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subir la violence dans la PJJ
Publié : 20 févr. 2006 18:33
par olivier
Professionnel de l'éducation depuis 15 ans et éducateur à la PJJ depuis deux ans, j'invite les futurs éducateurs qui souhaitent passer le concours à se questionner longuement sur leur capacité à subir quotidiennement des violences verbales et de plus en plus souvent physiques sur leur lieu de travail...
Ayant moi-même subi deux agressions cette année (doigt cassé, bouche abîmée, traumatisme à l'épaule,etc...), j'ai été encore plus choqué de constater que la PJJ considère ces agressions comme "mormales", inhérentes au métier d'éducateur.
On a même été jusqu'à me dire que ce n'est pas pour rien que les éducateurs perçoivent une prime de risque !
Aucun soutien psychologique, une tendance à rejetter la faute sur les professionnels pour masquer les carences de l'Institution, voilà aujourd'hui la réalité du métier d'éducateur à la PJJ.
Soucieux d'avoir de bons résultats statistiques dans leurs services, les directeurs sont plus préoccupés par leurs chiffres que par les situations de danger que vivent quotidiennement les personnels dans les structures...
J'invite donc les candidats à se poser la question de savoir ce qu'ils feront lorsqu'ils seront confrontés à la réalité du travail d'éducateur à la PJJ : seuls en service (c'est le cas la plupart du temps), en proie aux intimidations et aux menaces de la part de certains jeunes ayant commis de graves délits (voire des crimes), aucun soutien et aucune écoute de la part de l'Administration...
S'ils ne se sentent pas capables de faire face à ce genre de situation, qui est malheureusement commune dans de nombreux services, autant les prévenir de choisir un autre métier...
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 20 févr. 2006 21:22
par isa
bonsoir olivier j'ai lu avec attention ta mise en garde quand a la capacité des futures éducateurs pour la pjj face a la violence et j'ai quelques questions a te poser : que compte tu faire par rapport a cela, est tu prets a continuer dans ce secteur qui reste malgré tout en danger (et ce dans tous les sens du termes puisque apparement meme l'administration se voile la face) et quels sont tes sentiments quand tu as fini ta journée ? je te souhaite malgré tout un grand courage amicalement isa
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 20 févr. 2006 21:42
par mimi
tu poses une question vraiment fondamentale à laquelle je n'ai à ce moment même pas de réponse. je te dis qu'une chose, bon courage, bonne continuation, mais surtout, si tu n'en peux plus, change de secteur, de pûblic, pour te préserver toi (et ton entourage)
cordialement
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 21 févr. 2006 07:51
par olivier
A vrai dire, j'hésite entre laisser tomber pour faire autre chose, et agir dans mon service pour faire bouger les choses. Pour l'instant j'ai plutôt choisi la 2ème solution,
mais la PJJ est une administration plutôt "coincée", où il est très difficile de s'exprimer sans subir les représailles des supérieurs hiérarchiques (menaces de sanctions disciplinaires, tentatives de discréditation auprès de mes collègues, etc...).
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 21 févr. 2006 09:27
par Célou
bonjour,
tout d'abord je te souhaite bon courage
je suis très intérressée par le métier d'éducateur à la PJJ, t'ayant lu attentivement je me demande si tu as des collègues femmes et est-ce plus dur pour elles?
qu'est ce qui ta pousser à aller vers la PJJ pour exercé ton métier d'éducateur?Où exerçais-tu avant d'être dans la PJJ?
merci pour ce témoignage
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 21 févr. 2006 13:15
par olivier
Salut.
Si tu veux vraiment savoir, pour mes collègues femmes, la situation est pire. Certaines contractuelles ont d'ailleurs renoncé à passer le concours...
pas facile en effet de se retrouver seule en service au milieu d'une dizaine de jeunes dont certains ont commis des agressions sexuelles ou des viols...
Ce qui est vraiment inacceptable, c'est que la formation dispensée après le concours au CNFE ne prépare absolument pas les gens à être confrontés à ce genre de situation ! C'est à peine si on parle de ce genre de problème, et on a même parfois tendance à le nier dans les directions...
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 21 févr. 2006 14:49
par hervé Iffrig
Bonjour,
C'est avec beaucoup d'attention que j'ai lu vos messages.
