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le travail social et le voile

Publié : 02 nov. 2009 15:26
par leyla
Bonjour à tous!!

Voila j'aimerais partager avec vous les difficultés que rencontre une collègue qui n'arrive pas à trouver un employeur qui accepte le port du voile.

C'est une jeune assistante sociale convertie, qui respecte la laicité car elle enlève son voile avant d'entrer dans son travail mais elle souhaiterait trouver un emploi qui l'accepte comme elle est...

Qu'en pensez vous?

Merci

Re: le travail social et le voile

Publié : 02 nov. 2009 16:04
par tdm
ah ! mal compris : elle voudrait pouvoir travailler avec son voile sur la tête ? dans l'associatif, peut-être que quelqu'un voudra d'elle...
Une association féministe, de défense des droits de la femme par exemple :)
dans le service public ça paraît plus compliqué, et pour cause...

Re: le travail social et le voile

Publié : 02 nov. 2009 16:36
par pour leyla
si ton amie ne porte pas le voile lorsqu'elle est dans l'enceinte de l'institution ou qu'elle ne le porte pas pendant les heures de travail, normalement aucun employeur ne peut refuser de l'embaucher parce qu'elle porte le voile dans sa vie personnelle. Dans ce cas, il s'agirait plutôt de discrimination

Re: le travail social et le voile

Publié : 02 nov. 2009 20:31
par Romain
Euh TDM ... je ne suis pas certain que les associations féministes cautionnent (toutes) le port du voile
même Elisabeth Badinter (femme de monsieur Badinter qui a permis l'abolition de la peine de mort) le dénonce
ah moins que ça soit ironique de ta part

dans tous les cas, l'employeur n'est pas au dessus de la constitution garantissant à tout individu le droit de croyances , convictions ...
le port du voile n'est interdit par aucune loi en france
néanmoins, si les intérêts de l'entreprise et des salariés sont compromis à cause du port de ce voile , l'employeur peut l'interdire, voire congédier la personne si celle ci ne veut pas le retirer
par exemple , pour un poste en contact avec le public, si ce voile pose problème à la clientèle et que celle ci quitte l'entreprise , l'employeur est en droit d'interdire le port du voile
par contre si l'employée qui porte un voile est seule dans un bureau derrière un ordinateur , qu'elel le porte ou non n'a pas beaucoup d'impact ...

pour une personne qui souhaite porter le voile , à mon avis, je m'orienterais vers des employeurs adéquates, pas vers des Cg ou autres services publics, ça me para^it assez logiques, même s'il y a toujours des exceptions
et puis y a des jolies voiles (et voilées) hein , tout n'est pas perdu
bon courage

Re: le travail social et le voile

Publié : 02 nov. 2009 21:30
par sa
je pense que ca peut peut etre mieux passé si elle attache son voile juste comme un chignon on ne voit pas ses cheveux mais on verra son cou.Je ne sais pas si cette maniere de porter le voile lui convient mais je pense qu'il serait plus facile pour elle d'etre embauché si elle le porte comme ca lors de son travail. Je connais dailleur un medecin en hopital qui le porte comme ca.

Re: le travail social et le voile

Publié : 02 nov. 2009 23:25
par tdm
évidemment que c'est ironique...
le voile, peu importe la religion, on avait la mantille, renvoie à pas mal de choses que les femmes combattent depuis des décennies, du moins celles qui ont milité et militent encore pour leur indépendance, pour leur liberté : la soumission aux hommes, les interdits moraux et religieux à pouvoir disposer de son corps, certaines entraves à pouvoir exercer son esprit critique.... mais le voile comme disait je sais plus qui, il est d'abord dans la tête... Ostentatoire ou disposition de l'esprit, les voiles ne manquent pas ici bas !
La règle (dura lex sed lex) ne permet pas en effet, aujourd'hui, qu'on puisse porter ces signes là dès l'instant qu'on prétend représenter une institution et une mission de services publics, s'adressant au plus grand nombre. On porte certaines valeurs républicaines, étymologiquement : "la chose publique". C'est une question de neutralité, et ça s'appelle aussi le devoir de réserve, il y va de l'intérêt de tous... quelle que soit la religion, qui doit alors rester une affaire privée.

