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insultes

Publié : 10 juil. 2006 14:36
par julie
Bonjour,

depuis quelques temps, dans la structure où je travaille, un enfant de 3 ans ne cesse de dire des insultes aux autres enfants, ainsi qu'aux adultes ( ta g..;casse ...;je vais te défon...).
Nous avons eu la confirmation par la maman qu'il ne fait que répéter les propos de son père.
Nous nous sentons démunies face à ce comportement et nous ne savons plus quoi faire (explications, punitions..)d'autant plus que des enfants de 18 mois et plus commence à répéter ces propos.
Qu'en pensez-vous, quels comportements adoptés, à part lui dire et redire qu'on ne peut pas dire ça?

Merci d'avance pour vos réponses.

Re: insultes

Publié : 10 juil. 2006 16:27
par Ellyn
Je pense qu'il serait bon d'expliquer à ce petit garçon qu'à la crèche il n'est pas acceptable d'entendre de tels mots.
Pas qu'on ne peut pas, car il sait bien qu'on peut puisque son père le fait.
Mais plutôt lui dire, que nous, adultes, refusons d'entendre de tels mots à la crèche. Et aussi lui proposer des mots acceptables, chercher à comprendre pourquoi il les dit (colère, provocation...) pour mieux adapter le discours

Re: insultes

Publié : 12 juil. 2006 20:18
par julie
Bonsoir,

merci ellyn pour ton intervention.

J'aurai aimé avoir d'autres pistes de réflexion.

merci d'avance à tout ceux qui pourront m'aider.

Re: insultes

Publié : 12 juil. 2006 22:22
par baslac.scout.ch
Les gros mots font fureur dans la bouche des enfants dès leur plus jeune âge... Mais qui a-t-il derrière ce phénomène : une mauvaise éducation ? le besoin de choquer et provoquer l’adulte ? ou tout simplement un moyen de communiquer ses sentiments ?

Pour commencer, il faut noter qu’il y a d’énormes différences entre les enfants selon l’intensité des émotions de ce dernier, la place faite aux gros mots dans son entourage, le respect que l’on accorde à ses sentiments ou encore la valorisation du langage. De plus, il ne faut pas oublier que l’enfant joue de l’ambivalence des grandes personnes qui lui interdisent de dire des gros mots mais qui ne se gênent pas eux-mêmes pour en prononcer.

Pourquoi l’enfant utilise-t-il des gros mots ?
- Remplacement de la violence physique ou du moins atténuation (plutôt positif, non ? !) ;
- Plaisir de la provocation, de choquer l’adulte ; volonté d’attirer l’attention ;
- Imitation des copains ; appartenance au groupe de pairs ;
- Rabaissement, dénigrement, quand l’enfant se sent en position d’infériorité ; désir de blesser ;
- Chez les tout-petits (environ 2-4 ans) : plaisir des mots, intérêts pour les fonctions corporelles, jeu avec l’interdit... Ceci explique qu’ils utilisent des mots plus basés sur les défécations « pipi, caca, crotte,... » ;
- Expression d’émotions fortes : désaccord, colère, ras-le-bol,...

Que faire ? : Exemples :
- Inventer des substituts tolérés. Ainsi l’enfant peut exprimer ses émotions, indiquer que quelque chose ne va pas, sans choquer ni blesser ! Exemple utilisé dans notre groupe : « Gazon », mais ça peut aussi bien être « Tonnerre de Brest » ou « Caramba »...
- Faire réfléchir l’enfant sur la portée et l’utilité des gros mots, en le faisant par exemple dessiner ce qu’il pense et ce qu’il ressent quand on lui en dit ;
- L’aider à prendre conscience de la raison pour laquelle il dit des gros mots ; lui permettre d’enrichir son vocabulaire pour qu’il puisse choisir des synonymes adéquats, dont il connaît le sens...
- Créer un endroit propice à l’utilisation des gros mots : par exemple, un coin à côté des toilettes où l’enfant va seul et peut se « décharger », sans censure et sans blesser personne...

