Page 1 sur 1

ado séquestrée chez elle

Publié : 01 oct. 2015 22:17
par as sco
Bonjour,
J interviens auprès d une ado de 14 ans scolarisée en classe de 3ème.
Elle est d'origine pakistanaise. A l'âge de deux ans, elle a été abandonnée par sa mère. Elle est réapparue dans sa vie il ya un an quand elle a fait un voyage au pakistan. Elle a très mal vécu ce moment et ne souhaite plus que sa mère la contacte.
Elle vit avec son père, sa belle mère,âgée de 22 ans, son frère âgé de 15 ans, et un demi frère âgé de 6 mois, ainsi que ses grands parents paternels. Elle m'a confiée que les seules sorties autorisées se limitent au trajet école/domicile.
Elle a passé les grandes vacances enfermée à la maison. J ai reçu le père pour lui faire part de la souffrance de sa fille, en entretien il a expliqué qu il a proposé àsa fille de faire de la danse, qu elle ne voulait pas, la jeune dit qu il ment. il semblait pleins de bonnes intentions toutefois le lendemain j'ai reçu la jeune qui m'a fait part de la colère du père suite à l'entretien. Il a nié le fait que sa fille soit séquestrée. Actuellement, il ne lui adresse plus la parole et lui reproche de m'avoir parlé.
Je souhaiterai savoir ce que vous auriez fait dans cette situation.....
Désolée d avoir été longue...

Re: ado séquestrée chez elle

Publié : 02 oct. 2015 06:17
par ass94
Bonjour,

Visiblement la situation est un peu complexe et liée aussi à l'origine culturelle.
Je ne comprends pas pourquoi tu as rencontré aussi rapidement le papa car en faisant ça il y a eu de graves conséquences pour la petite.
Il aurait fallu trouver une autre raison pour cet entretien avec le papa. Je ne sais pas par exemple la scolarité de sa fille , des amies si elle en a. Le fait qu'elle rentre seule je ne sais pas .
Peut être pas y aller de front comme ça avec le papa car culturellement les pakistanais sont très méfiant et tu ne peux pas vouloir changer leur mode de vie aussi facilement.
Le plus important c'est de protéger la petite et convoqué son père pour lui dire "votre fille est séquestrée"c'est pas le mieux à faire.... j amplifie mais c'est un peu ça .
La pression familiale peut être très forte parfois et ça ne se resoud pas forcément de front.

Re: ado séquestrée chez elle

Publié : 02 oct. 2015 07:58
par Lu
Lui dire "tu aurais du faire" "fallait pas faire" "il aurait fallu faire" ne sert à rien parce que c'est fait...

Après comme le dit Ass94 pourquoi pas essayer de rencontrer des amies à elle pour en savoir plus sur ce qu'elle pourrait vivre chez elle :/ Parles en avec tes collègue au travail aussi peut-être pour avoir plusieurs idées de comment agir

Re: ado séquestrée chez elle

Publié : 02 oct. 2015 10:53
par Audrey
Situation compliquée car elle touche au culturel !! Ce qui est pour nous impensable peut être normal pour les usagers en fonction de leur culture, mode éducatif etc.

Cependant cette jeune souffre apparement de cette éducation donc à ta place je ferais tout pour maintenir le lien avec cette jeune (histoire d'avoir un œil sur la situation ....), et pourquoi pas l'orienter vers l'éducatrice de secteur pour qu'elle puisse avoir un tiers à qui se confier?

Je garderais bien en tête également la possibilité de faire une IP si tu as connaissance d'éléments inquiétants. Cela permets au moins a des travailleurs sociaux d'évaluer la situation.

Essaye de te mettre en contact avec une ASS de secteur pour avoir un recul nécessaire et être objective.
Quand à ta démarche auprès du père c'était peut être un peu maladroit mais au moins il sait qu'il ne peut pas tout se permettre avec sa fille puisqu'elle arrive à se confier à un tiers!

Re: ado séquestrée chez elle

Publié : 02 oct. 2015 11:21
par john
Bonjour,

Un-e AS ne convoque pas, elle propose une rencontre, la justice convoque.

Pour la forme, pour ce qui me concerne, j'utilise strictement le discours de la personne confidente et en utilisant les guillemets.

Enfin, si l'information est préoccupante au regard de la législation et non pas au regard de nos ressentis, un tour de table avec nos collègues, comme le Conseil Départemental, est nécessaire, avant de transmettre au Procureur.

Sinon, un travail avec la famille doit être proposé au regard des désirs de l'enfant (problème d'acculturation ?).

Toutefois, au lu de ce qui est exposé, il n'y a pas d'éléments susceptibles de laisser entendre qu'il y aurait une maltraitance ou un danger (au sens du code pénal).

Cordialement,

Re: ado séquestrée chez elle

Publié : 02 oct. 2015 16:28
par Quand j'entend le mot culture.
Bonjour As sco,

Apparemment tu sers d'intermédiaire entre une fille et un père et le message est passé au vue de l'attitude du père.
Le fait que le père soit mécontent de l'attitude de sa fille paraît plutôt normal, il est pris en défaut sur ses capacités, mais , c'est peut-être une bonne piste si tu veux essayer d'engager un changement ou une réflexion dans le système familial.

Moi, je suis assez fâché avec la notion de "culture".
Je ne pense pas que ce faux déterminisme ne permette pas de poser le problème du mal être de cette jeune fille, en deuxième place dans la fratrie, avec une belle-mère à peine plus âgée, et un petit frère qui lui vole sa place.
Tu ne te demanderais pas si un franc-comtois ou un breton peu comprendre ces choses là, alors pourquoi te poser la question pour un Pakistanais?
Par contre, essaye de préserver cette famille du regard des autres familles, car la communauté, comme identité structurante dans un milieu hostile reste primordiale. En gros un peu de discrétion c'est mieux.

Faire une IP n'est pas déplacée, à condition d'avoir des éléments factuels attestant d'un danger (article 375 du code civil) et depuis ton intervention avec le père le risque sera d'en faire porter la responsabilité à cette ado.

J'ai eu une situation similaire avec une famille turque et des violences physiques de la part d'un frère hyper protecteur, le gros travail à été de déplacer la responsabilité sur l'agresseur et de dégager la "victime" du schéma facile de bouc émissaire "celle par qui le problème arrive".(Dégager cette ado de la "honte " qu'elle amène sur la famille.Et donc permettre d'engager une réflexion hors de la "pollution culturelle" pour ne conserver que l'insoluble question de fond "mais c'est quoi un ado?".