Bonjour,
J'aimerai savoir si une professionnelle assistante sociale pourrait m"expliquer comment elle travaille lorsqu'elle intervient sous mandat judiciaire. Dans ces mesures, elle exerce une mission de contrôle qui va à l'encontre de sa culture professionnelle, comment se positionne elle par rapport à cette mission. Comment travaille elle dans un cadre contraignant où les personnes n'ont pas été dans une démarche d'aide. Comment dans le cadre d'une curatelle renforcée, ne pas être intrusive lorsque le curateur doit donner son accord pour un mariage?
En vous remerciant par avance
Sabine
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mesure judiciaire (AEMO, en SPIP, curatelle renforcée, MJAGBF)
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AB
Re: mesure judiciaire (AEMO, en SPIP, curatelle renforcée, MJAGBF)
La mesure de justice pose les objectifs de l'intervention. c'est certes un cadre, mais les enjeux de la mesure ont ete expliqué a la personne, c'est a lui de la respecter ou pas.
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carole
Re: mesure judiciaire (AEMO, en SPIP, curatelle renforcée, MJAGBF)
Il faut accepter ce role de controle mais avoir une vision plus large. Ce n'est pas parce que la mesure d'accompagnement vient d'un tiers que l'usager n'a pas aussi de demande ! L'important c'est à la fois de poser le cadre et de construire une relation de confiance pour que l'autre puisse parler et se laisser aider... Pour moi, ce n'est pas du tout antinomique et on retrouve la meme méthodologie d'intervention !
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sam
Re: mesure judiciaire (AEMO, en SPIP, curatelle renforcée, MJAGBF)
je partage ce qui a été répondu. j'ajouterai également qu'une mesure judiciaire "ne va pas à l'encontre de la culture professionnelle de l'assistant social".
dans le cadre d'une aemo, ou même de la curatelle, le magistrat va également rechercher l'adhésion de la personne concernée.
le cadre judiciaire pose les limites et les objectifs de l'intervention. charge au professionnel de construire une véritable relation de confiance avec la personne et d'expliquer le travail conduit auprès du magistrat.
enfin, la mesure judiciaire peut aussi faire "tomber" certaines tensions au démarrage d'une mesure. elle permet alors d'avancer plus sereinement avec la personne.
voilà, voilà,
bonne journée !
dans le cadre d'une aemo, ou même de la curatelle, le magistrat va également rechercher l'adhésion de la personne concernée.
le cadre judiciaire pose les limites et les objectifs de l'intervention. charge au professionnel de construire une véritable relation de confiance avec la personne et d'expliquer le travail conduit auprès du magistrat.
enfin, la mesure judiciaire peut aussi faire "tomber" certaines tensions au démarrage d'une mesure. elle permet alors d'avancer plus sereinement avec la personne.
voilà, voilà,
bonne journée !
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Florence
Re: mesure judiciaire (AEMO, en SPIP, curatelle renforcée, MJAGBF)
Bonjour Sabine, (et les autres)
Je suis ASS de formation, mais j'ai rapidement exercé comme "déléguée à la protection des majeurs" et j'adore ce métier, où je ressens pleinement mon utilité sociale.
Effectivement, il y a un cadre juridique (le mandat) qui implique une "contrainte". Je rejoins les autres, ce qui va faire la différence, ce qui va faire qu'on va passer d'une mesure contraiente ou "subie passivement" à une mesure acceptée, c'est la relation de confiance. Elle met parfois quelques mois à s'établir, et bien sûr, par certains côtés, la mesure reste non pas une obligation, mais un cadre. Ce qui importe, c'est que la personne me fasse peu à peu confiance, pour accepter qu'elle a besoin d'être aidée et conseillée.
Mais la personne reste au centre du dispositif, les décisions doivent se prendre avec son accord même si parfois c'est difficile, il faut "négocier" avec la personne, particulièrement celles qui ont une maladie mentale.
Ce n'est qu'en cas de conflit important qu'on peut faire appel au Juge, soit nous-mêmes, soit la personne (mais bien souvent, ce sont les familles qui "montent" la tête au majeur protégé, parce qu'elles ne sont pas dans cette relation de confiance, et que le majeur -qui est souvent vulnérable sur le plan psychologique- ne sait pas s'opposer à sa famille, et se trouve pris dans un conflit de loyauté.