Petites réflexions pour conclure : Tout le monde, ou en tout cas beaucoup de monde, est d’accord pour dire que les gros mots font du bien, mais ils doivent être utilisés à bon escient et « dosés » correctement. 9o% des adultes d’ailleurs (selon enquête...) en prononcent mais généralement pas devant les enfants, sauf accident. On peut ainsi se demander si l’usage des gros mots ne serait pas considéré comme un privilège d’adulte, une petite marge de liberté accessible seulement à ceux qui sont en mesure d’en adapter l’usage au niveau de la politesse exigée par les normes sociales en vigueur, mais dont le bienfait n’est au fond pas contesté.

De plus, réfléchissez à ce qui vous dérange le plus dans le fait que l’enfant utilise des gros mots : n’est-ce pas le décalage entre le jeune âge de l’enfant et son emploi de mots appartenant à une sexualité adulte ? N’est-ce pas le tabou que ce décalage révèle : la précipitation automatique, par l’utilisation de mots obscènes, vers une sexualité adulte (en premier sur le plan de la pensée) qu’il ne devrait pas connaître, ne doit pas connaître ?...

Alors, est-ce vraiment un gros problème?!

Bibliographie : Revue Petite Enfance, Les gros mots, N°79, septembre 2001

Signé : Koala

Re: insultes

Publié : 12 juil. 2006 22:23
par jeunet.univ-lille3.fr
Les gros mots
par Emmanuel Briche (DEUST STID, mai 2001)



Les gros mots sont plus à proprement parler un sujet qu’un thème dans la littérature de jeunesse. En effet, les livres qui traitent de celui-ci ont surtout un but pédagogique, visant à parler aux enfants d’un problème qu’ils sont amenés à rencontrer.

C’est entre 3 et 6 ans qu’apparaissent les gros mots dans le langage enfantin. Ce phénomène est lié à l’acquisition de la propreté (il va au pot et n’a plus besoin de couches). L’enfant montre à son entourage qu’il est grand puisqu’il est propre et s’affirme comme tel en utilisant des gros mots. L’usage de mots dont il connaît l’aspect interdit lui permet de provoquer son entourage et ce dernier point varie selon la personne à laquelle il s’adresse. Ainsi, les gros mots utilisés devant les adultes sont destinés à provoquer leur indignation, pour indiquer à ceux-ci que désormais leur enfant fait partie du monde des grands. Avec les enfants de son âge, les gros mots sont utilisés pour signifier : " je suis un grand, j’ose dire des mots de grands ". C’est aussi pour cela que les enfants cherchent entre eux le gros mot le plus choquant (le concours du " super gros mot ").

On distingue dans les livres qui traitent du problème des gros mots trois acteurs principaux : les enfants, les gros mots et les adultes. Ceux-ci sont représentés de différentes manières selon les ouvrages, mais visent tous au même but : expliquer le gros mot et ses conséquences, et comment réagir face à celui-ci.

Intéressons-nous d’abord à la représentation des enfants. Les personnages mis en scène dans les livres traitant des gros mots sont confrontés directement au problème. Ce ne sont pas des cas à part, mais des enfants à l’image de ceux qui lisent ces livres. Ceci a pour but de montrer à ces derniers que tout le monde est exposé au problème des gros mots. Les auteurs expliquent aux enfants ce à quoi ils sont confrontés grâce à des personnages mis en scène dans des situations représentant les différents aspects du problème. C’est surtout flagrant dans Louise dit des gros mots et encore plus dans Les gros mots. Dans le premier, le fait que les enfants cherchent le gros mot le plus choquant est représenté par deux fois : quand Louise fait un concours de gros mots avec Eddy, puis plus tard avec son petit frère.

Les personnages sont donc la plupart du temps des enfants comme les autres, sauf pour le héros de Danger gros mots, qui représente un enfant ayant des problèmes psychologiques. Ici, ce n’est pas un ensemble de situations, mais plutôt l’évolution de la psychologie du personnage vue de l’intérieur, qui fait comprendre au lecteur que les gros mots sont un problème. Le point de vue est d’ailleurs différent, car il concerne une classe et une cible différente. Dans ce roman, il est question d’un enfant mal dans sa peau parce qu’il grandit. Dans un premier temps il extériorise sa nervosité en rongeant ses ongles puis en disant des gros mots. Danger gros mots s’adresse donc à un public plus restreint, car tous les enfants ne sont pas comme le héros de l’histoire.

