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Lourdeur propre à l'internat?
Publié : 23 nov. 2006 17:59
par pffff
Depuis à peine un an en poste sur un foyer pour adolescent, je suis déjà épuisé non par le travail, non par les jeunes, mais par les relations entre éducs ainsi que celles entre éducateurs et direction. parfois j'ai presque honte de faire partie d'un tel genre d'equipe qui est un piètre modèle d'adulte pour les jeunes pris en charge. Coup bas en permanence, solidarité zéro, manque d'objectivité et mauvaise foi qui frise souvent le ridicule, aucune cohésion, rapport de force, d'influence incessant, boycott de décision ect... De quoi vouloir rester en enfance pendant longtemps quand on voit la beautée du monde des adultes.... Bref je me demandais si ce genre de problemes était propre a ma structure ou à l'internat en général qui a tendance à entretenir une certaine sclérose des habitude de travail.
En tout cas je sature certain soirs et pense serieusement à arréter.
Re: Lourdeur propre à l'internat?
Publié : 23 nov. 2006 19:07
par billon-grand denis
pourquoi resté(e) anonyme? les coups bas dans notre metier sont justement souvent, le fait de cet anonymat.
Re: Lourdeur propre à l'internat?
Publié : 23 nov. 2006 21:07
par Elmapat
la relation d'équipe n'est pas toujours simple.
Y at'il des régulations dans ta structure ? Peut être serait ce un moyen de "mettre les choses à plat ? Leur as tu dis ce que tu pense ?
Tu dis que ça ne fait pas un an que tu es là... Peut être y a t'il des contentieux/enjeux que tu ne sais pas...
Il y a (sauf erreur de ma part) sur ce site et à plein d'autres endroits riches des textes différents sur l'équipe et le conflit etc.
Enfin si tu ne souhaite pas mettre les pieds dans le plat, tu peux chercher ailleurs ?
Il y a plein d'autres boulots intéressants, par contre, c'est quelque chose qui demande de la préparation. Et quelque part il existe aussi des équipes sympa.
Bonne réflexion.
Re: Lourdeur propre à l'internat?
Publié : 23 nov. 2006 21:42
par pffff
1 mon identité n'est d'aucune utilité si ce n'est celle de me nuire et je suis pas maso
2 il ne s'agit pas ici d'un coup bas car je vois pas à qui ce message porterais préjudice. Je cherche simplement a étendre la reflexion sur mon vécu au dela de la structure dans laquelle j'exerce.
3 rependre son identité sur internet n'est pas dans mes passe temps favori, j'ai une grande mefiance vis a vis de ce medium.
Re: Lourdeur propre à l'internat?
Publié : 23 nov. 2006 23:08
par Madou
Vous ne pouvez pas savoir ce que vous me faites plaisir en écrivant ces mots.
Combien de fois ai je resenti la même chose. C'est vrai que c'est difficile à vivre. Et cela peut avoir des conséquences qu'on ne soupçonne pas en cas de grands problèmes...
Cela fait 30 ans que je bosse, d'abord préstagiaire 1 an, j'ai donné ma démission car j'étais tombée dans un établissement très maltraitant, aussi bien au niveau des cadres que de quelques collègues(cachot noir pour les enfants avec pain sec et soupe plusieurs jours de suite) je n'ai rien pu faire : trop jeune. Témoin d'un passage à tabac sur un pauvre gamin de 11 ans, attaché dans son lit pour la rééducation de sa colonne vertébrale, il n'avait pas le temps de se détacher pour aller faire pipi la nuit, j'ai vu mon collègue lui donner des coups de poing, des coups de pieds d'une violence !!!, je me suis interposée tout de suite car l'éduc avait du péter un plomb, j'ai pris des coups aussi, j'ai fait un signalement immédiat pour sauver le gosse. Aucune sanction n'a suivi car cet éduc, ex photographe, concourrait à la "bonne" publicité de l'établissement, je ne l'oublierai jamais... J'ai pris mon courage à 2 mains et j'ai posé fièrement ma démission sur le bureau du directeur (en locurence médecin directeur de la PMI du départmeent... intouchable) en lui disant je n'avais pas la même perception du médico social que lui et que nous n'avions pas les mêmes valeurs... Le dit éducateur est passé plusieurs années plus tard en conseil de dicipline pour viol sur mineur... que de souffrance qui aurait pu être évitée...
Après : cumul de 2 jobs en saison pour payer mes études en voie directe d'ES. Puis ES, chef de service, directrice. Vous savez, ce n'est pas parce que je suis directrice que je suis quelqu'un d'autre, par contre, les autres vous isolent comme quelqu'un d'autre. Cela fait très mal mais on s'habitue, je pourrais en écrire un roman...
Eh bien, quelque soit mon statut, j'ai toujours rencontré sur mon chemin des gens bien et des gens moches, comme vous les décrivez. Bien qu'appartenant au métier, il y a des choses dans le fonctionnement de certains individus que je ne comprendrai jamais et que je n'admettrai jamais.
Je ne crois pas qu'il faille renoncer, vous savez ces gens là, les gosses ou les adultes handicapés ne les estiment pas...
Il faut que les gens positifs ne se laissent pas "bouffer" par ces freins, ces jamais contents, ces (pardon) fouteurs de merde.
C'est partout mais le milieu éducatif est particulièrement touché. Des gens comme cela, il y en a à tous les niveaux de l'institution, du préstagiaire, de la femme de ménage au président, en passant par tous les échelons, selon les boites mais c'est particulièrement fort au niveau du personnel éducatif.
Il y a des boites moins touchées que d'autres.
Mais, une fois le constat établi, qu'est ce qu'on fait ? Si c'est vraiment pourri, faut partir, s'il y a quelques éléments interessants et honnêtes, il faut rester pour développer leurs esprits.
Sauf dans certains cas extrêmes, il faut garder espoir et rester soi même.
C'est important, ne pas être entaché par la mauvaise mentalité.
De toute façon, quand on est droit et correct, le temps travaille toujours pour soi. Vous savez, quand les fumistes voient qu'ils n'ont pas de prise sur vous et que vous continuez à être sympas avec eux, à être positif et SURTOUT à savoir leur dire gentiment mais fermement : "non, je ne suis pas d'acord avec toi parce que ci ou ça", vous pouvez faire inverser la tendance ; Quand on cherche le bon, (il y en a chez tous, certes à doses diverses...)on le trouve et on peut parvenir à le développer. Le bon, comme le mauvais esprit, c'est quelque chose qui se nourrit. Si on ne le nourrit pas, ça finit par crever... enfin, il faut y croire. Moi, j'y crois. Quelque soit l'endroit où vous travaillerez, vous rencontrerez cela, alors, sachez détecter les courants et participer à leur bon sens...
Bon courage et rester critique comme vous l'êtes, construisez, proposez, faites.. et vous serez heureux et rendrez heureux les autres. Un conseil si je peux me permettre : ne tombez pas dans le panneau : écoutez et ne communiquez pas votre jugement, un jugement nourrit le mauvais versan de la machine.
Bien à vous