Re: le travail social et le voile

Publié : 02 nov. 2009 23:41
par tdm
ps : Badinter ne s'en est pas pris au voile mais plutôt à la burqa, aux dernières nouvelles. Lire ce texte de la dame, excellent :

Adresse à celles qui portent volontairement la burqa

Après que les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition, wahhabite (Arabie Saoudite) pour l'un, pachtoune (Afghanistan/Pakistan) pour l'autre, allez-vous continuer à cacher l'intégralité de votre visage ? Ainsi dissimulée au regard d'autrui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu'à la connivence d'un sourire ? Dans une démocratie moderne, où l'on tente d'instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n'est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres. Alors je m'interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous de mandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là- bas ? En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Sub version, provocation ou ignorance, le scandale est moins l'offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. C'est aujourd'hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. Elles ne le peuvent pas... Pensez-y.
Elisabeth Badinter
Le Nouvel Observateur

Re: le travail social et le voile

Publié : 03 nov. 2009 12:43
par leyla
oui c'est bien de l'ironie tdm!!!

Et bien moi je pense que pour beaucoup de gens "le voile" represente la soumission de la femme à l'homme mais pas du tout...Si cette collegue le porte c'est par conviction religieuse uniquement...cela ne l'empeche pas de travailler, d'être independante, d'être très jolie et coquette...

Bref....je souhaitais soulever cette question car on a le droit d'avoir des convictions et de travailler...le soucis pour elle c'est qu'elle aimerait qu'on l'accepte comme elle est et de pouvoir travailler avec son voile...et je pense que pour beaucoup de femme musulmane pratiquante et diplomée cela est tres difficile en France alors que dans d'autres pays cela est toléré
à partir du moment ou on ne fait pas de proselytisme et qu'on respecte les convicions de l'autres...

Avez vous des idées d'employeur qui pourrait l'accepter??

Merci.

Re: le travail social et le voile

Publié : 03 nov. 2009 14:30
par Jeunediplomé
SLKM leyla!!!

Je suis un peu dans la meme situation que ton amie.
Musulmane, j'envisage depuis peu de porter le voile par conviction personnelle et religieuse.

Malheureusement, je reste lucide et je sais qu'il sera pour moi difficile de trouver un employeur qui m'accepte sans le voile.

J'ai donc fais le choix de l'enlever avant mon entrée dans l'institution. Cependant, le regard de mes collegues me pèsent beaucoup. Je ressens le fait qu'ils me trouvent DIFFERENTE d'eux et j'ai meme l'impression que je leur fais peur.

Alors peut-etre dois-je arreter de travailler?

Re: le travail social et le voile

Publié : 03 nov. 2009 14:47
par Romain
TDM :
Elisabeth BADINTER avait écrit bien avant la lettre que tu cites , un bouquin qui s'appelel "Fausse route". Dans un interview à libération en 2003 . Je la cite :
"Si on laisse ces jeunes filles porter le voile à l'école au nom de la tolérance ou d'une pseudo-liberté, à quel titre refusera-t-on demain la burqa ?"

Il s'agit pas de piocher sur internet un texte pour définir la pensée entière d'une personne. Du moins pour dénier le reste de ce qu'elle pense. Tu as trouvé un texte sur la Burkha qui donne son opinion sur la Burkha uniquement. A t-elle donné son avis sur le port du voile ? non ! et pourtant tu parles à sa place en disant qu'ell" " ne s'en est pas prise au voile"
Si je l'ai dit , dans mon premier message , c'est que je l'ai entendu de sa propre bouche , dans un documentaire télévisuel sur ARTE , et pas sur google ... voilà juste pour dire , qu'il faut pas parler de ce que l'on ne sait pas . on se renseigne un peu plus , au delà du premier clic. biz biz

je cite tout l'article du coup :

Blandine Grosjean : Entretien avec Élizabeth Badinter

Voile islamique : «Si on accepte cette symbolique, fini l'égalité des sexes»

Libération 23 avril 2003



Dans son dernier livre, Fausse route, la philosophe Elisabeth Badinter consacre un chapitre à ce qui reste pour elle «la première grande défaite de l'universalisme» : en 1989, sous l'événement apparemment anodin du port du foulard par des jeunes filles musulmanes, on a admis pour la première fois une différence de statut entre l'homme et la femme.



