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memoire sur l immigration

Publié : 06 août 2013 16:06
par ass3
Bonjour,
Je souhaiterais faire mon memoire sur l immigration, mais ma responsable veut que je choisisse autre sujet, elle me dit qu les personnes d origine etrangere doivent choisir autre chose,en gros elle en a marre de voir ca, est ce
au niveau du jury final y a t il des risques qu on me penalise car je suis d origine etrangere et mon sujet porte sur l immigration?

Re: memoire sur l immigration

Publié : 06 août 2013 18:58
par nanou
Le but du mémoire, c'est de déconstruire ses prénotions en se servant de constats théoriques et pratiques. Dans l'intro, tu dois montrer ta motivation pour le sujet, tes questionnements pour aboutir à une question de départ, qui sera le fil conducteur de ton mémoire.

Je pense que ce sujet peut être valable, si tu montre bien l'évolution de ton raisonnement et que tu t'appuies sur différents constats dans des disciplines variées.
Après, le sujet est vaste, à toi de trouver un angle qui s'y prêtera au mieux.

Re: memoire sur l immigration

Publié : 06 août 2013 19:53
par Elodie34
Pour quelle raison tu as envie d'étudier ce sujet de mémoire ?

Re: memoire sur l immigration

Publié : 06 août 2013 21:10
par Jessica
Bonsoir,

Je ne suis pas étrangère et pendant ma maitrise de psycho j'ai fait un mémoire sur la diminution des préjugés à l'égard des maghrébins. Essaie ptète d'aborder le sujet de l'immigration, mais choisis une origine autre que la tienne (même si je suis sûre que c'est ce qui t'intéresse le plus ;) lol). Bonne soirée

Re: memoire sur l immigration

Publié : 07 août 2013 00:30
par ass3
A elodie34
J ai choisi le sujet de la clandestinite, car je ne connais pas reellement les tenants et les aboutissants de pourquoi le personnes sont motivees de tt lacher pour courir des irisques vitaux.

Je trouve juste qu c est regretable de raisonner que parceque on est d origine etrangere qu on ne puisse pas aboir suffisamment de distance, et puis on connait pas tout on est nes et on a grndi en france.

Et merci pour vos reponses

Re: memoire sur l immigration

Publié : 07 août 2013 09:28
par cecile
Il faut se dire que si ta formatrice en a marre de voir ce type de sujet traité par les étudiants d'origine étrangère, les membres du jury sont eux aussi susceptibles d'avoir la même vision des choses. Le jeu en vaut il la chandelle ?
A mon avis, tu peux choisir ce sujet si c'est vraiment ce que tu veux, mais tu vas devoir faire preuve d'originalité afin de te démarquer des autres.
Bonne continuation !

Re: memoire sur l immigration

Publié : 05 sept. 2014 13:41
par mlk
Bonjour, pourrez tu STP m'envoyer ton mémoire, je fais un travail sur l'immigration cela m'intéresse. Merci bcp MLK :bye: :bye:

Re: memoire sur l immigration

Publié : 05 sept. 2014 16:07
par Séverine
Bonjour,

Personnellement je trouve que l'argument de ta formatrice ou guidante (?) ne tient pas la route; après tout dépend comment tu lui a présenté la chose... de ce que tu écris, tu ne sembles pas vraiment avoir de "vraie" question de départ... L'immigration oui mais ce n'est qu'un thème...des plus larges! Est ce parce que tu es toi même issue d'une famille immigrée que ce thème te parle plus qu'un autre ou as tu une réelle démarche de recherche à approfondir?
Ce que tu risques (et qui fut mon cas) c'est de rentrer dans un discours militant et de vouloir à tout prix démontrer et étayer ton parti pris ce qui fait que tu n'as plus de distance avec ton sujet...ou du moins pas la distance professionnelle qu'attend le jury...et là ça peut coincer...c'est peut être de ça dont veut te prévenir ta formatrice?

Concernant la clandestinité et "les tenants et aboutissants de tout lâcher pour courir des risques vitaux": Que veux tu dire? De qui parles tu? il te faut cibler une population (et par forcément une nationalité ou un pays d'origine)... et quel est le rapport avec le travail social? qui comptes tu interroger? où? par quel(s) biais? pour apprendre quoi? Pour répondre à quelle question de recherche?

Les motivations de migration sont nombreuses et diverses: Certaines personnes fuient leurs pays car ils y sont menacés de mort de par leurs appartenances politique, religieuse, ethnique... ils tenteront ici d'avoir un statut de réfugié... sachant que nombre d'entre eux en seront déboutés même après un recours CNDA. Certains décideront par la suite de rester en France en situation irrégulière sans réelle possibilité de régularisation... la loi faisant qu'ils ne pourront pas déposer d'autres demande d'asile dans un pays de l'UE.
Aussi, en terme de travail social, en CADA par exemple, il faut mettre à profit ce temps d'attente de décision qui peut être long et se préparer à un éventuel refus et donc à une sortie du CADA en prenant aussi en compte les traumas dont ont été/sont victimes ces personnes. Le travail en réseau avec des centres de soins (comede, primo levi) sont primordiaux.

