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L'informatique en MECS ?

Publié : 19 juil. 2007 14:13
par Kamel
Bonjour tous collègues,

Je voudrais poser une question qui dans la profession fait débat . Je constate que la charge de travail administratif, relatif au jeune dont nous avons la mission d'accompagner dans divers secteurs est de + en + massive:Cahier de liaison, fichier, synthèse, dossier scolaire, d'apprentissage, inscriptions à diverses activités sociales...)

Au point où je me demande si être éducateur aujourd'hui n'est pas un boulot burocratique!? Je pense que si, à 40% environs. Ce qui est beaucoup trop et de surcroit lorsque ce temps est utiliser sur les temps éducatifs.

Plus précisément, ce travail administratif ce fait simultanément, entre douche, devoirs, repas, sortie en ville... Ce qui a pour résultat, une altération dans la relation d'accompagnement. D'où cette idée qui m'est venu de demander à mon directeur d'envisager d'équiper les lieux de vie d'un ordinateur avec une base de données permettant d'avoir toutes les infos du jeune et de pouvoir actualiser les évènements de sa vie quotidienne en vue de sa synthèse par exemple. Je suis foncièrement pour cette idée. Le débat est ouvert, merci de m'échanger vos témoignage. Je précise, l'établissement (Mecs)n'est pas, à ce jour équipé. C'est en cours d'étude de financement.

Re: L'informatique en MECS ?

Publié : 19 juil. 2007 23:16
par hayaya

Il n'y a pas de réponse à ce genre de question.. Evidemment, l'informatique serait plus pratique, plus simple pour vous, éducateurs..
De la à dire que notre travail est à 40% bureaucratique, je ne suis pas d'accord... Il l'est car n'oublions pas que nous avons des comptes à rendre à nos employeurs qui eux-même ont des comptes à rendre à leurs financeurs (surtout en MECS: DDASS, ASE, PJJ... qui sont souvent bien plus administratifs que nous)
Nous avons un devoir de discrétion voire de secret professionnel et l'informatique est un élément difficile à mettre 'sous clef' vu le nombre de virus et de Hackers qui hantent ce monde virtuel et qui pourrait alors rompre cette partie de notre mission, plus fortement si l'un des jeunes parvient à y accéder...
Dans tes dires, j'ai plutôt l'impression que ton questionnement porte mois sur l'outil informatique que sur les comptes que tu a à rendre à tes employeurs et que ta véritable difficulté se trouve là: dois-tu systématiquement rendre compte de ce que tu fais et à travers quel outil (cahier de liaison, fichiers...). Qu'en penses-tu?

Re: Réponse à Hayaya

Publié : 20 juil. 2007 13:30
par Kamel
Hayaya,

Je te remercie pour ta réaction sur le sujet.

Rendre compte de l'évolution du jeune à ma direction et lui soumettre les choix de l'équipe, orientation, projets, hypothèses...sur l'évolution du jeune, me semble légitime, justifier à plus d'un titre. Nous avons une mission, laquelle est financée par de l'argent public c'est donc un minimum qui s'impose à nous. Je ne remets pas en question cet aspect de notre travail. Je l'approuve même car il est le garant, antre autre, d'une certaine éthique professionnelle.

Ce que je questionne, est la jonction de la charge administrative massive en terme d'écrits divers, forts intéressants pour l'analyse,la réflexion, les choix. Mais c'est cette conjonction qui, selon moi, altère ou peut altérer, la relation éducative dans la mesure où l'administratif s'immisce dans les temps éducatifs.

Par métaphore, j'ai l'image du père qui doit s'occuper de son enfant, établir une relation avec lui, lui transmettre codes et règles, et faire dans le même temps ses papiers administratifs (impôts, facture... )Je ne crois pas que ces deux aspects de la vie quotidienne soient entre eux bénéfiques pour l'enfant. Je suis, soit éducateur à part entière et m'inscrit pleinement dans la relation duelle, groupale afin d'investir ce qui s'y joue ou, je gratte du papier et le fait sans être dérangé par des demandes, des disputes, des cris....Ce que j'interprète par une forme de demande de l'enfant: "sois avec moi et non dans tes dossiers, qui soit me concerne..."

