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le quotidien

Publié : 16 oct. 2006 18:48
par wyzette
Bonjour à tous,

Je sollicite les personnes qui ont des références, écrits, mémoires, devoirs... sur le thème du "quotidien" afin que vous puissiez me les faire partager.

Encore merci d'avance pr votre aide

wyzette

Re: le quotidien

Publié : 21 oct. 2006 09:48
par suana
salut,
je me joins a toi pour cette demande, mon sujet de monographie etant le quotidien comme support principale de l'action educative pour les personnes adultes en situation de handicap.
Sinon j'ai des livres a te proposer, Les corridors du quotidien de paul fustier,le quotidien en education specialisee de joseph rouzel.

Re: le quotidien

Publié : 28 oct. 2006 14:27
par elodie
Je viens de faire un travail sur le quotidien, je tant fait par :

I) L’intérêt du quotidien dans sa globalité :

Le quotidien touche communément et simplement tout le monde. Le dictionnaire défini ce terme de la façon suivante : « le quotidien est ce qui se fait et qui revient chaque jour ». Ainsi, c’est une notion qui donne une impression de banalité, d’ennui, de monotonie… Le quotidien est un espace de répétition (d’habitudes) et en même temps un lieu d’invention et de création. C’est aussi un lieu de rencontre entre l’usager et le professionnel. Il est l’ensemble des « petits riens » qui remplissent chaque jour (dormir, se laver, faire son lit, manger, travailler, jouer…vivre en fait ! ) , formant des suites d’actes incontournables plus ou moins logiques et rythmés, liés aux besoins de la vie.
Le quotidien rassure par ses répétitions et sa routine. Le quotidien :
- A une fonction de trame, de contenant qui organise des repères « instituant et sécurisant », contenant et contenu de la vie.
- Est un espace de temporalité, avec un rythme classique qui crée de la sécurité.
- Est un espace de vie, des lieux que l’on connaît, et qui nous sont finalement familier et sécurisant.
- Est un espace de lien avec des moments forts et des moments moins forts.
- Est un espace de répétition, de conception et de reproduction.
- Permet à certains enfants de supporter leur placement en ayant en face d’eux, des adultes non-agressants. Cette vie ordinaire est naturellement contenante.
Le quotidien est la base de l’action éducative. Le quotidien dans la pratique éducative, c’est le travail éducatif. « Il s’agit, dans le travail éducatif, d’assurer le quotidien et ses bases… Les éducateurs sont vraiment des gardiens du quotidien » (Joseph Rouzel). La relation éducative est une relation entre deux êtres humains. Le processus éducatif est, essentiellement, un processus de communication. L’approche du quotidien à travers le soin, l’accompagnement, l’aide, constitue un savoir-faire des travailleurs sociaux.
Le quotidien est alors bien, l’espace qui rythme la vie, un cadre sécurisant et structurant, amenant chacun à se reconnaître comme un sujet en relation avec l’autre. Le quotidien est un lieu de l’ordinaire, mais aussi le lieu de l’imprévu et de l’extraordinaire, un espace, l’espace de vie.




Conclusion :
Le quotidien signifie tous ces actes et événements de la vie quotidienne, que l’on vit, que l’on partage chaque jour. C’est dans ce partage, ce vécu commun que naît, s’établit la relation qui sera à la fois la base et le ciment de notre travail auprès des usagers. Le quotidien est rythmé par différents temps organisant la vie : lever, repas, coucher… Ces temps, réguliers, rythmés, ritualisés deviennent des repères dans le temps et posent un cadre. Ce cadre, permet le développement d’un sentiment de sécurité, nécessaire à l’évolution de l’usager.
Dans ce quotidien répétitif peut émerger de l’imprévu qui vient rompre la continuité et l’ordinaire de ces moments. Il appartient aux éducateurs d’empêcher la banalité, qui met de coté la singularité des individus, et de veiller à toujours être attentif et laisser place à cet imprévu.
Le quotidien est donc à la fois le terrain et outils de travail d’un éducateur. C’est dans tous ces temps répétitifs qui peuvent sembler être toujours la même choses, que l’éducateur intervient. Ces petites chose, ces petits détails, font que, finalement, ce quotidien n’est jamais identique et n’est pas vide de sens.















II) Temps du quotidien choisi et les effets éducatifs attendus :

Une grande part du travail de l’éducateur auprès des personnes dont il a la charge se déroule durant des moments de la vie quotidienne : lever, repas, soirée… Le travail éducatif ne va pas alors seulement se limiter à l’aide directe à la personne, il va être également de chercher à construire une médiation, des espaces de rencontre où « vont se structurer pour un sujet son rapport au mode, aux autres et à lui même » ( J.Rouzel).
Pour illustrer cette idée j’ai choisi le moment du lever, en m’appuyant sur l’expérience que je possède suite à mon stage de permutation dans un institut spécialisé (ITEP, IME).
Le lever comme tout moment de la vie quotidienne est une occasion d’observer, de stimuler le sujet et de l’aider à trouver sa place, de donner du sens à tous ces instants. Le lever n’est pas seulement ce moment obligé de la journée où on doit se lever puis se préparer avant de partir à l’école. Le lever est un moment crucial car il est le point de départ d’une nouvelle journée. C’est un moment ponctué de temps distincts : le réveil, la toilette ; l’habillement, le déjeuner

