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La mort d'un parent
Publié : 08 déc. 2007 14:37
par Carine
Bonjour à tous,
Je voudrais savoir dans quel livre Françoise Dolto traite le sujet délicat de la mort de la mère ou du père d'un enfant.
Si vous connaissez d'autres auteurs qui en parle, ou si vous voulez simplement partager votre exérience ou vos avis sur le sujet n'ésitez pas à répondre...
Je vous remercie d'avance !
A bientôt !
Re: La mort d'un parent
Publié : 09 déc. 2007 13:54
par carline
Bonjour
As tu vécu le problème ?
je crois qu'il ne faut pas hésiter à en parler avec l'enfant... et rester naturelle... cela fait aussi partie de la vie...
J'ai eu pluseiurs cas dans ma vie ... et des situations différentes.
C'est aussi un sujet que l'on n'ose pas aborder dans notre pays.
Je ne sais pas exactement ce que tu attends de nous en dehors de l'ouvrage de F. Dolto
Re: La mort d'un parent
Publié : 09 déc. 2007 21:57
par nadine
Bonsoir Carine,
L'ouvrage "parler de la mort" de F. Dolto ne donne pas de recettes mais explique pourquoi il est important de dire les choses aux enfants sur la mort... Il y a aussi des ouvrages pour enfants ...
"bonjour madame la mort" de Pascal Teulade,
"Au revoir blaireau" de Suzan Varley,
"C'est quoi mort? "de Olivier de Salminihac,
"Le petit livre de la mort et de la vie" de Delphine Saulière,
"Tu seras toujours avec moi" de Mariko Kikuta.
Il n'y a pas une seule façon de réagir et d'agir... Tout dépend de l'histoire de l'enfant et de ce qui est dit autour de lui.
Nadine
Re: La mort d'un parent
Publié : 09 déc. 2007 22:13
par garfield
bonjour,
pour l'avoir lu je sais que F.DOLTO en parle dans tout est langage. C'est plus une approche de ce que l'on peut dire à l'enfant. Si nous ne nous sentons pas en état d'en parler car c'est trop pénible, une autre personne peut le faire, le principal étant de ne pas mentir ni cacher les faits à l'enfant. Bien évidemment ce n'es pas à prendre dans le sens de dire comment la personne est décédée mais d'expliquer ce qui se passe, pourquoi les gens sont tristes et ce qui peut se passer après, que des choses peuvent changer.
Voilà,, après, dolto répète souvent les mêmes choses dans ces ouvrages donc on peut sans doute en trouver d'autres.
Re: La mort d'un parent
Publié : 10 déc. 2007 08:30
par eden
je suis actuellement en recherche sur ce processus de deuil je viens partager avec toi mes recherches:
Qu'en est-il des plus jeunes ?
Les enfants et les adolescents sont, en matière de deuil, des populations à risque qui méritent une attention toute particulière. La perte d'un de ses parents par un enfant est un drame qui désorganise son monde intérieur et sa vie concrète. Son avenir dépendra de la capacité du parent survivant à faire normalement son deuil, à accompagner correctement celui de son enfant, de la possibilité pour ce dernier de pouvoir lier par la suite des relations affectives stables et harmonieuses avec un adulte qui deviendra peu à peu un parent de remplacement.
Les enfants endeuillés expriment leur chagrin comme les adultes, pour autant qu'on leur en donne la possibilité et qu'on les accompagne en leur parlant de ce qui se passe et de ce que l'on vit. Ils essaient souvent d'apporter du soulagement au parent qui reste. Mais leur manière de vivre leur souffrance ne se traduit pas, comme chez l'adulte, par un état dépressif; on assiste à des changements dans le caractère qui devient plus instable, à un fléchissement scolaire, des perturbations, habituellement modérées, du comportement, en particulier en matière de sommeil et d'alimentation.
Au cours du deuil, les enfants ont besoin de continuer à entretenir des relations avec le parent disparu qui devient ainsi un parent imaginaire, tout en sachant bien qu'il est mort. Avec leurs camarades, ils jouent la mort et l'enterrement. Tous ces phénomènes ne sont pas pathologiques ; ils seront respectés comme nécessaires au deuil de l'enfant et surtout pas culpabilisés. Il est judicieux de donner à l'enfant un objet ayant appartenu personnellement au parent disparu qu'il va conserver comme un souvenir précieux et un lien intime avec lui.
