Bonjour,
Je travaille aussi en MECS. Ta façon de qualifier l'éducateur de "tuteur de résilience" me paraît pertinente et donne à réfléchir.
Je pense tout d'abord que l'éducateur auprès de ce public devra faire une distinction primordiale : il est bien un tuteur, ou un soutien que le jeune acceptera ou non, pour mener à bien son processus de résilience ; et non pas (c'est là où est l'écueil) le support de la résilience.
Je m'explique :
L'éducateur, face à un jeune avec une problématique d'abus, devra rechercher avec l'aide du jeune ce qui permettra à ce dernier de se "réparer" intérieurement. Cela passera par le déclenchement d'une procédure judiciaire, le fait de mettre des mots sur sa souffrance, une analyse de son génogramme, ou d'autres moyens que l'éduc a à sa disposition.
De cette façon, et puisqu'en MECS nous sommes confrontés au quotidien aux conséquences de ces problématiques, l'éducateur a effectivement un important rôle de tuteur de résilience pour ces jeunes.
La difficulté réside en ce que l'éducateur ne devra pas se prendre pour "l'élément salvateur", ou l'objet-même de la résilience : "Ce n'est pas grâce à moi que l'enfant va mieux et arrive à vivre avec son passé, mais je l'ai aidé à s'aider lui-même", me paraît être une formulation plus adaptée au rôle de l'éducateur auprès de ces enfants.
Je présume que tu as lu les travaux de Boris Cyrulnik sur le sujet, sinon je t'y invite. Ses ouvrages "Un merveilleux malheur" et "La résilience" (je ne suis pas certain de ce second titre) t'aideront beaucoup.
A bientôt, et travaille bien
P.S. : Je ne viens pas souvent sur ce forum. Si tu veux me répondre, fais-le de préférence par mail.