1) Le réveil :

Il est 7H30, l’heure pour l’éducateur de réveiller les enfants. Ainsi, il est présent dès le premier instant, et peut apporter de la chaleur et du réconfort aux enfants. L’éducateur apporte une présence rassurante qu’ils ont perdues avec le placement dans l’institution (ils ne sont pas cher eux).
L’éducateur rentre dans les chambres, entrouvre les volets, dit « bonjour », glisse quelques phrases agréables. La plupart des enfants se réveillent et se lèvent sans problème, répond au bonjour et sont visiblement rassurés par la simple présence de l’adulte. Quelques-uns vont peiner à se réveiller, à se lever et notre premier travail consiste à savoir pourquoi : feinte, flemme, résultat d’une mauvaise nuit…Certains, en refusant de se lever, expriment aussi clairement leur difficulté à affronter une nouvelle journée, pouvant être synonyme pour eux d’éloignement affectif, de rendez-vous désagréable (tribunal), de maladie… Tout ceci rappelant certaines de leurs incapacités, difficultés ou problématiques et cette réalité qui est leur quotidien. Cette appréhension du quotidien est le symptôme d’un grand mal-être, il démontre une forte angoisse. L’éducateur va devoir, face à de telles situations, être repérant, rassurant en racontant par exemple le déroulement de la journée qui s’annonce.
Le moment du lever est aussi celui de la découverte du « pipi au lit ». Les causes de l’énurésie peuvent être multiples : origine psychologique, problème physiologique… C’est un moment difficile pour l’enfant : il ressent de la honte et va vouloir cacher ce qui lui est arrivé. C’est d’autant plus difficile quand il n’a pas une chambre seule, qu’il ne peut pas échapper aux regards de son camarade : qu’ils soient moqueurs ou non le sentiment d’humiliation est renforcé. Dans ce cas là, il va falloir travailler sur l’image et l’estime de soi. Il va falloir déculpabiliser l’enfant, en s’appuyant sur des actions simples (changer les draps, se doucher, refaire le lit). Pour que l’enfant sache faire face à cette situation quand cela lui arrive ( qu’es-ce que je fais ? Je change les draps, je me douche et sa ne ce voit plus).

2) La toilette :

Ce n’est pas encore un moment où les enfants se retrouvent véritablement ensemble. Ils se croisent dans le couloir, devant les chambres, et le contact à l’autre est progressif. L’éducateur n’est pas présent en permanence dans ce moment là. C’est un temps d’intimité, que l’éducateur peut guider. Pour les enfants la toilette est un temps de confrontation à la réalité de son corps. C’est également un temps où on d’occupe de son apparence. La toilette montre l’intérêt que l’enfant se donne et l’image que l’enfant renvoie aux autres. La propreté rend la vie sociale plus agréable. En règle générale, il faut solliciter les enfants à faire leur toilette, et vérifier pour quelques-uns que celle-ci a été bien faite. Le fait de veiller à leur hygiène, témoigne de l’attention qu’on leur porte. Ces gestes leurs véhiculent le sentiment qu’on s’intéresse à eux et qu’ils sont dignes d’estime. C’est ainsi que l’éducateur pourra les aider à modifier l’image dévalorisée qu’ils ont d’eux même et qu’ils apprendront ) s’aimer.

3) L’habillement :

On y retrouve, comme pour la toilette, un souci pour l’apparence. L’aspect vestimentaire donne une place « sociale », au travers des marques, du style et peut prendre une grande importance. Ainsi, un enfant peut se retrouver en t-shirt en plein hiver…Il faut veiller à ce que les enfants restent dans la réalité. Pour certains ce moment va encore être une épreuve : certains enfants souffrant de troubles moteurs vont être gênés pour s’habiller entièrement seuls : boutons, lacets… Cela concerne l’autonomie à travers des tâches simples et quotidiennes et en même temps à l’idée de « grand » ou « petit ». Dans ce contexte certains enfants vont tenter d’accaparer l’adulte, de demander sans cesse de l’aide. Ceux-là refusent de devenir « grands » et demandent à rester « petits ». Il faut les encourager à faire et refuser régulièrement d’intervenir. D’autres vont profiter de ce temps pour faire traîner les choses et ainsi reculer l’échéance de l’affrontement de la journée et tenter d’y échapper.

4) Le petit déjeuner :

C’est le premier moment véritablement collectif du lever. A ce moment on déjeune en présence de presque tout le groupe. Ce sont les premières confrontations. On peut alors remarquer les affinités de chacun, les liens d’amitié ou d’animosité. C’est également pour l’éducateur un indicateur de leur autonomie : ceux qui se servent tout seul, qui déjeune sans renverser le bol…. Le petit-déjeuner va également permettre à l’éducateur d’observer les enfants dans leur rapport à la nourriture.
Le petit déjeuner est le dernier moment du lever où l’éducateur va redonner les repères de la journée qui débute.

