Bonjour Sabine, (et les autres)
Je suis ASS de formation, mais j'ai rapidement exercé comme "déléguée à la protection des majeurs" et j'adore ce métier, où je ressens pleinement mon utilité sociale.
Effectivement, il y a un cadre juridique (le mandat) qui implique une "contrainte". Je rejoins les autres, ce qui va faire la différence, ce qui va faire qu'on va passer d'une mesure contraiente ou "subie passivement" à une mesure acceptée, c'est la relation de confiance. Elle met parfois quelques mois à s'établir, et bien sûr, par certains côtés, la mesure reste non pas une obligation, mais un cadre. Ce qui importe, c'est que la personne me fasse peu à peu confiance, pour accepter qu'elle a besoin d'être aidée et conseillée.
Mais la personne reste au centre du dispositif, les décisions doivent se prendre avec son accord même si parfois c'est difficile, il faut "négocier" avec la personne, particulièrement celles qui ont une maladie mentale.
Ce n'est qu'en cas de conflit important qu'on peut faire appel au Juge, soit nous-mêmes, soit la personne (mais bien souvent, ce sont les familles qui "montent" la tête au majeur protégé, parce qu'elles ne sont pas dans cette relation de confiance, et que le majeur -qui est souvent vulnérable sur le plan psychologique- ne sait pas s'opposer à sa famille, et se trouve pris dans un conflit de loyauté.
Et quand je parle de famille, je devrais dire "entourage" de la personne, car en effet, c'est parfois avec le/la concubin(e) que les relations sont tendues. Mais cela va être pour moi un "indice", si l'autre personne ne voit pas l'utilité de la mesure, je me dis qu'il/elle n'a peut-être aps encore compris toutes les difficultés du majeur, ou bien il/elle en "veut à ses sous". (car souvent, une AAH qui tombe, c'est bien pratique pour certaines familles, ou certains couples ...)
Enfin, pour un projet de mariage, il faut en discuter suffisamment avec les 2 membres du couple. Mon attitude sera différente selon qu'il s'agit de 2 personnes déficientes intellectuelles (deux travailleurs ESAT, par exemple) pour qui le fait de se marier c'est une façon d'être "comme tout le monde". C'est différent quand il y a une maladie mentale associée.
Mais un de mes "critères", c'est tout bête, c'est aussi la durée de la relation. Je vais accepter bien plus facilement le mariage d'un couple qui vit en concubinage depuis 5 ans, où l'autre personne a toujours été respectueux du travail effectué, etc ... que pour un couple qui se fréquente depuis moins d'un an et avec qui il n'y a jamais moyen de rencontrer celui/celle qui n'est pas sous mesure.
Bref, comme une assistante sociale, je fais une évaluation globale de la situation
