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mémoire adoption

Publié : 29 nov. 2012 11:43
par Coudert
Bonjour à tous,

je suis étudiante en 3ème année en formation assistante de service sociale et je réalise un mémoire sur l'adoption internationale. Ma question de recherche s'intitule : " Comment se construit le lien parent-enfant lorsque l’enfant est issu de l’adoption internationale ?".

Dans ce cadre là, j'ai rencontré des parents adoptifs ainsi que différents professionnels qui oeuvre pour l'adoption. Cependant j'aurais besoin de témoignages supplémentaires notamment du côté des professionnels et d'enfants adoptés devenus adultes.

Merci par avance

Re: mémoire adoption

Publié : 30 nov. 2012 09:34
par Madcat
Bonjour,

J'ai été adopté bébé au Chili et mon frère aussi (enfin on vient pas de la même fratrie mais c'est mon frère ^^)

Donc mes parents m'ont toujours raconté notre histoire à moi et à mon frère, depuis que je suis petite, je sais que j'ai été adopté.

Mes parents nous ont aimé comme leur propre enfant, même quand ma petite soeur faite maison est arrivé, rien n'a changé.

Ce sont mes parents et je n'ai jamais remis ce lien en cause, j'ai une génitrice quelque part au Chili mais je m'en fous complétement et je n'ai jamais eu l'envie d'aller à sa recherche même ado.

Mon frère quant à lui à eu un soucis par rapport à sa propre identification, il aurait aimé être le fils de sang de mes parents (ado il voulait êter blond aux yeux bleue comme ma mère) et il est très attaché à mes parents.

Quant à moi le seul troma que j'ai eu de cette adoption c'est une peur de l'abandon ce qui fait qu'en général je foire mes relations amicales ou sentimentale et même parfois celle avec mes parents car je me sens redevable et parfois je fais le contraire de ce qu'il faudrait faire.

Tout ça pour dire que le lien parent enfant s'est construit tout au long de notre enfance et que je n'ai jamais eu de soucis avec ce lien qui est vraiment très fort.

Re: mémoire adoption

Publié : 30 nov. 2012 15:48
par une maman
Les parents adoptifs découvrent leurs enfants un peu plus tard généralement que les parents biologiques qui les découvrent à la naissance mais la relation naît de la même façon. Ils apprennent à se connaître, et à se reconnaître et les liens se tissent et se solidifient avec le temps qui passe.C'est une relation interactive et elle est faite de ce que chacun apporte.Chacun s'adapte à l'autre. Les parents adoptifs désirent très fort leurs enfants (ce qui n'est pas toujours le cas des parents biologiques), ils ont le même instinct maternel ou paternel que les autres parents biologiques ( instinct qui résulte de leur culture, de leur éducation, et qui est aussi de l'ordre de la transmission). Je ne vois pas en quoi ils pourraient être différents.
ils ont comme les parents biologiques à "apprivoiser" leur enfant, à lui apporter amour et sentiment de sécurité et de confiance et à faire leur éducation.
En fonction de ce que les enfants ont vécu ou de leur âge, ils seront immédiatement reconnus par les enfants ou cela prendra un peu plus de temps si les enfants arrivent plus âgés, ou avec un vécu plus douloureux ou avec le traumatisme de séparations toujours angoissantes même inconsciemment.
Mais généralement parents et enfants se reconnaissent et tissent une relation identique à celle qu'ils auraient pu avoir s'ils étaient nés de leurs parents adoptifs.
Aujourd'hui l'adoption est transparente, les parents ne cherchent plus à la cacher , l'enfant le sait depuis toujours et son histoire lui est expliquée avec les mots qui conviennent à son âge.
Il sait qu'il peut en parler librement.Il apprendra peu à peu à connaître le pays d'où il vient mais ce n'est pas obligatoire, car il est avant tout du pays où il vit, du pays de ses parents, de sa région de son village ou de sa ville. Sa vie est ici,et c'est ici généralement qu'il va la construire. et il n'y a pas de différence culturelle quand un enfant est adopté relativement jeune entre des enfants qui viennent d'Amérique ou d'Asie ou d'Afrique.
de toute façon les enfants adoptés oublient très vite leur langue d'origine si ce n'est pas le français, ils se mettent au diapason et rien ne les différencie de leurs copains d'école.
ce sont les autres, les gens de la rue qui ne connaissent pas l'adoption qui ont des préjugés et peuvent les leur renvoyer en pleine figure comme ils les renverront aux enfants nés ailleurs et vivant avec leurs parents biologiques à partir du moment où ils sont ethniquement reconnaissables.
Je ne vois pas pourquoi cette relation là parents enfants pourraient être moins solide et indissoluble que les autres.
Les adoptants d'aujourd'hui ont les idées larges et ne sentiraient pas blessés que leurs enfants veuillent connaître leurs origines ou leur pays d'origine et même leurs parents biologiques.C'est nous qui les avons vus grandir, qui les avons élevés aimés jour après jour et il faut bien reconnaître que nous avons eu la meilleure part.
une maman.

