Je n'en peux (bientôt) plus.
Publié : 28 nov. 2014 23:17
Bonsoir,
Jeune pro, je cumule actuellement deux mi-temps sur des services en hôpital. J’ai lu pas mal de témoignages faisant part de difficultés voire de souffrances en milieu hospitalier, j’avoue que le mien n’est pas positif non plus…
Cela fait quelques mois seulement et je sens déjà que mes limites ne sont pas loin. Comme je débute je n’arrive pas à savoir si c’est dû simplement à mon manque d’expérience ou si ce milieu n’est pas fait pour moi. En effet, j’ai beau m’organiser, je courre toute la journée dans les services. Les équipes ont vu que je m’investissais et m’ont du coup bien identifiée : une bonne chose, sauf qu’entre les demandes des équipes et des patients, je ne m’arrête pas du matin au soir. Mon téléphone n’arrête pas de sonner ; quand je décroche, c’est mon 2ème téléphone (portable) qui s’y met. J’ai à peine raccroché que ça recommence… Je commence quelque chose, gérer un dossier par exemple, je suis interrompue ; je me penche sur une situation, on m’appelle pour une urgence…
Je sais qu’il n’y a pas d’urgence en travail social mais à l’hôpital, je ressens une pression constante : il y a toujours un retour à domicile précipité à organiser ou carrément dangereux où il faut batailler pour le faire entendre au corps médical ; une pression autour des patients qu’on n’arrive pas à faire sortir (« mais que fait l’ass ?? ») ; le cas des personnes vulnérables qui me stresse particulièrement… Et quand personne n’a aucune solution, on m’appelle, y compris pour des choses auxquelles je ne peux rien.
Je suis dans l’action non stop et je me rends compte que je n’ai pas le temps de réfléchir sur les situations des personnes que « j’accompagne ». Il faut agir, décider, tout faire VITE. Et trouver biensûr le temps de tout saisir dans des logiciels de plus alambiqués… Le lendemain, je me dis que ça va être différent, mais souvent c’est aussi chaotique.
Moi qui tient à prendre un minimum de temps avec les personnes, je suis de plus en plus pressée voire expéditive par manque de temps et je trouve ça horrible : je suis tellement loin de l’ass que je voulais devenir. Je perds peu à peu confiance en moi en me disant que je ne sais pas gérer… mais la charge de travail me paraît anormalement élevée. Je précise qu’il est reconnu qu’un de mes mi-temps déborde largement ; à mon arrivée, j’ai su que la collègue précédente avait pété les plombs sur ce poste et était partie…
L’équipe qui m’entoure est plutôt disponible et soutenante, ainsi que ma hiérarchie. On me dit que c’est normal d’être débordé au début, qu’il faut du temps pour être à l’aise sur un poste. Certaines collègues me disent même que c’est normal de pleurer, qu’elles ont été nombreuses à pleurer au début… Une partie de moi veut les croire, une autre trouve ça complètement aberrant. On me propose de me reconduire mes contrats car on n’est pas mécontent de moi, je sais que je peux rester si je veux. Mais je ne suis pas sûre ni de vouloir ni de pouvoir tenir… Mes plaintes vous paraissent-elles exagérées ? Faut-il forcément passer par là pour se sentir bien sur un poste ?? Le plus dur, c’est de me dire que même en étant au maximum ce n’est pas suffisant… Grosse remise en question.
Désolée, mon message n’est pas très structuré mais je suis fatiguée… et j'ai honte de l'être au bout de seulement quelques mois !
Jeune pro, je cumule actuellement deux mi-temps sur des services en hôpital. J’ai lu pas mal de témoignages faisant part de difficultés voire de souffrances en milieu hospitalier, j’avoue que le mien n’est pas positif non plus…
Cela fait quelques mois seulement et je sens déjà que mes limites ne sont pas loin. Comme je débute je n’arrive pas à savoir si c’est dû simplement à mon manque d’expérience ou si ce milieu n’est pas fait pour moi. En effet, j’ai beau m’organiser, je courre toute la journée dans les services. Les équipes ont vu que je m’investissais et m’ont du coup bien identifiée : une bonne chose, sauf qu’entre les demandes des équipes et des patients, je ne m’arrête pas du matin au soir. Mon téléphone n’arrête pas de sonner ; quand je décroche, c’est mon 2ème téléphone (portable) qui s’y met. J’ai à peine raccroché que ça recommence… Je commence quelque chose, gérer un dossier par exemple, je suis interrompue ; je me penche sur une situation, on m’appelle pour une urgence…
Je sais qu’il n’y a pas d’urgence en travail social mais à l’hôpital, je ressens une pression constante : il y a toujours un retour à domicile précipité à organiser ou carrément dangereux où il faut batailler pour le faire entendre au corps médical ; une pression autour des patients qu’on n’arrive pas à faire sortir (« mais que fait l’ass ?? ») ; le cas des personnes vulnérables qui me stresse particulièrement… Et quand personne n’a aucune solution, on m’appelle, y compris pour des choses auxquelles je ne peux rien.
Je suis dans l’action non stop et je me rends compte que je n’ai pas le temps de réfléchir sur les situations des personnes que « j’accompagne ». Il faut agir, décider, tout faire VITE. Et trouver biensûr le temps de tout saisir dans des logiciels de plus alambiqués… Le lendemain, je me dis que ça va être différent, mais souvent c’est aussi chaotique.
Moi qui tient à prendre un minimum de temps avec les personnes, je suis de plus en plus pressée voire expéditive par manque de temps et je trouve ça horrible : je suis tellement loin de l’ass que je voulais devenir. Je perds peu à peu confiance en moi en me disant que je ne sais pas gérer… mais la charge de travail me paraît anormalement élevée. Je précise qu’il est reconnu qu’un de mes mi-temps déborde largement ; à mon arrivée, j’ai su que la collègue précédente avait pété les plombs sur ce poste et était partie…
L’équipe qui m’entoure est plutôt disponible et soutenante, ainsi que ma hiérarchie. On me dit que c’est normal d’être débordé au début, qu’il faut du temps pour être à l’aise sur un poste. Certaines collègues me disent même que c’est normal de pleurer, qu’elles ont été nombreuses à pleurer au début… Une partie de moi veut les croire, une autre trouve ça complètement aberrant. On me propose de me reconduire mes contrats car on n’est pas mécontent de moi, je sais que je peux rester si je veux. Mais je ne suis pas sûre ni de vouloir ni de pouvoir tenir… Mes plaintes vous paraissent-elles exagérées ? Faut-il forcément passer par là pour se sentir bien sur un poste ?? Le plus dur, c’est de me dire que même en étant au maximum ce n’est pas suffisant… Grosse remise en question.
Désolée, mon message n’est pas très structuré mais je suis fatiguée… et j'ai honte de l'être au bout de seulement quelques mois !