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colere
Publié : 28 sept. 2005 15:56
par alva
Je suis de nouveau confrontée à une situation que je ne sais pas gérer et qui confronte une nouvelle fois l'institution à ses limites.
Certaines jeunes de mon foyer, "se prostituent" lors de leur fugues, en échange de cannabis ou simplement pour un tour en voiture. A leur retour, elles se vantent de leurs exploits, se complaisent dans la provocation. Bien sûr, nous essayons de parler avec elles, de leur montrer les dangers, la prise de risque, mais rien ne semble les atteindre. Leurs corps semblent ne plus avoir d'importance, c'est devenu un moyen de satisfaire leurs besoins immediats, en attendant mieux ...ou rien.
Alors, on en parle un peu en équipe, on constate cette souffrance, on en informe le juge mais concrêtement on ne peut rien faire. Même la police ne leur accorde aucun intêret et le pire c'est qu'elles sont toutes mineures !!
Alors les grands discours sur les moyens mis en oeuvre pour la protection de l'enfance...En dehors des barreaux aux fenêtres des CER ou les chambres d'isolements des hopitaux psychaitriques, on propose quoi ?
Re: colere
Publié : 28 sept. 2005 16:54
par lisou
chaud devant..
Quel travail est mis en place afin de valoriser l'image de soi? de "reconstruire" sa propre estime, son identité personnelle?
Re: colere
Publié : 28 sept. 2005 17:19
par alva
elles ne sont quasiment jamais au foyer. Elles rentrent vers 2h du mat
le matin elle se preparent, narguent les educ et sautent le portail
Re: colere
Publié : 28 sept. 2005 17:52
par lisou
je comprends ta colère..
Mais je ne saisis pas dans quel type de foyer tu bosses; tu parles de mineures et tu dis qu'elles rentrent à 2h du mat? Que font-elles de leurs journées: école, travail, formation? Dans ton foyer, s'agit-il uniquement d'hébergement? Désolée de te poser toutes ces questions, mais n'étant pas éduc mais ass, je ne suis pas vraiment au courant..car je bosse en scolaire. En tout cas, si tu n'as pas d'autres réponses, ce qui m'étonnerait, relance le sujet, ça nous concerne tous!
Re: colere
Publié : 28 sept. 2005 18:19
par luc
salu je comprends ta colère avait vous fait un thérapie de groupe y a t'il des filles qui apparaissent com des leaders au sein du groupe ? il faut surment agir sur ces filles là qui doivent engrainé les autres , tous ne peuvent pas etre satisfaite de cette vie là , je pense qu'il ne faut plus chercher à leur dire que ce n'est pas bien car ça elles s'en fichent surment , mais plutot savoir pourquoi elles font ça et savoir c'est qui qui veut vraiment et c'est qui qui veut pas gespèr ke tu me compren courage vous aller y arrivait
Re: colere
Publié : 01 oct. 2005 10:50
par gnougnout
Je dois avouer que je comprends parfaitement ton sentiment. Malheureusement la prise en charge que nous pouvons offrir à ces jeunes à des limites. Limites dans ce que nous pouvons leur apporter avec notre bagage éducatif et limite institutionnelle. Je comprends aussi ceux qui n'arrivent pas à imaginer ce qui peut se produire dans la réalité d'un placement et les remarques extérieures faites, nous servent souvent à se rendre compte qu'on a fini par louper certaines choses. Ces attitudes basiques dont nous risqons de nous éloigner à force de trop de tolérance et de compréhension. Il ne faut pas oublier que nous sommes des personnes repère pour ces jeunes et que même s'ils n'en donnent pas l'impression, notre intervention joue sur leur comportement. Après cela il faut effectivement aller voir du côté de la réalité institutionnelle, dans laquelle vous ne disposez peut être pas de certains outils comme une prise en charge thérapeutique, ou une direction qui ne tient pas son rôle symbolique. J'ai souvent constaté qu'il s'agit d'une accumulation de ces petites choses qui rendent une prise en charge compliquée et en tout cas pas à l'image que l'on se fait de l'aide. Les juges ont certainement leur part de résponsabilité. Une seule chose est certaine, c'est que nous ne pouvons être dans la maîtrise mais dans l'accompagnement et l'écoute des symptomes.
Après, peut-être que votre établissement ne peut accueillir ces jeune filles de la meilleur façon qu'il soit. Il ne s'agit pas d'echec, mais là ou nous ne réussissons pas, peut être qu'un autre environement général peut aider à faire évoluer les choses. Il ne faut pas non plus condamner les CER ou hôpitaux psy. Ils ont leur utilité même si je n'aspire pas à ce type de prise en charge.
Je le dis encore une fois, nous ne sommes pas là pour maîtriser...