Il y a aussi des migrants qui décident de partir pour des raisons économiques. Certains ont une famille, un emploi au pays et pensent (à juste titre ou non) qu'ils gagneront plus d'argent ici même en étant clandestins... Ils laissent derrière eux tout ça certes, mais tous n'encourent pas de risques vitaux en venant. Certains arrivent à obtenir des visas (tourisme, affaire) ou de faux contrats de travail et viennent en avion ou en car, train et une fois la validité terminée ils décident de rester en France en connaissance de cause.
Certains d'entre eux ont déjà de la famille ici susceptible ou non de les aider. Certains ont même déjà un travail avant d'arriver...et même s'ils sont payés une misère pour le travail effectué, ils se voient souvent nourris logés blanchis et arrivent à mettre de l'argent de côté. Ces derniers quand tu les interroges disent que certes la vie ici n'est pas facile mais qu'ils ne regrettent pas leur démarche. La famille restée au pays est bien souvent au courant de la vie que ces derniers mènent ici afin d'assurer une vie décente à leurs femmes, enfants, parents, d'autres ne disent pas toute la vérité afin de ne pas inquiéter les leurs ou parce que connaissant les conditions de vie là bas ils estiment qu'ils n'ont pas à se plaindre. Ceux qui se plaignent de leur vie ici sont d'ailleurs souvent "remis en place" par ceux restés là bas qui les envient ou les jalousent. L'orgueil (si tant est que l'on puisse le nommer ainsi) pousse aussi certains à mentir sur leurs conditions de vie ici...mais ont ils réellement le choix?

La clandestinité amène parfois certains d'entre eux à se prostituer, à tomber dans des addictions diverses souvent l'alcool et les drogues dures, à voler pour survivre et ils alternent ainsi séjours en prison, en CRA puis remise à la rue, un cercle vicieux dont il est difficile de sortir.

On peut aussi parler des Chibanis qui ont tout quitté il y a de nombreuses années et bien qu'ils ne soient pas clandestins, qui sont restés ici dans des situations ultra précaires et ont "raté" un retour au pays maintenant fantasmé... Pourquoi ne sont ils pas rentrés? Comment vivent ils leurs vieux jours ici? Que sont devenues les familles? Comment la France les considère-elle? Psychologiquement et sociétalement ce sujet est intéressant à traiter, Tahar Ban jelloun ou encore M Sayad "La double absence" en parlent bien.
D'autant plus que cette population vieillissante est au coeur de nombreuses questions de société en ce moment...

Il y a parmi tous ces migrants des mineurs isolés étrangers qui partent eux aussi pour de nombreuses raisons (lire E Etiemble, Bricaud) et qui ne parvenant pas à se faire reconnaître en tant que mineurs et se faire prendre en charge par l'ASE deviennent malgré eux des clandestins.
L'approche de la traite d'êtres humains peut être abordée dans leurs cas comme dans le cas de femmes "envoyées" ici à des fins de prostitution ou d'esclavage (réseaux de passeurs, communauté, famille).

Il y a aussi des personnes en situation irrégulière qui vivent bien ici, qui ont un emploi, un réseau, des amis, de la famille et qui tentent de ne jamais se faire contrôler par la police... en attendant une éventuelle régularisation...

D'autres ont de faux papiers, ou font des "doublettes" en empruntant les papiers d'autrui.

D'autres ont pu se marier avec un ou une française et suite à un divorce redevenir clandestins sauf dans le cas de violences conjugales. Certains ont pu être régularisés pour soins et leur carte VPF ne pas être renouvelée car le médecin de la prèf les estime "guéris" ou soignables dans leur pays d'origine. (cf la loi pr les titres de séjour pr soins).

Il y a aussi ceux qui sont venus avec un visa étudiant et qui ont arrêté les études et ne peuvent pas voir changer leur statut en salarié ou autre.

De manière générale, les lois en matière d'immigration ne cessent de changer aux cours des ans et la France agit de manière schizophrène quand à ses migrants, en effet, nombre déclarent et payent des impôts, les OQTF prononcées ne sont que rarement assorties de reconduite à la frontière, ce qui a pu créer cette catégorie d'étrangers que l'on appelle les "ni ni" ni expulsable ni régularisable.
La loi instaure puis revient sur "le délit de solidarité", il y a en ce moment une préparation de réforme du droit d'asile ainsi que du droit des étrangers. La loi dite "des 10 ans" (chevènement) a été abrogée par Sarkozy...etc

D'autre part, l'Europe a créé Frontex ou encore Eurodac et demande à des pays comme l'italie ou la grèce de contrôler les flux de migrants et signe des accords avec les pays d'origine afin de rapatrier des migrants. Ce qui à mon humble avis ne résout rien et ne fait qu'aggraver la façon dont sont traités ces personnes. Ce qui se passe dans les enclaves espagnoles de ceuta et melilla au Maroc l'illustre aussi très bien...


D'autre part, certains départements se refusent (!!) à recevoir des personnes en situation irrégulière au service social polyvalent... certains professionnels te diront qu'il est très difficile de proposer un suivi social "classique" et ils s'en trouvent du coup perdus...puisqu'ils arguent qu'ils ne peuvent "rien faire"... Ce qui en soi n'est pas vrai puisque pour moi faire qqchose ne signifie pas seulement distribuer des aides financières légales...
Tu peux lire à ce sujet la petite brochure du Gisti "sans papiers mais pas sans droits".

Bref, le sujet est vaste, trop vaste pour 50 pages et il ne s'agit pas là de faire une étude sociologique ou géopolitique mais bel et bien de relier une ou plusieurs questions que tu te poses à une réalité du travail social en France...

Qu'as tu déjà lu à ce sujet? Quels sont tes concepts phares?

Enfin, si c'est un sujet qui te tient trop à coeur et concernant lequel tu n'arrives pas à prendre de la hauteur, je te conseillerai d'en choisir un autre...afin de ne pas prendre le risque de tomber sur un guidant ou un jury qui d'une part n'aura pas le même intérêt pour le sujet et qui verra ta démarche comme purement militante...

Bon courage! et au plaisir d'échanger sur le sujet!