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que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 18 janv. 2011 20:01
par emma
tout est dans le titre...
Comment faut-il réagir face à une personne âgée qui refuse les aides alors que rester à domicile est dangereux pour elle...

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 19 janv. 2011 14:43
par marjorie
je ne sais pas s'il y a une seule manière de réagir. ce refus est légitime, les générations vieillissantes n'ont pas été habituées à demander quoi que ce soit et c'est même un honneur que certains mettent en avant "on a jamais rien demandé à personne, on s'est débrouillé". il faut déjà comprendre cela.
ensuite, ce n'est pas évident de laisser un inconnu entrer chez soi, toucher ses affaires perso et surtout l'aider dans des tâches génantes : la toilette, aller au wc... comment on réagirait nous???
il ne faut pas brandir de suite le "danger à domicile" et "obliger" les gens à accepter les aides.
il vaut mieux prendre le temps de discuter avec la personne, voir ce qui la bloque, tenter de "négocier"... tout passe par le dialogue et c'est à nous, travailleurs sociaux de nous adapter aux usagers et non l'inverse: les forcer à s'adapter aux aides qu'on veut à tout prix leur refourguer en pensant avoir fait notre travail!!
la base, c'est la relation d'aide... ne l'oublions pas!! les dispositifs ne sont que des moyens, pas des solutions miracles!!

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 21 janv. 2011 23:43
par Florence
Bonsoir,

A mon sens, seul un médecin peut dire qu'il y a danger pour la personne, ou éventuellement, un consensus entre différents partenaires.

Je rejoins un peu Marjorie : qui dit qu'il y a danger ? Qu'est-ce qui est dangereux pour cette personne et qu'est-ce qui peut être fait pour y remédier ?
L'équipe APA a-t-elle fait une évaluation ? La personne bénéficie-t-elle déjà d'aides à domicile ? d'une téléalarme ? Y a-t-il portage de repas ? etc ...

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 24 janv. 2011 15:51
par Cha
Bonjour,
il est en effet difficile d'évaluer un danger chez une personne agée, peut etre a t'elle vecu toute sa vie de cette maniere. il faut arriver a comprendre leur vie d'avant et ne pas la calquer sur la notre et surtout sur nos valeurs et nos normes!
je rejoins également marjorie il faut prendre beaucoup de temps pour parler avec la personne instaurer une relation de confiance. . .

Bon courage

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 15 mars 2011 18:45
par am
Salut Emma!!

Je comprends complètement ta situation, je suis face au même dilemne actuellement.

Je suis d'accord avec vous toutes lorsque vous dites qu'il faut respecter le choix de la personne mais ce n'est pas toujours aussi simple que ça (si seulement....) Je suis également d'accord avec vous sur le fait qu'il faut être prudent avec la notion de danger mais par contre dire que seul un médecin peut dire qu'il y a danger... je n'en suis pas convaincu. ( Je ne dis pas comme ça, je me suis un peu documentée à ce sujet et à plusieurs reprises j'ai pu relever que la notion de danger entre le médical et le social était souvent assez différente : notre formation nous amène a voir les choses différemment. Je ne dis pas que l'avis du médecin n'a pas de sens mais qu'il ne faut pas se contenter de celui-ci : à quoi sert la coordination dans le maintien à domicile sinon?)

Pour en revenir à la situation qui m'amène à me poser la même question que toi Emma, il s'agit d'un homme d'environ 90 ans. Il est atteint de la pathologie d'Alzheimer à un stade assez avancé. Il y a eu plusieurs signalement de Monsieur tombé dans la rue, retrouvé au milieu de la chaussée de grandes avenues de la commune Monsieur refuse toute aide à domicile en dehors d'une infirmière ( qui ne peut à elle seule maintenir Monsieur à domicile).
Il est actuellement sous tutuelle. Une entrée en EHPAD est envisagée mais les tuteurs ne lui ont pas encore annoncé. Ils ont conscience que Monsieur se met en danger, le médecin s'inquiète et souhaite signaler la situation.

Alors comment travailler sur le refus d'aide à domicile avec une personne démente qui se met en danger...? Car meme si une tutelle est en place, le respect du choix de la personne est important... Je dois vous avouer que cette situation me questionne beaucoup....

