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notre secret professionnel
Publié : 06 déc. 2011 18:55
par AS
Je voulaiss avoir si en tant qu'AS on pouvait transmettre des informations à des professeurs des écoles ou directeurs d'établissements scolaires, ou encore pédopsy, concernant les carences éducatives voire une situation de maltraitance de l'enfant ?
On a beau être soumis au secret pro, la limite est floue... dans quelles situations transmettez vous ce type d'infos aux partenaires ?
Merci
Re: notre secret professionnel
Publié : 06 déc. 2011 23:05
par alya93
je pense qu'il faut d'abord passer par ta hiérarchie car on est effectivement soumise au secret prof. le secret partagé est possible si tu bosses avec une équipe pluri-prof et tout ne doit pas être dit. Sinon voit plutôt avec les ressources professionnelles de ton institution.
Bonne suite
Re: notre secret professionnel
Publié : 07 déc. 2011 14:42
par Peluche
Bonjour!
effectivement c'est toujours subtil et la question du secret pro se pose constamment...
Pour ma part, ce que je me demande toujours en premier, c'est "quel sens ça a" et "est-ce que c'est dans l'intérêt de l'enfant/de la famille".
ça m'est déjà arrivé de donner quelques infos à des directeurs ou des instits, des psy, d'autres AS etc.
J'estime que si tous les professionnels gardent systématiquement leurs infos pour eux, rien n'avance...et c'est comme ça qu'on passe à côté de situations graves, parce que chacun avait des bribes d'infos qui, misent ensemble, auraient apporté un meilleur éclairage. En particulier en ce qui concerne la protection de l'enfance.
Après, tout est question de subtilité, de sens et de respect. On ne dit pas tout, à n'importe qui, n'importe comment. C'est tellement au cas par cas que je serais bien incapable de te donner un exemple général.
Mais effectivement, en parler avec ton équipe et/ou ton responsable peut permettre de prendre du recul et mieux repérer ce qui doit être dit ou non.
La limite est floue, comme tu dis, ça peut être autant un avantage qu'un inconvénient.
Re: notre secret professionnel
Publié : 07 déc. 2011 19:27
par assco
nous n'avons pas à évoquer avec un directeur d'école, un chef d'établissement les difficultés d'une famille, nous avons à en rendre compte au CG si nous sommes inquiets.
Par contre, le sens est effectivement une question à se poser. Ne pas oublier qu'une info donnée à qqun qui n'a pas de formation particulière en matière d'intervention sociale d'aide à la personne peut vite être utilisée d'une façon que nous ne souhaitions pas.
Il y a une chose qui permet le partage d'info : demander à l'usager. Et vous verrez, lorsqu'on fait cela, souvent la réponse n'est pas négative.
Re: notre secret professionnel
Publié : 07 déc. 2011 21:24
par Ass
Jeune professionnelle au sein d'un CMP pour enfants, je suis également confrontée à cette question tous les jours... Le travail en partenariat est central notamment avec les écoles (directeur d'écoles, psychologue scolaire...).
En premier lieu, je ne fais pas de démarche sans l'accord de la famille.
Lors du premier entretien où je précise le cadre d'intervention, je dis à la personne que je peux être amenée à prendre contact avec les partenaires dont les écoles. Je lui explique la raison (orientation spécialisée...) et je demande son approbation. Je précise que je reste vigilante quand aux informations échangées. Généralement, la famille est d'accord.
Avec les partenaires, en général, je reste vigilante et me pose toujours les questions suivantes : à quoi ça va servir ? comment sera utilisée l'info ? à qui pourrait-elle être transmise ?
Aux écoles, je ne dis rien en ce qui concerne la vie privée des familles et surtout aucun élément sur ce qui peut être dit lors de mes entretiens ou dans le cadre des thérapies pour préserver le secret médical et l'espace de parole de l'enfant et des parents. Si j'ai besoin d'info parce que je suis inquiète pour un enfant, je demande à faire un point sur la scolarité de l'enfant sans donner plus de précision. En effet, je ne pense pas que l'école soit le lieu le plus approprié pour confier nos inquiétudes...Si l'école me confie des inquiétudes, je conseille de faire remonter à leur hiérarchie et prend note en disant que je transmettrais cette information à l'équipe.
Après par exemple, si c'est l'ASS de secteur ou un éducateur dans le cadre d'une mesure AED/AEMO, je suis plus souple surtout lorsque la situation est inquiétante...
En général, le travail en partenariat n'est pas évident... Il ne faut pas trop en dire mais suffisemment pour garder de bonnes relations...
Durant mes stages, j'avais des formateurs qui se livraient énormément aux partenaires (un peu trop selon moi...). Mais bon, c'est vrai que ce n'est pas toujours évident de garder tout pour soi. Peut être un besoin de parler pour rester objective ? besoin de parler pour vider son sac ? D'autres étaient plus sur la reserve.
J'ai retrouvé mes cours de première année sur le secret pro et cela m'a bien aidé.
_ Les informations à caractère secret => toute info qui concerne la personne, sa vie familiale et professionnelle, sa vie intime, ses croyances religieuses, ses idées politiques, syndicales... Le caractère secret d'une info peut avoir été décidé par la personne elle même.
- Secret absolu => intimité
- Secret relatif => école, activités, budget...
- Jugement, décision administrative => on peut le dire mais ce n'est pas obligatoire.
Secret professionnel => interdiction de révéler des faits confidentiels dans l'exercice de la prodession hors des cadres prévus par la loi.
La révélation d'une info à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par Etat ou profession, soit en raison d'une fonction ou mission temporaire est puni d'un an de prison et de 15 000€ d'amende.
Finalité : crédibiliser le travail des ASS et protéger la vie privée des usagers.
Levée du secret => mauvais traitements, sévices, privation pour les mineurs et les personnes en incapacité de se protéger, les crimes quelque soit la victime.
Partage d'infos dans le sens du mieux être de la personne, pas à titre gratuit. Il faut vérifier si la personne est consentante à la révélation. Plusieurs textes organsisent le partage d'infos : la loi kouchner relative aux droits des malades, la loi de 2007 sur la protection de l'enfance puis celle de 2007 sur la prévention de la délinquance.
Obligation de discrétion : ne fait pas l'objet de dispositions législatives. Son non respect relève de la responsabilité civile.
J'espère que ça pourra t'aider dans ta réflexion.
Cordialement
Re: notre secret professionnel
Publié : 08 déc. 2011 12:12
par AS scolaire
Bonjour,
effectivement, c'est compliqué, parfois de travailler ensemble si on ne partage pas les infos. Moi aussi, avant de transmettre une info, je me demande si ça a un intérêt pour l'enfant et sa famille, est ce que ça va apporter un plus à sa prise en charge.
Moi aussi, je demande l'accord des usagers mais, légalement, ça ne nous lève pas du secret. Le mieux est de dire aux personnes d'informer directement mais ce n'est pas toujours pas simple.
vaste débat