La possibilité de supporter un deuil précoce est, bien sûr, fonction de l'âge et du degré de maturité de l'enfant mais elle est également sous la dépendance des circonstances de la perte et plus encore de la nature des relations qui existaient antérieurement entre cet enfant et le parent disparu. Enfin les changements que ce deuil entraîne dans l'organisation de sa vie et dans ses relations ont également leur importance.
Les enfants ont très tôt des idées sur la mort à laquelle ils commencent à s'intéresser dès l'âge de trois ans, au moment de l'émergence de leurs tendances agressives. Mais leurs idées sur la mort ne sont pas les nôtres. Elles sont beaucoup plus proches de celles des hommes des civilisations prémodernes, Pour les uns et les autres, la mort n'est ni naturelle, ni irréversible et elle est contagieuse.
Ce n'est que lorsqu'ils comprennent - vers l'âge de quatre ans - l'irréversibilité de la mort que les enfants peuvent faire un travail de deuil; alors ils savent qu'ils ne reverront plus la personne disparue.
Chez l'enfant, le travail de deuil est-il particulier ?
Le travail de deuil s'effectue par les mêmes processus de reconnaissance de la réalité, d'intériorisation avec identification et d'élaboration des sentiments inconscients de culpabilité. Mais le monde psychique en pleine évolution de l'enfance est bien particulier. Il est encore dominé par la toute-puissance, une très grande ambivalence dans ses attachements, la pensée magique qui fait fi des principes logiques et une connaissance encore insuffisante de la mort : ce n'est que plus tard qu'il en intégrera le caractère universel et nécessaire à la vie.
Ainsi, le travail de deuil de l'enfant est bien particulier. Sa connaissance et sa reconnaissance de la réalité ne sont pas aussi bien établies que les nôtres ; pour lui quelqu'un peut être à la fois mort et vivant. Enfin, les sentiments inconscients de culpabilité de l'enfant jeune sont beaucoup plus intenses que ceux des adultes du fait qu'il est encore plongé dans une ambivalence extrême.
Lorsque l'enfant endeuillé est correctement accompagné et qu'il a pu renouer des relations affectives stables, les seules complications à craindre sont des difficultés d'attachement à l'adolescence ou au début de la vie adulte. Mais lorsque l'enfant n'a pas pu faire son deuil, exprimer suffisamment son chagrin et parler autant qu'il le voulait de son parent perdu, des complications surviennent longtemps après, dans le courant de la vie adulte. Là aussi, elles s'expriment soit au niveau de la santé physique perturbée par identification au parent perdu, soit au niveau du comportement marqué secrètement par l'échec, comme si le bonheur lui était interdit, soit enfin dans le domaine psychologique sous forme, le plus souvent, d'un état dépressif chronique de type névrotique sans raison apparente au moment où il survient.
Comment apporter une aide aux endeuillés ?
1 - Aider les personnes en deuil, c'est en premier lieu être avec elles. Ce qui est quasiment instinctif dans les premiers moments du deuil des personnes que nous aimons, devient beaucoup moins évident et moins facile au bout de quelques semaines ou quelques mois. C'est justement entre le deuxième et le sixième mois que l'endeuillé se sent le plus isolé ; il n'a pas envie de prendre l'initiative de contacts et attend qu'on vienne à lui.
Etre avec une personne en deuil, c'est d'abord l'écouter. Il se trouve que les endeuillés passent par des états différents. Tantôt ils ont envie de parler inlassablement de la personne qu'ils ont perdue, tantôt ils n'ont plus envie d'en parler; ils restent silencieux. Les aider c'est aussi rester silencieux auprès d'eux.
Bien souvent, les personnes en deuil qui viennent consulter leur médecin pour divers symptômes ne souhaitent, en fait, qu'une écoute ; elles ont besoin de parler ; pour diverses raisons, elles ne peuvent s'exprimer dans leur milieu familial.
Cette attitude, à première vue si simple, est, dans la réalité, bien difficile ; elle demande de savoir rester passifs, à 1 'écoute, non interventionnistes, de savoir résister à l'envie de consoler, de faire quelque chose. Et la proximité de la mort n'est pas si simple à supporter.
Etre avec une personne en deuil c'est aussi s'efforcer de prévenir ses besoins et ses désirs; c'est l'aider à s'occuper d'elle-même. Ce peut-être aussi parfois de la ramener à la réalité, à la nécessité de certaines tâches, de certaines démarches.
