Pour être notifié de nouveaux messages, entrer dans un forum puis cliquer sur "S'abonner au forum" (+ infos)

Mémoire sur l'identité de la personne alcoolique

La communauté Assistant de Service Social se retrouve sur Les forums du Social depuis plus de 20 ans pour échanger sur les concours, le métier, le diplôme, la formation, la sélection, le salaire, la carrière, les débouchés, la profession, etc.
Kari

Mémoire sur l'identité de la personne alcoolique

Message non lu par Kari » 25 sept. 2011 12:55

Bonjour amis du social,

Ja suis actuellement en 3ème année de formation, et je me mets à mon mémoire petit a petit. Il a pour thème : l'identité de la personne alcoolique, d'une certaine perte vers une reconstruction de soi.
Actuellement, je me suis mise à lire des livres mais je suis un peu perdue, et je ne sais pas par ou commencer. J'aimerais avoir un peu d'aide par rapport à la bonne marche à suivre au niveau du mémoire, et si des personnes sont interessées par cette problématique ou travaillent en lien avec celle-ci, votre aide sera la bienvenue.

mouais

Re: Mémoire sur l'identité de la personne alcoolique

Message non lu par mouais » 25 sept. 2011 21:11

Sur "l'identité" il y a ce mot de Hume :

"Pour ma part, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je bute toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir.
Je ne peux jamais me saisir, moi, en aucun moment, sans une perception et je ne peux rien observer que la perception. Quand mes perceptions sont écartées pour un temps, comme par un sommeil tranquille, aussi longtemps je n'ai plus conscience de moi et on peut dire vraiment que je n'existe pas.
Si toutes mes perceptions étaient supprimées par la mort et que je ne puisse ni penser, ni sentir, ni voir, ni aimer, ni haïr après la dissolution de mon corps, je serais entièrement annihilé et je ne conçois pas ce qu'il faudrait de plus pour faire de moi un parfait mort.
Si quelqu'un pense, après une réflexion sérieuse et impartiale, qu'il a, de lui-même, une connaisance différente, il me faut l'avouer, je ne peux raisonner plus longtemps avec lui. Tout ce que je peux lui accorder, c'est qu'il est peut-être dans le vrai aussi bien que moi et que nous différons essentiellement sur ce point. Peut-être peut-il percevoir quelque chose de simple et de certain qu'il appelle lui : et pourtant je suis sûr qu'il n'y a pas en moi de pareil principe."

David Hume

j'aborderais ce sujet avec un autre terme que celui "d'identité", en parlant de l'évolution d'un individu, de ses métamorphoses, quelque chose comme ça je sais pas. le problème de l'identité, pour parler de quelqu'un et non pas de quelque chose de figé, cad de changements, d'évolutions, etc., c'est qu'on ne la cerne jamais. c'est une savonnette, en gros, c'est flou. On peut dire tout et son contraire. or les renseignements de la carte nationale ne suffisent pas ici ;-) bon courage

ps : la place de l'as, don't forget

yves Coulombier

Re: Mémoire sur l'identité de la personne alcoolique

Message non lu par yves Coulombier » 29 sept. 2011 10:57

Salut
Je suis AS en alcoologie et je partage l'opinion de Mouais.
Le thème que tu as choisi fait un peu "roman qui se passe bien".
La réalité me semble plus complexe et un alcoolique n'a pas necessairement envie de se reconstruire.
QQfois, le rôle de l'AS peut se limiter à éviter que l'alcoolique détruise les autres (protection de l'enfance par ex).
Bon courage
Yves

mouais

Re: Mémoire sur l'identité de la personne alcoolique

Message non lu par mouais » 29 sept. 2011 18:52

merci Yves, c'est un plaisir de vous lire. Vous ne venez pas souvent ici.
A propos d'identité, peut-être l'ai-je déjà cité ailleurs mais il vaut vraiment la peine (le plaisir plutôt) d'être lu, c'est Clément Rosset, et son essai "Loin de moi", sur l'identité précisément, aux éd. de Minuit et son fameux : "Moins je me connais, mieux je me porte".

Du même auteur il y a encore "Le réel et son double", chez Folio Essais, je vous en cite un passage, au tout début, sur notre difficile rapport au réel (qu'éprouve peut-être plus encore une personne fragile ou fragilisée)

:

"Rien de plus fragile que la faculté humaine d'admettre la réalité, d'accepter sans réserves l'impérieuse prérogative du réel. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu'il semble raisonnable d'imaginer qu'elle n'implique pas la reconnaissance d'un droit imprescriptible - celui du réel à être perçu - mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire. Tolérance que chacun peut suspendre à son gré, sitôt que les circonstance l'exigent : un peu comme les douanes qui peuvent décider du jour au lendemain que la bouteille d'alcool ou les dix paquets de cigarettes - "tolérées" jusqu’alors - ne passeront plus. Si les voyageurs abusent de la complaisance des douanes, celles-ci font montre de fermeté et annulent tout droit de passage. De même, le réel n'est admis que sous certaines conditions et seulement jusqu'à un certain point : s'il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l'abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s'il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs." Se faire boire ailleurs, éventuellement ? ;-)

remplacez "s'il [le réel] abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue" par "s'il abuse et se montre déplaisant, l'abstinence est suspendue", et vous avez un effet sympa.


Plus bas, p. 12, on peut lire :

"Alceste, par exemple, dans Le Misanthrope, voit bien, parfaitement et totalement, que Célimène est une cocotte : cette perception, qu'il accueille chaque jour sans broncher, n'est jamais remise en question. Et pourtant Alceste est aveugle : non de ne pas voir, mais de ne pas accorder ses actes à sa perception. Ce qu'il voit est comme mis hors circuit : la coquetterie de Célimène est perçue et admise, mais étrangement séparée des effets que sa reconnaissance devrait normalement entraîner sur le plan pratique."

Est-ce qu'il n'en est pas de même avec certaines dépendances ? est-ce que ça ne pourrait pas illustrer toute forme de dépendance ? me demande...

Répondre