J'intègre la PJJ en septembre 2006 suite à un concours sur titre.
Je travaille depuis 10 ans dans le social et ce en Allemagne. 4 ans en milieu ouvert dans un quartier chaud.
Ce que je tiens à souligner c'est que ce type de situation violente fait partie de notre compêtence, et il est vrai qu'il s'agit de périodes très éprouvantes.
Comment ai je fais?
Tous les soirs j'ai relaté sur papier le déroulement de la journée, points positifs et points négatifs puis conclusion.
Travail avec l'équipe lors de réunions avec thématisation.
Prise de contact avec la psychologue du service.
Cela m'a permis de garder le cap. Je précise qu'une solidarité entre collègues doit etre impérativement necessaire. Il est vrai que des formations complémentaires dans la gestion de situations violentes seraient pour vous bienvenus.
Un conseil, en parler avec les collègues, provoquer des réunions de crises, écrire des comptes rendus. Le jeune ne doit pas etre reconnu à travers de tels actes mais tout simplement puni et ce sans négociations. Même si une erreur à été faite par l'éduc, elle ne justifie par une réponse physique de la part du jeune. C'est la ligne que nous avons en Allemagne, c'est la ligne que je mettrais en place dans mon cer quand je serais CSE.
Etre éduc spé c'est un super metier, mais ce n'est pas de tout repos!
D'après mes renseignements la PJJ est un ministère qui propose pleins de possibilités d'actions prof.
Bon courage
Hervé
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 21 févr. 2006 19:12
par Geoffroy Lambert
Bonjour à tous, ma conjointe et moi accueillons depuis quelques mois des jeunes en séjours de rupture, de crise suite à toute sorte de débordements, notamment violence verbale et physique.
Nous avons réglé le problème de la violence physique en l'arrêtant aux violences verbale et psychologique.
Le jeune qui est grossier ou violent verbalement se fait reconduire immédiatement à la gendarmerie pour être entendu.
Nous faisons de l'accueil en milieu familial, nous avons deux jeunes garçons de 14 et 16 ans ainsi qu'une fille de 17 ans. Tout se passe impeccablement avec nos deux enfants de 6 et 8 ans.
Ma femme est psychologue clinicienne, je suis conseiller en gestion du changement, nous avons tous les deux pratiqué des arts martiaux quelques années et sommes capables de maintenir au sol d'éventuels agresseurs.
Il ne nous est encore jamais arrivé d'entendre quelqu'un se faire agresser lui même physiquement mais il m'a été raconté qu'un jeune avait pris en otage un plus petit que lui pour obtenir quelque chose.
La procédure chez nous est inscrite dans un contrat qui s'appelle contrat "Oxygène" vu que notre asso s'appelle Respire.
Toute dérogation au règlement conduit soit à l'exclusion donc au retour à l'expéditeur dans la journée, soit à une plainte en gendarmerie, ils sont habitué, c'est une procédure de routine pour eux.
Pour ceux qui le souhaitent, nous avons aussi une section de notre asso qui donne des formations et des conférences sur notre méthodologie, parlez-en à vos hiérarchies, faites des demandes officielles et répétée. Si tout reste bloqué, alertez la presse, les élus par lettre ouvertes ou parlez-en ici sur le site lesocial.
C'est très courageux d'en parler et de montrer que vous allez lutter pour changer les choses plutôt que de baisser les bras et raler dans votre coin. Félicitations et courage mais vous en avez forcémment au vu du ton employé, bravo !
à votre service,
Geoffroy Lambert
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 24 mars 2006 00:32
par sarah
je suis enfin contente de trouver quelquechose sur le sujet de l'éducateur qui , aussi, subit la violence quotidienne des jeunes et de celle du mutisme et de la négation de l'insitution..pas facile à trouver, même sur internet.
Re: subir la violence dans la PJJ
Publié : 24 mars 2006 00:40
par sarah
Comment faire quand la direction de l'institution veut faire disparaitre d'un bilan d'activité toute trace de violence, quand elle ne veut pas porter plainte contre un jeune qui a donné coups de pieds et poings, quand les jeunes ont déjà été exclus et que cela ne sert à rien, quand on nous fait penser que c'est de toute façon notre faute car nous sommes tous incompétents???????