Extraits du dossier que j'ai cité ci dessus (Comment l'enfant vit il la mort, par Marie Frederique BACQUE)
"COMMENT L'ENFANT CONCEPTUALISE T'IL LA MORT?
Nous retiendrons que chez le jeune enfant la mort d'un etre procha (comme la mere ou le pere) est essentiellement vécue comme une rupture de l'attachement. Elle se traduit par la recherche de cette personne et souvent par l'adaptation à celle qui viendra à sa place donner les soins primaires.
Puis la mort est vécue comme l'absence, le manque de "cette" personne. Et l'enfance qui commence a posseder le langage va l'appeler. Il pourra vers l'age de 3 ans, dire qu'elle est "morte" sans forcement comprendre qu'il s'agit d'une disparition irreversible. A cet age, l'enfant peut associer la mort a la tristesse, mais ce qui est derriere l'adjectif "mort" est encore très abstrait pour lui."
(...)
"Enfin un veritable chagrin va emerger vers 4 ans, chagrin survenant irregulierement ou disparaissant brutalement dans les rires. Cela ne veut pas dire que l'enfant soit ingrat ou ne ressente qu'une tristesse superficielle. Au contraire, la tristesseest bien reelle, mais deux points vont attirer notre attention dans l'expression du deuil chez l'enfant:
- le psychisme se manifeste de façon irreguliere:
l'enfant dont le langage est encore peu developpé et le processus de pensée en voie de construction, est "envahi" subitement par les images mentales de la personne aimée. Tout aussi brutalement il va chasser ces images et leur substituer des pensées + agreables. Il est logique de penser que l'enfant comme l'adulte ne tolere pas lontps des idées douloureuses. Cette pulsion vitale qui le caracterise cette "energie" libidinale qui le pousse vers les relations avec autrui, detourne facilement les pensées sombres pour la légéreté d'autres représentations. Pourtant lorsque le chagrin emerge (irregulierement donc) sa force le conduit a l'isolement, voire la detresse (...).
- L'enfant repousse avec + de difficultés les savoirs ancestraux sur la mort:
Il dispose de représentations archaiques animistes qui luttent contre son rationnalisme debutant. Cette sensibilité a son monde interne contredit l'univers des "grands". Conscient du fossé entre ces 2 mondes, l'enfant prefere se taire car il connait bien les sanctions immediatement apposées par les adultes a ses reveries ("tu racontes des histoires", "on ne plaisante pas avec ça"...).
La periode qui va suivre (entre 5 et 9 ans) ressemble a celle de notre Moyen Age: la mort se fait cauchemar. Redoutée, anxiogene, l'enfant la repousse ou accomplit toute une series de petits rites personnels pour l'amadouer (...). Des questions l'assaillent et choquent les parents ("maman, quand tu seras vieille est ce que tu mourras?") Cette naîveté est aussi facétie, car les enfants ont dejà compris que les grandes personnes redoutent leur mort.
A partir de 9 ans l'enfant va comprendre que la mortle concerne aussi, qu'elle ne touche pas que les gens agés, très loin... la mort et definitive et universelle (...). La culpabilité va sanctionner les projections agressives de naguere: elle existait deja, bien sur, mais a cet age l'angoisse se fait beaucoup moins diffuse qu'avant. L'angoisse et la tristesse sont expriméesà l'idée de voir mourir les proches ou de perdre la vie.
Ces periodes, artificiellement distinguées en fonction du developpement, sont cependant proches de la realité (...)"
Le reste de l'article est tout aussi interessant, je vous le recommande de nouveau !!
Mi
PS: j'espere que le message va s'afficher car je viens de passer 10min a recopier !