La tendance générale est donc que les personnages-enfants mis en scène sont comme le reflet dans un miroir pour les jeunes lecteurs. Les livres qui traitent des gros mots reconstituent des situations que les lecteurs reconnaissent et qu’ils peuvent recontextualiser dans un tout. Ils sont ainsi plus à même de comprendre ce que les auteurs leur expliquent.

Faire passer un message qui traite d’un sujet relativement tabou tel que les gros mots n’est pas évident, surtout lorsqu’il s’agit de les représenter. On constate alors deux tendances.

La première consiste à représenter le gros mot sous une forme détournée, c’est le cas dans Louise dit des gros mots où le " super gros mot " est représenté sous la forme d’un petit monstre vert. Le gros mot est ainsi personnifié, il devient même un être vivant à part entière (en sortant des phylactères pour accompagner Louise ou mettre le désordre dans la salle de classe). Ceci fait comprendre aux enfants que ces mots sont plus que du langage, mais un réel problème. Ainsi, pour représenter la zizanie causée dans la classe par le super gros mot de Louise, on le voit faire diverses bêtises. De même, quand Louise dit à Eddy son gros mot, celui-ci est représenté en train de piétiner celui d’Eddy. Par contre, le gros mot du petit frère de Louise " espèce de patate pourrie " ou celui que la mère propose " espèce de crotte de nez " ne sont pas personnifiés, car il ne s’agit pas de vrais gros mots à proprement parler.

On constate qu’il existe d’autres moyens dans la littérature enfantine pour représenter les gros mots de façon détournée. Ainsi, dans certaines bandes dessinées, on les trouve sous la forme de phylactères remplies de têtes de mort, de poignards, d’éclairs… On peut remarquer dans d’autres publications que les gros mots sont des mots inventés, qui paraissent grossiers mais ne veulent rien dire.

L’autre tendance consiste à écrire les gros mots littéralement : dans les Gros Mots de Catherine Dolto-Tolitch, ils sortent de la bouche des enfants, mais restent tout de même raisonnables (le plus grossier est " merde ", qui dénote fortement à coté des autres). Ils sont toutefois assez crus dans Danger gros mots de Claude Gutman, car ils concernent des enfants plus âgés que les lecteurs des deux ouvrages précédents. Cette tendance prend en compte que les jeunes lecteurs de ces livres connaissent déjà des gros mots et se sentent concernés car ils y retrouvent des choses familières.

Les adultes sont représentés différemment de ce que pensent les enfants : ils ne disent jamais qu’il ne faut pas dire de gros mots, car cela conforterait l’envie de contrer l’interdit.

Ainsi, dans les Gros Mots de Catherine Dolto-Tolitch, une image représente des enfants étonnés de ne pas voir l’adulte s’offusquer des gros mots qu’ils disent. De même, Louise (dans Louise dit des gros mots) ne se fait pas disputer par ces parents lorsque son petit frère répète le gros mot qu’elle lui a appris, au contraire sa mère discute avec elle.

Ce fait de ne pas réagir négativement se retrouve dans les autres livres qui traitent du problème des gros mots.

Les adultes dans les livres sur les gros mots sont aussi vus comme source d’inspiration, ce qui permet de faire comprendre aux enfants que ces mots viennent du monde des grands, dont ils pensent faire partie, en utilisant leur vocabulaire.