Notre mission est de conjuguer ses deux aspects du :"sois avec moi" et "sois là pour moi". D'où cette idée de l'informatique qui pourrait centraliser, alléger peut-être l'administratif. Qui, finalement serait là pour nous, l'enfant et l'éducateur.

Enfin pour terminer, ce questionnement, tu l'auras peut-être perçus, est sous-tendu par l'idée selon laquelle l'éducateur ne trouve de légitimité que dans, par et avec le groupe. Groupe dont il a mission de guider, au sens philosophique du terme. Je me sens parfois lésé dans cette conception contemporaine de la mission éducative qu'est la notre. Kamel

Re: L'informatique en MECS ?

Publié : 20 juil. 2007 17:00
par hayaya
Comme tu le dis, la mission de l'éducateur serait d'être un guide pour chacun des jeunes au sein d'un groupe...
Si cela reste notre mission première, nous somme aussi là pour les laisser s'auto-guider et de prendre ici un rôle de 'laisser faire seul' et donc sortir du 'sois la pour moi' ou 'sois avec moi'...
Nous ne sommes pas engagés pour être en permanence à leur contact et à mon sens c'est éduquer que de laisser la personne faire ses choix, supporter leurs conséquences et avancer seule dans son propre projet... Si à ce moment nous sommes garant de ce dernier, notre rôle ici ne consiste-t-il pas à simplement rendre compte de l'avancée du travail accompli (par le biais des exigences administratives)?
L'informatique pourrait être une réponse pour faciliter ou du moins rendre plus rapide l'enregistrement de ces données. La question de l'informatique reste à mon avis secondaire mais pose d'autres questions: tout le personnel y aura-t-il accès (en therme de capacité)? Comment garantir la confidentialité? Si vous n'êtes pas équipé et que le groupe voit que les éducs ont eu un PC tout neuf, quelles réactions vont-ils avoir?
Avec les nouvelles loies que tu n'ignores pas, la transparence est de rigueur. Que se passe-t-il si une fausse manip vous fais perdre toutes ces données?
En plus de tout cela, tu l'auras compris, je suis plus favorable à l'écrit car il a pour moi une valeur bien plus forte qu'un écran et un logiciel. En effet, il me semble que l'écrit (sur papier) reste beaucoup moins impersonnel car nous avons tous une écriture propre, une signature différente, qui disparait automatiquement au profit de Times New Roman, format 12, et que fait-on de notre signature? Pour le jeune, n'est-ce pas une preuve de notre engagement professionneldans le suivi de son parcours que de pouvoir lui montrer nos écrits le concernant plutôt qu'un dossier avec des feuilles standard, automatique...

Re: L'informatique en MECS ?

Publié : 21 juil. 2007 23:01
par Kamel
Bonjour Hayaya,

Je m’inscris en opposition avec ta conception de la prise en charge d’un groupe. Je ne suis pas dans une démarche de « laisser-faire » mais davantage dans une logique d’autorité. Attention à ne pas confondre avec autoritarisme qui est bannir, me semble t’il. Un majorité d’enfants que j’accompagne sont issus de famille où le laisser-faire est le cadre familial proposé par défaut. Il en est résulte, pour ces jeunes, une lecture confuse de leur environnement social. Les repères, les codes, le système socioculturel dans son ensemble est perçu bien souvent comme une agression contre eux. C’est leur intégration sociale qui en souffre. Dans certains cas et ils ne sont pas rares, c’est la porte ouverte aux actes de délinquances, je vois ça tous les jours.
Etre autoritaire, veut dire, selon ma définition, pouvoir assumer sa position de responsable d’un groupe avec toutes les prérogatives qui s’y rattachent et elles sont nombreuses chez l’éducateur. Assumer cette figure de l’autorité, de la loi pour tous, droits et devoirs …, n’empêche en rien le « laisser-faire » et garanti, je crois, des moyens éducatifs et pédagogiques de l’apprentissage à l’autonomie de façon structurée et adaptée. Ce qui n’est pas de trop pour des jeunes qui présentent des souffrances psychologiques, des troubles comportementaux et d’adaptation.

De l’autorité à l’informatique la transition reste délicate, j’en conviens ! ! !(lol)

Comment garantir la confidentialité? Cette question se pose avec le système actuel des dossiers administratifs papiers. De plus, pas besoin de te rappeler que la loi autorise les familles à accéder au contenus de leur dossier.