2 - Pour favoriser de plus le bon déroulement du deuil, il faut pouvoir exprimer son chagrin et toutes ses émotions douloureuses. L'endeuillé a besoin de pleurer la personne aimée aussi longtemps et aussi intensément qu'il le faut sans recevoir d'autres consolations qu'un contact physique, des bras, une épaule et un regard compatissant qui ne se détourne pas. Les paroles de consolation sont inutiles, voire déplacées. L'endeuillé ne veut pas être consolé ; il se vit inconsolable. Une partie de lui s'en va avec son amour et son chagrin en fait partie. N'essayons pas maladroitement de l'atténuer en l'assurant qu'il diminuera avec le temps. Le temps, il est vrai, est le seul vrai consolateur du deuil mais l'endeuillé récent ne veut pas encore l'entendre.
C'est bien en parlant et en reparlant de la personne décédée que l'endeuillé vit peu à peu son chagrin. Mais une partie en restera toujours secrète ; le deuil est une grande épreuve de solitude même lorsqu'on est bien accompagné.
Mais que faire pour ceux qui ne pleurent pas, ceux qui ne montrent rien, les stoïques, ceux qui font comme si rien n'était arrivé ? De quel droit les faire pleurer et y arriverait-on ? Les défenses ont toujours leurs raisons d'être et même si elles nous paraissent risquées elles sont en fait la moins mauvaise solution au moment donné. Essayer d'aider ces endeuillés récalcitrants, c'est encore être auprès d'eux, être avec eux et leur parler discrètement, pour autant qu'ils l'acceptent, de la personne disparue.
3 - Le manque actuel de familiarité avec la mort, souvent la difficulté à surmonter les épreuves donnent le sentiment à l'endeuillé d'être entré dans un état anormal. Il est vrai que si le deuil normal n'est pas une maladie, il réalise cependant une sérieuse perturbation de l'équilibre habituel.
L'un des rôles du médecin traitant, lorsqu'il est consulté, est de rassurer les personnes en deuil et leur famille, de leur faire comprendre la normalité et la nécessité du deuil, de les encourager à parler entre eux de la personne disparue et à partager leurs émotions douloureuses.
4 - Au niveau des enfants, il est essentiel de bien les garder au sein de la vie de la famille au cours de la maladie, des derniers moments, de la mort, des funérailles, de l'enterrement et du deuil. On ne va pas les en écarter comme on a encore trop souvent tendance à le faire sous des prétextes fallacieux et erronés. Mais cela signifie qu'ils vont faire l'objet d'une attention constante. On doit toujours leur parler, toujours s'efforcer de répondre à leurs questions. Et c'est tout naturellement qu'ils viendront, accompagnés, dire adieu au défunt, pour se construire des souvenirs de la personne disparue, Il est nécessaire de dire à l'enfant :
qu'il n'est pas responsable car c'est toujours ce qu'il a tendance à penser,
qu'il n'est pas en danger de mourir lui aussi car, dans ces circonstances, il pense que lui aussi peut être emporté par une maladie ou un accident,
qu'on va continuer à s'occuper de lui le mieux possible ; il sent bien que cette mort dans la famille va entraîner des changements importants dans sa vie,
qu'on va continuer à aimer la personne disparue et qu'on ne vu pas l'oublier.
Il est bien rare que le parent restant, déjà si bouleversé par son propre deuil, soit en état de parler ainsi à son enfant. C'est alors le rôle de la famille, des grands-parents, des oncles et tantes... Mais à défaut, c'est le médecin de famille qui parlera à l'enfant endeuillé et qui encouragera tous les proches à continuer de parler de la personne décédée et à exprimer ensemble leur chagrin, faute de quoi l'enfant ne saurait le faire seul.
Re: La mort d'un parent
Publié : 10 déc. 2007 08:34
par eden
L’enfant et son deuil
Le vécu du deuil pour un enfant , qui a perdu une personne de son entourage, varie en fonction de l’âge de l’enfant.
De 0 à 3 ans : l’enfant, sur le plan affectif est une sorte « d’éponge ». Il n’a pas conscience de la disparition de l’être, mais il ressent profondément ce que ressentent les autres, comme la tristesse. Il peut être envahi par des angoisses de séparation.
De 4 à 6 ans : l’enfant a conscience de la mort , mais il la perçoit comme temporaire. Il protège ses parents attristés, trop parfois, car il ne peut exprimer sa propre souffrance, qui peut se réveiller bien des années plus tard de façon inconsciente et invalidante.
Entre 7 et 10 ans : Il comprend que la mort est irréversible. Il éprouve un fort sentiment de culpabilité, car il croit que ses pensées ont pu changer le cours des choses.