Conclusion

Derrière leur coté ludique, les livres qui traitent des gros mots ont un réel but pédagogique auprès des enfants. Cependant, ceux-ci ne saisissent pas toujours cet aspect et apprécient surtout la présence des gros mots dans des ouvrages qu’il est permis de lire. Ceci montre que les intentions de l’auteur ne sont pas forcément perçues par le lecteur. Le fait de traiter d’un sujet tabou tel que celui-ci déclenche plus chez l’enfant un effet racoleur qu’une réelle volonté d’en apprendre d‘avantage. C’est pourquoi ce type de livres nécessite une médiation menée par les parents, pour pousser la réflexion dans une bonne voie, ce qu’ont d’ailleurs parfaitement compris les auteurs de Louise dit des gros mots, en joignant un livret à l’usage des parents.



Bibliographie

Album - Louise dit des gros mots/ Christian Lamblin; ill. de Régis Faller, Charlotte Roederer. Paris : Nathan, 2000. ( Collection Croque la vie ! )
Documentaire - Les gros mots/ Catherine Dolto-Tolitch. Paris : Gallimard Jeunesse, 1995. (Collection Giboulées)

Roman - Danger gros mots/ Claude Gutman ; ill. de Pef. Paris : Gallimard Jeunesse, 1998.

Webographie

La propreté, les gros mots : www.petite-enfance.net

Gros mots, pas beaux mais… (dossier du site Zelius) : www.zelius.com

Re: insultes

Publié : 12 juil. 2006 22:24
par déjà grand
En finir avec les gros mots !
Ça y est les fameux « gros mots » sont arrivés dans la bouche de votre petit dernier. Que faire : ignorer, expliquer, réprimander ? Pas question de se dire que « de toute façon ils en disent tous dans la cour de récréation ». Des solutions adaptées à chaque âge existent



Comme beaucoup de parents vous vous demandez quelle est la bonne attitude à adopter face aux « pipi caca » du petit frère ou aux mots vulgaires de l’aîné. Avant d’agir, prenez le temps de comprendre comment ces mots sont arrivés dans le vocabulaire de votre enfant. Ont-ils été entendus à la maison, à l’école, dans le cadre des activités extra-scolaires ? Une fois cette question élucidée, l’opération « stop aux gros mots » peut commencer
Privilégier le dialogue

A partir de 4 ans, « le caca boudin » et ses dérivés font leur apparition. Ils sont liés au développement de l’enfant, qui correspond à la phase d’acquisition définitive de la propreté. Ce qui est au fond du pot ou dans les toilettes, il voudrait y toucher, mais c’est interdit. Il transgresse alors cette barrière avec les mots. Ils sont prononcés pour le plaisir et pour tester les limites imposées par les adultes. C’est à vous, à ce moment là, d’expliquer que ces expressions « échangées entre copains » n’ont pas leur place à la maison. Mais rassurez- vous les fameux « caca boudin » font leurs temps et disparaissent.

Cependant ils risquent d’être remplacés par des mots plus grossiers. La plupart du temps, l’enfant en ignore la signification. « Il faut préciser à l’enfant ce que veulent dire les gros mots et les conséquences blessantes qu’ils peuvent avoir. La punition n’est pas la solution.», affirme Elise Machut, éducatrice de jeunes enfants.

C’est aussi à vous, parents, de mener l’enquête : a t-il dit ces gros mots pour « copier quelqu’un », est-ce un besoin de rébellion ou une façon d’exprimer son agressivité ? « Chez les plus petits, la présence de grossièretés est souvent liée au contexte familial. Il faut admettre ses erreurs et être un exemple pour son enfant. S’il dit aussi des mots grossiers à l’école, responsabilisez-le. Incitez le à devenir le « bon exemple » parmi ses copains », souligne encore Elise Machut.

Pensez à établir avec lui un code d’utilisation des mots vulgaires :
> ce qui est défendu. On ne peut pas parler aux gens comme ça, sinon ça devient une insulte et ça peut faire très mal .

> ce qui est moins grave. Le gros mot qui échappe dans une situation énervante. Ces jurons pas très jolis, qui font mal aux oreilles et qu’il faut apprendre à contrôler.

Dans tous les cas, la bonne attitude à adopter est de réagir tout de suite et de demander à l’enfant de s’excuser. Cela doit être aussi un de vos réflexes si un juron s’échappait de votre bouche, sous peine de perdre toute crédibilité auprès de vos bambins.