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savoir dire "non", refus à un usager
Publié : 24 juin 2006 10:36
par Anne-Lise
bonjour, en tant que future A.S.(je l'espère vivement) actuellement en stage au CG , j'ai été génée d'annoncer des refus d'aide en raison de critères très bas.
Comment gérez vous le fait de dire "non" à un usager et QUE METTEZ VOUS EN PLACE PAR LA SUITE?... avec lui et la confiance qui lui reste envers le service social!
Merci
Bon courage a tous les futurs collègues!!
Re: savoir dire
Publié : 24 juin 2006 20:35
par mehdi
Quels sont les "critères trés bas" que tu évoques ?
Re: savoir dire
Publié : 24 juin 2006 20:39
par JPP
bonjour,
je suis AS et ancien AS en polyvalence de secteur au CG.
Avant de toute chose, je me demande à quoi est dûe la mise en place de critères "très bas". Si les dits critères sont des "barrages" à des aides qui sembleraient pourtant utiles, il est important de se questionner. PArfois, le terrain que nous sommes perçoit la pertinences d'aides (financières ou matérielles) que ne perçoit pas le décideur. Dans ce sens, il m'est arrivé d'alarmer les décideurs (politiques) et les élus de mon institution. J'ai développé un argumentaire afin de poser la pertinence et l'intérêt de l'aide pour une famille. Cela est fondé sur ma pratique, mes évaluations et mon analyse de la situation globale. Je porte à la connaissance de celui qui décide.
Je remplis ,ainsi mon obligation de moyen, un certain militantisme et positionnement professionnel en tant que "veille sociale". La réponse qui est faite détermine le positionnement futur. Souvent les réponses sont absentes. Souvent même, je me suis fait engueuler pour avoir sollicité l'élu plutôt que d'en référer à la hié&rarchie. (comme si la hiérarchie pouvait changer quelque chose à l'application d'un règlement interne du CG) Même si la hiérarchie est avertie de mon intervention.
En deux années de pratique, j'ai eu plusieures fois la charge de "refuser" une aide. J'ai toujours averti les personnes de la limite de la demande. De même, j'ai explicité le circuit de la demande, soulignant que je n'était "qu'instructeur" d'une demande. La décision n'est pas mienne. Par la suite, en cas de réponse négative, j'informe sur la possibilité de faire appel. En France, toute décision administrative est susceptible d'appel. Je peut, suivant la demande de la personne, accompagner dans cet appel (même si c'est contre mon institution).
Durant ces deux années, j'ai travaillé de la sorte. Mais de plus en plus de demandes sont rejettées. Les aides se rigidifient, se cloisonnent et excluent. De fait, nous avons de moins en moins les moyens de mener un plan d'aide cohérent et éfficient. Dès lors, mon obligation de moyen est mis à mal. L'article premier de notre code de déontologie et piétiné. Dès lors, l'institution par la maltraitance qu'elle suggère (c'"est le fonctionnement de l'institution qui met à mal ma pratique)me renvoi à mon positionnement professionnel.
C'est ainsi que, face à la maltraitance, les moyens limités et plafonnés, l'instrumentalisation de notre profession.... (je passe sur: le fait que l'on fasse des AS des éxécutants administratifs, que leurs compétences professionnelles sont peu reconnues...) je doit me positionné. Moi j'ai opté pour la démission en motivant les raisons de ma demande.
POur qu'une personne nous accorde sa confiance, c'est qu'elle attend de nous que nous nous engagions. La personne attende de nous le respect de notre déontologie et de nos fondamentaux (dans le cadre de notre référentiel de métier). Moi, je ne peut donner ma confiance à quelqu'un qui se trahi lui même. Aussi pour rester cohérent avec moi même et ma profession, je démissionne et bon dieu que sa fait du bien!!!! Je ne me suis jamais senti aussi bien que de puis le jour où j'ai quitté le CG...
En espérant avoir répondu à ton interrogation. Enfin ce n'est qu'une réponse parmis tant d'autres.
JPP
Re: savoir dire
Publié : 24 juin 2006 21:48
par irene
JPP ? Est-ce le même qui m'a servi de "bon génie" en mobilisant ses collègues pour m'aider ?
Si oui, j'ai laissé un mail sur ton adresse professionnelle mais je te remercie une fois encore, maintenant je suis diplômée.
En ce qui me concerne, je me connais et inutile que je postule dans un Conseil Général
je serai obligée de démissionner pour rester en accord avec moi-même ou je serais virée...
Ciao.
Re: savoir dire
Publié : 25 juin 2006 10:36
par JPP
bravo pour le diplôme;
oui le même JPP. Je suis heureux que cela t'ai réussi.
En ce qui concerne le CG parfois tu es soumis à e drôles de pressions. Quand je me positionnait la hiérartchie me disait souvent "n'oubliez pas que vous n'êtes que contractuel". Je ne leur ai pas laissé l'occasion de trop le répéter, j'ai démissionné.
A ce jour, je bosse comme AS en entreprise. Mais loin de moi l'idée d'y rester et d'y faire mon trou. J'ai d'autres projets professionnels en tête. Sans projets on perds vite ses idéaux et sa motivation. Alors vive le changement!!!
JPP
Re: savoir dire
Publié : 25 juin 2006 23:21
par Anne-Lise
Merci pour ce témoignage... perturbant certes mais qui permet une remise en question réelle des institutions.