Les jeunes et leur famille n’ont, je pense, pas leur opinion à donner sur les outils de travail. Et quand bien même, ils poseraient la question, il s’agit d’outils de gestion au service de leur prise en charge. Je ne vois pas où est le problème.

Le système des disques durs internes ou externes actuels sont aujourd’hui tous dotés de récupérateur de données. Il est extrêmement rare de perdre radicalement une donnée informatique, de plus, un double en papier à conserver est vivement conseillé.

Nous sommes nombreux dans mon service a avoir une écriture quasi illisible, peu soignée, j’en fais partie ! Le Times New Roman, format 12 est bien plus efficace à la lecture, donc en gain de temps, de compréhension des situations à gérer. Si tu savais le temps que je perd à comprendre le graphisme de certains de mes collègues et réciproquement ! T’a dernière remarque, sur l’engagement professionnel, à partir de l’écriture manuscrite me semble emprunt d’affects qui n’a pas lieu d’être ici. Ce n’est pas la forme de l’écriture qui détermine mon engagement professionnel. Mon éthique n’a ni de logiciel, ni de stylo, seulement des valeurs humaines et professionnelles qui guident mon quotidien professionnel.

Salutations à toi.

Re: L'informatique en MECS ?

Publié : 23 juil. 2007 13:06
par Hayaya
Bonjour Kamel,

Je pense avoir manqué de douceur dans les mots employés... Par laisser faire seul, je n'entends pas la notion d'abandonisme mais bien celle d'autonomie... N'est-ce pas le but de nos actions? Qu'adviendra-t-il quand le juge décidera que le placement s'achève si on n'a pas laisser au jeune l'opportunité de tester ses limites? (surtout pour des ados).. A mon sens notre rôle est, comme tu le dis fait d'autorité (par ce qu'on représente et même ce que la loie nous délègue au moment du placement), mais nous sommes aussi là pour permettre à la personne (peu importe le public) de se construire en dehors de nos propres schémas... Tu n'empêchera personne de commettre des actes de délinquance si l'envie lui prends d'en commettre.. C'est pour ça que je précisais que notre rôle n'était pas d'être en permanence à leur contact mais bien de les laisser expérimenter les mêmes choses qu'une autre personne (non-placée) pourrait le faire et de les amener à réfléchir, le cas échéant, aux conséquences de ces derniers... Je ne perçoit pas mon rôle dans la protection voire même la surprotection mais bien dans celui de la construction d'un projet avec et pour le jeune. Bien entendu, je pose les limites et m'engage à ce que ce projet reste cohérent avec les modèles sociaux...
Pour ce qui est de cette question (presque lointaine) de l'informatique et de la réaction des jeunes face à l'arrivée d'un PC tout neuf dans l'institution, tu n'empèchera pas les réactions en prétendant qu'il n'aient pas leur mot à dire sur la vie de la collectivité (Cf loie 2002-2 et le conseil à la vie sociale). La collectivité, c'est, par définition, le partage du lieu de vie et donc des installations.
Pour toutes les règles typographiques, je voudrai faire rapport au symbolique. Tu parlais précédemment de l'image du père dans cette relation éduco-administrative, moi je poserai plutôt la question du symbolique par: l'enfant représente-t-il seulement un dossier (répondant à une règle précise: logique de construction, typographie, lisibilité...) ou représente-t-il une personne? C'est pour cela que je pense que si l'informatique est évidemment plus pratique, ne renvoit-il pas à ce questionnement? Montrer au jeune son dossier lors d'une synthèse, et que ce dossier soit écrit à la main, par chacun des éducateurs, montre de fait que chacun de vous s'est engagé, professionnellement et personnellement dans sa construction et la signature vient faire acte d'autorité: dossier validé.
La réciprocité : les éducs ont aussi des défaut comme l'écriture illisible, des fautes d'orthographes, de syntaxe, de grammaire, mais il est vrai qu'il est plus simple de faire appel à Word, TNR 12 et son correcteur orthographique intégré... Pas de signature (sinon un nom posé à la fin d'un page)...
Je ne pense pas qu'être éducateur c'est renier ses affects (discours très idéaliste). Les afects diffèrent de l'affectif en de nombreux points... Travailler avecses affects n'est, à mon sens, pas choquant car nous sommes avant d'être de parfais éducateurs des Etre humains qui se différencient des 'animaux' par ces notions d'affects et d'affectif.. Le renier à mon avis pose la question du symbolique que j'énoncais plus haut : dossier ou personne?
Cette question de l'informatique finalement n'était pas si simple que ça et semble bien plus large que l'utilisation d'un simple outil particulier.
Je suis évidemment obligé de dire que l'informatique devient incontournable mais n'enlève pas moins le droit de questionner son utilisation... Mes valeurs me poussent à en limiter son utilisation au bilans et autres synthèses finalisées ainsi qu'aux courriers aux administrations. Pour le reste, je pense que l'écrit à aussi son importance dans le quotidien (cahier liaison, préparation synthèses) par ceque ce sont les incompréhensions (illisible, fautes, syntaxe) qui guident les débats, non?