L’adolescence est une période à risque, car elle est, à elle seule, une période de deuil (deuil de l’enfance).
Très souvent, les enfants ont besoin de conserver un lien avec la personne disparue et il arrive fréquemment qu’on “surprenne” l’enfant parlant avec elle, parfois il mime cette mort. Ce ne sont pas des réactions anormales.
Les adultes doivent être à l’écoute des enfants : savoir les entourer, ne pas les exclure du temps de fin de vie, ni des cérémonies funéraires, leur expliquer avec des mots simples la situation, les déculpabiliser, les rassurer et leur permettre d’exprimer leur souffrance. Ils ont, eux-aussi, besoin de temps pour réaliser la disparition d’un être.
Re: La mort d'un parent
Publié : 10 déc. 2007 08:43
par eden
cher carine,
je t'enoie tt ça car je suis en pleine recherche (à titre perso ) et en tant k'eje sur ce probleme extremenent délicat pour l'enfant et les personnes de son entourage ki doivent etre en capacité de le sou-tenir et de trouver des "solutions " pratiques pour l'enfant.
j'ai vécu pls déces de parents pdt ttes ma carriere , j'ai bcp réfléchie à ce ke je pouvais apporter à l'enfant ds un tel contexte (avec le soutien essentiel de la psy de la structure) car en strcucture d'accueil il y a biensur les émotions de l enfant à gérer mais il y a aussi celles de l'équipe , à ki cela renvent bcp, bcp d'émotions et d'empatihie.....)
tape sur google : deuil, ou deuil enfant , tu trouveras tt plein d'infos
si tu veux ke je te parle de ce ki a été mis en place ds les structure, pour cet enfant là qui vit unr telle situation, n'hésite pas je te parlerais de mon expérience pro!
Re: La mort d'un parent
Publié : 11 déc. 2007 20:16
par Carine
Je vous remercie tous de m'avoir répondu...
En réalité, j'ai fait un stage (dans le cadre de ma prépa pour les concours EJE) dans une crèche municipale. J'ai été dans le service des moyens où il y avait une petite fille de 8 mois qui a perdu sa maman environ 3 semaines après sa naissance. Aujourd'hui c'est sont papa (assez jeune) et ses tantes qui s'en occupent. Mais cette petite recherche le contact avec des filles jeunes (comme moi). Donc au début de mon stage, elle demandait beaucoup mes bras. N'ayant pas trop d'expérience, et surtout dans ce genre de situation, je n'ai pas posé des limites assez tôt. Par conséquent je la portait trop et ne pouvai jamais la laisser seule, sinon elle se mettait à pleurer. Une EJE m'a expliqué qu'elle n'était pas malheureuse si je ne la portait pas, mais quelle "profitait" de la situation pour me "prendre par les sentiments". Je lui ai donc expliqué que je ne pouvais pas la porter tout le temps, et là (comme par miracle !) elle ne pleurait plus quand je ne la portai pas.
Cette situation m'a beaucoup interpellée et maintenant je me pose beaucoup de question à ce sujet : Comment se fait-il qu'elle a compris aussi spontanément ? Que cherchait-elle vraiment en étant dans mes bras si elle pouvait s'en passer après ? Que ressent-elle ? et qu'a t-elle ressentie quand je lui ai expliquer que je ne pouvais plus la porter ?
Sinon, eden, je veux bien en savoir plus sur les moyens mis en place dans les structures, car ça m'interresse beaucoup. Aussi, ça m'étonne qu'il y est une psy dans ta structure car je n'en est pas encore vu dans les crèches où j'ai fait des stages, mais je trouve cela vraiment bien. Mais travailles-tu dans une crèche ? Et combien d'années d'expériences as-tu ? Je trouve très admirable te ta part de partager tes expériences avec des personnes comme moi qui ne sont même pas encore rentré en formation. Je te félicite pour le métier que tu fais. Moi il m'interresse beaucoup et j'espère vraiment pouvoir rentrer en formation...
Merci beaucoup eden et merci aux autres aussi.
Re: La mort d'un parent
Publié : 17 déc. 2007 18:53
par Carine
Bonsoir Eden,
Je te reécrie afin de savoir si tu pouvais me parler de ce qui a été mis en place dans les structures pour les enfants vivants ces situations. Ca m'interesse beaucoup...
Aussi j'ai trouvé tes recherches très interessantes et enrichissantes. Merci de les avoir partagées.
Je te remercie d'avance.
Cordialement.
Carine