Page 1 sur 1

accompagnement lors du travail de deuil

Publié : 25 oct. 2005 19:47
par Alex
Actuellement en formation de moniteur éducateur, j’ai pu effectuer un stage au sein d’un foyer de vie. Lors de ce stage j’ai découvert les souffrances des personnes déficientes intellectuelles en deuil après la perte d’un être cher.
Un constat s’imposait face à moi : la quasi-totale méconnaissance de la réalité du deuil et du processus qu’il sous entent chez la personne déficiente intellectuelle.
C’est devant les questionnements et les difficultés rencontrées par l’équipe que je me suis rapidement posé une question.
« Comment le moniteur éducateur peut il accompagner l’adulte déficient intellectuel dans le travail de deuil ? »
Bien qu’il existe de nombreux ouvrages portant sue l’accompagnement au deuil tant des enfants, des adolescents que des adultes normaux, la triste réalité est que très peu d’articles ou de recherches traitent de ce même sujet chez les personnes déficients intellectuelles.
Je recherche donc des membres d'équipe éducative qui voudrait bien me faire partager leur expérience.Notamment à travers plusieurs questions qui me viennent à l'esprit :

Avez-vous annoncé au cour de votre carrière un décès d'un parent, d'un professionnel, d'un usager, à un adulte déficient intellectuel ?
Quelle à été la première réaction de cet adulte lors de l'annonce du décès(physiologique et psychologique) ?

En cas de maladie de la personne dcd, avez-vous abordé le sujet de la mort avec l’adulte à qui vous avez annoncé la nouvelle?

Si oui aviez-vous utilisé des supports (images, pictogrammes, etc.) ?

L’adulte endeuillé a-t-il pu participer aux rites funéraires ?

Lors de l’accompagnement avez-vous désigné un accompagnateur particulier ?

Si oui selon quels critères ?

Lors de ces rites avez-vous été confronté au refus de la famille de la personne endeuillée de voir participer l’adulte aux rites funéraires?

Si oui quelles étaient les craintes de la famille?

Qu’avez-vous mis pour apaiser leurs craintes ?

Avez-vous finalement permit à l'adulte concerné de prendre une place aux rites funéraires ?

Si oui, comment l’adulte endeuillé a-t-il réagit durant ces rites funéraires ?

Si non, avez-vous constaté des conséquences

le sujet est un peu long mais j'espère qu'il vous fera réagir, et cela pour une meilleure prise en charge.

Merci d'avance.......

Re: accompagnement lors du travail de deuil

Publié : 25 oct. 2005 22:15
par miloche
Bonsoir Alex,

Je suis ME et j'ai un frère déficient intellectuel. il y a un an et demi, mon papa est décèdé subitement. Personne n'y était préparé et encore moins mon frère. Quand je lui ai dit : "Papa est mort" il a rigolé. Je lui ai réexpliqué en lui disant que papa allait aller au cimetière. (Nous ne lui avons jamais caché les décès des grand parents... Il n'allait jamais aux funérailles mais accepptait de venir au cimetière ensuite.) A ce moment là, il a compris. Il a pincé ses lèvres, ne parlais plus et avait le teint très pâle.
Mon frère n'a pas voulu aller à la morgue lorsque nous lui avons proposé. Nous ne lui avons pas imposer. Par contre nous l'avons emmener au cimetière après les funérailles. Le processus de deuil a été très long pour lui, pendant deux mois dès que nous quittions une pièce, il nous demandait ou on partait. Ensuite, il y a eu des périodes ou il semblait triste, nous lui demandions s'il était tristre, s'il pensait à papa. Il prenait alors son album photo ou il y avait une photo de notre père puis il lui parlait; "j'ai fait ça aujourd'hui...." Cela l'a peu à peu apaisé.
J'espère que ce petit récit 'aidera dans ton travail. Bonne continuation.

Re: accompagnement lors du travail de deuil

Publié : 26 oct. 2005 10:08
par Alex
Merci beaucoup pour ton témoignage.
je retrouve beaucoup de similitudes entre ton histoire et celle que j'ai vécu.
Merci encore..
Bonne continuation à toi et à ton frère.

Re: accompagnement lors du travail de deuil

Publié : 28 oct. 2005 17:32
par caro
bonjour alex,
Tes questions me rappellent les miennes, en effet j'ai effectué mon 1er stage d'me dans un fas, il y a eu deux décés, celui d'une tante qui avait élevé un des adultes accueillis, et celui d'un ancien résidant, qui avait qui plus est, une relation amoureuse avec une résidante.
Et bien personne ne les a prévenu!!!! Personne n'a eu le courage de leur annoncé.
Je trouve ce silence intolérable, et incompréhensible.
Dsl Alex,je ne dois pas trop t'aidé dans tes questionnement, mais c'est un exemple significatif, du tabou qui pèse sur le deuil, sur la mort en général....

Re: accompagnement lors du travail de deuil

Publié : 28 oct. 2005 20:16
par petit poney
salut alex,
j'ai travaillé pendant plusieurs années dans une mas auprès d'adultes polyhandicapés, durant mes années de présence il y a eu 4 décés de résidants. A chaque fois la direction a voulu que ce soit la psychologue qui annonce le décés aux résidants, aucun n'avaient le droit d'assister aux funérailles ou d'aller voir le corps dans la chambre, dans la famille ou au funérarium (1 décès dans l'établissement, 2 à l'hopital, 1 dans la famille)
ils n'ont pas pu dire aurevoir à leurs camarrades
par contre la parole circulait et nous parlions régulièrement des souvenirs avec ces résidants décédés. ils restaient assez présents à leurs esprits. quand le décès était "prévisible" la psychologue préparait les résidants en leur annoncant que le résidant en question était très fatigué/très vieux et répondait aux questions éventuels des résidants l'équipe ensuite prenait le relais, l'équipe ensuite dans le même ton
pour les décès dans la famille des résidants la famille décidait si le résidant participait ou non à la cérémonie, en général c'était non et c'était le dernier membre de la famille qui s'éteignait c'est la direction qui décidait de la présence ou non du résidant à l'enterrement, cela dépendait du degré de filiation du résidant avec la personne qui venait de mourir....
leurs réactions face à la mort pouvaient passer pour de l'indifférence face à l'évènement parce qu'ils ne montraient rien mais ce n'étaient pas de l'indifférence mais plutôt je pense l'impossibilité de traduire ce qu'ils ressentaient
en espérant t'avoir apporté un petit quelque chose
je trouve ton questionnement très juste et ce que tu pourras en tirer sera surrement très intéressant et important pour améliorer notre prise en charge de la personne handicapée face à la mort, face au deuil et face à la sourance que cela engendre
bon courage pour la suite ! :)