légitimité DPP URGENT
Publié : 27 avr. 2015 15:02
par Alison
Bonjour à tous,
Je suis actuellement en train de rédiger mon DPP de 3ème année et il me reste 3 jours avant de le rendre. Dans les derniers reajustements, jai besoin de la définition de la légitimité en travail social avec une référence... Aidez -moi SVP j'ai vraiment besoin de votre aide !!!!!
Re: légitimité DPP URGENT
Publié : 27 avr. 2015 16:15
par Céleste
Bonjour,
tu peux éventuellement te référer au livre d'Hélène HATZFLED "Construire de nouvelles légitimités en travail social"
Re: légitimité DPP URGENT
Publié : 28 avr. 2015 00:58
par Emi
SOURCE : Revue Vie sociale n°8 - 2014 -
Chapitre : le complexe de la légitimité AUTEUR : Brigitte bouquet
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Rappel étymologique et brève approche du concept
Le terme "légitimité" - venant de lex, loi, droit écrit- provient du latin legitimus, fixé par les lois, conforme aux lois. le dictionnaire des notions philosophiques la définit comme ce qui est "conforme non seulement aux lois mais aussi à la morale, à la raison". Et le dictionnaire Littré la décline : "qualité de l'autorité légitime, des pouvoirs légitimes, se référant à la loi ; qualité de ce qui est légitime, par des conditions requises par la loi ; qualité de ce qui est fondé en équité, en raison".
Différentes conceptions de la légitimité se sont succédé et enrichies. D'un point de vue sociologique, la validité et l'effectivité de l'ordre légitime se fondent sur des mécanismes sociaux. Les apports sociologiques sont nombreux et nous n'en évoquerons que certains : Weber, Habermas, Bourdieu, Boltanski et Thévenot.
Comme l'a rappelé Hélène HATZFELD, le sociologue Max weber distingue trois fondements de la légitimité : 1) un caractère rationnel, reposant sur la croyance en la légalité et au droit de donner des directives pour ceux qui sont appelés à l'exercer (domination légale) ; 2) un caractère traditionnel, reposant sur la croyance des traditions valables de tout temps et en la légitimité de ceux qui sont appelés à l'exercer (domination traditionnelle) ; 3) un caractère charismatique, reposant sur la soumission à la valeur exemplaire d'une personne (domination charismatique);
Habermas ; se pose contre la réduction de la légitimité à la légalité, contre l'empirisme, contre le décisionnisme, et ouvre la voie à une éthique communicationnelle.
- les sociologies d'inspiration marxienne ou critique - marx, bourdieu et son école - dénoncent l'arbitraire fondamental de toutes les formes de légitimité en montrant comment elles sont avant tout reliées à l'exercice et à la justification du pouvoir.
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- plus récemment, Laurent Thévenot et Luc Boltanski ont également renouvelé la réflexion sur la légitimité en dégageant six principes de légitimation de l'action humaine.
Dans la sociologie des organisations, autorité et pouvoir sont englobés dans le concept de légitimité "il n'y a pas de pouvoir sans légitimité, c'est-à-dire sans acceptation par l'executant de la domination exercée par l'activité investie du pouvoir formel"* Bref, comme le rappelle Amin Maalouf "la légitimité est ce qui permet aux peuples et aux individus d'accepter, sans contrainte excessive, l'autorité d'une institution, personnifiée par des hommes et considérées comme porteuse de valeurs partagées"** Quant au concept de légitimation, il vise à décrire un processus par lequel des individus sont amenés à reconnaitre la légitimité du pouvoir, des institutions, des comportements, des discours, des usages...
* Philippe Bernoux, la sociologie des entreprises, Paris, le seuil, 1995
** Amin Maalouf, le dérèglement du monde, PAris, grasset, 2009
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La légitimité institutionnelle :
les organisations portent en elle la référence à la loi, au cadre réglementaire, aux missions reçues. Elles ont une compétence et un intérêt général. Aussi, elles ont à gérer deux caractéristiques centrales et stratégiques : être légitimes et singulières. Leur légitimité se joue dans leur capacité à se définir socialement et à situer leur champ d'action sociale dans le cadre et dans le respect de l'intérêt général et d'une certaine éthique.
Selon Mark Suchman, la légitimité institutionnelle est caractérisée par "la perception ou présomption généralisée que les actions d'une entité sont dérirables, correctes et appropriées à l'intérieur d'un système de normes, de valeurs, de croyances et de définitions socialement construites". Il distingue plusieurs légitimité des institutions : la légitimité pragmatique reposant sur la capacité de l'organisation de satisfaire les intérêts des différents acteurs sociaux ; la légitimité morale fondée sur la croyance collective que l'activité promeut le bien-être sociétal ; la légitimité cognitive fondée sur la cohérence entre les comportements de l'organisation et les schémas de ce qui est compris des acteurs sociaux.
De même, si on se réfère à Richard Scott, outre le rôle administratif - légitimité interne de rationalité - les trois piliers de légitimité des institutions sont le rôle reglementaire et régulateur, le rôle normatif qui repose à la fois sur des systèmes de valeur et sur des normes, le rôle culturel-cognitif pour adopter un cadre de référence commun. Ces piliers sont le socle institutionnel légitimant l'existence et les pratiques d'une organisation.
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La légitimité professionnelle
les institutions sociales et les travailleurs sociaux emploient moins le terme "légitimité" que celui de "reconnaissance", motivés par le ressenti du "déni de reconnaissance". Il est pourtant important de relier les éléments fondateurs de la professionnalisation au processus de légitimation.
La légitimité du travail social est historiquement forgée dans les actions qui s'adressent aux personnes en difficulté ou handicapées.... La lente construction de la légitimité comporte la question de la finalité et du sens, dans sa double dimension de signification et d'orientation, et de la relation professionnelle, en tant que relation humaine impliquant des sujets. De plus, la légitimité professionnelle n'est pas seulement un idéal-type historique. Elle découle des lois, règles et contrats qui déterminent les conditions juridiques, elle s'appuie sur des savoirs, des savoirs faire (procéduraux, comportementaux, pragmatiques...) des compétences (relationnelles, sociales, organisationnelles...), des principes éthiques, la nature même de l'acte. Elle fait partie de la construction identitaire.
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aujourd'hui, les divers aspects de la légitimité du travail social sont décrits ancrés au quotidien :
- la légitimité de proximité, basée sur la relation et la prise en compte de la particularité des personnes. Elle nécessite la confiance ;
- la légitimité d'intention/attention à la réalité de la vie vécue, concrète, des personnes ;
- la légitimité du travail d'accompagnement, mettant en oeuvre une interaction relationnelle basée sur les compétences professionnelles et les atouts de la personne ;
- la légitimité d'action, engageant certes l'efficacité de l'agir, mais dépassant les pièges de la contrainte et de la soumission, pour aider à faire la reconquête d'une autonomie sociale et individuelle ;
- la légitimité d'expertise, liée tant à la compétence pour l'action qu'à la capacité à contribuer à la performance de l'institution et à la participation aux politiques sociales.
En résumé, l'intervention est reconnue comme une pratique légitime et instituée. Car au-delà du diplôme, en dehors de tout corporatisme et des discours traditionnels de légitimation tenant notamment à la possession de connaissances, la légitimité se situe au cour de la compétence, dans l'engagement d'agir pour une finalité sociale et éducative. Elle repose sur la reconnaissance des activités de travail et des manières de faire, sur la capacité relationnelle et sur l'expertise professionnelle.