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ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 30 juil. 2015 06:19
par Lola
Bonjour,
Je suis ASS hospitalière depuis maintenant 2 ans dans un service de SSR/ médecin + EHPAD et je n'en peux plus.... La pression, les responsabilités que l'on nous fait porter, je ne peux plus supporter... Il y a des hauts et il y a des bas... Mais quand les bas sont là je n'arrive plus à gérer... Qqf j'ai l'impression de trouver mon organisation et puis pour je ne sais quelle raison tout s'effondre, j'ai l'impression que tout ce que l'on me demande de faire n'est plus logique.. je dois voir des patients qui n'en ont pas forcément besoin... Je suis aussi assez démunie face aux personnes qui ont des tbles cognitifs importants, où les familles ne se positionnent pas, ni même les médecin et où on attend de toi petite assistante sociale que tu te positionnes.... je n'en peux plus aussi de vouloir à tout prix vider les lits , cette pression constante de devoir trouver une solution tout de suite ... J'espère trouver ici des posts de collègues travaillant comme moi à l'hôpital...
Re: ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 30 juil. 2015 08:45
par john
Bonjour Lola,
De nombreux-ses collègues sont dans cette configuration où nous ne sommes pas des AS mais des magiciens-nes, sans prendre en compte les nombreux fantasmes, puis si, je les prends en compte.
Pour ma part, avec tact, je rappelle aux médecins, non pas mes missions, mais mon cadre législatif d'intervention ET le fait de ne pas être sous l'autorité hiérarchique du médical (conforme à la loi), uniquement sur le plan fonctionnel. Enfin, je rappelle n'avoir qu'une obligation de moyens et non de résultat qui incombe aux médecins.
Certes, ils sont déstabilisés, mais je suis respecté dans ma fonction et dans mes interventions, les patients et les familles s'y retrouvent et c'est bien là l'essentiel.
La logique du chiffre m'importe complètement, puisque le stress viendrait de cela et de la part du médical. Leurs obligations ne sont pas miennes.
Etant titulaire depuis de nombreuses années, j'ai sans doute une assise et un certain caractère affirmé (il en faut !!!), une expérience sans doute. J'ai travaillé dans plusieurs services et la situation reste identique. En ce moment, j'ai idée d'être un peu dans la provocation, d'aller acheter une baguette magique, si, si !
Toujours est-il, quand il n'y a pas de solution, y'a pas d'solution et "pis c'est tout !".
En matière d'hébergement, quand un médecin doute... je l'invite de suite et en pleine réunion médicale d'appeler tel ou tel EHPAD..., il ne doute pas deux fois, surtout quand je le fais en direct !
Finalement, le problème réside dans l'image fantasmée de notre discipline, entre magicien-ne ou vielle sorcière qui enlève les enfants, choisi ton camp.
Bref, le jour où ils comprendront pourquoi nous avons un statut particulier et que notre diplôme est un DE et non pas Education Nationale, alors une bonne partie de la compréhension de notre discipline sera réalisée...
Bon courage et affirme toi sans complexe.
Cordialement, John
Re: ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 30 juil. 2015 10:44
par anabelle
Bonjour,
Oui en effet pas facile de bosser en milieu hospitalier, surtout quand on arrive en tant que jeune diplômé ! il faut faire ses preuves envers l'équipe de soins et s'imposer n'est pas forcément très simple.
Je rejoins tout à fait John dans le sens où il faut replacer notre cadre d'intervention et expliquer nos limites en terme de moyens !
j'ai bossé 2 ans en hospitalier en service de maternité, avec un turn over incroyable (pas plus de 3 jours d'hospi pour les femmes venant d'accoucher ) !!! Entre stress, urgence et pression médicale, c'est épuisant moralement et psychiquement. Et puis j'étais frustrée de ne pas pouvoir accompagner sur un plus long terme les mères hospitalisées.
Le plus dur était la non reconnaissance du service social en tant qu'entité propre et une image très déformée de nos missions et fonction.
Aujourd'hui, je suis dans le milieu spécialisée du handicap, je me sens épanouie et j'ai trouvé ma place.
Peut-être Lola, te faut-il envisager de changer domaine d'intervention. Tu y a pensé sûrement.
Il faut préserver sa santé et son psychisme!
et quand ça ne va pas malgré tout ce qu'on aura intenté, il faut prendre sur soi et avoir le courage d'aller voir ailleurs !