Et quand je parle de famille, je devrais dire "entourage" de la personne, car en effet, c'est parfois avec le/la concubin(e) que les relations sont tendues. Mais cela va être pour moi un "indice", si l'autre personne ne voit pas l'utilité de la mesure, je me dis qu'il/elle n'a peut-être aps encore compris toutes les difficultés du majeur, ou bien il/elle en "veut à ses sous". (car souvent, une AAH qui tombe, c'est bien pratique pour certaines familles, ou certains couples ...)
Enfin, pour un projet de mariage, il faut en discuter suffisamment avec les 2 membres du couple. Mon attitude sera différente selon qu'il s'agit de 2 personnes déficientes intellectuelles (deux travailleurs ESAT, par exemple) pour qui le fait de se marier c'est une façon d'être "comme tout le monde". C'est différent quand il y a une maladie mentale associée.
Mais un de mes "critères", c'est tout bête, c'est aussi la durée de la relation. Je vais accepter bien plus facilement le mariage d'un couple qui vit en concubinage depuis 5 ans, où l'autre personne a toujours été respectueux du travail effectué, etc ... que pour un couple qui se fréquente depuis moins d'un an et avec qui il n'y a jamais moyen de rencontrer celui/celle qui n'est pas sous mesure.
Bref, comme une assistante sociale, je fais une évaluation globale de la situation
Je suis ASS de formation, mais j'ai rapidement exercé comme "déléguée à la protection des majeurs" et j'adore ce métier, où je ressens pleinement mon utilité sociale.
Effectivement, il y a un cadre juridique (le mandat) qui implique une "contrainte". Je rejoins les autres, ce qui va faire la différence, ce qui va faire qu'on va passer d'une mesure contraiente ou "subie passivement" à une mesure acceptée, c'est la relation de confiance. Elle met parfois quelques mois à s'établir, et bien sûr, par certains côtés, la mesure reste non pas une obligation, mais un cadre. Ce qui importe, c'est que la personne me fasse peu à peu confiance, pour accepter qu'elle a besoin d'être aidée et conseillée.
Mais la personne reste au centre du dispositif, les décisions doivent se prendre avec son accord même si parfois c'est difficile, il faut "négocier" avec la personne, particulièrement celles qui ont une maladie mentale.
Ce n'est qu'en cas de conflit important qu'on peut faire appel au Juge, soit nous-mêmes, soit la personne (mais bien souvent, ce sont les familles qui "montent" la tête au majeur protégé, parce qu'elles ne sont pas dans cette relation de confiance, et que le majeur -qui est souvent vulnérable sur le plan psychologique- ne sait pas s'opposer à sa famille, et se trouve pris dans un conflit de loyauté.
Et quand je parle de famille, je devrais dire "entourage" de la personne, car en effet, c'est parfois avec le/la concubin(e) que les relations sont tendues. Mais cela va être pour moi un "indice", si l'autre personne ne voit pas l'utilité de la mesure, je me dis qu'il/elle n'a peut-être aps encore compris toutes les difficultés du majeur, ou bien il/elle en "veut à ses sous". (car souvent, une AAH qui tombe, c'est bien pratique pour certaines familles, ou certains couples ...)
Enfin, pour un projet de mariage, il faut en discuter suffisamment avec les 2 membres du couple. Mon attitude sera différente selon qu'il s'agit de 2 personnes déficientes intellectuelles (deux travailleurs ESAT, par exemple) pour qui le fait de se marier c'est une façon d'être "comme tout le monde". C'est différent quand il y a une maladie mentale associée.
Mais un de mes "critères", c'est tout bête, c'est aussi la durée de la relation. Je vais accepter bien plus facilement le mariage d'un couple qui vit en concubinage depuis 5 ans, où l'autre personne a toujours été respectueux du travail effectué, etc ... que pour un couple qui se fréquente depuis moins d'un an et avec qui il n'y a jamais moyen de rencontrer celui/celle qui n'est pas sous mesure.
Bref, comme une assistante sociale, je fais une évaluation globale de la situation