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Approche médicale, psy, sociale Laffaire vincent humbert : "le droit de mourir"

Publié : 30 déc. 2010 13:15
par Romain
Bonjour,

A la suite d'un terrible accident de la route en 2000, Vincent humbert, jeune garçon en pleine forme et santé, devient tétraplégique, aveugle et muet.
3 ans après, le 26 sept 2003 il s'est éteint, sa mère et le corps médical l'ont aidé à partir.

L'affaire Vincent Humbert avait fait la une des journaux , a été très médiatisée à l'époque. Elle soulève la question de l'euthanasie , interdite en France, mais autorisée dans d'autres pays , en Europe notamment.

Il y a quelques années , j'avais lu le livre de Vincent, de sa mère , et du Docteur Chaussoy qui a pris 3 ans de prison pour avoir permis à Vincent d'exercer "son droit à mourir".

Le libre du docteur Chaussoy est poignant. Il met en exergue à la fois la position d'un médecin dont la vocation est de sauver des vies , et celle de l'homme, du père , de l'être humain face à la souffrance , à la détresse. Partager entre la déontologie et l'éthique, entre la loi et le choix de Vincent (son patient). Après avoir pris du recul face à la demande de Vincent et de sa mère, après avoir fait une évaluation de la situation, ce médecin a agit dans le sens de la demande du jeune. A t-il mis fin à la vie de Vincent, ou bien a t-il purement libérer une âme déchirée dans un corps mort ?

Récemment, j'ai pu discuter de cette affaire, et surtout de la question de l'euthanasie (pas joli ce mot au passage ...) , avec un médecin, chirurgien en hôpital.

Voilà ce qu'il m'a dit:
Pour lui , les personnes qui tendent vers la mort , qui ont envie de se suicider , et qui passent à l'acte, sont des gens qui sont en dépression. Quand on va mal , on a envie de mourir. il en conclut que c'est la mère de vincent est responsable de la mort de son fils, car elle a entretenu sa dépression en l'encourageant à faire valoir son "droit à mourir" et pleurant à son chevé nuit et jour.
Il m'a donné un exemple, en prenant mon cas personnel , je suis papa d'une petite fille. S'il m'arrivait quelque chose , dans le genre "humbert" , n'aurais je pas envie de voir quand même grandir ma fille, voir ce qu'elle deviendra pour les années à venir ? Dans ma tête , c'est vrai que ça fait tilt , et évidemment , même en homme tronc , je ne souhaiterais pas mourir , mais voir ma fille grandir !
Or , je me suis dit d'un autre coté , que le cas de V. humbert était différent, et qu'on n'peut pas généraliser non plus. il faut du cas par cas. vincent n'avait plus de raison de vivre (selon son livre) . il n'avait plus rien , plus d'espoir , plus de projet de vivre , condamné à vie. Il souffrait physiquement aussi.
Le médecin avec qui j'en parlais , me vanta alors les services de soins palliatifs qui sont devenus très performants !
Oui mais , entretenir un corps mort , est ce vraiment humain ?
Ne pas écouter ce que dit , veut , espère la personne pour "sa vie" ou bien ce qu'il en reste , est ce respecter sa dignité ?
La constitution ne dit elle pas que tout citoyen a droit à la dignité ?

Je comprends la position du médecin.
Néanmoins , la mort n'est elle pas la continuité de la vie.
La mort n'est elle acceptable qu'après un certain âge ? La mort "naturelle" est
elle forcément belle ?

Si une commission réunissant des psys , médecins ... avaient pu évaluer vraiment létat éventuel dépressif de Vincent , alors pourquoi pas imaginer le maintenir en vie , jusqu'à ce qu'une psychothérapie (si cela est possible ! ) lui redonne gout à la vie ...

Pour moi, un droit de mourir avec concertation d'une commission pluriprofessionnelle , au cas par cas, n'est pas impensable. En belgique , cela existe déjà , et pourtant ce n'est pas l'abattoir à lhopital pour autant . des français y partent mourir. L'accepter en france, c'est permettre à ces personnes , de mourir sur leur terre , de finir de vivre sans se cacher, la peur , l'illégalité.

je me demandais si les approches psy, sociale , et médicale étaient différentes , en prenant l'exemple de Vincent. Notamment par rapport au choix libre de la personne de décider de la vie qu'il veut , ou qu'il ne veut pas .
Avec cette situation, j'ai l'impression que les approches techniques médicales , et approches des sciences humaines, sont bien scindées.

Quels sont vos sentiments et avis sur la question ?
Sachant que la mère de Vincent aurait très bien pu débouler dans votre bureau. Auriez vous fait un signalement , Vincent étant encore mineur à l'époque". auriez vous expliqué à la mère de Vincent que son fils était dépressif certainement que son envie de mourir était logique , et qu'il faut l'orienter vers un psy ?
je plaisante bien sur ...

Merci beaucoup !

Re: Approche m�dicale, psy, sociale Laffaire vincent humbert : "le droit de mourir"

Publié : 31 déc. 2010 11:33
par pmrb
Votre intervention comporte des inexactitudes matérielles (notamment: le Dr CHAUSSOY n'a pas écopé de 3 ans de prison mais il a bénéficié d'un non-lieu), mais ce n'est pas grave, vous posez fort bien une très grave et très importante question: à qui appartient la vie ?
Appartient elle à Dieu, comme pour beaucoup de croyants monothéistes?
Appartient elle aux moralistes (lesquels?)
Appartient elle au médecin, comme dans le Code de la Santé lorsque la personne n'est plus en mesure d'exprimer sa volonté ?
Appartient elle aux psy ? ceux des soins palliatifs ou d'autres ?
Appartient-t-elle au législateur ?
Ou appartient elle au citoyen ?

A chacun de répondre.

On enseigne à tous les médecins que le désir de mourir est un symptôme cardinal de dépression psychique, ou au moins la demande travestie d'attention à son égard. La vocation du médecin n'est pas de donner la mort mais de la combattre, et je suis favorable à ce que rien ne change sur ce plan. C'est le plus mal placé pour répondre à la question posée.

Re: Approche médicale, psy, sociale Laffaire vincent humbert : "le droit de mourir"

Publié : 31 déc. 2010 17:14
par lili
cette question est passionnante, complexe et difficile. je travaille avec des enfants polyhandicapés, la question de la mort, du désir de vivre ou de mourir est présent dans certains cas.
il ne peut y avoir comme vous le dites que des réponses au cas par cas. cependant pour moi le respect du choix de la personne devrait être au centre du débat. Vincent Humbert avait exprimé plus que clairement et à plusieurs reprises son désir de mort digne, plus digne à ses yeux qu'une mort longue. ce choix exprimé n'est pas prévu dans notre législation. cela n'empêche que certains citoyens font passer leur humanité avant l'idéologie. à mon sens c'est ce qu'ont fait mme Humbert et mr Chaussoy.

j'espère que le débat que vous amenez sera traité dans le respect des avis de chacun, ce qui parfois n'est pas le cas sur ce forum

Re: Approche médicale, psy, sociale Laffaire vincent humbert : "le droit de mourir"

Publié : 04 janv. 2011 12:02
par marjorie
je pense que chacun peut décider de vivre ou de mourir. que l'on soit dépressif ou non, peu importe finalement. c'est un choix personnel.
dans le cas de vincent humbert, le problème est qu'il ne pouvait mettre fin à ses jours seul. ce débat n'aurait pas eu lieu s'il avait pu se suicider dans son coin, pour quelque raison que ce soit mais qui pour lui aurait pu justifier son acte.
étant physiquement incapable de passer à l'acte, il a tout simplement demandé de l'aide pour effectuer son geste. nous n'avons pas à juger s'il avait raison ou tort de vouloir, c'est son choix à lui. de la même façon, nous n'avons pas le droit de le maintenir en vie, si son désir était de mourir et sachant que s'il avait pu, il aurait mis fin à ses jours tout seul.
personne n'a tué vincent. sa mère et son médecin ont tout simplement exaucé sa dernière volonté, et avec un grand courage. quelle mère serait capable de consentir à ce geste si ce n'est avec beaucoup d'amour??
mettons nous à sa place quelque seconde...
de la même façon que l'on ne peut obliger quelqu'un à vivre malgré lui, (même en "sauvant" une personne qui fait une TS, elle recommencera jusqu'à ce qu'elle parvienne à mourir) vincent voulait mourir, il a exprimé son désir, et peu importe que ce soit en raison d'une dépression (qui certes peut se soigner mais peut aussi revenir), il avait fait un choix et nous devons le respecter, sans le juger.

Re: Approche médicale, psy, sociale Laffaire vincent humbert : "le droit de mourir"

Publié : 04 janv. 2011 13:23
par Romain
Tenez je vous conseille de lire, surtout al seconde partie accompagnement en fin de vie et euthanasie :
http://www.reseauhippocrate.org/spip.php?article46


personnellement je trouve ça gonflé

Re: Approche médicale, psy, sociale Laffaire vincent humbert : "le droit de mourir"

Publié : 05 janv. 2011 10:09
par marjorie
ils y vont un peu fort dans cet article!!
mais il faut arrêter d'être hypocrite : "endormir" une personne pour qu'elle ne souffre plus et/ou qu'elle "s'en aille" est une pratique courante. les médecins demandent aux familles ce qu'elles souhaitent, et combien de famille ne veulent pas d'acharnement thérapeutiques? cela veut bien dire qu'ils ne veulent pas que leur proche soit maintenu en vie dans un état semi-comateux et ils donnent leur accord aux médecins pour qu'ils fassent le nécessaire.
cela n'apparait pas dans les journaux à chaque fois mais cela se fait et existe, soyons réaliste.

cela ne me choque pas et pour l'avoir vécu dans ma famille, je trouve que c'est un acte d'amour que d'offrir une fin de vie digne à une personne qui souffre (physiquement mais moralement aussi).

Re: Approche médicale, psy, sociale Laffaire vincent humbert : "le droit de mourir"

Publié : 06 janv. 2011 21:26
par anneso
tu dis que tu voudrais voir grandir ta fille
Je pense que la "paternité/maternité" peut également être un facteur à prendre en compte
Quand tu es parent ta première raison de vivre, c'est tes parents
mais quand tu n'as pas d'enfant c'est ton avenir? ton futur conjoint? ton travail? tes amis? tes moments de rire? le sport? tes hobbys? (chacun verra sa réponse) et quand ta situation médicale ne te permet pas d’avoir tout cela? je pense que tu préfères mourir