Accueil d'un enft dont la mère est en grande souffrance
Publié : 28 janv. 2007 14:58
Bonjour,
Je poste ce msg sur "l'accueil en crèche d'un enfant dont la mère est en grande souffrance psychique"; quelles sont vos expériences, qu'avez vous mis en place, comment avez vous gérez cela en équipe...
Je suis EJE, nous allons accueillir un enfant de 2 mois et demi à la crèche collective, à raison de 3 jours par semaine. Nous savons par le père de cet enfant que sa compagne était en dépression pendant sa grossesse, que l'accouchement a été déclenché pour que la mère puisse prendre un traitement et qu'elle a été hospitalisé en psychiatrie juste après la naissance. Au bout de 2 mois environ, cette mère a eu une place en pôle mère-enfant mais elle a menacé de mettre fin à ses jours, elle a alors été placée en cellule d'isolement dans ce même hôpital psy.
Pendant ce temps, le père s'occupe du bébé avec l'aide de ses beaux-parents.
Vendredi, une auxiliaire de la crèche devait recevoir le père et son enfant pour un premier contact et établir ce que nous appelons le projet individuel afin de commencer la période d'adaptation.
Notre directrice nous avait fait parvenir toutes ces informations au fur et à mesure de ses contacts avec le père. L'auxiliaire-référente s'est trouvé prise au dépourvu devant cette situation familiale particulièrement difficile lorsqu'elle a recu le père et l'enfant accompagnés de la mère (sa présence n'était pas prévue). Elle m'a dit ne pas s'être préparée à voir cette mère que l'on sait en souffrance. L'auxiliaire m'a interpellé pour établir les horaires de l'adaptation.
La mère pleurait et dégageait une souffrance terrible; lorsque nous avons proposé que l'enfant reste 20minutes seul sans ses parents, elle a semblé redoubler de douleur. Je lui ai donc dit que si elle ne se sentait pas prête aujourd'hui à laisser son fils, que ce n'était pas un problème mais elle a laché "de toutes façons je ne me sentirai JAMAIS prête!" Mais le père a souhaité ce petit temps de séparation et a emmené sa femme.
Nous avons observé un enfant sensible aux bruits, aux mouvements et attentif aux paroles qu'on lui adressait.
Dans ce même temps, l'auxiliaire m'a confié que ce serait une situation très lourde à porter pour elle, elle a également versé quelques larmes, elle a été très sensible à la détresse de cette maman.
D'une part, je pense demander à la directrice d'organiser une rencontre avec l'équipe pluridisciplinaire qui prend en charge cette mère. ce, afin de savoir comment agir, réagir avec cette famille, ce qui est demandé à la mère vis à vis de son enfant...
D'autre part, nous n'avons pas encore d'analyse de la pratique (la crèche a ouvert en novembre dernier). Je souhaite donc faire activer la hiérarchie afin que nous puissions en équipe parler et se décharger de ces émotions...
Pouvez-vous me faire part de vos expériences, de votre avis sur cette rencontre avce d'autres professionnels? Avons-nous le droit de nous immiscer dans la vie d'une famille à ce point? Est-ce notre devoir pour accueillir l'enfant et sa famille au mieux?
Comment les équipes vivent-elles ce genre de situation au quotidien?
Je suis diplômée depuis un an, je pense que nous devons mettre en place le maximum d'outils afin de soutenir ces parents. Notre rôle ne s'arrête pas à l'accueil des enfants... mais je pense que je vais me trouver face à des barrières. Suis-je dans l'utopie du travail social?
Désolée d'avoir été si longue, merci de me lire...
Merci d'avance de vos réponses...
Orély
Je poste ce msg sur "l'accueil en crèche d'un enfant dont la mère est en grande souffrance psychique"; quelles sont vos expériences, qu'avez vous mis en place, comment avez vous gérez cela en équipe...
Je suis EJE, nous allons accueillir un enfant de 2 mois et demi à la crèche collective, à raison de 3 jours par semaine. Nous savons par le père de cet enfant que sa compagne était en dépression pendant sa grossesse, que l'accouchement a été déclenché pour que la mère puisse prendre un traitement et qu'elle a été hospitalisé en psychiatrie juste après la naissance. Au bout de 2 mois environ, cette mère a eu une place en pôle mère-enfant mais elle a menacé de mettre fin à ses jours, elle a alors été placée en cellule d'isolement dans ce même hôpital psy.
Pendant ce temps, le père s'occupe du bébé avec l'aide de ses beaux-parents.
Vendredi, une auxiliaire de la crèche devait recevoir le père et son enfant pour un premier contact et établir ce que nous appelons le projet individuel afin de commencer la période d'adaptation.
Notre directrice nous avait fait parvenir toutes ces informations au fur et à mesure de ses contacts avec le père. L'auxiliaire-référente s'est trouvé prise au dépourvu devant cette situation familiale particulièrement difficile lorsqu'elle a recu le père et l'enfant accompagnés de la mère (sa présence n'était pas prévue). Elle m'a dit ne pas s'être préparée à voir cette mère que l'on sait en souffrance. L'auxiliaire m'a interpellé pour établir les horaires de l'adaptation.
La mère pleurait et dégageait une souffrance terrible; lorsque nous avons proposé que l'enfant reste 20minutes seul sans ses parents, elle a semblé redoubler de douleur. Je lui ai donc dit que si elle ne se sentait pas prête aujourd'hui à laisser son fils, que ce n'était pas un problème mais elle a laché "de toutes façons je ne me sentirai JAMAIS prête!" Mais le père a souhaité ce petit temps de séparation et a emmené sa femme.
Nous avons observé un enfant sensible aux bruits, aux mouvements et attentif aux paroles qu'on lui adressait.
Dans ce même temps, l'auxiliaire m'a confié que ce serait une situation très lourde à porter pour elle, elle a également versé quelques larmes, elle a été très sensible à la détresse de cette maman.
D'une part, je pense demander à la directrice d'organiser une rencontre avec l'équipe pluridisciplinaire qui prend en charge cette mère. ce, afin de savoir comment agir, réagir avec cette famille, ce qui est demandé à la mère vis à vis de son enfant...
D'autre part, nous n'avons pas encore d'analyse de la pratique (la crèche a ouvert en novembre dernier). Je souhaite donc faire activer la hiérarchie afin que nous puissions en équipe parler et se décharger de ces émotions...
Pouvez-vous me faire part de vos expériences, de votre avis sur cette rencontre avce d'autres professionnels? Avons-nous le droit de nous immiscer dans la vie d'une famille à ce point? Est-ce notre devoir pour accueillir l'enfant et sa famille au mieux?
Comment les équipes vivent-elles ce genre de situation au quotidien?
Je suis diplômée depuis un an, je pense que nous devons mettre en place le maximum d'outils afin de soutenir ces parents. Notre rôle ne s'arrête pas à l'accueil des enfants... mais je pense que je vais me trouver face à des barrières. Suis-je dans l'utopie du travail social?
Désolée d'avoir été si longue, merci de me lire...
Merci d'avance de vos réponses...
Orély