Courage !
Re: ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 31 juil. 2015 06:24
par Lola
Bonjour,
Merci pour vos messages...
J'essaie de m'affirmer, mais seule assistante sociale de la structure, c'est vraiment difficile...
J'y réfléchi depuis de nombreux mois à changer de poste voir de secteurs mais je ne peux me permettre de quitter mon statut de stagiaire de la FPH pour aller vers un poste contratuel... J'attends d'être titulaire pour demander ma mutation dans une autre FP, si bien entendu il y a des postes...
Bonne journée et encore merci d'avoir pris le temps de me lire
Lola
Re: ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 31 juil. 2015 18:07
par Nola
Bonjour,
Moi ce qui me désole c'est de voir autant de post concernant le mal être des AS Hospitalier(e)s. C'est très inquiétant tout de même!
Et je parle par expérience car moi aussi j'ai travaillé en hôpital et à chaque fois, j'étais limite en dépression. Je me suis résignée et j'ai pris la décision de ne plus travailler dans ce domaine (qui est pourtant intéressant).
Après, je pense qu'il n'y a pas que les AS qui sont en souffrances dans la fonction hospitalière mais toutes les fonctions. A force de tirer sur la corde, ça fini toujours par casser.
Bon courage en tout cas...
Re: ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 02 août 2015 18:39
par florence
Bonjour
Je suis un peu d'accord avec John
La médecine aussi a ces limites non ? Une personne en fin de vie qui veut guérir, le médecin n'a pas de baguette magique ? Et bien nous non plus.
Il faut leur expliquer tout cela en douceur et je suis sure que ca passera
Florence
Re: ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 02 août 2015 23:01
par CC
Moi j'ai travaillé 1 an en hôpital en maternité et puis j'ai fui en courant ( mais l'époque était différente ).
Une des difficultés avec les médecins c'est de comprendre que ce n'est pas parce que l'on intervient que la situation va se résoudre, particulièrement vrai pour les chirurgiens qui sont formés comme ça : problème, intervention, résolution.
J'avais trouvé un truc : les greffes , "si un patient a besoin d'un rein et que tu n'arrives pas à en trouver cela veut il dire que tu ne fais pas ton travail", réponse "bah non" , bah moi c'est pareil avec les logements.
Pour les pinailleurs "oui mais on les met sous dialyse" réponse " eh bien moi je fais appel aux partenaires, aux samu social etc.."
Re: ASS hospitalière : Pas le moral
Publié : 11 août 2015 21:09
par Maeva
J'ai bossé deux ans en SSR et j'ai eu la même pression que vous, des patients à aller voir quand il n'y avait pas de besoins (alors que je manquais déjà tellement de temps pour les autres), des heures supp' que personne ne voyait et un téléphone qui sonnait dès que je commençais quelque chose, des médecins qui attendaient que je trouve une place en EHPAD ou en long séjour en 10 jours. J'avais sans arrêt l'impression d'être incompétente, de ne jamais être crédible auprès des équipes, de ne jamais être à la hauteur. C'était mon 1er poste et malgré tout l'intérêt que j'ai eu pour l'exercice en milieu hospitalier et pour les problématiques du public, je n'ai jamais réussi à prendre confiance en moi car j'étais dénigrée, quand quelque chose n'allait pas j'avais les cadres de santé et les médecins qui me blâmait, ils ont même fini par ne plus me dire bonjour et à m'ignorer en réunion. Les équipes soignantes finissaient par suivre... bref, l'horreur, j'avais laboule au ventre avant d'arriver le matin et avant d'entrer en réunion. Je n'étais bien qu'avec les patients et leurs familles. A force de me remettre en question et de m'efforcer à vouloir toujours faire mieux sans qu'il n'y ait jamais de reconnaissance, j'ai fini par me dire que je n'étais pas l'idiote que tous semblaient croire, et je suis partie. Sans regret car aujourd'hui je suis tellement mieux dans le secteur du handicap, j'ai trouvé une vraie place au sein d'une équipe médico-sociale et je n'ai plus cette pression quotidienne, j'apprécie de travailler sereinement avec les usagers et leurs familles, je suis enfin reconnue pour mes compétences, je me suis affirmée, je participe à de nombreux groupes de travail avec les partenaires, j'accueille des stagiaires et j'ai plaisir à transmettre les valeurs de notre profession.