bonjour,
en fait, je ne suis pas d'accord, mais vrament pas, avec alice, mais je crois que mes arguments "contre" vont aussi expliquer pourquoi j'ai voulu être as.
à te lire alice, j'ai l'impression de lire quelqu'un qui veut entamer la formation d'as mais pas un pro qui a réfléchi et pris du recul par rapport à son histoire personnelle. tes motivations sont gentillettes, et sont en lien avec les difficultés que tu as rencontrées, mais à mon avis elles vont être bien bousculées à la rentrée.
si, lilie, il faut te poser la question du pourquoi être as et pas paysagiste ou tanatopracteur... parce que là aussi on est en contact avec l'autre et on règle des problèmes qui vont pas ! :za!ar:
je crois que peu d'as ont la vocation d'être as, ça se saurait ! et ça doit pas être marrant de se trouver face à celle-là, car elle doit être pleine de certitudes intangibles et imbousculables !
et je crois que cette question "pourquoi être as", on se la pose souvent, parce que nos convictions sont souvent bousculées par le terrain et l'absence de réponse à tout.
on ne devient pas as parce qu'on a eu des problèmes et qu'une as nous a aidé. ou en tout cas on finit par dépasser cela.
bonjour la désillusion sinon ; tu t'aperçois vite que tu n'a pas toute liberté pour agir et que tu n'es pas super as qui règle tout comme par magie. ton idéal est bousculé. tu t'en apercevras en formation et en stage. même si la réalité n'en est pas pour autant insupportable. on apprend à voir les choses autrement, et à tenir compte d'un contexte politique, social, économique, etc.
on DOIT s'investir émotionnellement, parce que sinon on n'est rien d'autre qu'une petite machine à remplir un dossier pour la caf. et ça, c'est pas marrant du tout un dossier caf (ou mdph, sécu, assedic, aide sociale, etc), tous les as te le diront!
tout est notamment affaire de recul, de distance, de renoncement parfois. de questionnement en tout cas. c'est impératif.
comment abordes tu la rencontre, quelle analyse tires tu des éléments recueillis, que peux tu engager au regard de ton lieu d'intervention pourquoi penses tu engager telle ou telle action, quel est son sens, etc etc. et la personne dans tout ça, ne jamais jamais l'oublier.
On n'y va pas à l'instinct, parce qu'on n'improvise pas dans ce métier !
on est dans l'humain, et souvent en lien avec la souffrance. c'est jamais neutre.
cela dit, je crois qu'on ne doit jamais oublier l'idéal qui nous a conduit vers ce métier, car parfois ça redonne du sens à un quotidien qui peut en perdre.
je crois qu'on ne doit pas non plus oublier qu'on n'est pas seul, et que parfois on se trompe complètement, on que l'on est trop en résonnance avec ceux qu'on rencontre...
même si le métier d'as est souvent perçu comme un métier d'action, dans le "faire", je le conçois avant tout comme un métier de questionnement et de recherche de sens. ensuite, on agit, parce qu'on sait pourquoi on< peut le faire sans trop emmener l'autre droit dans le mur.
et puis alice, on peut être as et pas trop envie de se lever le matin

(rassurez-moi, j'ai un doute sur ma "parfaititude"):crying:
pourquoi ne devrions nous ne pas nous plaindre ? parce qu'on est des super as qui réglons la misère du monde en un claquement de doigt ???
parce qu'on a l'honneur d'être ceux qui savent face à ceux qui ne savent pas ????
on attend forcément quelque chose de ce métier, car sinon, on finit par être lassé très vite de ne pas trouver de sens à ce que l'on fait. je trouve la réponse de joseph très intéressante et beaucoup plus nuancée !
comme les autres post ont pu l'exprimer, moi aussi, je suis as parce je suis avant tout dans une recherche de sens et de connaissance de l'autre, de réponses pour moi même avant de régler toute la misère de l'autre.
même si l'objectif principal est d'aider et d'accompagner l'autre dans l'idée finale qu'un jour il n'aura plus besoin de moi (ou d'une autre).
voilà, bon courage à toi lilie
ce métier est passionnant