une journée comme une autre
Publié : 12 juil. 2013 15:22
Histoire de détendre l'athmospère, je vais vous raconter ma petite journée au commissariat (je suis assistante sociale pour les victimes)
Aujourd'hui, comme tous les autres jours, j'ai pris place dans mon bureau (la pièce, pas le meuble), un petit cagibi de 2m sur 2m, sans fenêtre, aux murs sales (ça fait deux fois que je fais appel à St Marc -la lessive, pas l'apôtre- en 4 mois, mais y'a rien à faire, les agents de police doivent être pourvu d'un gêne spécial, celui de la rangers boueuse collée au mur). J'ai un téléphone cassé, un ventilateur que je ne peux pas mettre en route si mon ordinateur marche : ça fait sauter les plombs, un fauteuil de bureau sans dossier... A ma gauche, les geoles, où sont enfermés les gardés à vue... aujourd'hui, il y a :
- un énervé qui tape contre les barreaux depuis ce matin (pas avec la tête, ça ferait trop mal), il a pris sa femme pour un punching ball, enceinte de 8 mois, elle est aux urgences...
- un gars bien aviné qui répend le contenu de son estomac partout (c'est pas tant la vue mais l'odeur qui pourrie l'ambiance)
Je dois préciser qu'il fait environs 33 degrés dans les locaux (la clim, ce sera pour 2020, peut être, si les budgets sont votés),
Reste aussi un poéte, en garde à vue pour rebellion, qui n'arrête pas de crier "je suis un homme de maison, pas un homme de prison".
J'ai l'impression que les trois gaillards sont dans mon bureau tellement l'insonorisation laisse à désirer... les murs tremblent, l'odeur devient insupportable. ça, c'est côté gauche... A droite le "poste" : une demie douzaine de policiers en arme qui gueulent plus fort que les gardés à vue. Ce matin je me suis pris la tête avec l'un d'eux, qui traitait un ado de "fils de ....", eux aussi sont de vrais poétes quelquefois !
Aujourd'hui j'ai rencontré Dieu, qui est venu dans mon bureau pour des violences sexuelles et pour porter plainte contre le buraliste qui ne voulait pas lui donner ses gains du Loto (forcément, c'est Dieu, il a les numéros gagnants). J'ai aussi fait une IP pour un petit garçon de 8 ans, j'ai pris en charge une ado de 13 ans en fugue et enceinte... et j'ai conseillé une dame dont l'époux venait d'être assassiné... un vendredi comme un autre quoi...
Ce matin, le grand chef est passé, il a fallu changer à toute vitesse le drapeau français tout défraichi de l'entrée. Aprés, il était trop tard pour repeindre les murs, mettre du papier dans les toilettes, réparer les interrupteurs qui balancent du 220 dès qu'on tente d'allumer les néons des bureaux, enlever les toiles d'araignées qui tombent du plafond à l'accueil... Personne ne l'a emmené dans le coin cuisine... l'évier y est bouché depuis 3 semaines et l'eau stagne depuis lors... Nous sommes dans le sud de la France, il fait une chaleur à crever... Il y a deux semaines, les dératisateurs sont passés. Je n'ai jamais vu autant de rats déguerpir d'un commissariat !
Ahhh la douce vie d'intervenant social en commissariat...
En fait, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça, les conditions de travail, aujourd'hui j'en rigole, c'était pas le cas au début. D'ailleurs, il vaut mieux en rire. Seulement voilà, les victimes sont reçues dans cet environnement là, et ça c'est moins rigolo.
Bon, sur ce, je vais voir le psy... mon binôme, pas mon thérapeute... quoi que, faudrait peut être que je consulte moi aussi.
Aujourd'hui, comme tous les autres jours, j'ai pris place dans mon bureau (la pièce, pas le meuble), un petit cagibi de 2m sur 2m, sans fenêtre, aux murs sales (ça fait deux fois que je fais appel à St Marc -la lessive, pas l'apôtre- en 4 mois, mais y'a rien à faire, les agents de police doivent être pourvu d'un gêne spécial, celui de la rangers boueuse collée au mur). J'ai un téléphone cassé, un ventilateur que je ne peux pas mettre en route si mon ordinateur marche : ça fait sauter les plombs, un fauteuil de bureau sans dossier... A ma gauche, les geoles, où sont enfermés les gardés à vue... aujourd'hui, il y a :
- un énervé qui tape contre les barreaux depuis ce matin (pas avec la tête, ça ferait trop mal), il a pris sa femme pour un punching ball, enceinte de 8 mois, elle est aux urgences...
- un gars bien aviné qui répend le contenu de son estomac partout (c'est pas tant la vue mais l'odeur qui pourrie l'ambiance)
Je dois préciser qu'il fait environs 33 degrés dans les locaux (la clim, ce sera pour 2020, peut être, si les budgets sont votés),
Reste aussi un poéte, en garde à vue pour rebellion, qui n'arrête pas de crier "je suis un homme de maison, pas un homme de prison".
J'ai l'impression que les trois gaillards sont dans mon bureau tellement l'insonorisation laisse à désirer... les murs tremblent, l'odeur devient insupportable. ça, c'est côté gauche... A droite le "poste" : une demie douzaine de policiers en arme qui gueulent plus fort que les gardés à vue. Ce matin je me suis pris la tête avec l'un d'eux, qui traitait un ado de "fils de ....", eux aussi sont de vrais poétes quelquefois !
Aujourd'hui j'ai rencontré Dieu, qui est venu dans mon bureau pour des violences sexuelles et pour porter plainte contre le buraliste qui ne voulait pas lui donner ses gains du Loto (forcément, c'est Dieu, il a les numéros gagnants). J'ai aussi fait une IP pour un petit garçon de 8 ans, j'ai pris en charge une ado de 13 ans en fugue et enceinte... et j'ai conseillé une dame dont l'époux venait d'être assassiné... un vendredi comme un autre quoi...
Ce matin, le grand chef est passé, il a fallu changer à toute vitesse le drapeau français tout défraichi de l'entrée. Aprés, il était trop tard pour repeindre les murs, mettre du papier dans les toilettes, réparer les interrupteurs qui balancent du 220 dès qu'on tente d'allumer les néons des bureaux, enlever les toiles d'araignées qui tombent du plafond à l'accueil... Personne ne l'a emmené dans le coin cuisine... l'évier y est bouché depuis 3 semaines et l'eau stagne depuis lors... Nous sommes dans le sud de la France, il fait une chaleur à crever... Il y a deux semaines, les dératisateurs sont passés. Je n'ai jamais vu autant de rats déguerpir d'un commissariat !
Ahhh la douce vie d'intervenant social en commissariat...
En fait, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça, les conditions de travail, aujourd'hui j'en rigole, c'était pas le cas au début. D'ailleurs, il vaut mieux en rire. Seulement voilà, les victimes sont reçues dans cet environnement là, et ça c'est moins rigolo.
Bon, sur ce, je vais voir le psy... mon binôme, pas mon thérapeute... quoi que, faudrait peut être que je consulte moi aussi.