Conclusion :
On peut considérer le moment du lever comme un temps pour communiquer quotidiennement. C’est aussi un temps qui permet l’appropriation du lieu de vie, la confrontation aux règles, l’apprentissage, l’autonomie…
Le partage du réveil et du petit déjeuner, c’est éventuellement partager la mauvaise humeur de certains, mais aussi respecter le silence ou accueillir la parole de l’enfant. C’est aussi pour l’éducateur médiatiser les premiers échanges pour éviter qu’ils ne dégénèrent en conflits, vérifier que tout le monde ait déjeuné et soit correctement habillé pour partir.
C’est un moment très important car c’est sa qualité qui conditionne bien souvent la suite de la journée et les conditions dans lesquelles les enfants la passeront.












III) Situations éducatives et analyse des attitudes adoptées :

Nicolas 9 ans, se lève à 7H le matin, il n’attend pas que l’on vienne le réveille. Il s’assoit sur une marche de l’escalier non loin de nous pendant 10 minutes. Il reste à nous observer sans répondre à nos « bonjour ! Comment sa va ? » . Puis il vient nous dire bonjour.
Nous réveillons ses camarades à 7H 30. Pendant cette demi-heure, il a du mal à respecter le sommeil des autres, il fait du bruit, chante, crie… Nous lui avons proposé de commencer à faire sa toilette, sa chambre pendant ce temps là. Mais il refuse, il veut attendre les autres enfants. Nous essayons pendant cette demi-heure de lui demander comment s'est passé sa nuit, il ne veut pas toujours en parler. Il a du mal à s’endormir le soir, les veillers sont souvent synonyme de crises et conflits pour lui. Le matin, Nicolas a un traitement à prendre (tranquillisant). C’est le seul enfant du groupe à prendre un traitement. Il doit le prendre matin, midi, et soir, à heure régulière. Le matin pour Nicolas c’est un moment difficile, il crie, pleure, qu’il n’en veut pas, mais il fini toujours par le prendre. Ensuite il refuse de déjeuner, lorsque ses camarades ont presque fini, il mange, se goinfre même. Nous sommes obligés de le restreindre, et là nous avons encore une fois des pleures et des cris. Au moment de l’habillage, il se néglige, il met ses vêtements à l’envers, il veut mettre qu’un t-shirt, pas de chaussette…. Il ne se coiffe pas ou peu, se lave sous la contrainte…. Nicolas ne supporte aucun contrainte, aucune frustration. Il a très peu d’estime de lui et respecte peu ses camarades. Nicolas fait partie de ses enfants qui fond traîner le moment du lever pour reculer l’affrontement de la journée pour tenter d’y échapper. Il aime beaucoup qu’on s’occupe de lui, il essaie d’accaparer sans cesse l’adulte.
C’est un enfant qui a été en situation d’abandon dès son plus jeune âge. Du coup, il fait tout pour tester notre résistance à l’aimer. Son quotidien a été « l’abandon » pendant des années (abandon par ses parents dans les premiers mois de sa vie, changement de familles d’accueil environ tous les six mois, donc changements d’écoles, séjour à l’hopital…). Cet enfant est à l’institut spécialisé depuis seulement 6 mois. Il est interne. Les journées sont difficiles pour lui, cela est synonyme pour lui de menace d’un nouvel abandon. Le matin nous lui expliquons qui sera présent au moment du repas du midi, du goûter, du souper, et de la soirée. Nous lui expliquons aussi, ce qu’il va faire comme activités ce jour, dans le but de lui apporter du réconfort et de l’assurance. Cet enfant a besoin de beaucoup d’attention, d’être revalorisé, il faut travailler l’estime et l’image de soi. Il faut toujours le rassurer sur l’attachement qu’on lui porte. Souvent lorsqu’il essaie de nous pousser à bout, je lui dis « tu sais malgré tes bêtises, et les moments où tu es désagréable, je tiens toujours à toi » et là il a toujours un moment de sidération.
Pour cet enfant les moments du quotidien, nous permettent d’instaurer un climat de confiance, de le rassurer, de le contenir tant bien que mal. Le lever est un moment au Nicolas a beaucoup ritualisé ses gestes. Il se lève avant les autres, nous observe (elles sont bien là, elles ne m’ont pas laissé, je suis pas seul), ne veut pas prendre son traitement, fini par le prendre, refuse de déjeuner, puis se goinfre… Chaque matin, il agit de la même façon avec plus ou moins de cris et de pleure. C’est sa façon à lui de se familiariser avec ses camarades, avec nous et l’institution.

Re: le quotidien

Publié : 31 oct. 2006 20:11
par alex
salut,

tu trouveras des ref, entre autre, dans "les quoridors du quotidien", "de l'education specialisee".
bon courage

Re: le quotidien

Publié : 31 oct. 2006 20:54
par wyzette
Merci Alex pour ces références de bouquin mais je les ai déjà ¤

Merci quand même ;)