sos mineur isolé
Publié : 19 nov. 2006 23:31
MINEUR ISOLE = MINEUR MENACE
Deux jeunes africains reconnus « mineurs étrangers isolés » sont placés depuis un an dans un foyer de l’agglomération dijonnaise dans le cadre de la Protection de l’Enfance.
Ils ont quitté leur pays d’origine dans le but de demander l’asile sur le territoire français.
Ø Le 15 novembre, ils sont interpellés par la police pour un contrôle d’identité.
N’ayant aucun document officiel d’identité sur eux, les deux jeunes montrent leur carte scolaire et demandent aux policiers de contacter leur foyer.
Pour toute réponse, ils sont menottés et emmenés au poste de police.
L’un des deux jeunes ayant déjà déposé sa demande d’asile est relâché.
C’est uniquement par lui que l’établissement responsable des jeunes est informé de l’interpellation.
La police mettant en doute l’âge déclaré par le second, engage différentes vérifications (radio des poignets, examen de document officiel).
Vérifications à la suite desquelles la police le déclare majeur et le maintient en détention pour la nuit.
Ø Le 16 novembre, 3 agents armés de la police des frontières viennent au foyer avec le jeune menotté afin de perquisitionner sa chambre. Le tout en présence des autres jeunes de l’établissement et sans permettre la communication entre ce jeune et l’équipe éducative.
Ø Quelques heures plus tard, de retour au poste de police, considéré majeur et clandestin, il lui est notifié son arrêté de reconduite à la frontière et il ne peut donc plus être accueilli dans son foyer éducatif. Faute de place en centre de rétention, il est relâché sans solution. Aucun repas ne lui a été servi pendant sa détention.
Ø Les éducateurs qui l’ont accompagné dans ses démarches depuis un an sont désormais dans l’interdiction de l’aider sous peine de poursuites pénales.
Aujourd’hui, le risque de reproduction de ce type d’événement est une triste réalité. Les dispositions légales du droit au séjour des étrangers sur le territoire français sont de plus en plus restrictives et multiplieront les situations de grande précarité.
C’est pourquoi nous tenons à alerter nos concitoyens et collègues travailleurs sociaux de ce que nous considérons comme une atteinte à la dignité humaine et des questions que cela soulève dans nos pratiques professionnelles.
Ø Quelle prise en charge et quel projet à mettre en place pour ces jeunes « mineurs isolés » qui peuvent être reconduits à la frontière à tout moment ?
Ø N’est ce pas les leurrer que de construire avec eux des projets à long terme en vue de l’obtention d’un titre de séjour, en les socialisant, les scolarisant… ?
Ø Comment les exclure après un accompagnement et un engagement éducatifs de proximité d’une ou plusieurs années ?
Ø Comment prendre en compte au mieux leur particularité tout en les intégrant dans un groupe de jeunes qui ne présentent pas les mêmes difficultés ?
Ø Doit-on travailler avec ces jeunes avec pour objectif la préparation à la clandestinité ?
Ø Jusqu’où doit-on collaborer ?
Où s’arrête le travail éducatif et quand commence la « désobéissance civile » ?
Deux jeunes africains reconnus « mineurs étrangers isolés » sont placés depuis un an dans un foyer de l’agglomération dijonnaise dans le cadre de la Protection de l’Enfance.
Ils ont quitté leur pays d’origine dans le but de demander l’asile sur le territoire français.
Ø Le 15 novembre, ils sont interpellés par la police pour un contrôle d’identité.
N’ayant aucun document officiel d’identité sur eux, les deux jeunes montrent leur carte scolaire et demandent aux policiers de contacter leur foyer.
Pour toute réponse, ils sont menottés et emmenés au poste de police.
L’un des deux jeunes ayant déjà déposé sa demande d’asile est relâché.
C’est uniquement par lui que l’établissement responsable des jeunes est informé de l’interpellation.
La police mettant en doute l’âge déclaré par le second, engage différentes vérifications (radio des poignets, examen de document officiel).
Vérifications à la suite desquelles la police le déclare majeur et le maintient en détention pour la nuit.
Ø Le 16 novembre, 3 agents armés de la police des frontières viennent au foyer avec le jeune menotté afin de perquisitionner sa chambre. Le tout en présence des autres jeunes de l’établissement et sans permettre la communication entre ce jeune et l’équipe éducative.
Ø Quelques heures plus tard, de retour au poste de police, considéré majeur et clandestin, il lui est notifié son arrêté de reconduite à la frontière et il ne peut donc plus être accueilli dans son foyer éducatif. Faute de place en centre de rétention, il est relâché sans solution. Aucun repas ne lui a été servi pendant sa détention.
Ø Les éducateurs qui l’ont accompagné dans ses démarches depuis un an sont désormais dans l’interdiction de l’aider sous peine de poursuites pénales.
Aujourd’hui, le risque de reproduction de ce type d’événement est une triste réalité. Les dispositions légales du droit au séjour des étrangers sur le territoire français sont de plus en plus restrictives et multiplieront les situations de grande précarité.
C’est pourquoi nous tenons à alerter nos concitoyens et collègues travailleurs sociaux de ce que nous considérons comme une atteinte à la dignité humaine et des questions que cela soulève dans nos pratiques professionnelles.
Ø Quelle prise en charge et quel projet à mettre en place pour ces jeunes « mineurs isolés » qui peuvent être reconduits à la frontière à tout moment ?
Ø N’est ce pas les leurrer que de construire avec eux des projets à long terme en vue de l’obtention d’un titre de séjour, en les socialisant, les scolarisant… ?
Ø Comment les exclure après un accompagnement et un engagement éducatifs de proximité d’une ou plusieurs années ?
Ø Comment prendre en compte au mieux leur particularité tout en les intégrant dans un groupe de jeunes qui ne présentent pas les mêmes difficultés ?
Ø Doit-on travailler avec ces jeunes avec pour objectif la préparation à la clandestinité ?
Ø Jusqu’où doit-on collaborer ?
Où s’arrête le travail éducatif et quand commence la « désobéissance civile » ?