de cette vulnérabilité pour imposer ses vues sur la place des parents, mais se placer dans une dynamique de collaboration et de partage des savoirs pour permettre une appropriation qui « renvoie à l’acquisition du sentiment de compétence et de confiance en ses ressources. Elle permet à la famille de participer de façon originale, de coopérer avec les services professionnels chargés de l’éducation, …»
l’éducateur n’a pas toutes les données de l’ethnologie pour appréhender les formes culturelles de chaque population, mais il a cependant la capacité d’écouter. En effet, permettre à ces familles de dire leurs ressentis, parler de ce qu’elles ont vécu, nommer cette acculturation inévitable qu’elles vivent quotidiennement, peut être est-ce là, véritablement mon rôle dans l’accompagnement des familles demandeuses d’asile, autour de leurs fonctions parentales.
Ainsi, sans pour autant les enfermer dans leurs cultures respectives, je me dois de tenir compte des spécificités de chacun, non seulement pour ne pas heurter les personnes mais aussi pour pouvoir saisir leurs compétences pour les valoriser et les développer et ainsi soutenir la fonction parentale. L’un des effets de l’exil que j’ai pu observer, parmi les familles accueillies, est une sorte d’inversion des rôles entre parents et enfants. Ces derniers ayant, bien souvent, plus de facilités à s’adapter rapidement à une situation nouvelle, à intégrer la langue française, se trouvent parfois promus au rang d’intermédiaires privilégiés entre les parents et leurs différents interlocuteurs (administrations, écoles, travailleurs sociaux, …). Il me semble que cette situation, où l’enfant est parentifié, peut porter préjudice à la place de chacun. D’une part les enfants se trouvent investis d’une responsabilité démesurée et à l’inverse, les parents se sentent disqualifiés dans leur rôle de guide et de référence. «J’ose pas reprendre mon enfant quand il mange trop de bonbons, il sait tout mieux que moi !» « Leur capacité [aux enfants] à apprendre très rapidement la langue française fait d’eux des traducteurs commodes pour leurs parents, mais occasionne parfois un sentiment d’infériorité et de perte d’autorité chez certains pères de famille. »
Les effets de l’exil sur les familles sont nombreux, qui viennent entamer la confiance en eux des parents en situation de demande d’asile, leur faire douter de leurs compétences, de leurs capacités à assurer l’éducation de leurs enfants. En partant de ce constat, le moniteur éducateur élabore une posture professionnelle qui va lui permettre d’apporter un mieux être.
Il s’agit surtout de ne pas préjuger de la valeur d’un parent selon des critères qu’il ne conçoit pas lui-même. Ainsi, dans ma pratique quotidienne, je dois tout d’abord faire preuve d’ouverture et de curiosité, je cherche à instaurer un climat de confiance entre les familles et moi et j’y parviens lorsque les familles ont compris, qu’à aucun moment, je ne porte de jugement sur elles. J’essaie de profiter de toutes les opportunités qui se présentent pour interroger les spécificités de chacun, mettre en lumière le positif de chaque situation et le renvoyer aux familles. Par exemple, être capable d’accepter une invitation à prendre une collation, permet selon moi de reconnaître déjà, aux parents, une certaine compétence en matière de savoir vivre et de les valoriser dans leurs habitudes traditionnelles. Une fois la relation de confiance établie, je m’aperçois que les parents, sous prétexte d’engager une conversation anodine, me sollicitent pour me parler de leurs préoccupations. Une posture d’écoute attentive et bienveillante à ce moment là, apporte déjà un soutien à la famille en lui permettant de se libérer par la parole, de ses difficultés, doutes, incompréhensions, émotions vécus au quotidien. Je me rends accessible et disponible auprès des familles afin de favoriser l’éclosion de tels moments d’échanges, où même les barrières de langages n’empêchent pas la communication. Je m’y applique à rassurer les parents sur leurs compétences, lorsque ces dernières semblent mises en doute par eux même et qu’ils m’en parlent sur un mode hésitant. Nous échangeons sur un pied d’égalité, je ne me sens en aucun cas le droit d’imposer ma vision occidentale. Mon rôle consiste je pense, à essayer de les « guider » vers la solution qu’ils connaissent sans doute déjà, mais pour l’adoption de laquelle ils recherchent un cautionnement de ma part. Selon moi ils sont compétents pour être parents et ma compétence se situe, à travers l’écoute, dans le soutient et le renfort de leur confiance en leurs propres capacités. Je peux également livrer quelques clefs de compréhension de la société d’accueil. Dans certaines situations particulièrement délicates, quand les parents paraissent surchargés par les difficultés de leurs tâches éducatives, nous essayons de chercher ensemble une solution de soutien, voire de suppléance qui ne les disqualifies pas dans leur rôle de parents.
Il semble que ces mêmes familles, dans leur contexte d’origine, trouveraient en elles mêmes les ressources nécessaires pour assumer pleinement leurs fonctions parentales. Cela me conduit à essayer de définir les limites de mon intervention. En effet, le statut des familles accueillies au centre d’accueil pour demandeur d’asile. n’est pas encore décidé. Elles ne savent donc pas si elles vont pouvoir rester en France ou non. Ainsi, il convient d’être très attentif à ne pas exercer de pressions qui tendraient à les transformer en familles françaises, ou même pourraient provoquer une forme d’acculturation rendant problématique leur retour au pays. Cependant, dans un cas comme dans l’autre, rester ou repartir, il s’agit de préserver l’unité de la cellule familiale et ma posture doit permettre de soutenir les fonctions parentales pendant le temps de l’accueil en centre d’accueil pour demandeur d’asile.
Benoît Schaeffer dans l’ouvrage : DEMANDEURS D’ASILE ENTRE REVE ET OUBLI EDITIONS D’ART éditeur
Tobie Nathan : LA MIGRATION DES AMES, Ed Nathan 1998
Michel Chauvière dans LA PARENTALITE EN QUESTION, collection Actions Sociales/Société, édition ESF. P 55, 56 , 57.
Pour cela je me réfère à ce que dit Catherine Sellenet dans l’ouvrage « LA PARENTALITE EN QUESTION » aux éditions ESF collection actions sociales/société p.76.
Margalit Cohen-Emerique DANS L’INTERVENTION INTERCULTURELLE
Boudreault, Kalubi, Sorel, Beaupré et Bouchard, 1998 dans LE PARTAGE DE L’ACTION EDUCATIVE ENTRE PARENTS ET PROFESSIONNELS editions : Ministère de la justice décembre 1999
Les yeux de ma chèvre de Eric de Rosny édition Plon
Selon Marie-Cécile et Edmond Ortigues dans Œdipe Africain. (Plon 1973), extrait de : LES YEUX DE MA CHEVRE de Eric de Rosny éditions Plon
Je voudrai te demander Vall, où se trouve le centre pour mineur isolé où tu travaille ?, j'ai travaillé avec des mineurs isolés mais au moment de l'arrivé sur le territoire, au moment de faire les signalement ! Ca me plairai beaucoup de savoir comment cela se passe, quand il ont une place dans les centres ?