Re: L'informatique en MECS ?

Publié : 23 juil. 2007 22:19
par Kamel
Bonjour Hayaya,

J’apprécie notre dialogue par nos différences de points de vue ! Notre conversation présente l’avantage de questionner ou de ré-interroger notre pratique, ce qui n’est pas un mal, c’est une nécessité, me semble t-il. Cependant, je regrette qu’aucun autre membre ne s’invite au débat ! (l’invitation est lancée).

Fin de prise en charge et autonomie du sujet? :

Le Juge ordonne des fins de prise en charge dès lors que les rapports de synthèses le préconisent, sauf cas particulier. Ces rapports sont rédigées par l’équipe éducatives (pluridisciplinaire ou non) et validée par le directeur, le chef de service éducatif, après concertation avec les divers partenaires sociaux qui interviennent auprès de la famille de l’enfant et l’enfant lui-même.

Quel sens a le placement me demandes-tu au regard des moyens qui permettraient au sujet de devenir un être autonome ?

Penser seul et agir en connaissance de cause, telle est, de façon condensée, la définition que je fais de l’autonomie. Chaque être y aspire, si peu qu’il désir s’élever, s’éveiller à sa condition humaine, sociale. Cependant,le placement d’un enfant dans nos types de structures qui relèvent de l’éducation spécialisée via une commande sociale d’origine étatique, n’a pas pour unique finalité de développer l’autonomie du jeune. La famille, l’école, le tissu associatif doit remplir cette mission, en premier lieu. L’institution (MECS) est avant tout un établissement de soins, de protection des mineurs en danger ou de jeunes adultes en difficultés sociales, psychologiques... En exagérant le trait, je dirais que ce n’est pas la priorité d’une MECS que de développer l’axe de l’autonomie, cela vient en second temps. L’autonomie est l’un des objectifs pédagogique parmi d’autres. Restituons le contexte général de nos missions : Il faut savoir, tu le sais sûrement, l’enfant placé (déplacé de son environnement familial d’origine) arrive dans l’institution avec des souffrances morales lourdes, des conflits psychologiques internes conséquents, des blessures morales et/ou physiques graves (maltraitance morale, physique, sexuelle). Ce sont les motifs de son placement. Ces enfants sont, pour une large majorité, égratignés, cabossés, abimés dès leur plus jeune âge, sans faire de misérabilisme. C’est le pourquoi du retrait de l’enfant (de chez lui) et qu'advient donc le placement à L’ASE, lequel fait toujours référence aux défaillances des prérogatives de l’exercice de l’autorité parentale, Art 370 et suivant du Code Civil. (je t’invite à le lire ou le relire)

Le but de notre action est de venir mettre l’enfant hors de danger pour lui mais aussi pour faire tiers entre sa famille et lui. Le traitement des conséquences liées au traumatisme psychologique subi est un seconde priorité. Un travail de restauration narcissique s’impose alors. Le deuil du parent idéal est un processus intéressent car il doit permettre, au cours de la prise en charge, via la relation éducative et ses diverses zonez d’étayages ainsi que la mise en place de soins divers, le colmatage narcissique et ainsi re-dynamiser le processus de construction identitaire du sujet, cela dans le meilleurs des cas, ce n’est pas systématiquement acquis, selon les degrés de carences, de maltraitance. Tu dois bien le savoir si tu exerces en MECS. C’est à travers ces objectifs précités que le travail de l’autonomie vient prendre sens. Je veux dire, que nous devons tendre à rééduquer l’enfant maltraité, carencé et ce n’est pas aisé d’être prudent sur les objectifs à atteindre. Oui, je suis d’accord avec toi pour que l’enfant fasse ses expériences, qu’il en passe par l’éprouver mais c’est à nous de lui baliser cet apprentissage. Ce n’est pas à lui. Et de surcroit, lorsque l’enfant a souffert, sa lecture de la réalité n’est pas toujours conforme à la réalité, à sa réalité (déni puis plus tard acceptation de sa réalité sont deux phases capitales dans le processus). La marginalité et la stigmatisation de l’enfant issus de famille carençante, maltraitante restent un sujet clinique complexe! Ce fut le sujet de ma monographie. Le champ de la sociologie m’a permis de trouver des éléments de réponses et de mieux comprendre les enjeux psychologiques qui se jouent notablement lors des processus de socialisation, de l’autonomie, chez l’enfant placé en MECS.



Pour ce qui est de notre question de départ, l’équipement informatique pour le suivi du jeune : Un collectivité possède, selon moi, la sphère du collectif, spécifique à l’usager qui utilise cet espace a partager collectivement, selon des règles organisationnelles communes, l’internat et toute sa typologie et, une sphère qui est, selon la définition de Paul Fustier qui la nomme ainsi : la superstructure.Il s’agit de l’intendance (au sens global du terme) qui permet d’assurer la mission spécifiée de ces espaces collectifs de soins. Cette superstructure, ne se partage pas avec l’usager, ni même avec ses représentants (CVS). Nous ne sommes pas, l’usager et les représentants de l’établissement et tout personnel confondu, logés à la même enseigne ! (Si j’ose dire) Et ce, dans l’intérêt de la viabilité du fonctionnement et des objectifs cliniques de l’établissement.

Ce qui n’empêche pas et qui permet au contraire que les jeunes ou leur conseil puissent faire, par exemple, une demande pour acquérir des ordinateurs. (D’ailleurs, la classe atelier, destinée a accueillir les enfants non scolarisé provisoirement, est équipée d’ordinateur.)

Donc, le partage en collectivité dont tu parles est, pour ma part à relativiser. Nous partageons de la vie, du quotidien, nous tissons des liens humains, sociaux… mais dans un cadre structuré afin que celui ci soit structurant, soignant pour l’usager. C’est à ces conditions, qui ne doivent pas êtres les seules d’ailleurs, que l’enfant peut trouver matière et espace à symboliser. A travers ce que l’infrastructure et la superstructure lui permet de trouver, de créer, d’éprouver, de contenir ses propres élaborations internes qui doivent lui permettre de devenir sujet libre de penser. Devenir, être autonome, au sens Grec du terme.

Il ne s’agit pas de laisser agir l’enfant selon ses désirs, ses pulsions au nom de l’expérience, de la découverte du tout-venant. (Je pense à la question de l’éducation de l’enfant et son corolaire pulsion/frustration qui est un sujet fortement en lien avec les capacités à devenir un être autonome. Mon développement risquerait d’être un peu long, peut-être ennuyeux, lol !)

Quelle conception ai-je de l’enfant : un dossier ou une personne, me demandais-tu. Ma réponse est sans équivoque, dans ce contexte professionnel qui est d’origine humaniste, je le rappelle, où se mêle technicité, savoir-faire, savoir-être. L’enfant pris en charge est à la fois un cas unique et individuel, une personne en cours de construction qui se cherche et recherche des réponses spécifiques à son histoire singulière. D’ailleurs, sa façon dont il posera ses questions, fond et forme, soit en actes posés ou via le verbe à travers ce quotidien qui nous rassemble, doit retenir toute notre attention, notre observation. Cependant, le « petit-être » cabossé par la vie, telle est ma conception qui n’a rien de péjoratif, ni de réducteur, est aussi un dossier (informatique ou de papier) que gère L’Aide Sociale avec les moyens qui sont les siens. Il n’y pas de quoi en avoir honte !

Salutations. Kamel A.