lili, il n'est pas seulement question de salaire, mais de sens aussi.
Toute la formation, on te parle du sens du travail social? mais aujourd'hui je n'entend de mon employeur que les restrictions budgétaires. Nous sommes en juillet, et il n'y a déjà plus d'argent pour des aides fi, chez les partenaires non plus. ALors oui, notre boulot ce n'est pas que des aides fi, sauf que c'est aussi un outil. Du coup, les aides sont accordées à la tête du client, avec des théories fumeuses de la part de ma supérieure. (à dire ça je risque peut être d'être suspendue comme Zoe SHeppard?)
On me parle de restrictions, mais on fait des formations obligatoires à la con, qui font perdre 3 jours de boulot, je vois du gaspillage partout, on me rétorque qu'il faut bien faire des choix.
Je me bats, je suis militante, syndiquée, politisée, mais on vide mon travail de son sens, et je suis blasée. Je travaille depuis peu de temps pourtant...
Pierre, je rejoins ton sentiment, d'une part toutes les futures étudiantes ou les futures AS enthousiastes, et d'autre part des collègues et moi désemparées.
Au quotidien, dans la relation avec les personnes, je donne le meilleur de moi-même, mais je n'ai pas d'outils, seulement ma patience et ma pugnacité, mon vocabulaire et ma hargne.
Mais, si je devais donner un conseil aux futures collègues, c'est de ne pas faire ce métier. Ca doit faire bizarre de lire ça, mais au delà du fait que de toute façon c'est complètement bouché, quand je discute avec mes copines de promo on rigle doucement : les filles dans le privé veulent passer le concours pour bosser dans le public et avoir un CDI, et accès à d'autres choses (formation, salaire etc) (ce qui se comprend) et celles qui bossent dans le public sont hallucinées de la hiérarchisation à outrance, de l'abus d'autorité, de la segmentation des missions et du rôle de "comptoir" de la polyvalence (genre on ne devrait faire que de l'orientation et instruire peu)...
J'aime ma profession, je n'aime pas le travail que je fais aujourd'hui.
On peut critiquer les collègues qui disent en avoir assez, et je ne pensais pas que ça m'arriverait, et pourtant aujourd'hui j'en suis à me demander ce que je fous là.
Je note l'idée du bilan de compétences, mais je ne sais rien faire d'autre que remuer ciel et terre pour embêter le monde et soutenir autrui... être AS quoi

je pensais aussi à l'enseignement fut un temps, mais il faut désormais un bac +5 pour accéder à l'IUFM, et les réformes actuelles me font douter des débouchés... En fait, je crois que je vais continuer à me battre... quan c'est tout ce qu'on sait faire hein...