Quand la barrière du concours transforme la motivation en détresse ...
Publié : 18 mai 2006 23:29
Quel moment difficile je suis en train de traverser ! Ho je me doute bien ne pas être la seule dans ce cas ...
Mais pour moi c'est à la fois si nouveau et si habituel.
Pour la 4ème fois recalée au concours d'entrée en école ES. "4" ce chiffre me fait si peur à présent. Titulaire d'une licence en Sciences de L'Education, j'ai accès directement à l'oral de la sélection. Ca fait donc 4 fois que je rencontre psy, professionnel et épreuve de groupe. Je dois avouer que la première fois que je m'y présentais, en discutant avec les autres candidats en attendant notre tour, je trouvais incroyable que des personnes se présentent pour la 3ème fois. Je me disais bêtement qu'au bout de 3 fois il est quand même temps de réaliser par soi-même que l'on a choisit la mauvaise direction. Tout cela me semblait si loin de moi ... Naïve que j'étais...
Les 2 premières fois où j'ai échoué, lors de l'entretien aucours duquel on nous informe sur le contenu de notre dossier (disons plutôt un résumé des appréciations du jury), les constatations étaient identiques : avis favorable pour les uns, très favorable pour les autres, bonne prise de recul quant à mon histoire de vie, ma motivation , ... Bref rien qui ne nécessite une remise en question. La conseillère me dit de ne pas baisser les bras, que mon dossier est très encourageant, mais que malheureusement les places sont limitées, ce qui les oblige à priver de formation des gens qui le méritent ...
Voilà comment moi aussi j'y suis un jour arrivé à la 3ème fois que je me présentais. Les préjugés que j'avais eu quelques années plus tôt, bien rangés au fond de ma poche. Cette fois là (l'annèe dernière), l'espoir arrive enfin ! je suis 8ème sur liste d'attente ! Je participe donc à la réunion de pré-rentrée (qui me motive encore plus pour démarrer cette formation)et le temps passe, lentement, jusqu'à la date buttoir. Pas un seul désistement. Retour à la case départ. Jusque là, j'assurais mes arrière. En cas d'échec, je savais toujours comment retomber sur mes pieds, j'avais déjà anticipé comment occuper l'année qui me séparait de la prochaine session au concours: études en fac, apprentissage de la langue des signes, remplacements en foyer éducatif, ... Je positivais toujours dans la mesure où échouer au concours me permettait toujours de vivre des expériences enrichissantes en attendant. Grande confiance en la vie la petite ! Puis arrive quand même le moment où j'ai vraiment plus envie d'attendre ( 26 ans). Cette année, après avoir eu vraiement du mal à trouver du taff dans un milieu susceptible de m'enrichir (sur le plan social), je me dis que le temps est venu quand même d'avoir enfin droit à la formation. Comme à mon habitude, je ne stresse pas pour les oraux. Je me présente telle que je suis, je reste fidèle à moi même. Certes l'entretien avec la professionnelle a été dur à vivre. Froide et très distante, elle n'encourageait pas la discussion. Mais bon, au vu des années précédentes, je sais bien que les impressions que l'on a ne collent pas forcément avec le ressenti du jury. Alors je ne m'alarme pas. J'attendais les résultats sans stress et sans illusions. Mais il y a 2 jours, le couperet est tombé: recalée. Même pas de liste d'attente cette fois-ci. Les années précédentes, j'encaissais le coup sans trop de difficultés, je rebondissait immédiatement. Mais cette fois-ci c'est la fois de trop. Je me sens brisée par ce verdict. Evidemment, la consultation du dossier ce n'est pas pour de suite. Il faut attendre. Pour me booster j'essaie de reconsidérer ma motivation de départ, de me réimprégner de tout ce qui a toujours fait que je veuille faire ce métier. Mais quelque chose s'est cassé en moi. J'arrive plus à reconnecter. Je me sens détruite, écrasée par ce système de sélection qui ne veut