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Question aux AS en SSR

Publié : 24 juin 2016 16:48
par Delphine
Bonjour

Je suis AS dans un SSR polyvalent (à tendance gériatrique) dans lequel sont accueillis une majorité de patients lourds avec des devenirs compliqués.
Avec le gériatre, nous sommes régulièrement confrontés à des refus de RAD de la part des familles. Ce n'est pas faute de faire de l'information en amont : aide à domicile pour le rad, aggravation des plans d'aide, et surtout dossier EHPAD à anticiper +++ en raison des longues listes d'attente.
Certaines familles font l'autruche et le jour ou le médecin pose une date de sortie, alors elles expriment des attentes impossibles : souhaitant que leur parent âgé remarche alors que malheureusement c'est devenu impossible, souhaitant au final une place en ehpad alors qu'ils n'ont souhaité initier aucune démarche n'a été initiée, demandant une aide à domicile 24h/24 ...
Avec l'équipe nous nous demandons si certains établissement ont mis en place des sortes de contrat d'accueil en SSR qui préciseraient aux patients et aux familles que la réflexion autour du devenir est avant tout de leur responsabilité sachant que tous les professionnels sont là pour aider et accompagner le projet.
Sinon avez vous des conseils à nous donner pour accompagner au mieux ces situations sans se faire prendre en otage comme c'est le cas actuellement.
Merci les collègues !! :-)
Delphine

Re: Question aux AS en SSR

Publié : 26 juin 2016 10:04
par alex
bonjour

je vais faire un peu long..

ex ass sociale ssr j'étais fréquemment face au problème que tu énonces. J'avais mené une réflexion (avec moi même :) ) et j'en ai fait un constat sur ça j'ai mis en place un fonctionnement clair avec l'équipe, mais je me suis pas mal battue pour faire respecter tout ça

En SSR la dms est relativement courte , séjour 1 mois renouvelable 1 mois max et parfois plus si situation complexe comme personne isolée.

les patients viennent majoritairement de l’hôpital, les familles pensent avoir le temps de le réflexion quant au devenir de leur proche en ssr or ce n'est pas le cas

l'admission en SSR est souvent du à une chute, les familles sont prisent de court même si ils savent que la perte d'autonomie se serait posée à un moment ils ont en général pas voulu voir ou pas eu le temps d'y penser, trop compliqué surtout quand ils travaillent (vie à s'occuper de leurs parents et de leurs petits enfants)

l'ehpad reste très onéreux, quand il y a des fratries c'est parfois source de conflit. quand c'est l'aide sociale idem (soumise à récupération), pris aussi souvent dans une culpabilité énorme face à ce placement.


mes actions :

ce que je faisais après avoir accueillie les familles à plusieurs reprises, les écouter, leur donner toutes les informations possibles, les accompagner dans leurs démarches, discuter avec l'équipe médicale en transmission, est un positionnement clair avec selon kiné quant à l'impossibilité de récupération, médecin sur l'évolution ou non médicale, stabilisation de l'état général, cadre sur la date de sortie, c'est à dire que la pec (prise en charge) des patients lourds dès leur arrivée en ssr faisait l'objet d'un repérage spécifique, d'une information soutenue et de démarches régulières en les appelant ou en leur laissant des messages écrits par exemple.(par mail si possible très bon moyen on ne me disait plus qu'on avait pas eu l'information.....)

quand la date était fixée ça voulait dire que tout avait été mis en place et qu'ils ne pouvaient pas reculer avec prise de contact de ma part et du cadre. évidemment sauf cas où la patient rechute en ssr par exemple ou aggravation de son état de santé.

à la fin après avoir travaillé comme ceci j'avais moins de problèmes. on s'adaptait à l'évolution médicale du patient à l'approche de la date de sortie et même si ça reste du cas par cas selon les situations on se retrouvait moins au dépourvu.