Selon vous, le voile n'est pas seulement un défi lancé à la laïcité traditionnelle, c'est aussi l'affirmation de devoirs spécifiques qui incombent à la femme en vertu de sa nature. Pourquoi ?

La symbolique du foulard est claire et, en 1989, beaucoup ont refusé d'ignorer la dimension de soumission pour n'y voir qu'un acte de liberté de quelques jeunes filles : la femme doit cacher ses cheveux pour ne pas susciter le désir des hommes. Il est le signal pour tous les hommes qui ne sont pas de sa famille qu'elle est intouchable, inabordable. Si elle ne le met pas, elle porte l'éventuelle responsabilité des violences sexuelles dont elle pourrait être victime, elle est considérée comme une pute potentielle. A priori, la femme est donc coupable de susciter des désirs impurs, alors que l'homme est innocenté de les éprouver. Si on laisse ces jeunes filles porter le voile à l'école au nom de la tolérance ou d'une pseudo-liberté, à quel titre refusera-t-on demain la burqa ? Il faut bien comprendre que, si on accepte cette symbolique du corps féminin conçu comme une menace diabolique, c'en est fini de l'égalité des sexes.



Vous accusez la République française d'avoir abandonné l'exigence d'égalité des sexes sur le territoire national et d'avoir adressé ce message: «Faites ce que vous voudrez de vos filles, ce n'est plus notre affaire.» En 1989, c'était un gouvernement de gauche, non ?

Qui a lâché les professeurs en leur demandant de s'en tenir à l'arrêt, mi-chèvre mi-chou, du Conseil d'Etat ? C'est la peur de la gauche d'être taxée de racisme et d'intolérance. C'était une époque où le discours sur le relativisme culturel commençait son essor. Il fallait respecter les coutumes de toutes les cultures, y compris selon certains, la polygamie et l'excision. Aujourd'hui, attaquer le voile, c'est s'exposer à la critique d'islamophobie : je réponds que les juifs, comme les musulmans et les catholiques, doivent respecter les lois de la République que sont la laïcité et l'égalité des sexes. Bien sûr, la kippa, contrairement au voile, n'exprime pas la soumission d'un sexe. Il doit y avoir un discours politique très ferme sur la laïcité et sur l'égalité des sexes qui est le thermomètre de l'avancée d'une démocratie. La République n'a pas seulement abandonné les quartiers en grande difficulté. En cédant aux pressions communautaristes, en faisant sienne la philosophie différentialiste, elle a laissé se développer un processus intolérable d'oppression des femmes.



Vous accusez également le féminisme officiel d'avoir abandonné les jeunes femmes des cités à leur sort.

Les conséquences de ce reniement de la part des politiques et des féministes n'ont jamais vraiment été tirées. Le foulard n'est que la partie visible de l'iceberg et, avec lui, une certaine conception de la jeune fille s'est trouvée légitimée dans les quartiers à majorité musulmane. Soit «putes», si elles entendent vivre comme le reste des Françaises, et elles s'exposent alors à la violence et à l'irrespect. Soit «soumises», si elles se soumettent à la loi des hommes qui les enferment dans la famille. Les jeunes femmes de «Ni putes, ni soumises» ne se reconnaissent absolument pas dans le seul discours féministe qu'elles ont pu connaître, celui de ces dix dernières années. Le débat sur la parité les concerne autant que les soldes chez Hermès. Elles récusent l'appellation de féministes alors qu'elles luttent vraiment pour l'égalité des sexes. Mais elles ont le dos au mur, elles demandent qu'on les aide concrètement à se battre contre le voile, elles ont bien perçu qu'il est lié à tout un système qui les exclut des libertés conquises par les femmes de ce pays : liberté sexuelle, liberté d'aller et venir, de se marier comme elles l'entendent. Il faut réaffirmer le droit pour toutes les femmes, et pas seulement pour les Françaises «de souche», de jouir de ces libertés. On ne doit pas accepter qu'il y ait deux traitements, et des territoires perdus de la République pour certaines femmes. Les féministes de tous bords doivent tenir un même discours, et que l'on n'entende plus comme en 1989 : «Taisez-vous, vous servez la soupe à Jean-Marie Le Pen.».