pas de moi. Je me sens si seule face à ça. J'ai du mal à tolérer le soutien de mes proches qui consiste à me dire "qu'ils ne savent pas qui ils perdent dans cette école", que "ce n'est que partie remise", que "si je suis faite pour ça il ne faut pas baisser les bras" ... Le bon conseil aussi "ben trouve un boulot qui te plaît en attendant". Mais cette année j'ai frappé à toutes les portes que je pouvais trouver, et pas une ne s'est ouverte. Pas d'emploi quand on n'est pas diplômé. Même pour de simple entretiens (pour me parler simplement de leur métier), pas de retour. J'ai pas la force de passer une 5ème fois ce putain de concours. Pour certain cela pourrait être preuve que ma motivation n'est pas à toute épreuve. Pour d'autres, tout comme j'ai pû le penser au début, c'est peut être flagrant que ça veut dire que cette voie n'est pas faite pour moi... De toutes façons, peu m'importe les opinions extérieures, j'ai déjà bien du mal à gérer l'opinion si négative que j'ai de moi tout à coup. Je me sens nulle, pas comme il faut, pas à ma place, pas ... Je me sens pas, je me suis perdue.Moi qui n'ai pas la larme facile, ces derniers jours ça coule à flot. J'ai rapidement annoncé à certains de mes proches, mais j'ai tellement honte de moi, que je n'arrive pas à en parler. Je suis bloquée dans ma douleur. J'ai bien essayer de remettre tout en question, de me faire à l'idée que ce métier n'est pas fait pour moi. Mais c'est inconcevable, j'ai ça dans les tripes depuis ... Depuis que j'ai eu l'âge de me demander ce que je souhaitais faire de ma vie. Alors je cherche une alternative, un métier dans lequel je pourrai aussi bien m'épanouir mais dont l'accès est peut être plus facile. Mais pourquoi faire ce choix ? Pour dans une dizaine d'années regretter de ne pas être allée au bout de mes rêves et mes ambitions ? Actuellement je n'arrive plus à me projetter au delà de 3 mois (après mon job actuel). Mon horizon sent le néant.
Je me sens tellement prisonnière de ma souffrance ces jours ci que je pourrai écrire des pages entières ce soir. Mais je vous épargnerai de ça.
Je ne sais pas où me mènera mon cheminement intérieur face à tout ça, mais je souhaite au moins une chose:
Ceux qui ont le privilège d'avoir accès à la formation, ne gâchez pas votre temps, profitez pleinement et cessez de perdre du temps à vous plaindre de broutilles sur la formation comme j'ai pû parfois lire sur ce forum.
Pour ce soir, je reste au bord de ma falaise, à me demander comment arriver à reconstruire un pont vers mon avenir ? :frown:
Mais pour moi c'est à la fois si nouveau et si habituel.
Pour la 4ème fois recalée au concours d'entrée en école ES. "4" ce chiffre me fait si peur à présent. Titulaire d'une licence en Sciences de L'Education, j'ai accès directement à l'oral de la sélection. Ca fait donc 4 fois que je rencontre psy, professionnel et épreuve de groupe. Je dois avouer que la première fois que je m'y présentais, en discutant avec les autres candidats en attendant notre tour, je trouvais incroyable que des personnes se présentent pour la 3ème fois. Je me disais bêtement qu'au bout de 3 fois il est quand même temps de réaliser par soi-même que l'on a choisit la mauvaise direction. Tout cela me semblait si loin de moi ... Naïve que j'étais...
Les 2 premières fois où j'ai échoué, lors de l'entretien aucours duquel on nous informe sur le contenu de notre dossier (disons plutôt un résumé des appréciations du jury), les constatations étaient identiques : avis favorable pour les uns, très favorable pour les autres, bonne prise de recul quant à mon histoire de vie, ma motivation , ... Bref rien qui ne nécessite une remise en question. La conseillère me dit de ne pas baisser les bras, que mon dossier est très encourageant, mais que malheureusement les places sont limitées, ce qui les oblige à priver de formation des gens qui le méritent ...