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 16 mars 2011 22:30
par Laurène
L'an passé, j'ai plusieurs fois été confrontée à la problématique de l'entrée en EHPAD de la personne, qui souhaite rester à domicile...
Il est certain qu'il est difficile pour la famille, comme pour nous, d'imaginer laisser rentrer chez elle une personne qui a de fortes chances de chuter, de se faire très mal, de mourir peut être parce qu'elle n'aura pas pu se relever...c'est terrible et inimaginable.
Pourtant, ces personnes préféreront peut être cent fois plus mourir chez elles de cette façon que dans une chambre en EHPAD. Même si, à nos yeux, c'est honteux, et c'est ne pas porter secours à une personne en danger.
Je ne dirais en revanche pas forcément ça pour les personnes atteintes de pathologies telles Alzheimer. Elles n'ont plus forcément conscience de leurs difficultés, elles se mettent en danger et mettent en danger la vie des autres aussi (en conduisant, en laissant le gaz allumé...). Dans ces cas là, je pense qu'il est important de choisir un représentant, tuteur ou membre de la famille, pour prendre la décision, malheureusement, à la place de la personne si elle n'est plus du tout "consciente"...

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 17 mars 2011 19:55
par Florence
Bonsoir,

Une "petite précision" qui a son importance : Laurène dit "Dans ces cas là [personne qui n'a pas conscience du danger], je pense qu'il est important de choisir un représentant, tuteur ou membre de la famille, pour prendre la décision ..." --> je précise donc ici qu'en ce qui concerne le tuteur, il ne peut prendre une telle décision seul.
Selon la loi de protection des majeurs (2007-308) : "le choix du lieu de vie appartient au majeur".
Il faut une expertise, par médecin agréé auprès du Tribunal, pour pouvoir résilier le bail du logement et/ou licencier une aide-ménagère (indirectement --> pour que la personne entre en EHPAD)

Voilà pourquoi, Am, je disais que seul un médecin peut prendre la décision de faire entrer la personne en EHPAD "contre sa demande". Car de toutes façons, si la personne ne veut pas entrer en EHPAD, il faudra souvent passer par une hospitalisation ... donc, c'est le médecin traitant qui bien souvent fera hospitaliser la patiente. Evidemment, dans la pratique, cela suppose une concertation médecin traitant / famille et/ou services de maintien à domicile.
Et, comme je le disais, dans le cas d'une tutelle, il faudra ensuite une expertise spécifique pour un "certificat de non-retour à domicile".

Je reviens encore sur ce que dit Laurène : pourquoi seules les personnes atteintes d'Alzheimer seraient-elles en danger chez elles ? D'autres aussi peuvent laisser un truc dans le four, pas besoin d'avoir Alzheimer pour ça.
Et que veut dire "elles n'ont pas conscience de leurs difficultés" ? Là aussi, pourquoi seules les personnes souffrant d'Alzheimer seraient-elles inconscientes de leurs difficultés ??
Dans mes majeurs protégés, j'avais une majeure non-Alzheimer, mais malade psychiatrique (psychose et hallucinations, stabilisée par traitement) ... Etait-elle consciente de ses difficultés ? Non ! Le mieux, c'est que ses 2 filles n'en étaient pas conscientes non plus ! Il m'a fallu un an pour amener le médecin traitant à se positionner (alors que madame elle-même demandait à entrer en EHPAD) et obtenir une hospitalisation lors d'une dégradation passagère de son état de santé suite à une chute.

Tout ça pour dire que non, ce n'est pas simple. Mais l'avais de la personne n'est pas toujours pleinement conscient et éclairé (belle formule ... mais concrètement, comment ça se détermine ??) Et que si la décision finale passe de préférence par un médecin quand la personne (ou sa famille) est opposée à l'entrée en EHPAD, bien sûr, c'est plus facile quand il a consensus d'une équipe soignante ou de l'environnement. (services d'aide à dom, APA ...)

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 18 mars 2011 10:50
par Lilou
ASS en milieu hospitalier, ça m'énerve un peu de lire des phrases telles que : "Car de toutes façons, si la personne ne veut pas entrer en EHPAD, il faudra souvent passer par une hospitalisation" : vous pensez qu'il est davantage possible de contraindre une personne si elle est à l'hôpital?? Elle a autant de liberté à l'hôpital que chez elle et aucun médecin ne peut l'empêcher de rentrer chez elle (sauf un médecin expert mais il peut aussi bien intervir à domicile puisqu'il ne dépend de toute façon pas de l'hôpital où la personne sera).
C'est saoulant au quotidien de voir que les professionnels "étrangers" à l'hôpital pensent que tout est possible à partir du moment où la personne est hospitalisée...nous n'avons pas plus de moyens qu'à l'extérieur!! Et la personne reste libre de toute façon...

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 18 mars 2011 13:33
par Sandrine
Bonjour,

Je suis en dernière année de formation d'assistant de service social. J'ai effectué mon stage de deuxième en milieu hospitalier et mon mémoire sur la maladie d'Alzheimer.

Je me permets de me joindre à votre discussion car j'aborde le danger et le refus d'entrée en institution de la personne âgée dans la présentation orale de mon dpp.

J'aimerai vous évoquer la façon dont je me positionnerai face à de telles situations afin de savoir si je suis dans "le vrai". Je ne voudrai pas me faire aligner lors de l'oral dc1!

A mon sens, il est important d'évaluer avec l'équipe médico-sociale la situation.

Cela signifie pour moi : comprendre pourquoi la personne âgée refuse l'entrée en institution. Savoir si le retour à domicile sera encadré (aides à domicile, soutien de la famille...) car pour moi l'évaluation de la situation ne sera pas la même si la personne âgée bénéficie du soutien de sa famille que si elle est isolée. C'est aussi déterminer avec l'appui de l'équipe paramédicale si la personne âgée a toutes ses facultés mentales afin de savoir si elle a conscience du risque de danger.

Pour moi, la décision revient au patient même si dans de telles situations la médiation avec la famille est importante. Mais, à mon sens, on se doit de signaler la situation si l'évaluation de l'équipe médicosociale aboutit au danger de la personne âgée.

A qui signaler? A l'UT du secteur ou je me trompe???

Si la personne âgée est atteinte de la maladie d'Alzheimer et qu'elle n'est plus en mesure de décider.

Comment sait-on qu'elle n'est plus en mesure de décider? De part les tests neuropsychologiques???

Qui prend la décision de faire entrer la personne âgée en institution dans ce cas là?

A mon sens, c'est la famille quand il y en a une.

Dans le cas d'une personne isolée ou d'une famille non impliquée, instauration d'une mesure de protection afin que le juge des tutelles demande le placement???

Merci de m'éclaire car tout le monde dit un peu tout et son contraire et je n'arrive pas à savoir comment je dois réagir dans de telles situations...

Re: que faire? danger et refus de la personne agée

Publié : 18 mars 2011 23:28
par Florence
C'est bon, Lilou, j'ai aussi été ASS en hôpital ! Alors, c'est saoulant de se faire prendre de haut ...
Bon, ça c'était ma minute de mauvaise humeur.
Ensuite, et pour être constructif : je sais bien que l'quipe médicale n'a pas plus de pouvoir que ... que qui au fait ? Qu'une ASS de secteur ? Qu'un médecin traitant ? Qu'une curatrice ? Déjà là, voici un premier avantage de l'équipe médicale : c'est une EQUIPE justement ! (bon gré, mal gré, parfois, mais une équipe constituée, au même endroit, avec des temps de transmission et des temps de réflexion en commun) Là, j'essaie d'organiser une synthèse avec un SSIAD et deux services d'auxiliaire de vie qui interviennent auprès d'une de mes majeures. Pas facile de coordonner 4 agendas de professionnels ! (auquel s'ajoute celui du neveu de Madame, car bien sûr, je prends l'avis de la famille quand elle s'invsetit)

Et 2ème point, lorsqu'une personne est hopitalisée, il y a l'effet "blouse blanche" : elle n'est plus chez elle, sur son "territoire", mais sur celui du "médecin-chef" ... Et ce ne sont pas que des mots. Le médecin, surtout d'hôpital, a un "pouvoir" hiérarchique qui existe encore, surtout auprès des personnes âgées.

- Pour Sandrine : je ne suis pas sûre que tu trouves ici "réponse sûre" à tes questions, puisque comme tu le vois, il n'y a pas de réponse simple. (le social n'est pas une science exacte, avec une solution toute trouvée à chaque problème)

En ce qui me concerne, je peux juste te répondre de manière certaine sur un point : NON, le juge des Tutelles ne peut pas "placer" une personne !!! (faut pas confondre avec le juge des enfants, lol)
Je le répète : le choix du lieu de vie appartient au majeur protégé, même en tutelle ... sauf contre-indication médicale.
Le seul cas où le juge peut se positionner, c'est en cas de conflit entre le majeur et son tuteur ou curateur (et/ou avec la famille) sur ce choix de lieu de vie.