Je faisais comprendre clairement et parfois fermement aux familles leur responsabilités surtout quand celles ci ne répondaient plus ou faisaient l'autruche, je sollicitais le cadre qui était là pour les sorties et qui était très molle il fallait que je la pousse pour qu'elle agisse. (le boulet)

quand tout avait été réfléchi, je me tenais à disposition des familles si besoin, organiser des réunions avec l'équipe médicale quand c'était possible pour des cas compliqués afin d'avoir la parole de médecins qui se positionnaient aussi fermement. (toujours mieux d'avoir des médecins face aux familles...)

j'ai eu des cas très complexes sur des rad ou placement mais trop longs à expliquer ici

en ce qui concerne le contrat d'accueil, on y avait aussi pensé face à des familles ou patients qui ne voulaient plus sortir ou qui menaçaient de porter plainte mais c'était compliqué à mettre en place, déontologiquement aussi.

le cadre voulait parfois leur faire signer un document comme quoi toutes les aides avaient été mises en place, l'information donnée et que donc le patient pouvait sortir telle date. j'ai fait ça avec l'accord direction pour une patiente qui posait d'énormes problèmes et qui voulait porter plainte , ce qui ne l'a pas empêché de le faire à la sortie d'ailleurs, mais professionnellement ça m'a gêné et je ne l'ai plus jamais refait.

il est plus utile d'élaborer un plan d'aide dès l'arrivée de ces patients et avec l'expérience on les repère très vite !

je dirais donc que le positionnement avec le gériatre et l'équipe est très important (équipe cohérente dans l'information) quand l'accompagnement a été fait correctement et que les aides mises en place.

les sorties en ssr se faisaient non sans difficultés mais elles pouvaient se faire, le ssr n'étant pas là pour palier aux carences des familles, ce n'est pas un ehpad, les assistantes sociales ne sont pas là pour tout supporter, l'équipe médicale jour un rôle fondamental, ce qui manque cruellement aux équipes actuellement se positionner qui se repose malheureusement trop souvent sur les assistantes sociales pour faire tout le travail et à qui on donne trop de responsabilités.


j'espère avoir répondu à ta question sans t'embrouiller

Re: Question aux AS en SSR

Publié : 01 juil. 2016 11:27
par ASS93
Bonjour,

Alex, vous avez parfaitement expliqué la problématique principale du séjour en SSR. L'installation des patients et la déresponsabilisation de certaines familles qui souhaitent que leurs parents restent jusqu'à la fin (peut être mort ?) en SSR.
C'est très difficile le travail en SSR, d'où l'importance d'avoir une équipe très soudée et qui communique entre elle.

Re: Question aux AS en SSR

Publié : 04 juil. 2016 16:36
par alex
bonjour ASS93

et je dirais en plus toute cette énergie, volonté et enthousiasme pour un paie de misère, une reconnaissance proche du nul, un cadre à la ramasse, une direction absente (dans mon cas) heureusement un médecin sympa et une équipe médicale proche également, maintenant que je suis partie je ne remettrai plus jamais les pieds dans le médical comme un ssr ou un hôpital. c'est de plus en plus difficile pour les ass sociales qui travaillent seule comme je l'ai fait. alors courage à toutes :)

Re: Question aux AS en SSR

Publié : 08 juil. 2016 08:20
par Ex ass srr
Ancienne as en ssr a tendance geriatrique j'étais aussi confrontée a cette problematique.
Ce qui se passait dans la clinique c'est que je faisaot deux intervention collective (le rad et l'entrée en ehpad)
De plus quand une famille changeait de projzt au dernier moment en disant oritention vers ehpad, le medecin coordinateur prennait position en disant que depuis le debut ont leur avait parler des deux options, qu'un plan de rad a ete mit en place que le rad est donc prévu mais qu'a cote de ca je pouvais leur donner un dossier ehpad et les orienter vers des service d'aide dans les demarches d'ehpad (du genre retraite-plus)

Re: Question aux AS en SSR

Publié : 14 juil. 2016 08:42
par Delphine
Merci de vos retours les AS.
Je vois qu'il n'y a pas de solutions miracle !! ;-)

Il est vrai que face à la déresponsabilisation des familles, l'équipe commence à être bien rodée, du coup le gériatre , les soignants et moi avons toujours le même discours et c'est très important car on s'est longtemps fait manipuler.
Le problème reste les médecins et les chirurgiens qui orientent les patients en leur disant qu'ils ont "droit" à 3 mois !! Va rattraper ca après !

Juste pour l'anecdote, cette semaine alors qu'une sortie était en train d'être organisée pour un patient, son épouse à dit à l'aide soignante que celle-ci n'avait qu'a ce le prendre chez elle si on voulait le faire sortir. Et qu'elle se le "coltinait" depuis 4 ans !

Organiser un devenir quand la famille freine des 2 pieds c'est le pire à gérer pour moi. C