Voilà comment moi aussi j'y suis un jour arrivé à la 3ème fois que je me présentais. Les préjugés que j'avais eu quelques années plus tôt, bien rangés au fond de ma poche. Cette fois là (l'annèe dernière), l'espoir arrive enfin ! je suis 8ème sur liste d'attente ! Je participe donc à la réunion de pré-rentrée (qui me motive encore plus pour démarrer cette formation)et le temps passe, lentement, jusqu'à la date buttoir. Pas un seul désistement. Retour à la case départ. Jusque là, j'assurais mes arrière. En cas d'échec, je savais toujours comment retomber sur mes pieds, j'avais déjà anticipé comment occuper l'année qui me séparait de la prochaine session au concours: études en fac, apprentissage de la langue des signes, remplacements en foyer éducatif, ... Je positivais toujours dans la mesure où échouer au concours me permettait toujours de vivre des expériences enrichissantes en attendant. Grande confiance en la vie la petite ! Puis arrive quand même le moment où j'ai vraiment plus envie d'attendre ( 26 ans). Cette année, après avoir eu vraiement du mal à trouver du taff dans un milieu susceptible de m'enrichir (sur le plan social), je me dis que le temps est venu quand même d'avoir enfin droit à la formation. Comme à mon habitude, je ne stresse pas pour les oraux. Je me présente telle que je suis, je reste fidèle à moi même. Certes l'entretien avec la professionnelle a été dur à vivre. Froide et très distante, elle n'encourageait pas la discussion. Mais bon, au vu des années précédentes, je sais bien que les impressions que l'on a ne collent pas forcément avec le ressenti du jury. Alors je ne m'alarme pas. J'attendais les résultats sans stress et sans illusions. Mais il y a 2 jours, le couperet est tombé: recalée. Même pas de liste d'attente cette fois-ci. Les années précédentes, j'encaissais le coup sans trop de difficultés, je rebondissait immédiatement. Mais cette fois-ci c'est la fois de trop. Je me sens brisée par ce verdict. Evidemment, la consultation du dossier ce n'est pas pour de suite. Il faut attendre. Pour me booster j'essaie de reconsidérer ma motivation de départ, de me réimprégner de tout ce qui a toujours fait que je veuille faire ce métier. Mais quelque chose s'est cassé en moi. J'arrive plus à reconnecter. Je me sens détruite, écrasée par ce système de sélection qui ne veut pas de moi. Je me sens si seule face à ça. J'ai du mal à tolérer le soutien de mes proches qui consiste à me dire "qu'ils ne savent pas qui ils perdent dans cette école", que "ce n'est que partie remise", que "si je suis faite pour ça il ne faut pas baisser les bras" ... Le bon conseil aussi "ben trouve un boulot qui te plaît en attendant". Mais cette année j'ai frappé à toutes les portes que je pouvais trouver, et pas une ne s'est ouverte. Pas d'emploi quand on n'est pas diplômé. Même pour de simple entretiens (pour me parler simplement de leur métier), pas de retour. J'ai pas la force de passer une 5ème fois ce putain de concours. Pour certain cela pourrait être preuve que ma motivation n'est pas à toute épreuve. Pour d'autres, tout comme j'ai pû le penser au début, c'est peut être flagrant que ça veut dire que cette voie n'est pas faite pour moi... De toutes façons, peu m'importe les opinions extérieures, j'ai déjà bien du mal à gérer l'opinion si négative que j'ai de moi tout à coup. Je me sens nulle, pas comme il faut, pas à ma place, pas ... Je me sens pas, je me suis perdue.Moi qui n'ai pas la larme facile, ces derniers jours ça coule à flot. J'ai rapidement annoncé à certains de mes proches, mais j'ai tellement honte de moi, que je n'arrive pas à en parler. Je suis bloquée dans ma douleur. J'ai bien essayer de remettre tout en question, de me faire à l'idée que ce métier n'est pas fait pour moi. Mais c'est inconcevable, j'ai ça dans les tripes depuis ... Depuis que j'ai eu l'âge de me demander ce que je souhaitais faire de ma vie. Alors je cherche une alternative, un métier dans lequel je pourrai aussi bien m'épanouir mais dont l'accès est peut être plus facile. Mais pourquoi faire ce choix ? Pour dans une dizaine d'années regretter de ne pas être allée au bout de mes rêves et mes ambitions ? Actuellement je n'arrive plus à me projetter au delà de 3 mois (après mon job actuel). Mon horizon sent le néant.
Je me sens tellement prisonnière de ma souffrance ces jours ci que je pourrai écrire des pages entières ce soir. Mais je vous épargnerai de ça.
Je ne sais pas où me mènera mon cheminement intérieur face à tout ça, mais je souhaite au moins une chose:
Ceux qui ont le privilège d'avoir accès à la formation, ne gâchez pas votre temps, profitez pleinement et cessez de perdre du temps à vous plaindre de broutilles sur la formation comme j'ai pû parfois lire sur ce forum.
Pour ce soir, je reste au bord de ma falaise, à me demander comment arriver à reconstruire un pont vers mon avenir ? :frown: