Page 1 sur 1

De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 15 oct. 2006 21:31
par fantassin-06
Bonjour,

J'ai lu pas mal de sujet sur ce forum, et je fais un constat alarmant. Celui-ci repose en grande partie sur l'égocentrisme de l'"éduc spé" dans sa pratique (avec je ne le nie pas des questions pertinentes et des réponses qui le sont tout autant)

Mais tout de même, que ce soit en institution, en milieu ouvert ou en prévention, chacunes de nos interventions sont censées répondre avant toute chose à la difficulté des parents de se postionner dans leur fonction.

Alors voilà, je voulais ouvrir une réflexion sur ce sujet à savoir: Comment travailler autour de l'autorité parentale lorsque celle ci a été évaluer comme défaillante ?

A vos idées

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 16 oct. 2006 10:19
par sophie
je n'ai pas compris ce que tu voulais dire en parlant sur ce sujet de l'égocentrisme des éduc?

en revanche je pense que notre rôle est indispensable pour tenter de donner des billes aux familles en souffrance face aux problèmes d'autorité avec leurs gamins. mais pour autant, il n'y a pas de recette magique et je crois que l'autorité est une attitude globale que l'on peu prendre dés la petite enfance, lorsque jusqu'au 14 ans du gamin on ne l'a jamais contraint à rien il est difficile voir perdu de revenir en arrière.je travail en prév et c'est une des plus grandes demandes des familles qui viennent désepérer demander comment faire pour que leurs ados les écoutent, ce sont sytématiquement les méres qui font cette demande et la plupart du temp on connait bien les gamins. malgrés la bonne relation que l'on a avec eux, et les multiples interventions en famille avec tous les acteurs pour tenter de soutenir la mére face aux gamins, expliquer réexpliquer, ou le jeunes s'engage sur un certain nombre de chose à la fin de nos entrevues, cela tient 1 semaine au mieux, car la mére à souvent du mal a changer d'attitude et le gamin a souvent déjà trop de pouvoir sur la famille, inverser la vapeur demande de profond changement du fonctionnement de la famille.

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 17 oct. 2006 21:37
par fantassin-06
Bonjour,

Lorsque je parle de l'égocentrisme de l'éduc, je fais référence à sa pratique quotidienne. Son désir de bien faire, sa volonté d'aider l'amène à déconsidérer les fonctions parentales et ainsi penser qu'il porte la solution en lui, dans sa relation avec son public.

Ceci est conforté par l'observation des pratiques tant en milieu ouvert qu'en milieu fermé.

la pratique en prévention est quant à elle dans un exercice extrémement difficile Entre la relation de confiance qu'elle tente établir avec le jeune et l'accompagnement de la famille.

J'ai bien conscience qu'il n'existe pas de baguette magique, mais dans le cadre de la prévention, "le guide de la protection" fait y fait référence: "l'intervention au sein de la famille contribue à dédramatiser et à désamorcer certaines tensions, à faciliter le dialogue et à permettre ainsique soient reconnues la place et les attentes de chacun. A l'extérieur, les démarches effectuées, les médiations et l'accompagnement des parents vers différents services et structures auront pour objectif de placer ou de replacer ceux-ci dans une position d'adultes responsables." (chapitre;L'enfant en difficulté 6-C-13)


Dans le cas qui est cité, il me semble que tout n'est pas perdu, c'est "dangereux" de partir avec cet à priori. Pourquoi se saisir sinon de la situation? l'absence du père est remarquable. La volonté du jeune de faire quelque chose à partir du service est un fait, la volonté de la mère est exprimée. Il me semble tout de même qu'il existe des pistes à exploiter.

Peut être engager le jeune sur des projets moins ambitieux mais qui l'oriente sur des expériences positives. Mobiliser la mère sur le soutien de ses projets positifs... Eclaircir la situation du père.

Pour ce qui est de l'autorité, valoriser la parole de la mère ou du père... Lui faire signer des autorisations pour les sortie organisées par le service....Ne pas atteindre de résultat immédiat!

Inverser la tendance est une intention violente pour le système familial, ça fait référence à la résistance au changement... Mais la présence de la famille au sein du service de prévention dénote déjà d'une volonté.... C'est hyper positif

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 18 oct. 2006 17:31
par Zeronimot
Bonjour,
Je trouve ton intervention très pertinente, pourtant il me semble que tu limites toi aussi le sujet lorsque tu dis que nous devons aider les parents dans "leur difficulté [...] à se postionner dans leur fonction". Il est aussi nécessaire de protéger l'enfant (d'où le nom de Protection de l'enfance). Il me parait donc important de ne pas se limiter à un simple accompagnement, mais parfois à une substitution. Le Pr Berger l'explique bien dans ses livres, notemment L'echec de la protection de l'enfance. Je suis d'ailleurs en stage de 3ème année dans un de ses services et je pense que malgré ses positions sommes toutes trop tranchées et son discours très virulent : il a raison. Nous nous enfermons dans une politique familialiste (bonjour Ségolène...) qui défend les parents quand nous devons défendre les enfants.
Je compte d'ailleurs faire mon mémoire sur la différence entre les parents resonsables et/ou coupables. Autant les travailleurs sociaux peuvent rendre coupable des parents qui ne le sont pas, autant ils protègent parfois des parents qui sont responsables ET coupables. Une part de notre travail est d'expliquer que le judiciaire n'est pas le pénale, donc un enfant placé ne veut pas dire qu'on punit les parents; une autre partie de ce travail est de dire à l'enfant que malgré le passé lourd de leurs parents, il a le droit de leur en vouloir. En effet, il arrive très souvent que l'enfant garde en lui une haine qu'il ne sait pas diriger vers ceux qui l'ont provoquée. Alors il refoule, forclût ou dénie celle-ci sans la transformer en colère. Des pathologies énormes découlent du fait que nous portègeons les liens familiaux toxiques, voir déstructeurs car la société pense que tout "vaut mieux que la séparation d'avec ses parents". Ceci est, me semble-t-il, en partie du au fait que nous nous identifions à l'enfant ou au parent. Cette faiblesse identificatoire ajoute à la destruction à petit feu d'un être (sujet) pris dans la pensée de son géniteur.
Peut-être pouvons nous dire que nous sommes trop pieux, donnant trop de pouvoir au créateur.

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 18 oct. 2006 20:12
par fantassin-06
bonsoir,

je ne suis pas d'accord avec le point de vue réducteur de la question et je trouve dangereux la pratique dites de substitution au nom de la protection de l'enfance.

Les articles 371-1 et suivant du code civil définit clairement le cadre de référence en matière d'autorité parentale. Il décline l'intérêt de l'enfant en terme de devoir et droit des parents dans son aspect protection et son aspect éducation (et/ou développement de l'enfant)

Le Pr Berger cité parle d'échec de la protection de l'enfance. Mais dans ce cas, il me semble qu'il serait plus opportun d'envisager la protection sur un plan juridique. Il n'est pas des compétences des travailleurs sociaux de juger l'autorité parentale en terme de responsabilité ou de culpabilité. Ceci repose plus sur la compétence des tribunaux dans un cadre pénal ou civil.

En terme de "substitution" il existe donc les articles 377 alinéa 2 du code civil relatif à la délégation d'autorité parentale et 378 relatif au retrait de l'autorité parentale.

Dans le cadre de l'article 375, il s'agit bien de protection du mineur avec le respect des droits et devoir de l'autorité parentale sous le contrôle du juge des enfants. Dans le cadre d'une protection administrative, la question de l'autorité ne se pose plus.

Ainsi donc, dans nos pratiques, je suis d'accord sur le fait que l'intervention du juge des enfants ne relève pas de la punition des parents mais d'une intervention de protection de l'enfant. D'où la reflexion sur notre cohérence d'action et la nécessité de ne pas nourrir l'ambivalence accompagnement / substitution.

Dans le cadre de la mesure de placement, dont l'exception demeure la règle, il s'agit d'une protection physique face à un danger avéré et constaté. Il n'en demeure pas moins que les droits sur l'autorité parentale s'applique bien que soumis à une atténuation sous la responsabilité du juge des enfants et non des travailleurs sociaux.

Lors d'une conférence, les magistrats de mon département se posaient la question des poursuites trop peu engagés (dans le cadre de la maltraitance des mineurs) envers les parents. ceci donnait ainsi lieu à des situations ubuesques où les parents non reconnu coupable conservent leur plein droit sur leurs enfants. Il me semble donc que le débat se situe dans cette instance et non dans la sphère de l'action socio-éducative.

Je fais fi volontairement de l'aspect psychologique des conséquences de la maltraitance sur le mineur, ce travail étant du domaine des psychologues et psychiatres.

J'ai donc conscience du malaise suscité par le sujet que j'ai lancé. Mais étant confronté au quotidien à l'augmentation de la présence des avocats dans les tribunaux pour enfant, il me semble qu'un déséquilibre se crée entre les parents et les travailleurs sociaux et pose la question de nos compétences. Nous ne sommes pas armés pour répondre sur le terrain judiciaire, sur le terrain psychologique. Cependant l'intérêt de l'enfant repose sur une éducation réussi. Alors comment s'adapter à cette nouvelle réalité de terrain ?

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 18 oct. 2006 21:24
par vahiné
Je ne pense pas que notre travail d'éduc dans le domaine de la protection de l'enfance consiste à accompagner une partie au détriment d'une autre mais bien de travailler auprès des familles en difficultés.
Je pense que nous ne sommes pas tous en capacité d'élever des enfants, certaines familles se retrouvent en difficulté face à des enfants d'un certain âge, d'un certain sexe...bien souvent en résonnance avec leur propre histoire. Bref,aider un enfant c'est avant tout aider ses parents car l'un ne va pas sans les autres et quand on parle de DESIR, il est bien évidemment qu'il ne s'agit pas du désir de l'éduc mais de celui de la famille. Nous ne sommes pas là pour désirer à la place de l'autre mais pour aider un désir à émerger en lieu et place de la famille : c'est ça notre vrai boulot, un vrai bonheur !
Tout un programme

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 19 oct. 2006 09:14
par sophie
tous ceci est trés théorique, on sent bien ceux qui sortent tout fraîchement de l'école, malgré tout la réflexion est interesante. moi je travail en prévention spé,et je suis aussi pour éviter au maximum le placement qui est bien entendu le fait de protection de l'enfant, mais parfois dans la réalité, c'est dans la douleur et surtout l'incompréhension de l'enfant, cela induit dans tout les cas "mes parents ne sont pas de bon parents" et la situation doit être grave, ce qui n'est pas toujours le cas, j'ai vu des enfants placés pour des raisons qui se discute et cela déchire toute une famille. l'institution est parfois violente est dans la toute puissance, je vois trop souvent des as qui ont un jugement attif et jugeant, je trouve cela violent. je travail dans les familles et prend le temps de comprendre la famille, d'être à l'écoute, en réunion avec les as ou nous échangeons sur ces même familles j'entend des trucs terrible parfois trés interprétés, et c'est cela que je dénonce, nous avons une grande responsabilité en tant que travailleur sociale est certain sont dans la toute puissance.

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 19 oct. 2006 11:01
par vahiné
Le placement devrait être la dernière alternative à une situation d'enfants en danger. Qu'en comprend l'enfant. J'ai travaillé en foyer et ai pu entendre les enfants le comparer à la prison. L'enfant se sent puni et mis à l'écart de sa famille comme le serait un adulte condamné par notre société. Il est évident que le foyer même le proche des enfants est un lieu "violent" dans le sens du manque d'intimité, de respect du rythme de chacun, il ne faut pas oublier que nous y travaillons en tant qu'éduc et pour cela il nous est difficile de prendre notre temps, de nous poser avec les enfants. La place des parents doit être souvent parlée auprès de l'enfant et cela de façon positive pour que l'enfnat puisse se construire à son tour de façon positive.
Je trouve cette discussion intéressante et bien entendu, on y retrouve ici la ferveur militante des étudiants non encore aguerrie à une pratique professionnelle et distanciée. Merci à eux de nous aider à réfléchir sur nos modes d'intervention. Ca me fait du bien.

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 19 oct. 2006 20:06
par fantassin-06
Bonjour,

Dans un premier temps, il n'est pas bon de partir sur un à priori.

Concernant le sentiment voulant certain sortent tout fraichement de formation, je peux opposer. Et si cela provenait de la mise à distance afin de remettre en cause sa pratique ?

D'autre part, le placement des enfants s'effectuent de deux façons. Le placement administratif à la demande des parents ou le placement judiciaire sur réquisition du procureur ou sur décision judiciaire. L'arbitraire du travailleur social n'a rien à voir dans le placement (et heureusement, chacun à sa place)Le garde de fou de la justice existe et il s'effectue dans un débat contradictoire. Ce qui ressort des audiences sont souvent erronées car soumis aux huit clos et secret professionnel. Enfin, il est toujours difficile de provoquer un placement même pour un professionnel aguerri; on ne se fait pas à la routine, ce sont des moments d'une intensité extrême pour les travailleurs sociaux qui y sont confrontés

En ce qui concerne le placement judiciaire, effectivement ceci correspond à une exception dans le cadre de la protection de l'enfance et une réponse à un danger physique avéré. Pour fréquenter les audiences très régulièrement, il ressort que la demande de placement doit être étayée et circonstancier. De plus pour répondre à la notion d'exception, dans le cadre de mon secteur d'intervention les chiffres parlent d'eux même: un cinquantaine de mineurs placés dont une trentaine sur décision judiciaire (pour trois éducateurs). Si l'on fait les proportions sur les presques 20 000 habitants du quartier en zone d'éducation prioritaire, et sur les centaines de mesures d'assistance éducative, je pense que l'on ne peut pas parler de placement systématique voir même de qualifier ces mesures d'exception.... Sur les 150 signalements traités l'année dernière, on ne déplore qu'une dizaine de placement. Les problématiques d'enfants placés: Pédophilie, maltraitance physique, situation abandonnique, défaut de soin, carence éducative importante... Toute relève de la protection pure. Toutes sont difficiles pour les enfants / jeunes et leurs familles, mais toutes me semblent opportunes. Et qu'elles n'ont rien à voir avec un jugement morale de la position parentale.

Pour avoir un peu barroudé en MECS, internat, structure d'accueil d'urgence, prévention spécialisé, la circonscription m'a apporté un regard différent sur le placement.

Enfin, c'est à partir de ces problématiques lourdes que la question se pose sur le travail autour de l'autorité parentale. C'est une question fondamentale au vue de l'évolution de la loi? Mais peut être que je me pose trop de question?

Re: De l'autorité parentale.... dans le cadre ASE

Publié : 23 janv. 2008 22:34
par geraldine
bonjour, auriez vous des infos a me faire parvenir sur l'autorite parentale au regard des differents modes des placements des mineurs.
Merci