Re: mémoire adoption

Publié : 01 déc. 2012 17:35
par mathilde
Bonjour,
je réalise également mon mémoire sur l'adoption, sur ce qui fait que la construction lien parent-enfant adoptif peut être difficile, voire aller vers un échec de l'adoption.
"une maman", je suis bien contente pour vous que vous ayez pu construire une famille heureuse et épanouie avec vos enfants, mais ce n'ai pas le cas pour toutes les familles. Il est donc intéressant de se questionner sur ce qui engendre des difficultés dans ce type de famille sans pour autant les stigmatiser. C'est une question de prévention. Il est vrai qu'une famille par adoption reste une famille mais il y a des éléments qui font que parfois, des familles adoptives ont des difficulté à faire lien, d'ailleurs, que ce soit du côté de l'enfant comme celui des parents. C'est en les comprenant,en prenant toutes les dimensions de la famille qu'on peut les aider en tant que travailleurs sociaux.

C'est un sujet intéressant, et s'il y a d'autres points de vue, venez le partager, au contraire.

Bonne continuation à tous
Mathilde

Re: mémoire adoption

Publié : 02 déc. 2012 20:24
par une maman
Je crois qu'aujourd'hui les candidats à l'adoption internationale s'informent essentiellement par l'intermédiaire des associations regroupées par pays d'origine et grâce aux forums, des difficultés qui risquent de se présenter, compte tenu des particularités de l'enfant qu'ils envisagent d'adopter.

Il est évident qu'ils cherchent à affiner leur connaissance de la psychologie de l'enfant à chaque étape de son développement et des mécanismes de l'attachement ainsi que les conditions qui peuvent les perturber ou même parfois les entraver.
Les psychologues canadiens en particulier se sont penchés sur le problème et il existe une association qui conseille à ce sujet, les parents qui pensent que leur enfant pourrait en souffrir.

L'adoption a changé de visage au cours de la dernière décennie:
les adoptants n'hésitent plus à adopter des enfants grands qui peuvent avoir jusqu'à huit ans,et le plus souvent des fratries.
Les uns ont été retirés à leur famille pour maltraitance,les autres parce que leur famille ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins.
Les bébés étant maintenant réservés le plus souvent aux parents nationaux.

Les pays d'origine des enfants les préparent beaucoup mieux à cette adoption, attendent que les enfants soient vraiment en demande d'une famille et ne les laissent partir que si l'enfant se sent vraiment à l'aise dans sa nouvelle famille qui doit résider avec eux plusieurs semaines sur place. de plus il y aura un suivi pluriannuel.

En contrepartie, les parents se préparent le mieux possible à accueillir ces enfants, d'une part parce que l'enquête sociale et psychologique que vous allez faire, complétée par celles de certains professionnels (psychiatre, psychologue) est très approfondie et permet aux parents de s'informer, de préciser leur projet et de mettre tout en oeuvre pour réussir à créer des liens authentiques.D'autant que l'attente aujourd'hui peut durer parfois plus de cinq ans.

Je crois que les échecs lorsqu'ils se produisent sont dus à un manque de préparation aussi bien des enfants que des adoptants; parfois aussi les adoptants acceptent une situation qui dépassent les limites qu'ils sont capables d'assumer.Certains enfants peuvent réellement souffrir de troubles de l'attachement surtout s'ils ont connus de très nombreuses séparations.
Parfois aussi, il y a un malentendu: le consentement à l'adoption n'a pas été bien compris par les parents d'origine qui disent à leurs enfants qu'il reviendra chez eux quand il sera grand après avoir fait des études ou acquis un métier.

Mais ce que je voulais dire, c'est que la majorité des adoptés devenus adultes ont pu faire de leur famille adoptive leur vraie famille.
et ce n'est pas l'échec qui est la règle, mais l'exception.
or la presse se fait trop souvent l'écho des familles en grande difficulté mais pas de celles qui vont bien.

Quant aux enfants, quel que soit leur continent d'origine, ils déploient généralement une capacité d'adaptation qui leur permet de se fondre rapidement parmi leurs copains d'école, même lorsqu'ils sont arrivés tardivement dans leur famille.

Il est vrai que vous êtes là pour les guider et leur permettre de réaliser leur souhait le mieux possible et qu'il est nécessaire que vous connaissiez bien ce domaine sur tous les plans.